05 avril 2008
COLOMBIE : Dix syndicalistes assassinés depuis le début de l’année
La Confédération Syndicale Internationale vient de constater avec une énorme préoccupation que les assassinats, les attentats et les menaces de mort n’effrayent pas en Colombie et que les autorités ne sont pas saisies pour mener une investigation exhaustive des délits commis presque chaque jour contre le mouvement syndical.
Le climat de harcèlement, de menaces et d’attaques contre les leaders syndicaux est une chose qui est maintenant difficile à supporter. Depuis le début de l’année, ce sont 10 travailleurs et travailleuses qui ont payé de leur vie le fait d’être syndicalistes et de lutter pour améliorer le sort de la classe des travailleurs colombienne. Les syndicalistes assassinés ou menacés font partie de tous les secteurs, l’éducation, les banques, la santé. Le 2 février, pendant l’accomplissement de son travail d’élu au Parque Nacional la Macarena, José Martín Duarte Acero de SINTRAMBIENTE-CGT a reçu une balle à travers l’épaule, décédant quelques minutes après avoir averti sa famille avec son portable.
Rafael Boada, Président du syndicat des employés bancaires UNEB, Seccional Bucaramanga a été victime d’une attaque armée le 7 mars. Deux individus sur une moto ont tiré deux balles traversant le pare brise. Par chance il en est sorti indemne. Il avait déjà reçu plusieurs menaces de mort.
Plusieurs de ces assassinats ont eut lieu étrangement autour de la marche « Pour la Dignité des Victimes » organisée en Colombie le 6 mars 2008 avec l’appui du mouvement syndical en hommage à – et en solidarité avec - toutes les victimes de l’arbitraire et du conflit armé et, évidemment, avec les familles des 2574 syndicalistes assassinés ; avec les plus de quatre millions de déplacés qui en grande partie ont été dépossédé de leurs terres et de leurs biens ; avec les plus de 10.000 disparus ; avec les centaines de personnes séquestrées et avec les milliers d’assassinés dans une centaine de massacres et d’attentats sélectifs. Dans une lettre envoyée au Président Uribe par la CSI, son Secrétaire Général, Guy Ryder l’exhorte à mener au bout une investigation exhaustive de tous les délits commis et le prie en particulier, de déployer les mesures de sécurité nécessaires afin que ces menaces d’assassinats ne soient pas mises à exécution. Les mêmes faits ont été communiqués à l’Office International du Travail (OPI) dans le cadre d’une plainte officielle de la CSI contre le gouvernement colombien pour violations répétées de la liberté syndicale.
“C’est un devoir – dit Guy Ryder – de mettre fin à tous les actes de harcèlement contre les membres des organisations syndicales, identifier les responsables, les traîner devant un tribunal compétent et impartial et leur appliquer les sanctions prévues par la loi dans le but que ces crimes ne tombent dans l’impunité totale et que les travailleurs(ses) colombiens puissent exercer leurs droits librement sans mettre leurs vies en péril ».
La CSI représente 168 millions de travailleuses et de travailleurs dans 155 pays et territoires et compte 311 organisations nationales affiliées.
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Trad: Esteban
L'organisateur de cette terreur et de cette tuerie étant Uribe lui-même, il serait malheureusement illusoire de croire qu'il va stopper son action. Seule une véritable condamnation pas seulement syndicale mais également politique internationale pourrait peut-être obliger cet assassin inféodé aux USA de mettre un terme à ces exactions mais nous savons la politique narco paramilitariste instaurée en Colombie par Àlvaro Uribe donc...
Esteban
