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Le 21 avril 2008- Jorge Alvarado Ribas, Ambassadeur de Bolivie au Venezuela, a expliqué la situation délicate qui est vécue dans son pays suite à une consultation organisée par l’oligarchie de l’Est du pays afin d’approuver des statuts d’autonomies, mais celle-ci a été déclaré illégale et inconstitutionnelle par la Chambre Nationale Électorale, et rejetée par l’OEA, l’ONU et l’Union Européenne.

Interrogé par Eleazar Díaz Rangel pour la chaîne TVes, Alvarado Ribas a expliqué que les oligarchies qui dominent économiquement le pays représentent moins de 10% de la population totale. Dans ce qu’ils nomment « demi lune », formée par quatre provinces à l’Est du pays, vivent les familles qui gardent les grands monopoles. « Une seule famille possède un million et demi d’hectares », a-t-il dit. La nouvelle Constitution bolivienne propose une redistribution des terres qui touche principalement ces propriétaires terriens, lesquels perdront cette hégémonie agricole.

Alvarado Ribas a déclaré que les propriétaires ont inventé les autonomies de manière séparatiste pour s’approprier les ressources naturelles de la région. Selon les statuts d’autonomie dont ils pensent qu’ils seront approuvés par le référendum illégal du 4 mai, il est mentionné de maîtriser et administrer toutes les ressources naturelles de leur région, entre autres les pétroles. Ils encaisseront les impôts à vocation nationale, en reversant
un petit pourcentage au gouvernement . Ils prétendent également contrôler les terres pour conserver leurs hégémonies sur celles-ci.

Il assure que " Tout cela vise un objectif séparatiste, car ce qu’il prétendent c’est former un nouvel État "

Ingérence de l’ambassade étatsunienne

De plus il a dénoncé que l’ambassadeur actuel des États-Unis, Philip Goldberg, avait travaillé en Yougoslavie pendant la guerre des Balkans pour réaliser son éclatement et ensuite amplifier cette expérience dans toute la zone, et réitérer cela en Bolivie. « L’Ambassadeur des États-Unis passe la plupart de son temps à Santa Cruz et il se réunit ouvertement avec les comités civiques » a-t-il expliqué.

L’Ambassadeur à expliqué que les médias de communications sont manipulés par les oligarchies. 4 ou 5 des Canaux qui couvrent la nation sont appartiennent à ces oligarchies, ils appuient leurs tendances séparatistes et vont contre le gouvernement.

Le gouvernement de Morales était disposé au dialogue et à rendre compatible les statuts d’autonomies avec la nouvelle Constitution. Le gouvernement est disposé à être plus flexible afin d’installer un dialogue, mais les oligarchies ne veulent absolument pas de dialogue, selon le diplomate.

Vu que le dialogue était bloqué, une mission de l’OEA dirigée par Dante Caputo était détachée ainsi que l’église qui les appela à dialoguer, «  mais les oligarchies ne veulent simplement pas dialoguer ». La Communauté Européenne a déjà annoncé qu’elle ne reconnaîtra pas les résultats du référendum parce qu’il est illégal et inconstitutionnel. Les préfets (gouverneurs) ont dit qu’à eux la légalité ne leur importe pas.


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Alvarado Ribas averti que les autres départements vont continuer ensuite avec leurs propres référendum sécessionnistes. Cependant, plusieurs municipalités à l’intérieur de Santa Cruz sont contre le référendum du 4 mai, ils en sont même arrivés à des affrontements.



"Le Référendum est illégal"

L’Ambassadeur Alvarado Ribas affirme que le référendum est illégal, puisque seul le Congrès peut appeler à un référendum au travers d’une loi, et cela n’a pas été le cas. « Au niveau légal, ce qui se passera le 4 mai ne sera qu’une consultation » qui ne sera pas inaliénable.

Alvarado Ribas explique que le référendum viole la loi électorale, parce que cette loi indique que
c’est la Chambre Nationale Électorale seule qui doit organiser un référendum , et qui doit en plus établir la légalité de son processus. La Chambre Électorale a déclaré illégal et inconstitutionnel le référendum du 4 mai, mais l’Assemblée Provisoire Autonomique, élue à main levée à Santa Cruz , a indiqué que ce que la Chambre Nationale Électorale décide ne les intéresse pas et ne les importe pas, et qu’ils observeront seulement ce que décidera la Chambre Électorale Départementale.

Cependant, l’ambassadeur rappelle que la Chambre Électorale Départementale dépend de la Chambre Nationale et qu’elle n’est ni autonome ni indépendante. « Mais ces préfets manipulent la chambre départementale, et elle affirme que ce processus est légal, contredisant la Chambre Nationale Électorale ». Il a aussi expliqué que quelque soit le moyen monétaire dont pourra user la chambre départementale signifiera à leurs membres une mise en justice pour malversation de fonds puisqu’ils ne peuvent user de moyens pour une consultation illégale et inconstitutionnelle.

Les militaires disent qu’ils défendront l’unité du pays

Sur la position des militaires, Ribas a rappelé l’instabilité dont fut l’objet le pays dans son histoire passée. Il y eut même une année où sept présidents se succédèrent dans le pays. Les déclarations faites par les FFAA indiquent qu’elles soutiennent la démocratie, au leader légalement élu, et « elles défendent l’unité du pays ». Mais il est difficile de prédire ce qui peut se passer s’il se présente une situation d’affrontement. « C’est pour cela que nous ne voulons pas arriver à cette situation d’affrontement, parce qu’elle pourrait amener non seulement une situation de division de l’Armée, mais également celle du peuple bolivien ».

Ribas a dénoncé que par le passé et en d’autres opportunités, l’ambassade états-unienne avait favorisé des coups militaires. Il a donné deux exemples : le coup du général René Barrientos en 1964 contre Víctor Paz Estenssoro, en raison que ce dernier n’était plus utile aux nord-américains, et (2) le coup de Hugo Banzer contre Juan José Torres en 1971, qui fut favorisé par les États-Unis avec le financement du narcotrafic.

Il a spécifié que « face à une situation d’affrontement qui j’espère n’arrivera pas, peut-être qu’alors oui, on pourrait arriver à une situation de polarisation (dans les Forces Armées), mais nous espérons que cela sera surmonté avec la participation internationale ». Il a dénoté que parmi les organisations politiques se Santa Cruz il existe, la Juventud Cruceñista, « avec des idéologies et des attitudes fascistes », qui sans doute lanceront des provocations.

La consultation se fera le 4 mai et après cela « ils devront en subir les conséquences » légales. « Nous espérons que les organisations sociales, si elles vont montrer leurs protestations pour ces attitudes arrogantes, orgueilleuses et séparatistes de (l’oligarchie) de Santa Cruz et de l’Est bolivien, qu’elles n’en arrivent pas à des affrontements. Nous espérons que tout se passe de façon pacifique et qu’il n’y ait pas de provocations de la part des oligarchies ».

YVKE Mundial/LB

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Traduction: Esteban