LE TACLE

LA CONSCIENCE VAUT MILLE TÉMOINS

17 mai 2008

SALIM LAMRANI À LA CIOTAT

Rencontre À LA CIOTAT Avec le journaliste
spécialiste des relations entre
Cuba, les États-Unis et l’Union européenne


SALIM LAMRANI

salim_lamrani

JEUDI 22 MAI à 18h30
au Cercle de La Renaissance

à l’occasion de la sortie de son ouvrage
"La double morale : Cuba, l’Union européenne et les droits de l’Homme"

À l'heure où le concept des droits de l'homme est sur toute les bouches, cette rencontre - co organisée avec l’association Cuba Si France Provence - avec Salim Lamrani, pourra contribuer au débat sur la vision de Cuba et des pays du Sud en général en matière de droits humains.

La soirée se terminera autour d’un repas cubain.


Entrevista con SALIM LAMRANI, periodista especialista de las relaciones entre Cuba, Estados Unidos y la Unión Europea, el jueves 22 de mayo a las 18h30 de la tarde, en la sede de la asociación Cercle de la Renaissance, 10 av Gallieni 13600 La Ciotat.
En esta ocasión se hablará de su reciente obra La doble moral: Cuba, la Union Europea y los derechos humanos”.

Con el concepto de los derechos humanos que se tiene actualmente sobre todas las bocas, la entrevista - co-organizadora la asociación “Cuba Si France Provence”– con Salim Lamrani, podrá contribuir al debate de la opinión de Cuba y los países del Sur en cuanto de los derechos humanos.

Se acabará la noche en torno de una mesa cubana.


Contats, informations…
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16 mai 2008

CUBA: LES MÉDIAS MENTENT SUR LES "RÉFORMES" À CUBA

photo_jrcf
censure_cubaCes dernières semaines, les chaînes privées de télévision font un énorme battage autour de ce qu'ils nomment les “réformes” à Cuba. Multipliant les piques et les sarcasmes, les grands noms des journaux télévisés comme William Bonner (TV Globo) et Carlos Nascimento (SBT), présentent l'île rebelle comme une illustration du sous-développement mondial. Forts de leurs revenus opulents et de leur fatuité repue, ils s'amusent avec perfidie de voir les Cubains pouvoir aujourd'hui disposer de produits de consommation “capitalistes”, comme les téléphones portables, les télés plasma, les DVD et avoir accès aux grands hôtels de luxe. Tout cela est présenté dans le but de caricaturer et diaboliser Cuba, dans une campagne de propagande grotesque qui rappelle les plus sombres périodes de la “guerre froide” et des croisades anticommunistes.

Reprenant avec servilité les discours des média états-uniens et des gusanos (vermines) cubains de Miami, les journaux télévisés locaux présentent ces changements comme le symbole de la fin de l'“ère Fidel Castro”. Selon cette vision aussi caricaturale que superficielle, Raúl Castro, son frère qui assume aujourd'hui la Présidence, se serait rendu aux délices de la société de consommation. La restauration capitaliste serait donc inéluctable sur cette île révolutionnaire. Dans un passé récent, lors de la désintégration du bloc soviétique, ces mêmes grands média prédisaient la débâcle pour le régime cubain. Mais en restant aveugles aux grandes conquêtes sociales de la révolution, au très fort sentiment anti-impérialiste animant ce peuple et à son niveau élevé d'organisation, ils se sont fourvoyés.

Croissance et débat d’idées

Aujourd’hui, gardant leurs lunettes déformantes, ils risquent encore de se tromper lourdement. Cuba connaît à l’heure actuelle, malgré des décennies de blocus criminel de la part des U.S.A., une phase d’expansion économique. Du fait de changements intervenus en Amérique Latine et dans la géopolitique mondiale, elle a pu développer ses relations commerciales. Le Venezuela, la Chine et aussi le Brésil, bravant les diktats de l’empire, ont augmenté leurs investissements dans l’île ce qui se traduit par des taxes annuelles de croissance frôlant les 10 % ces dernières années. Cette croissance a permis au pays de sortir de la très dure “période spéciale”, imposée par la désintégration du bloc de l’Est européen, qui a fortement restreint la consommation intérieure et demandé au peuple cubain une héroïque capacité de résistance.

Découlant de cette nouvelle réalité économique, des changements se sont fait jour dans les modes de consommation, déjà lorsque Fidel Castro exerçait encore les responsabilités. Il y a donc pas de rupture entre son frère et lui, et encore moins de brusques virages dans la direction collégiale de la Révolution cubaine. Ces bouleversements sur le terrain économique font même l’objet d’un intense débat au sein de la société cubaine. Plus de 1,3 million de propositions ont été adressées l’année dernière aux organismes gouvernementaux dans l’objectif de “faire avancer le socialisme”. Le climat est au débat démocratique et créatif, non pas dans l’optique d’un retour au capitalisme mais plutôt dans celle d’un renforcement du pouvoir populaire et d’une amélioration des conditions de vie de la population.

La haine des “multinationales de l’information”

Au-delà de ces changements de fonds occultés par les média hégémoniques, leurs grandes figures s’entêtent à propager des mensonges éculés. Le journaliste Salim Lamrani, dans une très lucide contribution publiée par “Carta Maior”, en démonte plusieurs. Soulignant que la campagne anti-Cuba est mondiale, il s’en prend aux “multinationales de l’information” qui martèlent que maintenant “les Cubains sont enfin libres d’acquérir des appareils électroménagers et autres équipements électriques, accréditant l’idée que leur vente était auparavant totalement interdite. Mais la réalité est bien différente. La vente de ce type d’articles n’a jamais été interdite, exceptés certains produits informatiques et d’autres très gourmands en énergie comme les fours à micro-ondes, dans une période où la production d’énergie n’était pas à même de satisfaire la demande intérieure”.

Il rappelle que pendant la “période spéciale”, débutée en 1991 avec la débâcle du bloc soviétique, le pays s’est trouvé brutalement isolé sur le marché mondial, plus de 80 % de son commerce extérieur s’étant soudain interrompu. “Dans ce contexte extrêmement difficile, l’île des Caraïbes a du subir de fortes pénuries, en particulier dans le domaine de l’énergie, avec des coupures longues et fréquentes. Les autorités ont décidé à cette époque de limiter les ventes d’appareils électriques très gourmands en énergie. Ces restrictions se justifiaient totalement. Il eût été irresponsable en réalité de procéder autrement, le système énergétique, lourdement subventionné, courant le risque d’une saturation”.

L’ingéniosité des Cubains

Dans la période plus récente, grâce au développement de nouvelles relations commerciales et à l’ingéniosité de son peuple, cette situation a pu être dépassée. “Grâce à la ‘révolution énergétique’, lancée en 2006, qui consistait à remplacer de vieilles lampes et d’anciens appareils électroménagers, comme les télévisions, les réfrigérateurs et ventilateurs, par des équipements plus modernes, plus économes en énergie, des millions de cubains ont pu avoir accès à toute une gamme de nouveaux produits avec des prix subventionnés par l’Etat, en dessous de leur valeur marchande. Les économies d’énergie ainsi générées permettent aujourd’hui de faire face à la demande intérieure, ce qui explique l’abandon progressif des restrictions pour l’acquisition de ce type de biens, électroménagers, ordinateurs et autres ”.

Il estime que les média mentent en passant sous silence ces questions de fond, qui pèsent sur le bien-être des Cubains. Les responsables cubains reconnaissent eux-mêmes que le pays doit encore affronter bien des obstacles, dont celui du sous-développement. “Mais ce constat concerne une immense partie de la population mondiale, que vit dans la pauvreté et dont les premières préoccupations ne sont pas de pouvoir acheter un graveur de DVD ou un four à micro-ondes, mais plutôt de pouvoir faire trois repas par jour et d’avoir accès à la santé et à l’éducation, angoisses qui n’ont pas cours à Cuba”. Selon les chiffres de l’ONU, 854 millions d’humains souffrent dans le monde de malnutrition ; chaque jour meurent 26 mille enfants victimes de la faim ou de maladies curables – 9,7 millions par an. “Aucun Cubain n’en fait partie”.

Internet, téléphones portables et hôtels de luxe

Concernant les accès Internet et les téléphones portables, sur lesquels ces média font un grand battage, Lamrani souligne qu’il existe, outre les problèmes économiques, des entraves technologiques. “Washington interdit à Cuba de se connecter sur le câble en fibre optique du Détroit de Floride qui lui appartient. Le pays ne dispose donc que d’une connexion satellite à la capacité limitée, qui plus est extrêmement onéreuse. Voilà pourquoi l’accès aux téléphones portables était limité. Avec l’amélioration de la situation économique, l’offre a pu être élargie pour la population, même si les tarifs restent encore très élevés”.

“Quant à la question des hôtels, ces média font aussi preuve de partialité. Jusqu’au 1er avril 2008, leur accès n’était pas interdit, comme ils l’affirment, mais restreint... Avec le développement accéléré du tourisme, dès le début des années 90, la capacité hôtelière a très vite atteint ses limites ne permettant pas d’héberger les touristes étrangers et les Cubains”. Les tarifs sont devenus prohibitifs, “mais cette presse oublie encore une fois de rappeler que le prix d’une nuitée dans un grand hôtel reste un luxe pour la plupart des habitants du tiers-monde et pour une bonne partie des citoyens des pays développés. À titre d’exemple, combien de Français peuvent se payer une nuit dans un hôtel comme le Ritz à Paris où le tarif le plus bas se situe à 730 € ?”.

Les mercenaires des média de la bourgeoisie

Lázaro Barredo, directeur de Granma, organe officiel du Parti Communiste de Cuba, critiquant les manipulations de ces campagnes médiatiques, tourne en dérision ces journalistes “mercenaires” de la presse bourgeoise. Ne leur déplaise, il n’y a aucune volte-face à Cuba. Il précise que le gouvernement met simplement en œuvre “des mesures correctives des décisions prises lors des moments les plus critiques de la crise économique au début des années 90, quand a débuté ce que nous avons appelé la ”période spéciale”, conséquence de la chute du bloc socialiste, de la disparition de l’U.R.S.S. et du durcissement des mesures criminelles de blocus imposé par les U.S.A.. Il nous a fallu à l’époque adopter des politiques de restriction à la consommation, pour éviter que ne se creusent des inégalités sociales dans notre société construite sur des valeurs égalitaires ”.

Avec une croissance soutenue et les changements intervenus dans la situation mondiale, Lázaro est convaincu que de nouvelles avancées seront possibles sur l’île. Confiant, il souligne que le peuple prend une part active à l’intense débat actuel sur l’avenir du pays. “Plus de quatre millions de compatriotes ont formulé des propositions dans leurs usines, leurs coopératives, leurs universités, puis au niveau des municipalités et des provinces pour les faire remonter jusqu’aux ministères et au gouvernement. Toutes les opinions, jusqu’aux plus critiques, ont comme objectif de renforcer la Révolution. Il y a des aspirations très positives à Cuba. Raúl Castro a bien caractérisé le moment que nous vivons devant les députés de l’Assemblée Nationale, lorsqu’il a affirmé qu’il n’y a pas lieu de craindre les divergences parce qu’il n’y a pas de contradictions antagoniques dans la société. C’est de l’échange le plus poussé et du débat que surgiront les meilleures solutions. L’optimisme reste fort face aux mesures adoptées”.

Altamiro_borges
Altamiro Borges est journaliste, membre du Comité Central du PcdoB



PORTUGUÊS

Traduction : Pedro Da Nobrega

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14 mai 2008

L’AMÉRIQUE LATINE À L’HEURE DE SA LIBÉRATION

libertad_america_latinaTRIBUNAL DE LA DIGNITÉ, SOUVERAINETÉ ET PAIX CONTRE LA GUERRE

CEPRID
10 - V - 2008 CEPRID.

Cela fait trop longtemps que notre Amérique Latine a été subordonnée aux diktats impériaux. L’Espagne impériale fut la première à conquérir et à coloniser cette partie du monde et la première qui imposa les règles économiques, politiques, culturelles, religieuses pendant plus de trois siècles.

Ce fut 300 ans d’exploitation coloniale, de travail de demi esclavage, de vol systématique des ressources naturelles et humaines et 300 ans d’un génocide pratiqué à grande échelle parmi les ethnies indigènes. Mais ce fut également 300 ans d’une héroïque résistance indo-métisse et 15 ans de guerres d’indépendance.

À peine s’achevait l’indépendance de l’Espagne, qu’à nouveau les États-Unis recolonisait l’Amérique latine, mais au nom de la liberté, de la démocratie et des droits humains. Notre Amérique Latine a souffert de 200 ans de colonisation, de spoliation et de pillage de la part des États-Unis et ces 200 ans ont été nourris d’ingérences, d’invasions militaires, de guerres injustes, de tueries systématiques, d’imposition de gouvernements « démocratiques » et de cruelles et sanguinaires dictatures avec les tragiques séquelles de milliards d’exécutions extra judiciaires, des milliards de personnes condamnées à la fuite forcée, des milliards de personnes injustement emprisonnées, torturées, massacrées, violées, séquestrées, toutes au nom de la liberté et des démocraties.

Il n’existe aucun pays ou territoire latino-américain qui n’ait pas souffert d’invasion militaire yankee et d’occupation militaro civile par le biais de pirates, d’aventuriers, de banquiers, d’industriels, des prêteurs usuriers qui furent ensuite le Fond Monétaire International, la Banque Mondiale ou la Banque Interaméricaine de Développement. Les compagnies pétrolières comme la Standard Oil ou Exxon ou Texaco-Chevron ont pompé les hydrocarbures et ont organisé des guerres entre nations pendant que des entreprises comme United Fruit ont renversé des gouvernements, tué des paysans, volé les terres. Depuis 1949, l’Agence Centrale d’Intelligence, la toute puissante et obscure CIA a été le bras caché de l’empire pour semer la terreur, la mort, la violence, le sabotage, la torture, la disparition de personnes, le meurtre et l’assassinat de personnalités. Tous les crimes, sans aucune exception, ont été organisés ou commis directement par la CIA organisme géniteur de la brutalité fasciste qui a ravagé notre Amérique Latine.

Cela a été 200 ans d’agression à la biodiversité, de vol du pétrole, ainsi que l’or, l’argent, le zinc, le cuivre, le nickel, de même, ils ont emporté nos fruits, nos semences, nos matières premières et nos meilleurs cerveaux. Rien n’a échappé à la voracité et à l’avarice états-unienne. Mais tout a une fin.

C’est maintenant le moment de la libération de nos patries. C’est maintenant le moment que l’Amérique Latine doit travailler unie, côte à côte, pour se libérer de ses oppresseurs qui imposèrent le néolibéralisme afin de privatiser la richesse et socialiser la pauvreté. Aujourd’hui, nos patries unies doivent s’intégrer par la décision de leurs peuples pour lutter vers la solution des problèmes économiques, sociaux, politiques et culturels, parce que les problèmes qui accablent nos pays sont les mêmes pour tous, car derrière eux se trouvent l’empire et le pouvoir oligarchique créole.

L’union de l’Amérique Latine est une nécessité impérieuse qui se fonde dans l’histoire, dans la géographie, dans la culture, dans les traditions, dans la langue. L’intégration du MERCOSUR, de la Communauté Andine des Nations, du CARICOM, de l’Amérique Centrale doit se renforcer avec l’exécution et l’amplification des différents projets : Banque du Sud, l’ALBA, intégration énergétique, construction de gazoducs et d’oléoducs, construction de centrales hydroélectriques et de voies de communication, construction de centres régionaux de santé et d’unités d’éducations élargissant la couverture de l’enseignement supérieur avec des niveaux élevés d’efficacité, de qualité académique, scientifique et technique, pour garantir à nos peuples le droit au développement sur la base de l’avoir de professionnels engagés avec les groupes humains majoritaires qui depuis toujours ont été exclus des bénéfices du progrès et de l’insertion économique et sociale

Rétablissement des utopies

Le nouveau siècle commence à se caractériser par le rétablissement des utopies, de la possibilité de rêver et de penser en une nouvelle Latino Amérique, comme en voulant démontrer au monde qu’un autre monde, oui, c’est possible. Il émerge des processus transformateurs et des changements sociopolitiques substantiels. Les droites néolibérales battent en retraite et les peuples s’insurgent avec vigueur et force pour installer des gouvernements démocratiques et progressistes en Argentine, Uruguay, Paraguay, Brésil, Bolivie, Équateur, Venezuela, Nicaragua, Guatemala. La Révolution cubaine se consolide et se transforme pour approfondir la construction du socialisme, et de long en large de l’Amérique Latine les processus de changement semblent irréversibles.

La transformation nécessaire commence avec la réelle intégration économique, sociale et politique. Cette intégration, rencontre inévitablement de puissants opposants dans les oligarchies nationales et leurs groupements politiques des droites des cavernes, attardées et réactionnaires qui forment des groupes autonomistes ou séparatistes généralement violents et antipatriotes, des groupes qui de plus, sont les alliés de l’empire ravageur et agents à la solde ou officieux de la CIA. Cette intégration de l’Amérique Latine déplait également fortement aux multinationales ou aux transnationales monopolistes avec des capitaux impériaux, et donc elles ne sont pas disposées à permettre que chaque pays gère et exploite souverainement leurs ressources naturelles ou ce qui l’en reste depuis tant de spoliation pratiquée par l’empire.

L’union et l’intégration sont possibles et désirables, elles s’accélèreront dans la mesure où chaque peuple et chaque citoyen sera décidé de participer et d’impulser les processus, et qu’en qualité de mandants ils poussent leurs mandataires pour qu’au-delà des idéologies subordonnées à l’empire, au-delà des intérêts de groupe et de classe, ils agissent en conséquence historique et construisent la Patria Grande, telle que nos libérateurs l’avaient rêvé.

Naturellement, l’intégration s’accrochera à de nombreux écueils et d’innombrables barrières. Il existe des murs apparemment insurmontables : problèmes frontaliers, conflits entre nations, intérêts économiques de secteurs divisionnistes et égoïstes, conceptions idéologiques et doctrinaires distinctes entre gouvernements de peuples identiques, courses à l’armement, développement inégal, servilité du gouvernement aux classes dominantes et servilité de ces dernières et de leurs gouvernements à l’empire, faux leaders. Les divisionnismes et les séparations sont construits et par conséquent ils ne sont pas naturels, ils leur manquent la valeur face à ce qui unit ces peuples.

L’Union Latino-américaine sera vitale pour affronter la globalisation déshumanisée et purement capitaliste, c’est une nécessité urgente pour affronter les graves problèmes qui menacent la région : commerce inégalitaire, croissance inégalitaire, sous développement persistant avec ses conséquences concrétisées par la pauvreté, l’analphabétisme, l’insalubrité, l’absence d’infrastructure et l’augmentation de l’indigence véritable fléau de la société, la délinquance chaque fois plus violente et inhumaine, la prostitution, la traite des blanches, le trafic de personnes, la néo servitude et le néo esclavage pour, finalement, freiner les vagues migratoires que tant de problèmes et tant de séquelles douloureuses et tragiques restent gravées pour les peuples et les familles frappées et exclues par le systèmes prédateur, injuste et spoliateur. L’Union Latino américaine permettra que la lutte contre la pauvreté parvienne à des succès, que les grandes inégalités sociales imposées par le néolibéralisme ou « capitalisme sauvage » soient réduites au maximum, et qu’au mieux, elles disparaissent, que la juste redistribution de la richesse commence à être une réalité tangible pour toutes et pour tous.

Par delà les gouvernements qui ne sont que de passage, il y a les peuples qui sont permanents. Ensembles ce sont eux qui forgent les jours de l’histoire positive, mais les gouvernements avec le pouvoir qui leur a été remis, devraient fondamentalement se préoccuper de servir ses citoyens et donner des réponses effectives à leurs nécessités vitales, en priorité comprendre que la famille aux revenus faibles et limités a été principalement la plus frappée par les politiques néolibérales crées pour enrichir les plus riches et appauvrir jusqu’à l’indigence les plus pauvres, politiques économiques qui dans notre Amérique Latine, ont servi à étayer les privilèges de classe, consolider les fortunes des secteurs dominants qui constituent 18% des plus riches de chaque pays.

Notre Amérique indo-métisse a été asservie durant cinq siècles d’infamies et d’ignominies. L’Empire espagnol, dans les périodes de conquête et de colonisation, a commis un monstrueux et un impardonnable génocide dans les peuples aborigènes. Les survivants furent condamnés à des travaux serviles et astreints à l’esclavage, dans les exploitations et les terres des conquistadors. Il leur ôta leur idiome, leur culture, jusqu’à leurs dieux furent remplacés par le Dieu des blancs. Vint ensuite le pillage de tout ce qui existait et par leur avidité pour l’or, l’argent et les pierres précieuses, ils ont commis d’impardonnables crimes de lèse humanité, au nom du Roi et de la Sainte Mère Église Catholique. Massacrer, piller, humilier, offenser, abrutir, alcooliser, asservir, violer des jeunes filles et des femmes, condamner l’indigène à la faim, à la malnutrition, aux maladies européennes, elle [Am.Lat.] fut convertie en commerce et pour l’entretien des conquistadors.

Ils volèrent les terres et chassèrent leurs légitimes propriétaires à vivre sur des plateaux inhospitaliers, aux bords de vallées encaissées et dans des forêts insalubres. Ils les « christianisèrent » et les vendirent à la religion catholique pour la servir en tant qu’esclaves et débiteurs éternels de fêtes à tous les saints et saintes. Ils payèrent des dîmes et des primeurs à des curés, des nones, des évêques, des cardinaux et des papes qui leur refusèrent l’âme et payèrent pour naître, pour être malade, pour se marier, et pour mourir ils payaient des tarifs déterminés pour monter au ciel, si l’argent ne suffisait pas ils allaient au purgatoire et s’ils n’avaient rien ils allaient droit en enfer et les condamnés se comptaient par cent et par milliards. Les condamnés de la terre, dirait Fanon, n’avaient aucun droit, seulement des devoirs et des obligations envers le blanc, envers le métis. Les seigneurs de la terre réduits à des esclaves impertinents.

Mais vinrent les temps de la rébellion, de la colère et de l’espérance. Dans certains endroits de cette Amérique indienne et métisse, l’idée de liberté avançait et les luttes pour l’indépendance commençaient à poindre. Des milliers et des milliers de latino-américains perdirent la vie dans ces guerres, parce que la mort s’empare toujours des plus faibles, des plus valeureux et des héros. L’Amérique latine s’habilla de sang et d’héroïsme, elle marcha avec Bolívar et San Martín, avec Sucre et O´Higins, avec Artigas et Morelos, avec Hidalgo et Petión, avec Espejo et Nariño. Tous à l’unisson ils crièrent assez à l’empire espagnol, et Bolívar voyait une Amérique Latine unie et grande dans Carabobo et Ayacucho, dans Boyacá et Pichincha.

Les oligarchies parasitaires

L’indépendance avait été conquise mais elle restait en dette envers les indiens et les pauvres métis. La liberté rêvée n’est jamais parvenue aux peuples, car elle était restée en haut des ambitions des « libérateurs »qui, avec un goût étrange d’arrivisme, commencèrent à former des familles avec les filles à marier des espagnols vaincus, mais enrichis du travail imposé aux indiens et aux métis, aux noirs et aux mulâtres. C’est ainsi qu’ont commencé à naître et à grandir les oligarchies et les aristocraties qui par héritage génétique, se sont convertis en êtres parasites des sociétés « libres et indépendantes ».

Dès la fin de la domination de l’empire espagnol, c’est l’empire anglais qui commença à s’enraciner avec des hommes, des vivres, des armes et des prêts en livres sterling contribuant à se libérer de la compétence espagnole. La dette anglaise ou la dette de l’indépendance accabla pour des décennies les économies des « nations indépendantisées ». Ce fut la première dette externe-éternelle et les anglais l’encaissèrent au moyen de traquenards, agressions et vols pratiqués par les corsaires, pirates, hommes d’affaires, commerçants et patrons.

Le pillage anglais fut remplacé rapidement par des mercenaires, des tueurs à gages, des entrepreneurs, des aventuriers, des flibustiers anglo-saxons établis aux États-Unis transformé en genèse de l’empire actuel.

Les États-Unis se sont formés sur la base de la spoliation des territoires indiens, sur le génocide exécuté sans miséricorde sur les tribus qui peuplaient le nord du Continent Américain. Dès leur début il fut gouverné par la « classe supérieure » anglosaxone qui se croyait prédestinée par la divine providence pour s’approprier des vastes territoires et gouverner des peuples inférieurs. Le Mexique fut dépouillé de la moitié de son territoire, ils volèrent à l’Espagne la péninsule de La Floride, ils achetèrent à la Russie l’étendue du territoire de l’Alaska et ils s’inventèrent le destin manifeste pour dominer les peuples qui habitaient en Amérique Latine depuis le fleuve Bravo du Nord jusqu’à la Terre de Feu dans le Cône Sud du Continent.

Les États-Unis avaient saboté le Congrès Amphictyonique de Panama convoqué par le Libérateur Simón Bolívar et le président états-unien Monroe, très tôt, il s’inventa la doctrine « l’Amérique aux américains » et de cette manière ils commencèrent à valider l’agression et le pillage jusqu’à intégrer la mer des Caraïbes en leur lagon particulier et notre Amérique latine leur arrière cour.

Les États-Unis auraient échoué dans leurs tentatives de domination s’ils n’avaient pas compté sur le comportement de traîtres et de vendeurs de patrie des oligarchies, des classes dominantes, des militaires ambitieux reconvertis en hommes de mains et en fascistes, des curés, des nones, des évêques et des cardinaux qui mirent l’Église Catholique au service des classes dominantes et, en conséquence, des intérêts états-uniens. Le pillage de nos patries a facilité la croissance économique des États-Unis et a permis sa transformation en empire. L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano dirait que notre pauvreté est la richesse des États-Unis et que notre faiblesse est la force et le pouvoir des États-Unis.

Les États-Unis se sont transformés en un puissant empire et cela a été une des causes de la tragédie d’Amérique Latine. Dominée par le dollar, par les armes, par l’agression systématique, par les invasions militaires et les guerres inégales, l’Amérique Latine s’est livré au joug états-unien.

La Maison Blanche avait commencé à ordonner nos patries. Elle imposa des gouvernements bourgeois et marionnettes, elle trouva des laquais adorateurs du dollar de toutes parts, des militaires hommes de mains reconvertis en mercenaires, des armées nationales convertis en armées d’occupation, des oligarchies qui ont trouvé dans le billet du dollar leur drapeau précieux et sacré.

Les navires de guerre des États-Unis s’étaient transformés catégoriquement en forces militaires d’ingérence dans nos patries et ils envahirent le Mexique, occupèrent le Nicaragua, s’emparèrent du Guatemala, usurpèrent Cuba, s’approprièrent de Haïti et de la République Dominicaine, de Grenade et El Salvador. Le Honduras s’était transformé en immense porte-avions et la CIA en formateur de tortionnaires, dictateurs sanguinaires, tueuse et assassine de leaders populaires, de milliards d’hommes et de femmes qui luttèrent pour la libération de leur patrie et ils tuèrent des présidents de républiques, sabotèrent des avions en plein vol, commettant toutes sortes d’actes terroristes, ils formèrent les transnationales du crime comme l’« Opération Condor » et ils armèrent et équipèrent des assassins de leurs propres peuples. La CIA était le bras clandestin et criminel de l’empire pour protéger les entreprises, les compagnies et les transnationales de l’empire qui emportèrent le pétrole, les fruits les poissons, les bois, les matières premières, les minéraux et maintenant ils veulent emporter l’eau, l’air, la biodiversité. La CIA était devenue experte pour planifier et exécuter des coups d’État pour détruire des gouvernements dangereux pour les intérêts de l’empire et était également devenue spécialiste en génocides et toutes sortes de crimes de lèse humanité.

Les États-Unis sont les créateurs et les soutiens des partis politiques des oligarchies et des droites les plus récalcitrantes du Continent. Conservateurs, libéraux, sociaux démocrates et démocrates chrétiens, mouvements et organisations « fascistoïdes » sont crées à l’image et à la ressemblance des États-Unis dans leur phase impériale et les États-Unis les maintiennent, les conseillent, les financent, les subventionnent. C’est cela la tragédie de notre Amérique Latine.

Et cette même tragédie est celle qui oblige à prendre conscience de la situation et à se rebeller contre cette réalité de tant de misères. L’heure des nouvelles luttes et des combats définitifs est arrivée, pour atteindre la véritable indépendance car il faut savoir, et cela est certain, que l’empire yankee n’est pas éternel ni invincible. C’est maintenant l’heure pour les peuples.

ESPAÑOL- CEPRID

Traduction : Esteban

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12 mai 2008

LA CIOTAT: " RÉSEAU CIOTADEN CONTRE LES EXPULSIONS "

a- Copie du courrier adressé au Préfet par notre réseau


Monsieur le Préfet,

Nous avons eu connaissance que plusieurs familles habitant les cités des Matagots et de Provence ont reçu de leur bailleur, la Société ERILIA, une assignation par voie d’huissier à comparaître le 6 juin 2008 à 14 heures au Tribunal de la Ciotat en vue de la résiliation de leur bail et de leur expulsion.

Tous les foyers concernés ont eu des retards dans le versement d’un ou plusieurs loyers. Ces procédures ont été lancées sans qu’aucune lettre de relance n’ait été expédiée, sans qu’aient été proposées des modalités pour apurer les dettes, et à notre connaissance sans que les services sociaux de la ville et du département aient été sollicités pour trouver des solutions. De plus, ces foyers en difficulté financière voient leur dette augmentée des frais d’huissier, à raison d’environ 150 euros.

Au vu des situations dont nous avons eu connaissance, il nous semble qu’il s’agit, de la part du bailleur, d’une politique délibérée, consistant à utiliser les défauts de paiement antérieurs, même solutionnés depuis longtemps, pour demander en justice la résiliation des baux et donc l’expulsion dés qu’un nouvel incident se produit.

Nous protestons avec la plus grande vigueur contre ces pratiques qui aggravent les difficultés au lieu de tenter de les résoudre.

Face aux difficultés sociales, qui se multiplieront nécessairement avec la politique actuelle, nous demandons que les problèmes soient traités humainement.

Nous vous demandons d’intervenir auprès d’ERILIA, et de façon plus générale auprès des bailleurs pour que l’huissier et le tribunal ne soient que le dernier recours, après que toutes les autres solutions aient été épuisées : lettres de relance, recours aux services sociaux de la ville et du département, recherches d’accords pour le paiement échelonné des dettes.

Nous souhaitons que soit organisée à votre initiative une réunion à la Ciotat, avec les principaux bailleurs sociaux, les représentants des services sociaux de la ville et du département et notre réseau pour mettre en oeuvre les principes évoqués ci-dessus.

Nous demandons à M. Karim Ghendouf d’être le porteur de notre demande.

Association des Locataires de La Maurelle, l’Abeille, Puits de Brunet, la Treille, Matagots, Fardeloup, Secours Populaire, Femmes Solidaires, Retraités CGT, ASC la Ciotat, Horizons d’Elles, Toi, l’enfant innocent, Cercle Jean Jaurès, cercle de la Renaissance, PCF...


b- Compte rendu par Karim Ghendouf
de sa rencontre avec le Préfet au sujet des expulsions

" J’ai été reçu, à sa demande, par M. Pierre Ngahane, Préfet délégué pour l’égalité des chances auprès du Préfet de la région PACA, le mercredi 7 mai, pour un échange au sujet des expulsions locatives à la Ciotat.
Il m’a informé de l’ampleur de ce problème dans notre département : 68 000 demandes d’expulsions par an, dont environ 6 800 aboutissent à l’expulsion effective.

Il m’a assuré que le recours à la force publique n’était employé qu’en dernier recours, notamment face à des personnes de mauvaise foi.

J’étais, lors de cette rencontre, porteur des demandes du Réseau Ciotaden Contre les Expulsions, le Préfet délégué m’a dit son souhait de travailler durablement avec le Réseau pour prévenir les expulsions. Des rencontres régulières seront organisées à cet effet.
"

Karim Ghendouf


c- Convocation à une réunion importante du

" Réseau Ciotaden Contre les Expulsions "

Notre prochaine réunion est importante. Nous aurons l’aide de Gérard Piel, vice Président de la région PACA, qui anime à Antibes, dont il est conseiller municipal, un réseau contre les expulsions locatives et nous fera part de son expérience. 

Comme toute une série d’expulsions sera demandée le 6 juin prochain au Tribunal de la Ciotat par Erilia. N’hésitez pas à inviter largement autour de vous pour cette réunion.

La réunion aura lieu exceptionnellement au Cercle de la Renaissance, aucune salle n’étant libre à la maison des associations à cette date.

Mercredi 14 mai à 16 h 00
Au Cercle de la Renaissance


Ordre du jour:

1- Rencontre avec Gérard Piel, animateur du réseau anti-expulsion d’Antibes
2- Action contre les menaces d’expulsion (Tribunal de la Ciotat, le 6 juin)
3- Organisation de notre liste d’intervenants d’urgence en cas d’expulsion
4- Financement des dépenses engagées (1 tract, courriers)


Marine Santouchi et Nicolas Pluet

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11 mai 2008

BOLIVIE: UN AUTRE MOIS D'AOÛT POUR APPROFONDIR LE CHANGEMENT

Notes sur le nouveau scénario bolivien
EVO MORALES RELÈVE LE DÉFI DE L'OPPOSITION QU'IL AVAIT LUI-MÊME LANCÉ IL Y A UN AN

Images_EvoLe Sénat bolivien dominé par l’opposition, a agité la scène politique en approuvant lors d’une rapide session le même projet qu’ils ont délaissés pendant plusieurs mois : une loi pour révoquer ou confirmer le mandat des plus hautes autorités du pays : préfets, vice président et président. En quelques heures, le gouvernement de Evo Morales a relevé le défi, a salué l’initiative et a annoncé une rapide promulgation. Dans trois mois, les boliviennes et les boliviens devront retourner aux urnes. Le gouvernement cherche à réaffirmer ses majorités et consolider son pouvoir remis systématiquement en question par les élites qui auront maintenant une nouvelle opportunité pour matérialiser leur désir de briser le processus de changement. Changement de scène, continuité des objectifs.

L’an passé au mois de décembre, la Chambre des Députés – avec une majorité du Mouvement Au Socialisme – avait donné le moyen d’approuver un projet adressé par le président Evo Morales qui tentait de résoudre la crise politique provoquée par l’opposition en appelant à la décision du peuple : Que le président, le vice président et les préfets (gouverneurs) soumettent leur mandat aux majorités. Les préfets et l’opposition politique repoussèrent le projet avec vigueur, et le Sénat – contrôlé par l’opposition – le mit de côté. Jusqu’à ce jeudi 10 mai, enhardis par ce qu’ils considèrent comme une victoire, le résultat du référendum illégal pour les statuts d’autonomie du département de Santa Cruz, ils l’ont converti en une loi sans toucher une seule virgule, évitant ainsi que le projet soit révisé par les Députés.


Le Président Evo Morales a fait la seule chose que l’on puisse espérer d’un homme, qui est arrivé au pouvoir, en accomplissant ce qu’il avait proposé durant sa campagne présidentielle et non de se laisser griser par le pouvoir : il a salué l’initiative et a annoncé qu’il la promulguera dès que le Sénat la lui adressera. Dans un bref message adressé au pays, il a estimé que le peuple décidera.

«  Si les politiques ne parvenons pas à nous accorder facilement, qui mieux que le peuple peut décider du destin du pays, du destin du Président, du vice président et des préfets » a dit Evo, en appelant à aller au référendum révocatoire « pour l’unité du pays, par respect à la légalité et à l’État de droit ».

« Ce référendum que nous avons proposé l’an passé, est orienté afin qu’en Bolivie la démocratie s’approfondisse, que l’on passe par les urnes et non avec la violence » avait noté le président et il s’est montré « satisfait » parce que le Sénat a approuvé « en fin de compte » la Loi du Référendum Révocatoire du Mandat Populaire.

Ainsi, cette année, pendant le mois d’août, la Bolivie retournera aux urnes, cette fois-ci – à la différence de ce qui s’est déroulé en fin de semaine passée, le procédure sera légale. Dans chaque département l’on répondra à deux questions, une, commune pour tout le pays : Êtes-vous d’accord pour la continuité du processus de changement dirigé par le président Evo Morales Ayma et le vice président Álvaro García Linera ? » et une autre, pour le préfet du Département : « Êtes-vous d’accord pour la continuité des politiques, des actions et de la gestion du Préfet du Département ? ».

Pour que le mandat de Evo Morales et de Álvaro García Linera s’achève avant la fin de sa période, le vote “NON” doit obtenir « un pourcentage supérieur à 53,470% et un nombre de voix supérieur à 1.544.374 », dit textuellement la Loi. C'est-à-dire, que le rejet doit totaliser, en pourcentage et absolument plus de voix que celles qui portèrent Evo Morales à la présidence lors des élections historiques de décembre 2005. La loi approuvée hier par le Sénat bolivien met également les pourcentages et les votes absolus concrets dans chaque département.

À partir de ce coup politique de la droite, assumé et projeté comme un nouveau défi pour le président Evo Morales, les objectifs immédiats des élites pourraient changer. Le processus d’autonomie à des fins de coup d’État et/ou séparatistes sera probablement ralenti ou au moins, il ne sera plus au centre de la scène, même si les référendums prévus au mois de juin à Beni, Pando et Tarija sont maintenus. Maintenant, les préfets devront s’occuper de légaliser leurs espaces de pouvoir. Pour beaucoup d’entre eux, ce ne sera pas facile. Y compris pour le promu Rubén Costas, de Santa Cruz: là-bas, presque la moitié des citoyens ont voté NON et se sont abstenus volontairement de voter pour les statuts des loges au pouvoir. Ils lui confieront difficilement leur vote de confiance dans 90 jours.

Les hégémonies des droites changent également. Maintenant, la droite politique qui avait approuvé la Loi du référendum revient en scène, pour partager l’espace avec l’opposition plus élitiste, haineuse et qui défend directement ses intérêts, incarnée par les millionnaires du Comité Civique pro Santa Cruz.

Les nécessités du parti d’État changent également. Le Mouvement Au Socialisme devra réactiver son appareil de parti pour la campagne du OUI, il devra aussi articuler le slogan et la campagne avec les mouvements sociaux qui ont incarné la résistance aux autonomies pour les privilégiés, comme en fin de semaine dernière à San Julián, Yapacaní, Montero, San Pedro et les quartiers pauvres de Santa Cruz de la Sierra.

La réaction au processus de changement en Bolivie doit maintenant changer de foyer d’action. Du grand angulaire, de la déstabilisation de tous côtés – autonomies, intrigues militaires, mensonges médiatiques, campagnes internationales, financements à travers d’ONGs non religieuses, etc – il devra passer au téléobjectif du référendum révocatoire et par la campagne du « NON ». Cela ne lui sera pas une tâche facile. Bien qu’il y ait des critiques fondamentales dans certaines conduites tactiques du gouvernement, le lien d’Evo Morales avec les majorités négligées pendant des siècles ne s’est pas rompue en deux ans de gestion.

En Bolivie la bagarre continuera – comme elle l’a été depuis la campagne qui a fait accéder Evo à la présidence – une bagarre de fond. Ce qui est en jeu est énorme. C’est tout le processus de changement : la nationalisation des hydrocarbures, la répartition équitable de la richesse, la Renta Dignidad [une retraite digne] pour les anciens, le Bono Juancito Pinto [aide scolaire] pour les enfants qui suivent les études, le protagonisme dans la gestion du gouvernement obtenu par les communautés indigènes. La bataille est la même. « La lutte continue et continuera, c’est une lutte qui dure depuis de 500 ans », se plaît à répéter le président bolivien.

Dans 90 jours, c’est un défi de fond qui se profile en Bolivie, une bataille centrale. Même si en politique les parallèles sont toujours relatifs, cela vaut la peine de rappeler le résultat du référendum qui confirma la confiance au gouvernement du président du Venezuela, Hugo Chávez, en août  2004.

Avec le triomphe du “NON” pour le départ du président vénézuélien, les changements s’étaient accélérés et l’opposition plongeait dans une crise profonde. Aujourd’hui, à peine, quatre ans après, elle commence à donner des signes de vie, signes qui émergent des erreurs mêmes du processus qui sont en train d’être rectifiées. Le triomphe du « OUI » à Evo en août prochain, produira sans doute un effet similaire, ce sera une période de consolidation du projet de changements profond que le peuple bolivien avait décidé de faire passer il y a deux ans. Le triomphe du « OUI » servira pour renforcer la confiance dans sa propre force.

Le travail sera dur jusqu’au mois d’août  pour que le résultat soit comme en 2004, un mois d’août pour garantir les changements en Amérique Latine.

Marcos Salgado

ESPAÑOL

Traduction: Esteban

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05 mai 2008

BOLIVIE: 7 QUESTIONS ET 7 RÉPONSES SUR LA BOLIVIE DE EVO MORALES

morales7questionsAU SUJET DES NOUVELLES GAUCHES EN AMÉRIQUE LATINE

CEPRID

1- Evo est-il indigéniste ?

Avec une mère aymara qui en espagnol ne connaissait seulement que « Notre Père », élevé dans une maison construite de boue dans un petit village perdu à Oruro, Evo Morales a vécu une enfance d’une pauvreté difficile à imaginer, endeuillé de quatre de ses sept frères morts juste après leur naissance et la faim toujours à l’affût. Son étonnante trajectoire politique se comprend comme faisant partie du processus de la réaffirmation indigène apparu dans les années 70, avec le katarisme - en référence à Túpak Katari, le cacique aymara écartelé par les espagnols durant le siège de La Paz en 1781 – qui était sa branche la plus radicale qui parvint à sa première reconnaissance en 1994, avec une réforme constitutionnelle qui établit le caractère « pluriculturel et multiethnique » du pays et inaugura l’apprentissage bilingue dans les écoles. Cela prit forme pendant la présidence néolibérale de Gonzalo Sánchez de Lozada, un fait qui à première vue peut paraître paradoxal mais qui peut-être ne l’est pas tant que cela : le remplacement de l’idée de classe par celle de l’ethnie ou de culture s’accordait parfaitement avec l’esprit en vogue. Avec un problème : les indigènes boliviens ne sont pas des minorités que l’on doit protéger, mais de grandes majorités exclues, dont la discrimination ethnique se rajoute et se réalimente avec l’inégalité sociale. Une réalité qui ressemble plus à l’apartheid sud-africaine qu’à ces images de ces indiens postmodernes colorés qui apparaissent souvent dans la National Geographic. L’échec de ces premières opérations d’ouverture de nature néolibérales qui avaient seulement changé en apparence, a consolidé l’idée dans le mouvement indigène, qu’il était nécessaire de construire son propre instrument politique pour arriver au pouvoir et à partir de là, changer les choses. La grande réussite de Evo Morales a été d’obtenir la confluence entre l’appel indigène et d’autres courants politiques – anti néolibéraux, nationalistes – derrière un projet politique unique. « Si ce fut Evo Morales et non Felipe Quispe qui avait accédé au poste de premier président indigène de la Bolivie, c’est parce qu’il est parvenu à articuler un projet national face à la perspective aymaracentrique », avait écrit Pablo Stefanoni (Nueva Sociedad 209, mai-juin 2007). En d’autres termes, il sut s’exprimer politiquement aux paysans des zones les plus reculées à l’intérieur, mais aussi aux indigènes et autres métis urbains usant du marché de consommation, qui achètent des jeans et des chaussures, qui se connectent à Internet et qui dans nombreux cas ont abandonné définitivement le quechua et l’aymara.

2- Quelle importance a eu la coca dans la carrière de Evo morales ?

Bien que la coca se cultive depuis l’invasion des Incas, le véritable boom à commencé vers le milieu des années 80, lorsque la fermeture des mines d’étain et une brutale sécheresse sur les Hauts Plateaux produisirent une migration massive vers le Chapare, une zone fertile du tropique, juste à un moment où, aux États-Unis, la mode de la cocaïne et de la drogue arrivait et s’accordait bien avec l’esprit hippie de l’époque. La coïncidence entre la demande et l’offre avait produit une expansion géométrique des plantations de coca, une culture qui contient une série d’avantages qu’aucun autre produit ne possède : elle emploie une grande quantité de main d’œuvre, n’a pas besoin de beaucoup de capital ni d’engrais, ni d’une infrastructure spéciale ; il suffit d’acheter ou de louer un lopin [de terre] et les seuls besoins en plus de bras disponibles, sont les plants. De plus, la coca reste rentable même avec de petites parcelles. Comme dirait un économiste, cela ne nécessite pas d’économie d’échelle. La coca est une culture classique de petite propriété et ressemble à celle du café, à la différence qu’elle produit trois récoltes par an au lieu d’une seule.

Pendant que la coca s’étendait, la guerre contre les drogues déclenchée par Ronald Reagan a forcé les successifs gouvernements boliviens, d’essayer une série de stratégies d’éradication qui échouèrent les unes après les autres, aussi bien par manque d’attrait à d’autres produits de substitution que par la montée de la brutalité policière. La réaction du mouvement des cocaleros [planteurs de coca] fut de se rassembler, se renforcer pour se présenter aux élections, gagner en premier quelques intendances, ensuite un député national, et finalement la présidence. En ce sens, l’ascension au pouvoir des cocaleros est le résultat d’un processus qui avait combiné les triomphes électoraux avec des méthodes d’actions directes, les blocages et les piquets de grève ont précipité la chute des gouvernements, pour finalement accéder au pouvoir.

3- Le gouvernement de Evo Morales est-il révolutionnaire ?

Si au Venezuela, Hugo Chávez parle de sa « révolution bolivarienne » et si Rafael Correa définit son projet comme une « révolution citoyenne », Evo Morales également en appelle quelquefois au terme ancien, bien que l’adjectif qui le suit n’est pas tout a fait clair. C’est pour cela, au-delà des définitions, peut-être que la meilleure façon de s’approcher d’une réponse est d’analyser les raisons et l’impact de la décision plus radicale de son gouvernement : la nationalisation des hydrocarbures.

Le décret de nationalisation, annoncé avec surprise en janvier 2006 et théâtralisé avec l’occupation militaire des champs gazéïfères, a obligé les entreprises privées à céder la totalité de leur production et la majeure partie de leurs actions à l’État. En plus, il a ordonné une augmentation des offres de 50% à 82%. Et bien qu’au début, les grandes compagnies étrangères comme Petrobas et Repsol avaient menacé de se retirer, elles ont accepté de renégocier les contrats sous les nouvelles conditions, ce qui permit au gouvernement d’accomplir son objectif d’augmenter la participation de l’État sans produire un transfert total des investissements étrangers.

L’augmentation du pourcentage obtenu par l’État, plus l’accroissement des prix internationaux et la renégociation des valeurs des exportations vers l’Argentine et le Brésil ont permit au gouvernement d’augmenter ses recettes fiscales. Selon la CEPAL [Commission Économique Pour l’Amérique Latine], celles-ci avaient augmenté de 47% depuis la signature du décret. Il convient alors de nuancer les critiques sur le populisme de Evo Morales en signalant que, malgré la jalousie de plus d’un néolibéral, son gouvernement est fiscalement le plus solide de ce dernier demi siècle. Avec un excédent de 4,5%, des réserves record et une diminution de la dette extérieure grâce aux remises de la Banque Mondiale et de la BID [Banque Interaméricaine de Développement], la macroéconomie reste stable et ordonnée. En Bolivie, personne ne s’intéresse assez au ministre des finances, puisque l’attention demeure dans la crise politique, mais ce n’est pas de trop d’y consacrer deux lignes : Luis Arce Catacora est un fonctionnaire de carrière de la Banque Centrale, diplômé en Angleterre, il parle l’anglais, le portugais et ne renie pas les mesures de rigueur. Il est de fait, responsable pour appliquer la politique orthodoxe des taux d’inflation pour contrôler la montée des prix.

4- Le gouvernement parie -il sur un secteur économique post capitaliste ?

Du moins, c’est cela que m’avait dit Alvaro García Linera, vice président de Bolivie et intellectuel reconnu par une partie de la gauche de son pays, lorsque nous nous sommes rencontrés dans son appartement plein de livres à La Paz. « Notre économie a un espace capitaliste qu’il faut renforcer. La différence avec d’autres gouvernements, c’est qu’il ne s’agit pas de capitalisme de clan, endogamique et spéculatif, mais d’un capitalisme productif. Mais il y a également un secteur non capitaliste ou post capitaliste, qui sont les forces communautaires traditionnelles. Elles sont séparées et dispersées, mais elles ont à l’intérieur d’elles un fort potentiel. C’est une structure très large : 90% de l’économie paysanne est de type familio-communautaire ».

Cela sonne bien. Cependant, il paraît difficile qu’un secteur avec ces caractéristiques – basse productivité, manque d’apport technologique, échelle réduite – puisse être utilisé pour autre chose que pour la plus élémentaire autosuffisance. Mais, pour García Linera, il y a là un potentiel productif. « Notre grand défi est de transformer la communauté en une force post capitaliste. Que pourrons-nous développer de cela ? Nous l’ignorons. Mais nous croyons que le principal est, que les choses qui sont en train de s’éclairer vont au-delà du simple réajustement démocratique à un capitalisme mûr déjà existant.

5- Evo Morales est-il en train de progresser dans la lutte contre la pauvreté ?

Le point de départ est désolant. La Bolivie est, après Haïti, le pays le plus pauvre d’Amérique Latine, avec 63,9% de pauvreté et 34,7% d’indigence, un taux de mortalité infantile qui est le triple de celui de l’Argentine, deuxième dans l’espérance de vie la plus basse de la région et un des pires indices de répartition des revenus du Continent.

Peut-être, est-ce encore trop tôt pour évaluer l’exercice de Evo Morales à se sujet. Depuis son accession au pouvoir, l’économie à augmenté à un rythme raisonnable : 4,6% en 2006, 3,9% en 2007 et on l’estime à 4% pour 2008. Bien qu’il n’y a pas de données précises, il est probable que la pauvreté ait légèrement diminué grâce à l’élargissement de certains programmes sociaux, comme le Bono Juancito Pinto d’aide scolaire et l’augmentation des retraites. « Nous sommes en train de chercher un chemin distinct » m’avait dit Juan Ramón Quintana, ministre de la présidence de Bolivie, lors de notre entretien au siège de l’ambassade de son pays à Buenos Aires. « Les recettes obtenues par la nationalisation nous ont permis de renforcer les investissements sociaux, avec des crédits aider les petits entrepreneurs, l’économie familiale, les petites entreprises. Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain ».

Le problème qui s’interpose dans ces plans est la dualité structurelle de l’économie bolivienne : d’un côté, le secteur hyper productif et moderne : les mines et les hydrocarbures, plus quelques exportateurs de soja, de bijoux et de cuir ; d’un autre côté, des dizaines de milliers de petits entrepreneurs arriérés avec une très faible productivité. La difficulté vient du fait que le premier secteur génère 60% des recettes, emploie seulement 7% de la population, pendant que le second qui développe 40% des recettes, emploie 83% de la main d’œuvre. Le dernier rapport de PNUD [Programme des Nations Unies pour le Développement] sur la Bolivie, soutient que le changement de ce modèle économique est la clé du développement. Dans un autre cas, la pays pourra progresser, mais ce sera un accroissement appauvrissant, comme l’avait expliqué Salvador Ric, ex ministre des Œuvres Publiques de Evo Morales, qui fit les calculs et arriva à la conclusion suivante : à ce rythme et avec ce type de progression, la Bolivie mettra 20 ans pour atteindre les niveaux de développement du…Paraguay.

6- Que manque t-il pour l’approbation de la nouvelle Constitution ?


Six mois après l’arrivée au pouvoir de Evo Morales, les élections des constituantes avaient été organisées, dans lesquelles le parti au pouvoir s’était clairement imposé, bien que sans atteindre les deux tiers nécessaires pour pouvoir définir à lui seul les réformes à instaurer. Le plébiscite sur les autonomies départementales qui s’était déroulé simultanément, fit apparaître un triomphe du NON – la position défendue par le gouvernement – au niveau national. Cependant, le OUI s’était imposé dans quatre départements : Santa Cruz, Tarija, Pando et Beni. L’assemblée s’était réunie et après un an et demi de discussions au cours des sessions, pas un seul article n’a été adopté.

Le virage est arrivé en novembre 2007, lorsque les députés alignés au gouvernement se sont réunis dans une caserne militaire et, avec les deux tiers des officiels présents (pas du total) ils ont approuvé en une session, 400 articles : entre autres, la récupération du rôle de l’État dans l’économie et l’interdiction de la privatisation des services de base. Le jour suivant, les préfets des départements rebelles ont annoncé qu’ils ignoraient la nouvelle Constitution et que des plébiscites sur l’autonomie seraient organisés. Le gouvernement répondit en annonçant des élections, mais il fut débouté par la Justice.

Cette confusion institutionnelle compliquée, ne devrait pas cacher l’état de fait principal : le blocage qui paralyse la Bolivie. À la différence de Chávez, qui dans les premières années de gouvernement il s’était assuré du monopole absolu de l’initiative politique, Evo Morales, affronte une opposition qui même qu’elle soit quantitativement minoritaire, possède du pouvoir, de l’argent et des ressources. Le chef de file Santa Cruz, département le plus prospère de Bolivie qui tire 30% du PIB national, génère 62% des devises et reçoit 47,6% d’investissement étranger. Elle est de plus, la région la plus intégrée au MERCOSUR et celle qui possède ce qui ressemble le plus à une industrie manufacturière de tout le pays. Il suffit de marcher quelques heures dans les rues de Santa Cruz, bondées de 4x4 pour se faire une idée d’une prospérité qui s’érige là-bas comme un étendard d’un progrès individuel dans un pays habitué à un échec économique.

7- Y a-t-il une issue pour la Bolivie ?

Le changement politique amené par Evo Morales en janvier 2006 est le plus profond et le plus radical de tous ceux qui sont en train de se produire en Amérique Latine. Si le processus de refondation vénézuélien s’est limité à une rotation d’élites avec de grandes politiques sociales, le processus bolivien pointe l’introduction d’une énorme majorité indigène exclue (selon le dernier recensement, 64% de la population) à double sens : économique et politique. Le premier est difficile dans un pays, qui, en plus d’être extrêmement pauvre, n’est pas arrivé à diversifier sa structure de production (75% de ses exportations sont des hydrocarbures et des produits alimentaires) et dont le volume, bien qu’il soit en augmentation reste toujours bas. Quand à l’ouverture politique, au-delà de l’énorme révolution symbolique qu’a signifié l’arrivée au pouvoir de Evo Morales, celle-ci n’est pas pour autant fermée. Le gouvernement n’est pas parvenu à étendre son influence aux régions rebelles de l’Est et, dans un contexte de polarisation grandissante, il court le risque de perdre l’appui des classes moyennes. Transformer son projet de refondation en un consensus national minimum –  exemple de Nelson Mandela – impliquera tôt ou tard de concéder et de négocier, sans laisser de côté les appels de justice : un équilibre compliqué sur un chemin à peine plus large que celui d’une corniche.

José Natanson 30 - IV - 2008

CEPRID ESPAÑOL

Traduction : Esteban

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BOLIVIE: L'URGENCE DE LA SOLIDARITÉ AVEC LA BOLIVIE

bolivia1Parmi toutes les expériences progressistes en cours en Amérique Latine, qui découlent des victoires électorales des forces les plus à gauche, c’est celle de la Bolivie qui court aujourd’hui le plus grand risque de retour en arrière. Selon de nombreux analystes, le pays voisin serait au bord de la guerre civile. L’oligarchie raciste, qui n’a toujours pas digéré l’élection historique du leader paysan et indigène Evo MORALES, s’emploie de toutes ses forces, par le biais d’un mouvement séparatiste de type fasciste, à faire éclater la nation. Le “référendum sur l’autonomie” du riche département de Santa Cruz, du 4 mai risque de constituer le point culminant de l’affrontement.


À l’origine de cette initiative illégale, contraire à la Constitution et à l’unité nationale, Rubén COSTA, gouverneur de l’Etat et chef des séparatistes, prétend que ce référendum sera le premier pas vers la scission du pays. Trois autres départements (Pando, Tarija e Beni) menacent de suivre le même chemin. Depuis la prise de fonctions d’Evo MORALES, en janvier 2006, la bourgeoisie bolivienne prépare ce coup de force, qui vise à séparer la partie orientale, la “Media Luna”, la plus industrialisée et la plus riche en ressources naturelles, de la partie occidentale – plus pauvre et où la population indienne prédomine. Et pour imposer cette partition, elle peut compter sur l’appui déclaré des U.S.A. et a commencé à recruter des mercenaires en vue d’un probable conflit armé.

L’ambassadeur séparatiste

L’interventionnisme du Président-terroriste George Bush est flagrant. La nomination comme ambassadeur en Bolivie du redoutable Philip GOLDBERG apparaît comme une claire provocation. Cet agent de l’impérialisme s’est notamment distingué dans ses actions de soutien au séparatisme dans les Balkans, au sein de la dénommée “Mission Kosovo”. Comme le rappelle Stella CALLONI, dans un texte intitulé “contre-insurrection et putschisme”, “GOLDBERG est un expert reconnu dans l’exacerbation des conflits ethniques et raciaux et par son action et son expérience dans les luttes ethniques en Bosnie et jusqu’à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie”. Ses états de service “diplomatiques” comprennent aussi le putsch en Haïti qui a provoqué la chute de Jean ARISTIDES et la militarisation du Plan Colombie.

Selon elle, “il ne fait aucun doute que l’action de GOLDBERG est derrière le processus séparatiste à Santa Cruz de la Sierra”, qui a débuté juste après la prise de fonctions de MORALES et qui a déjà provoqué des sabotages et des victimes. “Lors de son arrivée en Bolivie, les patrons croates de Santa Cruz (ses vieux amis) ont structuré le mouvement ‘Nación Camba’. Un des principaux leaders du mouvement, qui dispose aussi d’intérêts au Chili, Branco MARINKOVIC, est un des premiers instigateurs des mesures de déstabilisation, qui ont eu des répercussions sur l’ensemble de la Media Luna”, et dispose de liens solides avec l’ambassadeur yankee.

Les manœuvres militaires dans la région

Lors du 17ème sommet Ibéro-américain, qui s’est tenu l’an dernier au Chili, le Président Evo MORALES a présenté aux chefs d’Etat participants plusieurs photos montrant l’ambassadeur GOLDBERG tout sourire aux côtés du chef mafieux et paramilitaire colombien Jairo VANEGAS. D’ailleurs même les fonctionnaires de l’ambassade des U.S.A à La Paz reconnaissent que George BUSH considérait la victoire de MORALES comme “une menace pour la sécurité de la Région” en raison de son “populisme radical” et de ses liens avec Hugo CHAVEZ et Fidel CASTRO. L’ex-secrétaire à la Défense des U.S.A., Donald RUMSFELD, a même précisé que “la Bolivie faisait dorénavant partie de l’axe du mal”.

Dans une autre action d’intimidation, les troupes yankees ont réalisé des exercices militaires chez les voisins du Paraguay dès la fin de 2005, lorsque la victoire du leader indien apparaissait comme plus que probable. “Des Forces spéciales des U.S.A. continuent à opérer dans la zone frontière dans des pseudos manœuvres civiques, une vieille tactique contre-insurrectionnelle”, dénonce-t-elle. Les Escadrons Opérationnels Avancés (EOA) peuvent s’appuyer sur une forte infrastructure dans ce pays voisin, dont une piste aérienne de 3,8 km sur la base de Mariscal Estigarribia, construite à l’époque de la dictature d’Alfredo STROESSNER. L’arrivée de Fernando Lugo à la présidence du Paraguay menace la permanence de ces accords militaires, ce qui pourrait accélérer le risque d’une aventure militaire en Bolivie.

Groupes fascistes et mercenaires

Ulcérée par les changements progressifs mis en œuvre par le gouvernement MORALES, mais forte du soutien affiché des U.S.A., l’oligarchie raciste s’arme en vue d’un conflit. Manfred REIS, ex-militaire à l’époque de la dictature de Hugo BANZER et autonomiste influent à Cochabamba, a mis sur pied des groupes de jeunes fascistes responsables de violents affrontements qui ont provoqué des morts et des blessés. Il est aujourd’hui réfugié à Santa Cruz. En novembre 2006, l’agence de presse Erbol a révélé qu’un groupe de patrons est parti en Espagne pour recruter des mercenaires. Des propriétaires d’entreprises de “sécurité” ont confirmé ce juteux marché. L’un d’eux a même précisé avoir fourni 650 “combattants, anciens membres des “unités d’élite”, qui sont déjà en action dans les zones limitrophes de la Bolivie”.

Les putschistes peuvent aussi compter sur le riche soutien financier de l’Usaid et de la NED, organismes des U.S.A. qui financent des organisations non-gouvernementales d’opposition à MORALES. Les services de renseignement gouvernementaux ont récemment établi que des millions de dollars avaient été versés aux leaders séparatistes, à des organisations estudiantines ainsi qu’à des journalistes lors de la campagne contre l’Assemblée Constituante. Ce sont ces financements qui ont alimenté les “opérations civiques de ville morte” et les violents blocus sur les routes. En 2007, le consulat du Venezuela et la résidence d’un médecin cubain ont été la cible d’attentats et une fonctionnaire de l’ambassade des U.S.A. a été arrêtée en possession d’armes et de munitions. Dans ce processus, “les média constituent des soutiens majeurs de la contre-insurrection, appelant à l’affrontement intérieur et à l’intervention extérieure”, dénonce CALLONI.

Internationalisme actif et pression

Les manœuvres séparatistes de l’oligarchie bolivienne, qui risquent de prendre une nouvelle dimension après le référendum de mai à Santa Cruz, ont pourtant été condamnées de toutes parts. Même l’Organisation des Etats Américains (OEA), pourtant réputée pour son passé servile au service des U.S.A., a condamné les intrigues putschistes. Lors d’une session extraordinaire tenue à Washington, le 26 avril, l’OEA a apporté son soutien aux institutions démocratiques et au respect de la Constitution et a appelé au dialogue les dirigeants politiques de la Media Luna. Des intellectuels de renom ainsi que des personnalités politiques, sociales et religieuses – entre autres, Pérez Esquivel, Noam Chomsky, Eduardo Galeano et les brésiliens Frei Betto, Oscar Niemeyer et Fernando Morais – ont rendu public un manifeste de solidarité :

“Le processus de changement en cours en Bolivie  risque de se voir brutalement interrompu. L’accession au pouvoir d’un Président indigène, ses programmes sociaux et sa volonté de recouvrer la maîtrise des ressources naturelles se heurtent depuis le début à des conspirations oligarchiques et à l’ingérence impériale. Ces derniers jours, l’escalade de la conspiration a atteint son niveau le plus élevé. Les actions subversives et anticonstitutionnelles par lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne illustrent la mentalité fasciste et élitiste de ces secteurs... Face à cette grave situation, nous tenons à exprimer notre soutien le plus résolu au Président Evo MORALES. Nous condamnons également le statut d’autonomie de Santa Cruz, pour son caractère inconstitutionnel et parce qu’il porte atteinte à l’unité d’une nation de notre Amérique”.

La grave situation bolivienne, qui constitue un danger pour toute la vague progressiste en cours en Amérique Latine, exige la solidarité active de toutes les forces démocratiques et populaires du continent et du monde. Il est urgent de dénoncer la stratégie séparatiste et putschiste de l’oligarchie bolivienne, appuyée par les U.S.A. en mobilisant les travailleurs, les parlementaires et élus, les média progressistes. Il faut faire pression sur l’O.E.A. et sur le gouvernement LULA afin qu’ils adoptent des positions plus actives et concrètes face à ce risque de retour en arrière dans la région.

Altamiro Borges
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Altamiro Borges
Journaliste, membre du Comité Central du PC do B (Parti communiste du Brésil).



BRASIL

Traduction: Pedro DA NOBREGA

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BOLIVIE: LE GRAND FLOP de la consultation du 4 mai de l'oligarchie séparatiste de Santa Cruz

UJC fasciste manipulée par branco Marinkovic
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Des affrontements entre les mouvements sociaux de travailleurs et les bandes fascistes de la Unión Juvenil Cruceñista préparées par Branco Marinkovic (plus grand propriétaire du pays avec 300.000 ha de terre et de plusieurs fabriques d’huile) ont eu lieu durant la journée du 4 mai.

Les premiers afin d’empêcher le déroulement d’un « scrutin » illégal et fantoche et pour démontrer leur attachement à l’Union de la Bolivie, au gouvernement élu démocratiquement et à la nouvelle Constitution ratifiée par le MAS. Les seconds pour amplifier les affrontements et terroriser les populations, afin que les 100 clans, grands propriétaires terriens et les éleveurs conservent leurs privilèges, les ressources et le pouvoir économique sans partage du pays en continuant à commercer indépendamment du pouvoir central avec les entreprises multinationales et transnationales.

Manifestation pour l'union de la Bolivie
grandes_movilizaciones__pPour autant le peuple bolivien, les travailleurs et les paysans boliviens ont tout de même fait savoir à Evo Morales qu’il ne doit pas reculer et que sa tentative de pactiser ou de concilier avec l’oligarchie sur la base d’un « capitalisme andin » a échoué et n’est pas d’actualité :« Arrêtons la conciliation ! Écrasons l’oligarchie ! », « Il est temps de reprendre les terres aux oligarchies, de parachever le processus de nationalisation à 100% de l’entreprise d’État YPFB et d’imposer un salaire minimum adéquat au panier de la ménagère » signalaient les dirigeants de la COB d’Oruro. Les faits démontrent qu’il ne s’agit pas d’une lutte de régions ni d’ethnies, mais une lutte de classes. La bourgeoisie, l’église, l’impérialisme et l’oligarchie des grands propriétaires des terres se sont unis pour tenter de renverser le processus révolutionnaire. Ils ont déclaré la guerre aux majorités populaires de Bolivie.

Au milieu de la journée des dizaines d’urnes bourrées de bulletins « OUI » ont été trouvées cachées près des bureaux de votes et détruites en partie par les mouvements manifestants. D’autres irrégularités ont été constatées par des infiltrés, personne ne sait où se trouvent les urnes, aucun agent des Nations Unies n’a été invité pour contrôler cette mascarade, le dépouillement a été effectué à « huit clos » à Santa Cruz.

Aucun journaliste non accrédité par l’oligarchie n’a été autorisé de circuler dans la région « bunkérisée ». Seuls les laquais inféodés à ces Cambas fascistes ont pu délivrer des messages dictés par ces derniers.

Certaines sources comme Anmcol annoncent une abstention de 75%, et sur les 25% de votants, 15% auraient voté NON et 85% OUI. Dans le discours d’Evo Morales, le chiffre de 25% de votants, 15% de NON et 85% de OUI est confirmé. Le chiffre de participation par contre est différent il annonce mais officieusement également que sur 935.000 citoyens inscrits 400.000 (40%) environ se seraient abstenus, auxquels il faut ajouter les votes blancs et nuls.

Voilà des chiffres peu fiables et non vérifiables qui démontrent bien l’organisation d’une consultation inconsistante et frauduleuse destinée à déstabiliser le gouvernement d’Evo Morales et qui s’apparente plus à une amorce d’un coup d’État.

Les radios, télévisions et journaux boliviens, tous aux ordres de cette oligarchie minoritaire délivre le message de la réussite de cette consultation avec 85% de OUI…une plaisanterie de plus qui discrédite ce coup de force ainsi que les médias relais.

Nous attendons maintenant que notre Zorro français Robert MESNARD de Reporters Sans Frontières qui de son Quartier général à Washington va nous délivrer son message de protestation contre la liberté de presse de la part de ces oligarchies boliviennes soutenues par ses compatriotes paramilitaires du Pentagone. De même que notre inutile faire valoir, porteur de sacs de riz, Bernard Kouchner, si prompt à dénoncer lui aussi le manque de liberté et de liberté de presse dans certains pays.

Esteban

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03 mai 2008

BOLIVIE: Avec rage et douleur depuis Santa Cruz

bolivie_map_copieJe me trouve sur l’Avenue Santos Dumont à la hauteur du troisième carrefour de la ville de Santa Cruz. Depuis le cœur même de cette terre, depuis cette région qui se prépare à vivre un dur épisode de son histoire, j’ai le devoir moral de dénoncer à la Bolivie et au monde ce qui suit :

En ces moments Santa Cruz est victime d’un accord politique, d’un pacte de sang des loges qui contrôlent la région avec la stratégie de la peur. Les loges qui articulent un discours qui est en apparence cruceñista [de Santa Cruz], mais qui ne fait que cacher d’une manière louche d’obscurs intérêts contre le peuple et contre le gouvernement démocratiquement élu.

Le climat social, ici, à Santa Cruz est la crainte et l’incertitude. Une partie de population s’est installé dans une ambiance de fête, de joie, avec des fêtes, de la musique et des bals de jeunes avec beaucoup de filles et des garçons. D’autres secteurs regardent en silence, avec impotence et en se mordant la langue ce que font les secteurs huppés, les Blancs des plaines descendants d’étrangers.

La stratégie de la peur a fonctionné. Les secteurs durs ont réussi à ce que la Unión Juvenil Cruceñista [extrême droite] soit craint par une grande partie de la population. D’autres secteurs par contre ont laissé la peur de côté et ils occupent les rues et les places pour protester et expriment leur opinion sur des chaînes, radios et journaux alternatifs, mais la couverture médiatique de ces voix est si réduite et insignifiante que cela donne l’impression qu’à Santa Cruz il n’y a qu’une seule consigne, une seule visée et une seule ligne politique.

Les médias de communication à Santa Cruz ont touché le fond à l’égard de leur crédibilité. Les radios, les chaînes et les journaux ont établi un cordon ombilical direct avec le Comité Civique pro-Santa Cruz et la Préfecture.

Jamais, dans l’histoire des canaux de la communication, il n’était arrivé que les voix dissidentes n’aient pas eu la place pour s’exprimer. Beaucoup d’animateurs et de journalistes considèrent le fait que tous appuient les statuts d’autonomies et que TOUS doivent voter pour le ‘oui ‘ dimanche 4 mai, en considérant que les AUTRES ne comptent pas et qu’ils ne sont pas partie du TOUT. La capacité critique des journalistes des grands médias est en veilleuse et beaucoup d’entre-eux n’ont même plus la correction de dissimuler leur agissement, parce qu’à Santa Cruz celui qui ne suit pas le schéma est fiché par les leaders des loges et « se retrouve sans job ».

Celui qui éclaire un téléviseur et passe en revue les chaînes traditionnelles, il s’aperçoit qu’il n’y a qu’un seul discours avec une ligne pro autonomiste et si quelque chose est dit sur le gouvernement c’est servi par une contre information, pour signaler de quelle façon le gouvernement attaque Santa Cruz, « que le gouvernement s’est accroché avec Santa Cruz ».

Les conditions pour exercer le droit à la liberté d’expression sont terriblement adverses et cette dictature médiatique n’a d’égale que celle que nous vivons avec les gouvernement dictatoriaux.

La Chambre Départementale Électorale a le plus triste rôle et au monsieur Parada non seulement il lui ont donné le triste rôle d’appeler à voter la citoyenneté cruceña, mais aussi à travers des spots publicitaire, il dit que le référendum de Santa Cruz est absolument conforme à la loi. « Avec la loi dans la main » ont-ils le culot de dire au citoyen alors que toute la Bolivie et le monde savent qu’il s’agit d’un référendum sans couverture légale et absolument attentatoire à l’état de droit, et pour cela même prenant la tournure d’un coup d’état politique à l’intérieur d’un régime démocratique.

L’événement de s’organiser une consultation pour l’autonomie, aura eu le mérite d’entrer dans les records du Guiness parce que ce sera la première fois qu’une consultation, un plébiscite arrivera à terme, sans débat préalable, sans opposition d’idées, avec autant de mensonges, de discrimination et de dédain pour l’autre, c'est-à-dire que le vote se fera dans un climat absolument antidémocratique.

Grover Cardozo est journaliste bolivien.

ESPAÑOL- ALAINET

Traduction: Esteban

Posté par LE TACLE à 11:43 - Bolivie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2008

BOLIVIE: Offensive de la droite et mobilisation ouvrière et paysanne pour l’affronter

cob
Le 4 mai la Préfecture (gouvernement) du Département (province) de Santa Cruz, organisera un « référendum » pour approuver un « statut autonomique » selon lequel elle aurait le contrôle des terres et des hydrocarbures. Dans les prochains mois, ils espèrent réitérer ces mêmes « référendums » dans d’autres Départements (Tarija, Beni y Pando).

D’un autre côté, ils ignorent la Nouvelle Constitution approuvée en décembre 2007 par la majorité du MAS qui gouverne dans la Constituante, et empêchent à cause de leur majorité au Sénat, l’aboutissement du plébiscite national afin de la mettre en vigueur.

La Nouvelle Constitution limite à 10.000 hectares l’extension des terres. Et les oligarchies de l’Est du pays ne veulent pas céder un seul hectare des meilleures terres qu’elles se sont appropriées avec la complicité des dictatures. 100 familles détiennent 25 millions d’hectares, alors que 2 millions de paysans subsistent avec seulement 5 millions d’hectares. En plus cette oligarchie veut également le contrôle des hydrocarbures et des mines afin de poursuivre leur commerce avec les multinationales. Ils comptent sur l’appui de l’ambassadeur Yankee Philip Goldberg. Ils cherchent à adapter un gouvernement parallèle, destiné à liquider le gouvernement d’Evo Morales.

Écraser l’oligarchie

La majorité paysanne, populaire et ouvrière commence à élever son indignation, en voyant comment la droite avance impunément avec un discours ouvertement raciste et prêt à un coup d’État. Cependant, le gouvernement d’Evo Morales freine la mobilisation en disant que le « référendum » est illégal.

D’autre part, il y a un certain mécontentement contre le gouvernement d’Evo, à cause de l’augmentation du pouvoir d’achat et par l’absence de progression de la réforme agraire avec la redistribution des terres aux paysans et peuples originaires. La nationalisation des hydrocarbures a crée une augmentation d’impôts, qui ont bien amélioré les recettes de l’État (300 millions à 2 milliards de dollars), mais les multinationales continuent à s’approprier de la plus grande partie des recettes des hydrocarbures grâce aux contrats de production.

La CIDOB (Confédération Indigène de l’Ouest de la Bolivie) et la APG (Assemblée du Peuple Guarani) ont appelé à la mobilisation et à empêcher le « référendum » sur leurs territoires (qui appartient au Département de Santa Cruz). La Fejuve (association de voisins) de El Alto de même que les usines de transformation, les professionnels et la Fejuve de Cochabamba mobilisent pour le 1er et le 4 mai. La COB [Centrale Ouvrière de Bolivie] a réalisé une mobilisation à La Paz. Et les mineurs de Huanuni proposent que « seulement l’application des Agendas de 2003 et 2005 (nationalisation des hydrocarbures, réforme agraire) garantiront le démembrement et la déroute de l’oligarchie ». Tandis qu’ils appellent  « tous les syndicats, les travailleurs et le peuple de Bolivie à faire front à la menace de division de notre patrie organisée par l’oligarchie patronale, propriétaire des terres, transnationale et usurière », il exigent du gouvernement « donnez-nous les moyens et les ressources nécessaires pour les anéantir ». Tout notre appui à cette lutte héroïque du peuple bolivien.

Miguel Lamas

ESPAÑOL

Traduction: Esteban

Posté par LE TACLE à 12:48 - Bolivie - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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