03 mai 2008
BOLIVIE: Avec rage et douleur depuis Santa Cruz
Je me trouve sur l’Avenue Santos Dumont à la hauteur du troisième carrefour de la ville de Santa Cruz. Depuis le cœur même de cette terre, depuis cette région qui se prépare à vivre un dur épisode de son histoire, j’ai le devoir moral de dénoncer à la Bolivie et au monde ce qui suit :
En ces moments Santa Cruz est victime d’un accord politique, d’un pacte de sang des loges qui contrôlent la région avec la stratégie de la peur. Les loges qui articulent un discours qui est en apparence cruceñista [de Santa Cruz], mais qui ne fait que cacher d’une manière louche d’obscurs intérêts contre le peuple et contre le gouvernement démocratiquement élu.
Le climat social, ici, à Santa Cruz est la crainte et l’incertitude. Une partie de population s’est installé dans une ambiance de fête, de joie, avec des fêtes, de la musique et des bals de jeunes avec beaucoup de filles et des garçons. D’autres secteurs regardent en silence, avec impotence et en se mordant la langue ce que font les secteurs huppés, les Blancs des plaines descendants d’étrangers.
La stratégie de la peur a fonctionné. Les secteurs durs ont réussi à ce que la Unión Juvenil Cruceñista [extrême droite] soit craint par une grande partie de la population. D’autres secteurs par contre ont laissé la peur de côté et ils occupent les rues et les places pour protester et expriment leur opinion sur des chaînes, radios et journaux alternatifs, mais la couverture médiatique de ces voix est si réduite et insignifiante que cela donne l’impression qu’à Santa Cruz il n’y a qu’une seule consigne, une seule visée et une seule ligne politique.
Les médias de communication à Santa Cruz ont touché le fond à l’égard de leur crédibilité. Les radios, les chaînes et les journaux ont établi un cordon ombilical direct avec le Comité Civique pro-Santa Cruz et la Préfecture.
Jamais, dans l’histoire des canaux de la communication, il n’était arrivé que les voix dissidentes n’aient pas eu la place pour s’exprimer. Beaucoup d’animateurs et de journalistes considèrent le fait que tous appuient les statuts d’autonomies et que TOUS doivent voter pour le ‘oui ‘ dimanche 4 mai, en considérant que les AUTRES ne comptent pas et qu’ils ne sont pas partie du TOUT. La capacité critique des journalistes des grands médias est en veilleuse et beaucoup d’entre-eux n’ont même plus la correction de dissimuler leur agissement, parce qu’à Santa Cruz celui qui ne suit pas le schéma est fiché par les leaders des loges et « se retrouve sans job ».
Celui qui éclaire un téléviseur et passe en revue les chaînes traditionnelles, il s’aperçoit qu’il n’y a qu’un seul discours avec une ligne pro autonomiste et si quelque chose est dit sur le gouvernement c’est servi par une contre information, pour signaler de quelle façon le gouvernement attaque Santa Cruz, « que le gouvernement s’est accroché avec Santa Cruz ».
Les conditions pour exercer le droit à la liberté d’expression sont terriblement adverses et cette dictature médiatique n’a d’égale que celle que nous vivons avec les gouvernement dictatoriaux.
La Chambre Départementale Électorale a le plus triste rôle et au monsieur Parada non seulement il lui ont donné le triste rôle d’appeler à voter la citoyenneté cruceña, mais aussi à travers des spots publicitaire, il dit que le référendum de Santa Cruz est absolument conforme à la loi. « Avec la loi dans la main » ont-ils le culot de dire au citoyen alors que toute la Bolivie et le monde savent qu’il s’agit d’un référendum sans couverture légale et absolument attentatoire à l’état de droit, et pour cela même prenant la tournure d’un coup d’état politique à l’intérieur d’un régime démocratique.
L’événement de s’organiser une consultation pour l’autonomie, aura eu le mérite d’entrer dans les records du Guiness parce que ce sera la première fois qu’une consultation, un plébiscite arrivera à terme, sans débat préalable, sans opposition d’idées, avec autant de mensonges, de discrimination et de dédain pour l’autre, c'est-à-dire que le vote se fera dans un climat absolument antidémocratique.
Grover Cardozo est journaliste bolivien.
ESPAÑOL- ALAINET
Traduction: Esteban
Commentaires
En passant
Tiens, je crois bien que je t'ai retrouvé, Esteban. Salut à toi.
Le Yéti (qui passait par là)
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