LE TACLE

LA CONSCIENCE VAUT MILLE TÉMOINS

20 novembre 2009

HONDURAS : LA RÉSISTANCE APPELLE AU BOYCOTT DES ÉLECTIONS ET MET LA PRESSION SUR UN CANDIDAT DE GAUCHE

Le choix entre la rue et les urnes

S_bastien_Madau
Auteur : Sébastien MADAU

Depuis le coup d’Etat du 28 juin, la résistance refuse de reconnaître la légitimité du Gouvernement putschiste et a appelé au boycott des urnes, après avoir compris que Manuel Zelaya ne reviendrait pas au pouvoir avant cette date. Certes, le président ne se serait pas représenté, mais la résistance espérait que son retour permette que le vote se déroule dans la sérénité retrouvée.

VERGUE

Mais ce boycott ne risque-t-il pas de créer des divisions au sein du camp de la résistance au coup d’Etat ? C’est ce que l’on peut craindre depuis quelques jours avec la possibilité de voir un candidat de gauche, pourtant activement opposé au putsch, se présenter au scrutin, malgré l’appel au boycott lancé par la résistance.

En effet, parmi les six candidats déclarés avant le putsch, deux avaient tout de suite choisi de résister : Carlos H. Reyes (Indépendant) et César Ham (Unification démocratique).

Que va faire César Ham ?

C_sar_HamOr, si Carlos H. Reyes (dont la candidature avait les faveurs de la résistance) a décidé de se retirer de la course à la présidence afin de ne pas cautionner le Gouvernement de Roberto Micheletti, César Ham [ci-contre] ne s’est pas encore officiellement prononcé.

« Le président Zelaya n’a pas été restitué, nous ne sommes pas revenus à l’ordre constitutionnel et nous ne pouvons pas participer à des élections dans ces conditions. Pour nous, il est déjà trop tard » a déclaré le candidat Carlos H. Reyes le 8 novembre dernier au moment de l’annonce de son retrait.

Paraqu_votar

Gros débat

En revanche, le silence de César Ham a mis le feu aux poudres, y compris chez des membres de son parti qui lui intiment de se retirer. Plusieurs raisons peuvent expliquer cette attitude. Tout d’abord, la Constitution hondurienne ôte tout statut juridique à un parti politique si celui-ci ne se présente pas aux élections. L’UD risquerait ainsi de glisser vers la dissolution.

Du côté du mouvement de résistance, on crie plutôt à l’opportunisme en accusant César Ham de vouloir récupérer dans les urnes le mouvement populaire contre la dictature. Malgré ce risque, de nombreux élus de l’UD n’ont pas hésité et se sont spontanément retirés des élections locales, au nom de l’unité du mouvement.

CUI

L’Unification démocratique est un parti né en 1992 après la fusion de plusieurs partis révolutionnaires et du parti communiste. Il était jusque-là un parti à faible influence. Il se pourrait qu’au regard de l’histoire, il endosse pourtant une énorme responsabilité. Il reste quelques jours…

NdE: les Affiches et les photos ne sont pas publiées dans l'article (Esteban)

Auteur : Sébastien MADAU

***************
Source l'auteur
Article publié le 20 novembre 2009 sur le quotidien la Marseillaise (sud-est) P.41

HONDURAS : QUAND L’HOMME S’EFFACE ET S’EN REMET AU PEUPLE

Alors qu’il a été renversé depuis près de 5 mois,
Manuel Zelaya refuse d’être restitué par les instances putschistes

S_bastien_Madau
Auteur: Sébastien MADAU

La résistance poursuit sa lutte dans la rue.

Manuel Zelaya, le président constitutionnel du Honduras chassé du pouvoir par un coup d’Etat a annoncé son refus de revenir au pouvoir dans le cadre d’une négociation avec le pouvoir putschiste. Désormais, la lutte ne se concentre plus sur son retour au pouvoir mais bel et bien sur celui de la démocratie. Visiblement, Manuel Zelaya n’est pas prêt à se plier au bon vouloir des auteurs du coup d’Etat.

Ces derniers, à travers le « président » de facto Roberto Micheletti, se sont finalement assis sur l’accord San José/Tegucigalpa -qui officialisait le retour de Zelaya- après avoir tenté de retourner le texte en leur faveur.

L’annonce de Manuel Zelaya a été faite dans un courrier envoyé au président américain Barack Obama. « Je n’accepterais aucun accord de retour à la présidence qui cacherait le coup d’Etat (…) Nous sommes déterminés et décidés à lutter pour notre démocratie sans occulter la vérité et quand un peuple décide de lutter pacifiquement pour ses idées, il n’y a pas d’armes, pas d’armée, ni de manœuvres capables de le retenir ».

no_votar_honduras_1

Appel au boycott des élections

La décision du président Zelaya a été accueillie comme un acte de courage et d’intégrité par le mouvement de résistance qui multiplie les manifestations.

Les organisations appellent le peuple hondurien à boycotter les élections du 29 novembre prochain afin que ce scrutin ne se déroule qu’entre putschistes.

Désormais, la résistance défend bec et ongles sa revendication d’une assemblée constituante, une fois renversée la dictature.

CUI

La farce du congrès

En attendant, bien qu’il ait été sollicité voici plusieurs semaines, on vient d’apprendre que le Congrès a décidé de statuer sur le retour de Manuel Zelaya… le 2 décembre, soit trois jours après cette élection présidentielle. L’annonce, définie comme « une barbarie » par Manuel Zelaya, a été faite par José Alfredo Saavvedra, le président du Congrès.

On imagine le désordre que cela provoquerait au cas où, après l’élection d’un candidat ayant soutenu le coup d’Etat, le Congrès décidait de restituer le pouvoir à Manuel Zelaya. Ce scénario est impossible. Et c’est pour cela que le Congrès l’a choisi.

Auteur : Sébastien MADAU

Le 19 novembre 2009

Posté par LE TACLE à 15:07 - Amérique Centrale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 novembre 2009

CUBA : YOANI SÁNCHEZ, LA " BLOGUEUSE STAR " CUBAINE : UNE FOLLE FURIEUSE

Elle ne pense qu'à ça

Machetera
Auteure: MACHETERA

La maladie mentale non traitée n'est jamais un très beau spectacle à voir. C'est pourquoi il est très difficile de comprendre la cruauté dont fait preuve le Département d'État US envers Yoani Sánchez, la blogueuse cubaine qui s’autoproclame « censurée », car au lieu de lui suggérer gentiment de demander de l’aide psychologique, il se consacre à divulguer et à répéter ses délires pour la simple raison que ces derniers lui servent d’arme dans la guerre de la propagande qu’il entretient contre Cuba depuis cinquante ans.

Lundi dernier, (9 novembre), ce même Département d'État qui était resté imperturbable et silencieux face aux nombreuses agressions criminelles et aux assassinats perpétrés par ses courroies de transmissions putschistes au Honduras durant les derniers mois, avait décidé de publier un communiqué dans lequel « il déplorait grandement l'agression contre les blogueurs Yoani Sánchez, Orlando Luis Pardo et Claudia Cadelo ». En prenant le gouvernement cubain une fois de plus sur ses genoux paternalistes, le Département d’État l’a grondé sur la répression et la violence, la liberté et la réconciliation. Toutefois, l'inquiétude émouvante du Département d'État pose un réel problème.

Tout d'abord, il n’y a aucune confirmation indépendante des allégations faites par les trois blogueurs itinérants, selon lesquelles ils auraient été embarqués de force dans une voiture de marque chinoise et de couleur noire conduite par des membres de la sécurité de l'État, puis, frappés pour les empêcher de participer à une manifestation vraiment bizarre (Contre la violence ? À Cuba ? Allons voyons… !). Si l’on tient compte de l’enthousiasme de Yoani avec lequel elle s’accapare la largeur de bande limitée de Cuba pour publier sur le web des photos et des vidéos d’elle-même, l'absence de preuve photographique de l’agression dont elle dit avoir été victime est remarquable. La blogueuse exhibitionniste, qui n'a pas eu la moindre gêne à se déguiser en parodie clownesque de touriste allemande pour se donner en spectacle au beau milieu d’une conférence sérieuse entre journalistes et universitaires, est soudain devenue réticente, timide et renfermée, soignant en privé les blessures - qui, selon elle, lui avaient été infligées -, avec l’assistance du personnel de la clinique de son quartier (dont les soins, mais elle ne le mentionne pas, sont gratuits).

Lorsque les doutes sur la nature étrangement dramatique de l'histoire de Yoani ont commencé à apparaitre, celle-ci en a rajouté – toujours sans photo à l'appui de ses allégations – en accusant les sceptiques de culpabiliser la victime. Sa pathologie est vraiment bizarre. Il n’y a que les spécialistes cubains de la santé mentale qui pourront pronostiquer si Yoani Sánchez est une personnalité bipolaire paranoïaque ou paranoïde, mais les indices – des délires de grandeur prononcés et répétitifs avec en même temps d'extravagantes histoires de persécution, fabriqués clairement pour l’usage externe - montrent à première vue, que nous avons affaire à une jeune fille perturbée, dont la perception disjonctée de la réalité s’amplifie au lieu de diminuer.

reinaldo_balayer
Reinaldo Balayer, mari aimant ou maître dominateur ?

Son mari, Reinaldo Balayer, ex-journaliste raté, trainant derrière lui une longue histoire de torchons brûlés avec la communauté dissidente cubaine, est à mon avis le plus grand fautif. Selon Yoani, elle et Reinaldo sont retournés à Cuba après une vie très difficile en Suisse, où l'âge de son mari - qui n'est pas très jeune - et son incapacité à apprendre une langue étrangère ne lui ont offert que les perspectives d’emploi s’offrant aux immigrants dans la même situation : des boulots pénibles, subalternes et mal payés. Ce n'était pas le niveau de vie que tous les deux attendaient. Effectivement, aujourd’hui ils vivent beaucoup mieux, en se pavanant autour de l'hôtel Meliá Cohiba à la Havane avec des portables et des caméras cachées qui leur permettent de se filmer harcelant le personnel tandis que, leur collaborateur Ernesto Hernández Busto se charge de faire la manche pour récolter de l'argent et les financer depuis Barcelone. (Hernández Busto est un Cubain qui survit sans travail ni revenus déclarés dans la métropole catalane - une ville où tout est très cher -, il a créé son propre blog, Penúltimos Días, sur lequel il publie les articles de Yoani et collecte des « dons » pour la soutenir.)

Ernesto_Hernandez_Busto_2
Ernesto Hernández Busto :
« Ne t’inquiéte pas, je fais la manche pour toi »

Cela fait une éternité que Yoani rêve que la police l’arrête, mais, à son plus grand regret, à Cuba on ne peut pas l'arrêter et on ne l’arrêtera jamais pour ce dont elle voudrait l’être : le fait de se rendre ridicule. Toutefois, elle sait très bien qu’elle pourrait être arrêtée pour avoir reçu de l’argent de l’étranger pour s’en prendre à Cuba, et c’est ici que l'aide de Hernández Busto est inestimable, car elle constitue un sas entre Yoani et ses sponsors.

Je n’ai jamais considéré comme particulièrement productif de s’interroger sur l’affiliation de quelqu’un à la CIA, car la question de savoir si quelqu’un est ou non un agent n'est pas très importante. La question qu’il faut se poser, c’est si les activités de cette personne sont profitables ou non à l’Agence. Dans le cas de Yoani et Reinaldo, la réponse est un oui catégorique. La semaine passée, juste après la prestation de Yoani dans le débat d’Internet sur la culture cubaine sponsorisé par le magazine Temas du Centre Culturel Fresa y Chocolate à La Havane, tandis que Reinaldo organisait, dans la rue, une conférence de presse impromptue avec les journalistes étrangers, elle en profitait pour accorder une interview complètement ouf à rien moins que Radio Martí, financée, elle, par la CIA.

yoani_la_comique_3
Yoani sous sa perruque d’invisibilité

Après avoir affirmé au cours de l’interview qu'elle avait été contraint de porter une ridicule perruque blond platine pour tromper la police qui cernait son immeuble (il convient de noter qu’elle n’a pas eu cette idée pour pénétrer dans le Centre Culturel Fresa y Chocolate, ce qui aurait été plus logique), elle enchaine avec son chapelet de mensonges, parmi lesquels celui sur une journaliste cubaine, Rosa Miriam Elizalde, qui selon elle, l’avait accusée d'être un agent de la CIA, une chose totalement fausse car jamais Elizalde n’a dit une telle chose. La contribution au débat de cette dernière a été calme, éloquent, sans nommer quiconque : elle avait indiqué qu’en ce qui concerne Internet, Cuba était victime d'une situation schizophrène : tandis que l'île devait faire face à de réels obstacles technologiques imposés par le blocus US, à l’extérieur Cuba recevait une déferlante de critiques contre la censure, revendiquées par Yoani. « Une des choses que vous devriez vous demander », disait Elizalde, « est de quelle manière est construite cette image… Il y a une manipulation évidente de tout ce système… Il y a ici une importante manipulation politique au sujet de la censure de l’image et je pense qu'il faut remettre les choses dans leur contexte. »

Yoani est tellement intimidée par Rosa Miriam Elizalde qu’elle n’a même pas osé prononcer son nom ni dévoiler son véritable titre (elle est rédactrice du site web Cubadebate.cu), préférant la citer comme un professeur universitaire anonyme à la pointe du combat, autant au cours de l’interview qu’elle a accordé à Radio Martí que sur son propre blog. Jorge Sariol, un autre journaliste cubain qui était présent à la conférence, a écrit sur son blog :

« …Puis ce fut au tour des interventions de l’assistance ; les unes étaient naïves sous un déguisement dur, d’autres incisives sous un déguisement naïf, certaines sérieuses, d’autres qui n’étaient ni l’un ni l’autre, jusqu'à ce qu’une personne prenne la parole, et dise "qu’elle se moquait de la persécution policière", coiffée d’une perruque blond platine dont elle seule croyait qu’elle la rendait invisible ; elle arrache théâtralement sa perruque, ça ressemblait plus à une scène de soap opera qu’à autre chose.

Un projecteur de mille watts essayant d'attirer l'attention, n'aurait pas fait mieux, car ce qu'elle avait dit n’étaient que des bêtises cent fois répétées qui n’avaient rien à voir avec le débat et n’ont suscité qu’une légère agitation de quelques phoques de dessins animés. J’ai été déçu par cette Yoani, considérée par une certaine presse comme une des 100 personnes les plus je-ne-sais-quoi du monde.

Dans les débats je désapprouve le choix de dévaloriser celui qui argumente plutôt que s’attaquer à ses arguments, mais dans ce cas ce n’est même pas nécessaire. J'avais pensé que dans tout cela, il devait y avoir quelque chose d’un certain niveau, dans son discours, dans ses manières ou dans son attitude. La seule chose que j’ai vue n’est seulement qu’une bouffonnerie. Pire encore, une bouffonne grotesque. Quelques collègues étrangers ont avalé le poisson, et l’hameçon avec.

Ou alors ils sont allés à la gamelle en connaissance de cause ?

Je ne sais pas ce que c’était, mais il y a eu quelque chose qui n’est pas passé dans la comédie que j'ai vue. »

Rosa Báez, une autre journaliste cubaine qui était également présente, a décrit cette scène dans un article intitulé « Quand le mensonge se transforme en vice » :

« Pour alimenter l’idée que Cuba est un pays qui restreint l'accès à Internet, un certain nombre de petites gens élevés au rang de « figures », à coups de dollars et de manipulations médiatiques ont surgi tout d’un coup ; j'ai eu le malheur de participer pour la première fois en personne et en direct, à une des performances de Yoani Sánchez, « la blogueuse  star», baptisée par la soussignée « l’asticot  blogueur», pour sa ressemblance évidente avec cette bestiole et pour leurs caractéristiques communes, à savoir : les deux servent d’appât. Là, au Centre Fresa y Chocolate, nous avons pu entendre tout un tas de mensonges, sur la supposée censure de son blog Generación Y (qui est complètement dupliqué un peu partout, toujours sous son nom, et qui se présente comme une « voix cubaine », ce qui démontre le caractère fallacieux de cette censure supposée car  comment est-il possible de censurer un blog, et permettre qu’à côté son clone fonctionne dans toute sa « splendeur » ? C’est tout à fait illogique !), de même lorsque dans son discours elle nomme certains sites qui sont censés être bloqués ou censurés, entre autres celui de sa partenaire Claudia Codelo, « Octavo cerco »…alors que, comme le montre cette capture d’écran prise à partir de mon PC, on peut vérifier qu’il n’existe aucune preuve de sa censure :

8v0_cerco_4

J'ai également pu examiner certains des liens que Yoani donne sur son clone, comme par exemple, Bloggers Cuba ; Itinerario blogger (où je me suis amusée avec les cours de cyber-terrorisme qu’elle donne dans sa « maison assiégée » : comment les 13 ou 14 participants ont-il pu tromper la vigilance de « l’encerclement policier » de son appartement ? Auraient-ils grimpé, tels des ninjas modernes, les 14 étages par la façade extérieure de son bâtiment ?!) ;… »

Báez inclut dans son article cette observation de Rosa Miriam Elizalde :

« C’est épuisant. Lorsque nous écrivons dans la presse cubaine, nous le savons bien, et nous y sommes habitués, que pouvons-nous faire si un grand nombre de gens s'entêtent à tout gober ? Le mensonge en tant que norme, et l’absurde comme devise. […] Mais le plus fatigant n'est pas cet insupportable épanchement de médiocrités, chose qui dure depuis plus de quatre décennies avec presque tout ce qui a trait à Cuba, et qui tôt ou tard se dégonfle comme une montgolfière. Le plus angoissant, et ce qui chaque jour s’étend et s’amplifie, c’est ce qui pourrait s’appeler « le corporatisme du mensonge », cette façon frivole de coller à tout un pays l’étiquette d'un préjugé. Et ceci n'est pas seulement nuisible et malsain, mais également irrationnel et fanatique. »

Et donc nous en arrivons à la dernière production irrationnelle et fanatique de Yoani et Reinaldo, qui s’est déroulée quelques jours après le spectacle avec la perruque dans le Centre Culturel Fresa y Chocolate ; elle l’avait complété avec les affirmations de l’existence des mystérieux véhicules noirs de la sécurité de l'État, par des raclées de la police secrète, par la peur qu'ils la kidnappent (ce n'est pas une plaisanterie, c’est la raison que Yoani a donné pour refuser d'entrer dans une voiture non identifiée au moment où, selon elle, ils l’ont sommée de le faire : elle craignait qu'ils la kidnappent ou/et qu’ils puissent la violer, comme si elle se trouvait à Bogotá au lieu de La Havane. Ou à Tegucigalpa.).

La scène, décrite par Yoani/Reinaldo, est digne de celles de Hollywood :

« Orlando se trouvait déjà à l'intérieur, immobilisé par une prise de karaté qui le maintenait avec la tête plaquée au tapis. L’un d’eux avait mis son genou sur ma poitrine et l'autre, depuis son siège avant me cognait dans les reins et me frappait la tête pour que j'ouvre la bouche et que je crache le papier. À un moment, j'ai cru que je ne sortirais jamais de cette voiture. « Ton chemin s’arrête ici, Yoani », « et tes conneries sont terminées» me disait celui qui était assis à côté du chauffeur en me tirant par les cheveux. Un curieux spectacle se déroulait sur le siège arrière ; mes jambes étaient en l’air, mon visage tout rouge par la pression et le corps endolori, de l'autre côté il y avait Orlando maintenu par un voyou professionnel. Dans un geste de désespoir, j'ai seulement réussi à saisir mon agresseur par les testicules à travers son pantalon. J'ai enfoncé mes ongles, car j’imaginais qu'il allait continuer à écraser ma poitrine jusqu'au dernier souffle. « Tue-moi maintenant », lui ai-je crié, avec le peu d’air qui me restait. « Laisse-la respirer », dit celui qui était à l’avant du véhicule au plus jeune. »

Le scénario est émouvant, mais beaucoup l’ont critiqué… sauf le Département d'État et les bureaux d'Ileana Ros-Lehtinen et Lincoln Díaz Balart. Un commentateur a dit ironiquement : « Comment Yoani a-t-elle pu enfoncer ses ongles dans un tel endroit, alors qu’elle n’en a presque pas [des ongles] ?»

yoani_sanchez_et_ses_ongles_5
Les ongles très longs de Yoani

Soudain, l'histoire a été quelque peu modifiée. À la BBC, Yoani a raconté qu’elle ne pouvait pas montrer les marques de bleusyoani_et_ses_b_quilles_6 car les coups lui avaient été infligés sur les fesses et que naturellement elle ne pouvait pas les exposer ; elle avait insisté sur le fait que durant la fin de semaine, ses joues et ses arcades sourcilières étaient enflées (le lundi, Oh, miracle ! Les gonflements avaient disparus). Et enfin, elle a livré des photos et des vidéos absurdes, qui rappellent celles du grand comique Armando Valladares : Yoani avec des béquilles et Yoani en train de boiter avec de grandes douleurs. À vrai dire, Valladares était un amateur comparé à Yoani ; ses affabulations selon lesquelles il était devenu paralytique avaient été démasquées au moment de il avait été libéré de prison à la seule condition qu'il monte et descende par lui-même les passerelles de l'avion qui le conduirait à Miami. Valladares avait manigancé ses mensonges pour être libéré. Par contre, celles de Yoani semblent faites sur mesure pour la conduire en prison, même si le gouvernement cubain est plus que réticent à céder face à cette fantaisie singulière et malsaine.

Pendant ce temps, à Cuba les graves insuffisances d'Internet continuent ; ses journalistes, ses professionnels, ses scientifiques, ses éducateurs et ses techniciens se battent chaque jour avec une connexion si lente et tellement coûteuse qu'elle les fait revenir à l'âge de pierre alors que nous sommes à l’ère de la fibre optique et de l'ADSL généralisées dans le monde développé. Ce doit être frustrant et désespérant de devoir faire face en permanence à l'indifférence totale de la presse étrangère sur cette situation épouvantable, alors que dans le même temps celle-ci fait ses choux gras des shows pathologiques de Yoani et Reinaldo. Mais aussi longtemps que le spectacle médiatique continuera à remplir la fonction qui lui a été assignée – alimenter le business du couple tout en détournant l'attention de l’information authentique et, au passage, diaboliser Cuba -, les dégâts qu’elle occasionne sur le mental passeront au second plan.

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ENGLISH, ESPAÑOL

***************
Source : Yoani Sánchez: a few cards short of a full deck
Article original publié le 11 novembre 2009
Sur l’auteur
Machetera, Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de
Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
Article sur Tlaxcala

Posté par LE TACLE à 14:06 - Cuba - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2009

HONDURAS : UNE VICTOIRE " POUR CEUX QUI LUTTENT "

La visite en France d’un cardinal soutenant le putsch annulée

S_bastien_Madau
Auteur : Sébastien MADAU

cardinal_putschiste

Une cérémonie qui devait voir le cardinal Oscar Andres Rodriguez Maradiaga se faire remettre les insignes de Doctor honoris causa par l’Institut catholique de Paris le 24 novembre prochain vient d’être annulée.

La nouvelle de sa décoration avait créé la polémique auprès de la résistance au coup d’État contre le président Zelaya et également du côté de ses soutiens en France.

« Cette décision est due aux fortes pressions exercées par les différents secteurs, au niveau national et international, rejetant la remise de cette reconnaissance à un des auteurs du coup d’État » a indiqué l’ambassade du Honduras en France, demeurée fidèle au président Manuel Zelaya et qui ajoute que le cardinal a été « accusé par diverses organisations honduriennes de délits de corruption et de malversation ».

Dès l’annonce de la remise de cette décoration par l’Institut catholique de Paris, le Gouvernement constitutionnel du Honduras avait sollicité le Gouvernement français en lui demandant de ne pas laisser entrer le cardinal sur le territoire français tout comme n’importe quel auteur du coup d’État.

« Nous remercions toutes les personnes qui ont pris part à cette lutte, qui a eu pour résultat une inestimable victoire pour le peuple hondurien et pour toute l’humanité » conclut l’ambassade du Honduras en France.

En attendant, la situation demeure bloquée sur place alors que des élections doivent se tenir le 29 novembre prochain. Pour le moment, la résistance appelle au boycott de ce qu’elle définit  comme « un piège » et « une fraude généralisée ». Le président Manuel Zelaya a lui jugé illégitime ce scrutin alors qu’il a été victime d’un putsch le 28 juin dernier.

***************
Source l’auteur
Article publié le 18 novembre 2009

* * / * *

Traducido al español por Ana López Ruiz (Tlaxcala)

HONDURAS: UNA VICTORIA “PARA LOS QUE LUCHAN”

Anulada la visita a Francia de un cardenal que apoya el golpe

Autor: Sébastien MADAU

Acaba de ser anulada la ceremonia durante la cual el cardenal Óscar Andrés Rodríguez Maradiaga iba a ser investido Doctor Honoris Causa por el Instituto Católico de París el próximo 24 de noviembre.

La noticia de la concesión había creado polémica entre la resistencia al golpe de Estado contra el presidente Zelaya así como entre sus apoyos en Francia.

“Esta decisión se debe a las fuertes presiones ejercidas desde diferentes sectores, a escala nacional e internacional, rechazando la concesión de este reconocimiento a uno de los autores del golpe de Estado”, ha indicado la Embajada de Honduras en Francia, que permanece fiel al presidente Manuel Zelaya y que añade que el cardenal ha sido “acusado por diversas organizaciones hondureñas de delitos de corrupción y malversación”.

Tras el anuncio de la concesión del título honorífico por parte del Instituto Católico de París, el gobierno constitucional de Honduras solicitó al gobierno francés que no permitiera la entrada del cardenal al territorio francés como a cualquier responsable del golpe de Estado.

Agradecemos su participación a todas las personas que han tomado partido en esta lucha, que ha tenido como resultado una inestimable victoria para el pueblo hondureño y para toda la humanidad”, concluía la Embajada de Honduras en Francia.

A la espera de acontecimientos, la situación permanece bloqueada en el país, mientras se preparan las elecciones que tendrán lugar el próximo 29 de noviembre. De momento, la resistencia apela al boicot de lo que definen como “una trampa” y un “fraude generalizado”. El presidente Manuel Zelaya, víctima del golpe el pasado 28 de junio, ha considerado ilegítima la votación.

Autor : Sébastien MADAU

Traducción : Ana López Ruiz (Tlaxcala)

*************
Fuente: el autor
Artículo original publicado el 18/11/2009 sobre el diario
la Marseillaise (sur-este)

12 novembre 2009

HONDURAS : LE DILEMNE DE L’UNIFICATION DÉMOCRATIQUE À L’HEURE ACTUELLE

voselsoberano
voselsoberano.com

Aux militants du Parti de l’Unification Démocratique et au peuple hondurien en général

Aujourd’hui, la faction du Parti de l’Unification Démocratique (UD) avec à sa tête César Ham devra prendre une décision de vie ou de mort envers le Parti. Contrairement à la volonté du Front National de Résistance (hondurien), qui a décidé d’appeler à NE PAS participer à la farce électorale de novembre 2009, Ham et son groupe poursuit sa campagne partisane et s’apprête à participer au processus électoral frauduleux, conduisant l’UD vers une trahison et par conséquent à un suicide politique.

Cette faction prend comme excuse la menace des putschistes de supprimer la reconnaissance légale de l’UD si elle ne participe pas à leur cirque électoral. Mais cet argument est insoutenable.

De quelle légalité est-il question ? Rien de ce que peut faire ce régime, établi par un coup d’État, ne peut être considéré comme légal, et encore moins les décisions d’un tribunal électoral institué illégalement. Dire le contraire c’est ignorer l’existence du coup d’État et nier tout ce qu’a dit la Résistance sur l’illégitimité du gouvernement de facto.

no_votar_honduras_1
Affiche de l'appel à " NE PAS VOTER " du Front National de Résistance

Pour le Parti de l’Unification Démocratique, être déclaré illégal en raison de sa solidarité avec le peuple peut être un inconvénient tant que les putschistes seront au pouvoir, mais devant ce peuple c’est un honneur, et cette prétendue illégalité  peut être annulée avec le soutien des gens honnêtes de ce pays.

Par contre, se maintenir dans la légalité en cédant au chantage de l’oligarchie, ce qui signifie trahir la cause pour laquelle des dizaines de sympathisants de la Résistance sont morts, dont au moins 6 militants de l’UD, serait mourir dans la conscience populaire, et d’une mort  déshonorante.

D’autre part, participer à des élections frauduleuses contribuerait à légitimer le régime putschiste devant le monde entier et créerait des conditions plus difficiles pour vaincre le gouvernement en place, dont l’UD se ferait ainsi le complice. Prétendre que l’UD sortirait gagnante de cette aventure, est aussi illusoire que de prétendre que l’oligarchie va se laisser prendre une part importante du pouvoir alors qu’elle a bien préparé sa fraude. Ce qui est clair, c’est que l’oligarchie ne va pas céder par des élections ce qu’elle a gagné par les armes.

Paraqu_votar
Pourquoi voter ?
- Ton vote
les militaires
le balancent !

Pire encore, cautionner le processus électoral au moment où le Peuple est parvenu à faire un grand pas dans sa prise de conscience qui l’amène à  rompre avec le régime politique du bipartisme et  à envisager l’élection d’une Assemblée Constituante, serait le faire reculer, en redonnant force aux partis de l’oligarchie qui traversent aujourd’hui la pire phase de leur histoire récente.

Donc, à l’heure actuelle, l’UD se trouve à  la croisée des chemins:  il lui faut choisir entre risquer  de mourir aux yeux de la légalité putschiste, mais rester vivante dans le cœur du Peuple, ou vivre dans la légalité sous le régime putschiste mais mourir en tant qu’alternative politique populaire.

DESTINOFINALLIBERTAD
Affiche du Front National de Résistance

Indépendamment des différences qui nous ont séparés dans un passé récent, nous lançons un appel aux militants de base du Parti de l’Unification Démocratique afin qu’ils empêchent que, pour de mesquins intérêts personnels, l’UD creuse sa propre tombe en soutenant la farce électorale du 29 novembre prochain.

Tegucigalpa M.D.C. 11 Novembre 2009
Auteur : L'Authentique Comité de Direction National du
Parti de l’Unification Démocratique

RENAN VALDEZ      TOMAS ANDINO
Président       Secrétaire Général

Traduction : Esteban

Révision : Michèle Maliane

ESPAÑOL

***************
Source : vos el soberano - "
El dilema de la UD en el momento actual "
Article original publié le 11 novembre 2009
URL de cet article sur LE TACLE :  http://letacle.canalblog.com/archives/2009/11/12/15776264.html

Posté par LE TACLE à 19:38 - Amérique Centrale - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 novembre 2009

HONDURAS : ELVIA ARGENTINA VALLE : « NOUS ALLONS CONTINUER À RÉSISTER »

Entretien avec une députée
qui lutte contre le coup d’état au Honduras depuis le 28 juin

S_bastien_Madau
Auteur : Sébastien MADAU

Les Accords signés entre le président Zelaya et les putschistes ne sont plus qu’un lointain souvenir. Le Congrès n’a toujours pas statué sur le retour du président élu et Robert Micheletti a créé un pseudo Gouvernement d’unité nationale uniquement avec des partisans du putsch. Le point avec la députée du Parti libéral Elvia Argentina Valle qui lutte contre le coup d’état.

partisans_de_Zalaya
Les supporters de Manuel Zelaya, malgré les putschistes,
continuent de se mobiliser et de manifester pour la restitution du Président

- Pour quelles raisons Manuel Zelaya avait décidé de signer cet accord ?

Le Président Zelaya et la chancelière Rodas, même quand ils ont reçu les pires humiliations, et nous aussi au Honduras, avons su nous battre pour retrouver la démocratie, pour éviter que ce qui s’est passé au Honduras le 28 juin ne se passe pas ailleurs. C’est la raison pour laquelle nous voulons en finir avec cet Etat répressif.

Tout de suite après le coup d’état, une résolution de l’Organisation des Etats américains a condamné le coup d’état et l’OEA a expulsé le Honduras dirigé par les putschistes. La résolution impliquait la restitution du président Zelaya dans les 72 heures. Sauf que ces résolutions ne sont pas coercitives. Aujourd’hui, il y a une impunité terrible, aucune enquête n’est réalisée sur les délits qu’ils commettent. Ils devraient être arrêtés et jugés mais le système les protège. Les représentants de Robert Micheletti n’ont jamais été sincères, ils n’ont jamais voulu que cette crise se résolve.

- Pourquoi la restitution n’a pas lieu ?

Parce qu’ils ont peur du président Zelaya ! On ne comprend pas pourquoi dans la mesure où la Cour suprême de justice, le Parquet, le Commissariat aux droits de l’homme, l’armée, la police sont du côté du putsch. Le président Zelaya se rendra compte de manière irréfutable des mauvaises manœuvres administratives de ces quatre derniers mois.

Dans l’accord, l’amnistie n’a pas été insérée mais nous savons que Micheletti a sollicité le médiateur Oscar Arias pour qu’il l’ajoute. Des députés ont admis que le Procureur les a contactés en leur disant que s’ils défendaient la restitution, ils seraient traînés devant la justice.

- Vous avez participé à la réunion du Congrès national qui devait voter ce rétablissement. De quoi avez-vous débattu ?

Il s’agissait de remettre une copie de l’accord. Ce fut en fait du spectacle car ils avaient déjà décidé de le transmettre à la Cour suprême de justice pour qu’elle statue. Nous avons protesté en disant que l’accord demandait de rétrocéder l’autorité du pouvoir exécutif dans son état antérieur au 28 juin et ce jusqu’à la conclusion de l’actuelle période de gouvernance, le 27 janvier 2010 (1). Et que la Cour suprême pouvait être consultée (en insistant sur « pouvaient »).

- Les députés soutenant le coup d’état étaient-ils prêts à voter le retour de Manuel Zelaya ?

Pas tous les parlementaires du Parti libéral (2). Certains ont peur d’être inquiétés par la justice et Roberto Micheletti. Mais ils ont aussi une grande pression de leurs électeurs qui en majorité exigent la restitution du président Zelaya et ont menacé de ne pas aller voter s’il ne revenait pas.

- Quel rôle les députés résistants du Parti libéral et ceux de l’Unification démocratique (gauche) vont-ils jouer ?

Nous allons continuer à résister, en défendant la restitution, en dénonçant les répressions de ce Gouvernement putschiste mais aussi en essayant de convaincre les différents secteurs de la société en disant que s’il n’y a pas la restitution, il n’y a pas d’élection. Dans un régime totalitaire, manipulé, répressif, militarisé, violeur des droits de l’homme, ces élections ne sont qu’une fraude généralisée. Ces élections ne doivent pas avoir lieu et si elles ont lieu, elles ne doivent pas être reconnues. Ce serait les pires élections que nous connaitrions.

Propos recueillis par Sébastien MADAU

NdA :
(1) Les élections ont lieu le 29 novembre 2009 avec une passation de pouvoir officielle le 27 janvier 2010.
(2) Manuel Zelaya et Roberto Micheletti appartiennent au Parti libéral, qui s’est divisé depuis le putsch.

***************
Source : L’auteur
Article publié le 11 novembre 2009 sur le quotidien la Marseillaise (sud-est)
Sur l'auteur
URL de cet article sur LE TACLE : http://letacle.canalblog.com/archives/2009/11/11/15856792.html

JE SUIS LE SAHARA - RÉPONSE D'UNE "FANFARONNE" À UN MINISTRE

Salka Embarek est une poétesse,
engagée dans la défense des droits du peuple sahraoui...
lire

Salka_Embarek

Auteure : Salka EMBAREK

C’est ainsi que l’auteure explique son poème : « (…) Je ne peux pas dire que ce soit de la POÉSIE, j’aimerais bien pourtant !!! J’ai seulement senti monter ma colère face aux paroles blessantes du ministre marocain de la Communication, quand il nous a appelés des « fanfarons » ou lorsqu’il a dit que nos avertissements d’un retour à la guerre étaient des « menaces puériles ». J’ai eu besoin d’être bien claire avec lui et avec tous les autres, qu’une fois déjà nous y sommes allés et nous nous sommes avancés, nous avons beaucoup perdu et il ne nous reste plus guère de portes ouvertes, alors n’ayez pas de doutes, mais vous pouvez avoir peur …Personnellement, j’espère que nous n’en arriverons pas là…Nous avons déjà trop perdu de frères. » (Salka Embarek, extrait d’une lettre à un ami)

Je serai la guerre
et quand ce sera nécessaire, je serai la paix.
je serai la paix de la guerre
et la limite entre les deux
c’est moi qui la tracerai.

Que plus jamais ils ne m’appellent fanfaronne,
qu’aucun ministre ne se risque plus jamais
à me provoquer,
car durant les années de ma tragédie,
j’ai déjà détruit quelques murs
et je suis parvenue à faire tomber vos faux étendards.

Il n’existe pas de gouvernement usurpateur,
ni cruel,
ni roi si souverain
qu’il puisse me regarder dans les yeux,
et nier qu’il est coupable.
Il ne pourra pas car il n’a pas oublié
le nombre de fois où je l’ai affronté,
mis à nu et gagné.

Regarde-moi bien,
car le timon est entre mes mains,
et le vent souffle en ma faveur,
ce n’est pas moi qui aurai peur,
ce n’est pas moi qui perdrai,
tu n’entendras pas mes paroles en vain.

Je suis déjà vieille,
trente-quatre ans sont passés,
piétinant mon corps,
enterré sous des mètres de terre.
Plus de trente ans ont laissé
dans ma bouche des saveurs amères,
il y en a certaines que je ne sens plus,
d’autres sont devenues des bras,
de leaders inconnus,
de femmes en espérance,
bras de martyrs qui reviennent
tendus à la surface,
répondant à mon appel,
à celui de cette vieille que je suis,
et qui aujourd’hui redevient jeune
et renouvelée.

Qu’ils ne m’appellent plus fanfaronne,
car mes enfants leur répondent,
que ma voix n’est pas seule et unique,
je suis le Sahara,

ÉCOUTE BIEN MON NOM.

Sahara

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ESPAÑOL

***************
Source :
Soy el Sáhara
Article original publié le 10/11/2009
Sur l’auteure
Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique.
Cet article sur Tlaxcala 

Posté par LE TACLE à 19:06 - Afrique - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

LE PARAGUAY SUR LA CORDE RAIDE

Guillermo_F
Auteur: Guillermo F. PARODI

Il y a eu beaucoup d'informations relatives au procès politique de Lugo, et même au coup d'État planifié contre le président. Tout est vrai. Il y a eu une intention de procès politique et il y a eu l’intention d’une tentative de coup de d'État [1].

La première intention est simple à démontrer car elle avait été publiée dans tous les quotidiens « désinformateurs » du Paraguay. La deuxième est plus délicate, car c’est seulement un quotidien avec des journalistes professionnels sérieux, qui avait vendu la mèche. Lugo avait appris que certains hommes politiques s’étaient entretenus avec les chefs militaires – c’est cette information-là, l’information clé de Última Hora, et de fait elle a décapité les trois forces [2].

Il faut analyser avec minutie la réalité paraguayenne pour pouvoir rendre un diagnostic approprié.

Autant les services vénézuéliens que paraguayens avaient détecté les signes de l'intention de faire dégager Lugo de la scène latino-américaine. Le reste ne sont que des détails. Procès politique ou coup d’État renfermaient la même intention.

putsch_1
- Mince! Mon sac s'est déchiré !
- Ça doit être un de ces sacs putschistes qui ne servent à rien
Nicodemus Espinosa, 6 novembre 2009

Aujourd'hui Notre Amérique est attaquée comme l’ont été les pays arabes avec l'insertion d'une enclave perverse et puissante. Au Moyen-Orient c’est Israël, en Amérique du Sud la Colombie semble devoir jouer ce rôle. Les gouvernements marionnettes arabes ont leurs équivalents tels le Mexique, le Pérou, le Panama et jusqu'à un certain temps le Honduras. Le Paraguay devait être un autre Honduras.

Mais au Paraguay la stratégie a échoué, ça n’a pas été un nouveau Honduras et encore moins une nouvelle Colombie. Le Paraguay est encore indemne.

Non pas que nous devions chanter des louanges à Lugo, car soyons honnêtes : Lugo nous a trompés. Lugo a gardé les caractéristiques de l’évêque qu’il a été. Lugo applique le Sermon de la Montagne : ne résistez pas à celui qui est mauvais (…), il pense qu'il faut pardonner à celui qui est méchant, qu’il faut tendre l'autre joue, pendant que le pays se délite, au lieu de mettre le méchant en prison. Saramago*, lui, a osé juger plus fermement, et a été plus exigeant dans son dernier roman Caïn.

Que les corrompus de son gouvernement et ceux des précédents rendent ce qu’ils ont volé. Et cela devant les caméras de télévision. Qu’ils soient enfermés un seul jour dans une cage dans un parc zoologique, pour que les citoyens honnêtes puissent leur balancer des œufs et de temps à autre une bonne pierre. C’est seulement ainsi qu’il aura un grand soutien populaire comme celui qu'il avait eu pour son élection, car en ce moment, ce n’est pas le cas, avant il représentait l’imaginaire social (au sens de Cornelius Castoriadis) que tous les Paraguayens avaient développé dans leur esprit.

En résumé, il est vrai que l'intention de coup d’État, militaire ou civil, a existé et il reste toujours présent dans les esprits de beaucoup d’hommes politiques, de chefs d'entreprise de droite et de partis politiques traditionnels, bien que Lugo soit parvenu à déjouer l'agression. Mais pour résister dans le temps, Lugo doit être ferme. Lugo doit laisser de côté son image d'évêque, être pour la première fois, et jusqu'à la fin de son mandat, le président de tous les Paraguayens et gouverner par la loi, comme il avait promis le jour de son élection.

Notes:

[1] Matilde Sosa. Un coup d'État se prépare-t-il au Paraguay ? 
[2] Lugo barre cúpula militar tras hablar de bolsones golpistas

*José Saramago, écrivain portugais né le 16 novembre 1922 à Azinhaga (Portugal), prix Nobel de littérature en 1998, à publié le 17 octobre un nouvel ouvrage « Caïn ». Il avait déjà fait scandale avec « L'Évangile selon Jésus-Christ », Il soulèvera de nouveau un tollé de protestation dans le cercle de l’Église avec « Caïn »dans lequel il explique « Caïn, qui a effectivement tué son frère [Abel], mais qui pour moi ne peut être vu comme une sorte de personnification du mal », ajoutant « Au fond, c'est Dieu le vrai responsable. Dieu, qui devrait respecter l'un et l'autre, chacun dans son travail, a méprisé l'un et mis en valeur l'autre. L'attitude de Dieu est impardonnable ». Source : Actua-litté

putsch_2
"Le Président Lugo a assuré que jusqu'en 2013, personne ne le ferait sortir du Palais López"
- Même pas pour se baigner ?
Nicodemus Espinosa, 5 novembre 2009

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ESPAÑOL

***************
Source : Paraguay en la cuerda floja
Article original publié le 8 novembre 2009
Sur l’auteur
Cet article, sur Tlaxcala le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.

Posté par LE TACLE à 15:52 - Paraguay - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

GAZA : DES ENFANTS DE GAZA SE DROGUENT POUR SUPPORTER LA DOULEUR PENDANT QU'ILS TRAVAILLENT 12 HEURES PAR JOUR DANS LES TUNNELS

Sauvons les enfants de Gaza

Iqbal_Tamimi
Auteure: Iqbal TAMIMI

Les enfants juifs de l'État d'Israël qui a lancé des attaques contre les enfants de Gaza au mois de janvier dernier avec ses bombes et ses missiles, assiégeant leur ville à partir des airs, mer et terre sont en train de profiter de bons repas, d’éducation, de soins, de moyens de transport, de divertissement, d’eau pour se laver et pour nager. Mais qu’en est-il des enfants affamés de Gaza ?

tunnels_1Ceux qui connaissent le siège israélien de Gaza sont parfaitement au courant de la pénurie de nourriture, de médicaments, de matériaux de construction et d'autres biens de consommation, mais ce que beaucoup ne savent pas c’est que se sont les enfants de Gaza qui sont les premières victimes de ce siège, ils souffrent d’un nouveau type d’oppression et de douleurs mentales et physiques.

Les enfants de Gaza sont obligés de travailler dans les tunnels étroits et dangereux construits entre Gaza et l'Égypte, à travers lesquels ils passent des aliments et d'autres marchandises de contrebande. Outre la contrebande, ils sont tenus à d'autres tâches : ils creusent des tunnels, choisissent les passages appropriés, installent le système d’éclairage et posent des tuyauteries pour acheminer le carburant introduit depuis le côté égyptien.

En mars 2009, et pour la troisième fois en 2 mois, la police égyptienne dans le Sinaï, a arrêté un groupe d'enfants qui rampait dans les tunnels de la Bande de Gaza assiégée. Le plus âgé avait seulement 12 ans : Orabi Mohamed Abu-Saud (12 ans), Mohamed Zaidan Al Faramawy (12 ans), Hasan Eyad Zanoub (11 ans), et Nabil Ibrahim Abu-toyour (11 ans). Tous étaient passé furtivement de l'autre côté de la frontière pour acheter des bonbons et de la nourriture et les revendre dans les rues de Gaza.

L'Unité de recherche de terrain de l'Assemblée Nationale pour la Démocratie et la Loi a publié un rapport sur le phénomène généralisé de la main d'œuvre infantile dans les tunnels et demande de l’aide et du soutien à la communauté internationale pour mettre fin à la misère des enfants.

La pauvreté toujours croissante à Gaza à cause du siège israélien et à la dernière agression de l’armée israélienne oblige lestunnels_2 enfants à travailler 12 heures par jour dans les tunnels extrêmement dangereux. Les jeunes garçons transportent les marchandises dans des tunnels étroits qui s’étendent sur toute la frontière entre Gaza et l'Egypte ; Ils mesurent plus de 700 mètres de long, et sont creusés à 12 mètres de profondeur. Ils ne sont guidés que par de simples ampoules électriques espacées tous les 10 mètres. Les enfants travaillent de 7h du matin à 7h du soir et il y a aussi un roulement hebdomadaire pour le travail de nuit.

Les enfants ne peuvent se reposer qu’une heure seulement au cours des 12 heures de travail terminant, évidemment, épuisés, avec une très grande fatigue. Beaucoup d'enfants sont ainsi contraints de prendre une drogue stimulante connue localement sous le nom de « Tramal » (Tramadol). On dit que cette drogue est censée aider les enfants à oublier la douleur, à revitaliser leurs organes et à les maintenir au travail sans se plaindre davantage. Mais, en même temps, cette consommation illégale de drogues entraine de sérieuses complications de santé et des effets secondaires.

tunnels_3À travers les tunnels, les enfants doivent transférer toutes sortes de marchandises pour le commerce, tels que : nourriture, appareils électriques, médicaments, lait pour bébé, produits textiles, chaussures, et du bétail. Mais le plus dangereux de tout, est d’avoir recours à des produits aussi dangereux que les « diluants » et les solvants mélangés à certains types de peintures. Les solvants sont très dangereux puisque leurs émanations sont très piquantes et toxiques lorsqu’elles sont inhalées, et si le récipient vient à se percer dans le tunnel pendant le voyage infernal, cela aurait un effet désastreux pour les enfants dans l'obscurité qui se traînent sur leurs genoux en portant d'autres produits dangereux comme les produits chimiques pour le nettoyage, la soude caustique, et du gasoil. Ils doivent manipuler tous ces produits chimiques dans un espace confiné, où il n'y a ni ventilation ni sorties de secours.

Étant donné le pourcentage chaque fois plus grand de pauvreté à cause du siège israélien, beaucoup d’enfants ont cessé d'aller à l'école. Un petit nombre seulement est parvenu à organiser leur temps et travailler tout en étudiant. La majorité des enfants a commencé à travailler il y a 1 à 2 ans.

La majorité ne semblait pas avoir peur de travailler dans des conditions aussi dangereuses, tous étaient passés par les pires terreurs auxquelles tout enfant résisterait difficilement : les bombardements de leur maison par l'armée israélienne, la perte des membres de leur famille qui sont morts sous les décombres, l’expérience d’avoir à ramasser les lambeaux de leurs petits camarades qui ont été assassinés au cours des raids israéliens. Il semble qu'ils aient déjà été témoins de toute sortes d’horreurs qui les ont immunisés contre la peur, ou pire encore, ils ont été dépouillés de la volonté de vivre.

Bien que parmi eux, beaucoup aient du affronter des problèmes techniques, comme des coupures de courant, des fuites de gaz, l’effondrement de tunnels, en plus de leurs problèmes de bas salaires, et le fait que beaucoup des tunnels étaient bombardés par les forces israéliennes pendant qu’ils y travaillaient, ils n'ont d’autre option que travailler, affrontant la mort à chaque fois qu'ils se traînent dans ces pièges mortels.

Au cours d’un accident, 20 jeunes hommes palestiniens sont morts asphyxiés : les autorités égyptiennes avaient découverttunnels_4 certains tunnels dans lesquels elles ont ordonné de verser des produits toxiques puis de les refermer. Quatorze autres jeunes avaient été secourus, échappant ainsi à la mort.

Au cours de ces 3 dernières années depuis le début de la construction des tunnels, le nombre total de victimes mortes à cause de l'effondrement des tunnels seulement par les bombardements israéliens directs ou par la destruction des tunnels par les autorités égyptiennes s’est élevé à 117 personnes. D’après les données de l'Hôpital Abou Youssuf Annajar et de l'Hôpital Européen, 32 de ces victimes étaient des enfants.

Les enfants interviewés ont dit qu'ils avaient été choisis pour travailler dans les tunnels, puisque leur corps était plus petit, et qu’il leur était donc plus facile d’y circuler, en plus du fait que leur salaire était moindre que celui des adultes. Le salaire d'un enfant est entre 9 et 36 € par jour, mais la majorité gagne 18 € par jour. Ils ont abandonné l'école pour pouvoir manger et mettre un peu de pain sur la table familiale. La majorité des familles sont contre l'idée que leurs enfants travaillent, mais elles n’ont pas le choix, car elles sont obligées d'avoir au moins un membre qui travaille puisque les adultes ne trouvent plus rien à faire après la destruction de leur ville et de leurs entreprises en janvier dernier, de même que le siège israélien les empêche de rétablir quelque type d'activité que ce soit.

tunnels_5Ce qui est étrange c’est que les enfants qui travaillent conseillent aux autres enfants de ne pas abandonner l'école, pour quelque raison que ce soit. Étant donné ce qu’ils ont eu à subir, beaucoup d'entre eux ont même fait part de leurs conflits avec leurs employeurs aux  anciens de la ville et à la police. Ils ont porté plainte contre les propriétaires des tunnels.

Ce qui se passe là est un crime contre l'enfance, un abus et une discrimination contre les jeunes. Les propriétaires des tunnels profitent des jeunes qui ne peuvent pas affronter des adultes plus forts qu’eux ou se défendre contre eux.

Il y a de la négligence de la part des parents qui connaissent le danger qu’il y a à travailler dans ces tunnels, quelques parents encouragent même leurs enfants à travailler, bien qu'ils connaissent les risques qu’ils encourent.

Il y a un échec flagrant des autorités à la prévention de ce phénomène, qui est définie comme un délit par la loi palestinienne.

Les organisations de défense des droits humains ont échoué à se confronter à ce phénomène.

Le siège israélien doit être levé impérativement, nous lançons un appel à la communauté internationale à intervenir pour faire lever le siège imposé à la Bande de Gaza et ouvrir tous les points de passage afin de permettre que tous les marchandises puissent circuler, car c’est la seule action qui permettra la fermeture immédiate des tunnels.

Des enfants ne sont pas censés ramper sur les genoux dans des tunnels sombres et profonds, ils sont censés être assis à leurs pupitres et étudier à l’école, jouer et faire de l’exercice physique. Ces enfants ont besoin d'être réhabilités, puisqu'une grande partie d’entre eux ont développé des problèmes de comportement et psychologiques, et certains sont maintenant dépendants de certaines drogues.

Il faut sauver les enfants de Gaza, les sortir de l’ornière avant qu’ils ne grandissent animés par la colère et le ressentiment, et que nous ayons alors tous à faire face aux conséquences de leur oppression.

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ENGLISH, ESPAÑOL

***************
Source : Palestinian Mothers - The Children of Gaza develop narcotic addiction to withstand the pain while working 12 hours a day in the tunnels
Article original publié le 8 novembre 2009
Sur l’auteure
Esteban et Fausto Giudice sont membres du réseau pour la diversité linguistique
Tlaxcala.
Cet article sur Tlaxcala

Posté par LE TACLE à 12:09 - Palestine - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

HONDURAS : LE PCF CONDAMNE LES MANOEUVRES CONTRE LE RETOUR DE LA DÉMOCRATIE AU HONDURAS

pcf

En s’opposant à la restitution dans ses fonctions du président élu du Honduras, le régime de facto issu du coup d’État du 28 juin dernier a fait échouer le retour de la démocratie. C’est une décision lourde de conséquences pour le peuple de ce pays.

Le Parti communiste français condamne cette violation des engagements pris après des négociations longues et difficiles.

pcf_hondurasIl s’agît, de toute évidence, d’une manœuvre de plus visant à mettre le peuple hondurien et la communauté internationale devant le fait accompli. C’est aussi une tentative d’imposer la tenue des élections, prévues pour le 29 novembre prochain, sous le contrôle d’un régime illégitime et autoritaire qui ne cherche qu’à pérenniser les privilèges d’une classe dominante en refusant des réformes pour plus de justice sociale et de démocratie.

Les objectifs sont clairs : écarter à tout prix la possibilité d’un gouvernement progressiste au Honduras et arrêter les avancées des forces progressistes en Amérique centrale.

Malgré les déclarations du président Barack Obama en faveur du retour du président légitime au Honduras, les États-Unis soutiennent les agissements du gouvernement de facto. Washington légitime ainsi le coup d’État et impose l’impunité des crimes commis durant ces mois de dictature.

Il est du devoir du gouvernement français et de l’Union européenne de ne reconnaître ni le gouvernement que Roberto Micheletti, dirigeant des putschistes, ni les élections tenues dans ces circonstances.

Une prise de position ferme et déterminée signifie la mise en place de sanctions telles que le gel des avoirs de ceux qui soutiennent le coup d’État au Honduras et l’exclusion de tout accord commercial ou de coopération de l’UE avec ce pays, ainsi que le soutien aux représentants du gouvernement du président Manuel Zelaya en Europe.

Le Parti communiste français réaffirme sa solidarité avec le peuple hondurien, avec le président légitime Manuel Zelaya et avec les forces démocratiques et progressistes qui luttent avec un grand courage pour le retour de la démocratie et de l’ordre constitutionnel.

Parti communiste français

***************
Source : PCF -  "
le PCF condamne..."
Paris, article publié le 6 novembre 2009
URL de cet article sur
www.pcfhttp://www.pcf.fr/spip.php?article4084

** / **

TRADUCIDO AL ESPAÑOL POR MANUEL TALENS (Tlaxcala)

Manuel_Talens
Manuel Talens

EL PARTIDO COMUNISTA FRANCÉS (PCF) CONDENA LAS MANIOBRAS CONTRA LA REINSTAURACIÓN DE LA DEMOCRACIA EN HONDURAS

Al oponerse a la restitución en sus funciones del presidente electo de Honduras, el régimen de facto surgido del golpe de Estado que tuvo lugar en ese país el pasado 28 de junio ha hecho fracasar la reinstauración de la democracia. Se trata de una decisión de graves consecuencias para el pueblo hondureño.

El Partido Comunista Francés condena esta violación de los compromisos alcanzados tras largas y difíciles negociaciones.

Se trata sin duda de una maniobra más para poner al pueblo hondureño y a la comunidad internacional ante unos hechos consumados. Es asimismo un intento de imponer la celebración de las elecciones, previstas para el próximo 29 de noviembre, bajo el control de un régimen ilegítimo y autoritario que únicamente busca eternizar los privilegios de la clase dominante mediante el rechazo de unas reformas destinadas a incrementar la justicia social y la democracia.

Los objetivos están claros: se trata de evitar a cualquier precio la posibilidad de un gobierno progresista en Honduras y de paralizar los avances de las fuerzas progresistas en Centroamérica.

A pesar de las declaraciones del presidente Barack Obama a favor del regreso del presidente legítimo a Honduras, Usamérica sostiene las maniobras del gobierno de facto. De esta manera, Washington legitima el golpe de Estado e impone la impunidad de los crímenes cometidos durante estos meses de dictadura.

El gobierno francés y la Unión Europea tienen el deber de negarse a reconocer tanto al gobierno de Roberto Micheletti, dirigente de los golpistas, como las elecciones que pudieran celebrarse en tales circunstancias.

Una toma de posición firme y determinada significa la puesta en marcha de sanciones, tales como la congelación de los bienes de todos aquellos que apoyan el golpe de Estado en Honduras y la exclusión de cualquier acuerdo comercial o de cooperación de la UE con ese país, así como el apoyo a los representantes del gobierno del presidente Manuel Zelaya en Europa.

El Partido Comunista Francés reafirma su solidaridad con el pueblo hondureño, con el presidente legítimo Manuel Zelaya y con las fuerzas democráticas y progresistas que luchan con suma valentía para la reinstauración de la democracia y el orden constitucional.

Partido Comunista Francés (PCF)

***************
Fuente : PCF - "
Le PCF condamne..."
París, publicado el 6 de noviembre 2009
URL de este artículo sobre
www.pcf : http://www.pcf.fr/spip.php?article4084

Posté par LE TACLE à 09:38 - Amérique Centrale - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



Page suivante »