Evo_Morales

1. Le Président de la Bolivie, Evo Morales à promulgué hier une loi pour l’octroi d’une pension viagère aux anciens, il a annoncé l’expropriation de 180 mille hectares de terres à Chuquisaca à la faveur des indigènes Guaranis et, de plus, le Congrès a approuvé que l’assemblée Constituante pouvait délibérer dans n’importe quel endroit du pays. Ces mesures ont été adoptées en réponse à une grève de 24 heures entreprise dans six départements du pays, fomentée par les forces politiques et civiques de l’opposition de droite et les secteurs des oligarchies locales qui sont opposées aux politiques nationalistes et antilibérales du gouvernement depuis son avènement en janvier 2006. Mais dans la nuit, ces forces ont annoncé qu’après s’être réunies,elles ont conclus « de passer à l’état de résistance civile mobilisée devant la faillite de la démocratie », et de déclencher une grève de la faim générale et illimitée dans tous le pays à partir de lundi prochain 3 décembre.

2. Evo Morales, le Président indien, lui qui gouverne avec et pour les pauvres et les miséreux, est en train d’être agressé par les multimillionaires de Santa Cruz et de Sucre (au service du gouvernement yankee Bush). Les riches de cette région de Bolivie, qui durant les gouvernements précédents ont jouit de tous les privilèges et ont acquérit leurs richesses en exploitant les indigènes, s’opposent de toutes leurs forces et avec tous leurs moyens à la rénovation de la Constitution car avec celle-ci ils perdent des privilèges. Mais le plus grave c’est que la gauche internationale (et parmi elle la mexicaine) en grande partie social démocrate, distraite à des processus électoraux, cherchant des alliances pour avoir des voix, effrayée de faire des « déclarations qui la compromette », préfère faire la sourde oreille dans l’attente d’une quelconque opportunité pour saisir un mandat politique. Les gouvernements de la Bolivie, du Venezuela et de l’Équateur ont grandement besoin d’aide dans ces moments d’agression.

3. Pendant que la gauche garde un silence complice, la droite et les fascistes, eux, s’unissent internationalement pour défendre leurs intérêts. Ils le font de toutes parts lorsqu’ils veulent envahir ou saccager un pays, comme cela s’est démontré en Afghanistan et en Irak, lorsqu’ils appuient Israel pour envahir les pays arabes ou en calomniant Hugo Chávez qui lutte pour une Constitution socialiste pour le Venezuela. Comment peut-on oublier le cas de la grande campagne internationale des médias qui calomniait le gouvernement venezuelien qui n’avait pas renouvelé les permis de retransmission à une chaîne de télévision mensongère de ce pays ? Je ne me rappelle aucun appui de la gauche mondiale à Chávez, ni même aucune déclaration de solidarité avec Evo. Dans les années soixante et soixante et dix nous sommes descendus dans les rues de Mexico pour appuyer Cuba en condamnant les politiques agressives de l’impérialisme yankee. Mais dans ces années, il n’existait pas de subventions, de députations et de privilèges pour les gauches.

4. J’ai la conviction que si Hugo Chávez et Evo Morales sont renversés ou étouffés par les droites et l’impérialisme nous devrions attendre plusieurs années pour que les luttes des peuples récupèrent une nouvelle fois en Amérique. Les arguments qui sont utilisés contre Chávez (de se battre contre tous les gouvernements) sont les mêmes qu’utilisèrent les médias de l’information contre Fidel Castro dans les années soixante pour le calomnier, sur les ordres des gouvernements de Eisenhower, Kennedy et Johnson. Il ne faut pas oublier que le centre des sources d’information se trouve aux Etats-Unis et de là-bas partent 90% de ce qui est publié dans le monde. C’est pour cela que toutes les Unes des journaux et les journalistes de droite, y compris beaucoup de ceux de gauche, présentent Chávez comme un « Bagarreur » et gardent le silence. Et ils taisent avec intention, les arguments qui démontrent le rôle expoliateur des grands capitalistes ainsi que les arguments de Chávez contre ceux-ci.

5. Pendant qu’au Mexique beaucoup de gens ont honte de leur origine indigène (malgré le grand chemin idéologique tracé par le mouvement zapatiste), en Bolivie environ 50% de la population, y compris son Président, assument avec une très grande dignité leur race indienne. Un autre pourcentage est métis et guère plus de 10% sont des blancs créoles. Mais en Bolivie, comme dans tous les peuples d’Amérique le problème n’est celui des races mais de classes sociales : moins de 10% de banquiers, d’industriels et d’investisseurs contrôlent 60% de la richesse pendant que les autres 90% de la population indigène, paysanne, ouvrière et de classe moyenne se résignent avec les 40% des bénéfices. Mais ce n’est pas seulement cet intérêt économique immédiat ; le problème est politique parce que le renversement de Evo Morales pourrait être le premier coup de butoir contre Chávez, qui est la visée de l’impérialisme.

6. De même au Mexique presque toute la télévision, la radio et la presse sont la propriété de puissants patrons de droite qui déforment à leur avantage toute l’information qu’ils diffusent, cela est pareil au niveau international. Des groupes de monopoles se sont appropriés (depuis des dizaines d’années) tous les médias auxquels ils ont impulsé à la surconsommation et l’idéologie des gens. Il en est de même avec les écoles : les gouvernements ont imposé des plans, des programmes, des objectifs éducatifs, des idéologies pour maintenir les étudiants dans une idéologie de soumission au capital. C’est pour cela que ces derniers mois nous avons vu que les étudiants (de par leur âge, ils devraient être révolutionnaires, transformateurs, partenaires des intérêts des travailleurs) sont maintenant tombés docilement au service du capital parce que l’école, au lieu d’être un lieu critique, a seulement servit à translettre l’idéologie de la classe capitaliste dominante.

7. Le peuple venezuelien votera pour le oui, approuvant une nouvelle constitution qui bénéficie au peuple pauvre. Ce consentement, lié à celui obtenu par Rafael Correa en Équateur et celui que Evo Morales obtiendra en Bolivie, seront les premiers pas solides pour renforcer les luttes des peuples d’Amérique. C’est cela, que tentent de bloquer avec toutes leurs forces l’impérialisme yankee et les bourgeoisies « nationale » des différents pays à leur service. Tous les mouvements démocratiques de gauche du continent et du monde devraient manifester leur appui aux peuples de Bolivie, Venezuela, Équateur et aux autres dans ce moment crucial où le gouvernement yankee et les bourgeoisies dépendantes de chaque pays font tout pour freiner le lutte anti impérialiste et socialiste dans le monde. La gauche ne peut se transformer en complice de ces forces du capital en gardant le silence par peur et par opportunisme.

Pedro Echeverría V.

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Traduction Esteban