S’il s’avérait un jour que le gouvernement de Hugo Chàvez viole la souveraineté et l’intégrité territoriale d’un pays voisin, massacrant au passage plus d’une dizaine d’opposants, quelle serait la réaction d’une "opinion publique" sous influence des grands médias ?

Mais, dès lors que celui qui a commis un tel acte est un des représentants de Bush sur le continent, ceux-ci manipulent les informations comme ils ont su le faire pour justifier l’invasion de l’Irak.
Il est révoltant de constater le traitement complaisant et complice par les grands médias de cet ultime acte de terrorisme d’Etat perpétré par le gouvernement d’Alvaro Uribe.

La une de la " Folha de São-Paulo " [grand quotidien paulista ndt] du lundi 3 mars braquait ses projecteurs sur la mobilisation de troupes vénézuéliennes pour protéger sa frontière avec la Colombie, accréditant l’idée que la posture offensive et provocatrice venait du Venezuela. Le lendemain, la plupart des grands titres rendaient compte des positions de certains parlementaires brésiliens fustigeant Chàvez pour des mesures qui ne sont que des précautions défensives !

Nous en sommes donc arrivés au comble de défendre l’idée que celui qui a tort est celui qui se défend et non pas celui qui agresse !

Comme l’auteur de cet acte terroriste est un de ses représentants favoris, les grands médias aux ordres reprennent en chœur le refrain impérialiste qui qualifie les FARC de terroristes tout en légitimant le gouvernement paramilitaire de Uribe. Ils sont prêts à toutes les acrobaties intellectuelles pour justifier l’injustifiable et passer sous silence toutes les mesures prises par un gouvernement qui a fait de la Colombie une filiale sud-américaine des Etats-Unis.

Ces grands médias brésiliens, si prompts à pousser des grands cris en faveur de leur " liberté d’expression ", devraient visiter la Colombie plus souvent pour voir comment y sont traités les militants des mouvements sociaux, en particulier ceux du mouvement estudiantin.

Nos collègues de l’A.C.E.U. ( Association Colombienne des Etudiants Universitaires ) ne trouvent que dans les locaux de l’Université Nationale de Bogotà ( capitale administrée par le Pôle Démocratique – gauche ndt ) un semblant de sécurité même précaire, car dehors ils sont constamment les cibles de la Police Nationale et des groupes paramilitaires. Le mouvement estudiantin Colombien compte des dizaines de martyrs assassinés sous le gouvernement d’Uribe mais de cela les grands médias ne parlent pas. Car pour eux, le " grand méchant loup " ne peut être que Chàvez, qui pourtant garantit toute liberté à ses opposants, jusqu’aux plus virulents. Demandez aux Colombiens si des manifestations telles que celles qui ont été organisées contre les propositions de Chavez lors du dernier référendum seraient possibles dans la Colombie de Uribe ?

Le massacre des guérilleros colombiens des FARC, dont le dirigeant révolutionnaire Raùl Reyes, est un attentat fasciste contre la paix. Un acte de lâcheté à l’image d’un gouvernement terroriste, contremaître de l’Empire nord-américain.

Alvaro Uribe adopte ainsi des positions extrêmes pour saboter les efforts internationaux, réalisés par le gouvernement vénézuélien avec d’autres pays comme la France, visant à établir un dialogue de paix avec les FARC, qui se sont depuis engagées dans des libérations d’otages sans contrepartie.
Ils ont donc tué le Commandant Raùl Reyes. Ils ont ainsi assassiné un des principaux négociateurs du processus de négociations pour la paix entamé entre les FARC et le gouvernement Pastrana qui a échoué en 2002. Et l’on peut voir Uribe parader à la télévision avec l’allure provocatrice et caractéristique des fascistes, fier de son coup qui vise à déstabiliser la région et à faire obstruction aux évolutions que la situation connaissait.

Nous devons exprimer toute notre solidarité au peuple colombien et condamner énergiquement l’acte terroriste du gouvernement de ce pays. Il nous faut simultanément être aux côtés de nos frères de l’Equateur et du gouvernement de Rafael Correa, victime d’un grave attentat contre sa souveraineté.
Les démocrates et les combattants de la paix sur notre continent doivent rester attentifs aux provocations de l’Empire pour ne pas tomber dans des pièges bellicistes et empêcher toute " guerre préventive "  - sur la base de documents bidonnés " retrouvés " près des cadavres des guérilleros assassinés – cette fois-ci sur notre continent.

Le Brésil doit jouer un rôle décisif dans cette situation, en condamnant sans ambages l’action du gouvernement d’Uribe pour ensuite travailler à une solution politique du conflit armé en Colombie, à la reprise des échanges humanitaires et au maintien de la paix dans toute l’Amérique du Sud.
Celui qui doit aujourd’hui rendre des comptes a nom et prénom : Alvaro Uribe Vélez !

par Luciano Rezende


luciano_rezende

Luciano Rezende est ingénieur agronome, diplômé en entomologie et doctorant en génétique, membre de la direction nationale de l’UJS ( Union de la Jeunesse Socialiste, organisation anti-capitaliste proche du PC do B ).




Traduit par Pedro Da Nóbrega