02 mai 2008
BOLIVIE: Offensive de la droite et mobilisation ouvrière et paysanne pour l’affronter

Le 4 mai la Préfecture (gouvernement) du Département (province) de Santa Cruz, organisera un « référendum » pour approuver un « statut autonomique » selon lequel elle aurait le contrôle des terres et des hydrocarbures. Dans les prochains mois, ils espèrent réitérer ces mêmes « référendums » dans d’autres Départements (Tarija, Beni y Pando).
D’un autre côté, ils ignorent la Nouvelle Constitution approuvée en décembre 2007 par la majorité du MAS qui gouverne dans la Constituante, et empêchent à cause de leur majorité au Sénat, l’aboutissement du plébiscite national afin de la mettre en vigueur.
La Nouvelle Constitution limite à 10.000 hectares l’extension des terres. Et les oligarchies de l’Est du pays ne veulent pas céder un seul hectare des meilleures terres qu’elles se sont appropriées avec la complicité des dictatures. 100 familles détiennent 25 millions d’hectares, alors que 2 millions de paysans subsistent avec seulement 5 millions d’hectares. En plus cette oligarchie veut également le contrôle des hydrocarbures et des mines afin de poursuivre leur commerce avec les multinationales. Ils comptent sur l’appui de l’ambassadeur Yankee Philip Goldberg. Ils cherchent à adapter un gouvernement parallèle, destiné à liquider le gouvernement d’Evo Morales.
Écraser l’oligarchie
La majorité paysanne, populaire et ouvrière commence à élever son indignation, en voyant comment la droite avance impunément avec un discours ouvertement raciste et prêt à un coup d’État. Cependant, le gouvernement d’Evo Morales freine la mobilisation en disant que le « référendum » est illégal.
D’autre part, il y a un certain mécontentement contre le gouvernement d’Evo, à cause de l’augmentation du pouvoir d’achat et par l’absence de progression de la réforme agraire avec la redistribution des terres aux paysans et peuples originaires. La nationalisation des hydrocarbures a crée une augmentation d’impôts, qui ont bien amélioré les recettes de l’État (300 millions à 2 milliards de dollars), mais les multinationales continuent à s’approprier de la plus grande partie des recettes des hydrocarbures grâce aux contrats de production.
La CIDOB (Confédération Indigène de l’Ouest de la Bolivie) et la APG (Assemblée du Peuple Guarani) ont appelé à la mobilisation et à empêcher le « référendum » sur leurs territoires (qui appartient au Département de Santa Cruz). La Fejuve (association de voisins) de El Alto de même que les usines de transformation, les professionnels et la Fejuve de Cochabamba mobilisent pour le 1er et le 4 mai. La COB [Centrale Ouvrière de Bolivie] a réalisé une mobilisation à La Paz. Et les mineurs de Huanuni proposent que « seulement l’application des Agendas de 2003 et 2005 (nationalisation des hydrocarbures, réforme agraire) garantiront le démembrement et la déroute de l’oligarchie ». Tandis qu’ils appellent « tous les syndicats, les travailleurs et le peuple de Bolivie à faire front à la menace de division de notre patrie organisée par l’oligarchie patronale, propriétaire des terres, transnationale et usurière », il exigent du gouvernement « donnez-nous les moyens et les ressources nécessaires pour les anéantir ». Tout notre appui à cette lutte héroïque du peuple bolivien.
Miguel Lamas
ESPAÑOL
Traduction: Esteban
