14 mai 2008
L’AMÉRIQUE LATINE À L’HEURE DE SA LIBÉRATION
TRIBUNAL DE LA DIGNITÉ, SOUVERAINETÉ ET PAIX CONTRE LA GUERRE
CEPRID
10 - V - 2008 CEPRID.
Cela fait trop
longtemps que notre Amérique Latine a été subordonnée aux diktats
impériaux. L’Espagne impériale fut la première à conquérir et à
coloniser cette partie du monde et la première qui imposa les règles
économiques, politiques, culturelles, religieuses pendant plus de trois
siècles.
Ce fut 300 ans d’exploitation coloniale, de travail de demi esclavage,
de vol systématique des ressources naturelles et humaines et 300 ans
d’un génocide pratiqué à grande échelle parmi les ethnies indigènes.
Mais ce fut également 300 ans d’une héroïque résistance indo-métisse et
15 ans de guerres d’indépendance.
À peine s’achevait l’indépendance de l’Espagne, qu’à nouveau les
États-Unis recolonisait l’Amérique latine, mais au nom de la liberté,
de la démocratie et des droits humains. Notre Amérique Latine a
souffert de 200 ans de colonisation, de spoliation et de pillage de la
part des États-Unis et ces 200 ans ont été nourris d’ingérences,
d’invasions militaires, de guerres injustes, de tueries systématiques,
d’imposition de gouvernements « démocratiques » et de cruelles et
sanguinaires dictatures avec les tragiques séquelles de milliards
d’exécutions extra judiciaires, des milliards de personnes condamnées à
la fuite forcée, des milliards de personnes injustement emprisonnées,
torturées, massacrées, violées, séquestrées, toutes au nom de la
liberté et des démocraties.
Il n’existe aucun pays ou territoire latino-américain qui n’ait pas
souffert d’invasion militaire yankee et d’occupation militaro civile
par le biais de pirates, d’aventuriers, de banquiers, d’industriels,
des prêteurs usuriers qui furent ensuite le Fond Monétaire
International, la Banque Mondiale ou la Banque Interaméricaine de
Développement. Les compagnies pétrolières comme la Standard Oil ou
Exxon ou Texaco-Chevron ont pompé les hydrocarbures et ont organisé des
guerres entre nations pendant que des entreprises comme United Fruit
ont renversé des gouvernements, tué des paysans, volé les terres.
Depuis 1949, l’Agence Centrale d’Intelligence, la toute puissante et
obscure CIA a été le bras caché de l’empire pour semer la terreur, la
mort, la violence, le sabotage, la torture, la disparition de
personnes, le meurtre et l’assassinat de personnalités. Tous les
crimes, sans aucune exception, ont été organisés ou commis directement
par la CIA organisme géniteur de la brutalité fasciste qui a ravagé
notre Amérique Latine.
Cela a été 200 ans d’agression à la biodiversité, de vol du pétrole,
ainsi que l’or, l’argent, le zinc, le cuivre, le nickel, de même, ils
ont emporté nos fruits, nos semences, nos matières premières et nos
meilleurs cerveaux. Rien n’a échappé à la voracité et à l’avarice
états-unienne. Mais tout a une fin.
C’est maintenant le moment de la libération de nos patries. C’est
maintenant le moment que l’Amérique Latine doit travailler unie, côte à
côte, pour se libérer de ses oppresseurs qui imposèrent le
néolibéralisme afin de privatiser la richesse et socialiser la
pauvreté. Aujourd’hui, nos patries unies doivent s’intégrer par la
décision de leurs peuples pour lutter vers la solution des problèmes
économiques, sociaux, politiques et culturels, parce que les problèmes
qui accablent nos pays sont les mêmes pour tous, car derrière eux se
trouvent l’empire et le pouvoir oligarchique créole.
L’union de l’Amérique Latine est une nécessité impérieuse qui se fonde
dans l’histoire, dans la géographie, dans la culture, dans les
traditions, dans la langue. L’intégration du MERCOSUR, de la Communauté
Andine des Nations, du CARICOM, de l’Amérique Centrale doit se
renforcer avec l’exécution et l’amplification des différents projets :
Banque du Sud, l’ALBA, intégration énergétique, construction de
gazoducs et d’oléoducs, construction de centrales hydroélectriques et
de voies de communication, construction de centres régionaux de santé
et d’unités d’éducations élargissant la couverture de l’enseignement
supérieur avec des niveaux élevés d’efficacité, de qualité académique,
scientifique et technique, pour garantir à nos peuples le droit au
développement sur la base de l’avoir de professionnels engagés avec les
groupes humains majoritaires qui depuis toujours ont été exclus des
bénéfices du progrès et de l’insertion économique et sociale
Rétablissement des utopies
Le nouveau siècle commence à se caractériser par le rétablissement des
utopies, de la possibilité de rêver et de penser en une nouvelle Latino
Amérique, comme en voulant démontrer au monde qu’un autre monde, oui,
c’est possible. Il émerge des processus transformateurs et des
changements sociopolitiques substantiels. Les droites néolibérales
battent en retraite et les peuples s’insurgent avec vigueur et force
pour installer des gouvernements démocratiques et progressistes en
Argentine, Uruguay, Paraguay, Brésil, Bolivie, Équateur, Venezuela,
Nicaragua, Guatemala. La Révolution cubaine se consolide et se
transforme pour approfondir la construction du socialisme, et de long
en large de l’Amérique Latine les processus de changement semblent
irréversibles.
La transformation nécessaire commence avec la réelle intégration
économique, sociale et politique. Cette intégration, rencontre
inévitablement de puissants opposants dans les oligarchies nationales
et leurs groupements politiques des droites des cavernes, attardées et
réactionnaires qui forment des groupes autonomistes ou séparatistes
généralement violents et antipatriotes, des groupes qui de plus, sont
les alliés de l’empire ravageur et agents à la solde ou officieux de la
CIA. Cette intégration de l’Amérique Latine déplait également fortement
aux multinationales ou aux transnationales monopolistes avec des
capitaux impériaux, et donc elles ne sont pas disposées à permettre que
chaque pays gère et exploite souverainement leurs ressources naturelles
ou ce qui l’en reste depuis tant de spoliation pratiquée par l’empire.
L’union et l’intégration sont possibles et désirables, elles
s’accélèreront dans la mesure où chaque peuple et chaque citoyen sera
décidé de participer et d’impulser les processus, et qu’en qualité de
mandants ils poussent leurs mandataires pour qu’au-delà des idéologies
subordonnées à l’empire, au-delà des intérêts de groupe et de classe,
ils agissent en conséquence historique et construisent la Patria
Grande, telle que nos libérateurs l’avaient rêvé.
Naturellement, l’intégration s’accrochera à de nombreux écueils et
d’innombrables barrières. Il existe des murs apparemment insurmontables
: problèmes frontaliers, conflits entre nations, intérêts économiques
de secteurs divisionnistes et égoïstes, conceptions idéologiques et
doctrinaires distinctes entre gouvernements de peuples identiques,
courses à l’armement, développement inégal, servilité du gouvernement
aux classes dominantes et servilité de ces dernières et de leurs
gouvernements à l’empire, faux leaders. Les divisionnismes et les
séparations sont construits et par conséquent ils ne sont pas naturels,
ils leur manquent la valeur face à ce qui unit ces peuples.
L’Union Latino-américaine sera vitale pour affronter la globalisation
déshumanisée et purement capitaliste, c’est une nécessité urgente pour
affronter les graves problèmes qui menacent la région : commerce
inégalitaire, croissance inégalitaire, sous développement persistant
avec ses conséquences concrétisées par la pauvreté, l’analphabétisme,
l’insalubrité, l’absence d’infrastructure et l’augmentation de
l’indigence véritable fléau de la société, la délinquance chaque fois
plus violente et inhumaine, la prostitution, la traite des blanches, le
trafic de personnes, la néo servitude et le néo esclavage pour,
finalement, freiner les vagues migratoires que tant de problèmes et
tant de séquelles douloureuses et tragiques restent gravées pour les
peuples et les familles frappées et exclues par le systèmes prédateur,
injuste et spoliateur. L’Union Latino américaine permettra que la lutte
contre la pauvreté parvienne à des succès, que les grandes inégalités
sociales imposées par le néolibéralisme ou « capitalisme sauvage »
soient réduites au maximum, et qu’au mieux, elles disparaissent, que la
juste redistribution de la richesse commence à être une réalité
tangible pour toutes et pour tous.
Par delà les gouvernements qui ne sont que de passage, il y a les
peuples qui sont permanents. Ensembles ce sont eux qui forgent les
jours de l’histoire positive, mais les gouvernements avec le pouvoir
qui leur a été remis, devraient fondamentalement se préoccuper de
servir ses citoyens et donner des réponses effectives à leurs
nécessités vitales, en priorité comprendre que la famille aux revenus
faibles et limités a été principalement la plus frappée par les
politiques néolibérales crées pour enrichir les plus riches et
appauvrir jusqu’à l’indigence les plus pauvres, politiques économiques
qui dans notre Amérique Latine, ont servi à étayer les privilèges de
classe, consolider les fortunes des secteurs dominants qui constituent
18% des plus riches de chaque pays.
Notre Amérique indo-métisse a été asservie durant cinq siècles
d’infamies et d’ignominies. L’Empire espagnol, dans les périodes de
conquête et de colonisation, a commis un monstrueux et un impardonnable
génocide dans les peuples aborigènes. Les survivants furent condamnés à
des travaux serviles et astreints à l’esclavage, dans les exploitations
et les terres des conquistadors. Il leur ôta leur idiome, leur culture,
jusqu’à leurs dieux furent remplacés par le Dieu des blancs. Vint
ensuite le pillage de tout ce qui existait et par leur avidité pour
l’or, l’argent et les pierres précieuses, ils ont commis
d’impardonnables crimes de lèse humanité, au nom du Roi et de la Sainte
Mère Église Catholique. Massacrer, piller, humilier, offenser, abrutir,
alcooliser, asservir, violer des jeunes filles et des femmes, condamner
l’indigène à la faim, à la malnutrition, aux maladies européennes, elle
[Am.Lat.] fut convertie en commerce et pour l’entretien des
conquistadors.
Ils volèrent les terres et chassèrent leurs légitimes propriétaires à
vivre sur des plateaux inhospitaliers, aux bords de vallées encaissées
et dans des forêts insalubres. Ils les « christianisèrent » et les
vendirent à la religion catholique pour la servir en tant qu’esclaves
et débiteurs éternels de fêtes à tous les saints et saintes. Ils
payèrent des dîmes et des primeurs à des curés, des nones, des évêques,
des cardinaux et des papes qui leur refusèrent l’âme et payèrent pour
naître, pour être malade, pour se marier, et pour mourir ils payaient
des tarifs déterminés pour monter au ciel, si l’argent ne suffisait pas
ils allaient au purgatoire et s’ils n’avaient rien ils allaient droit
en enfer et les condamnés se comptaient par cent et par milliards. Les
condamnés de la terre, dirait Fanon, n’avaient aucun droit, seulement
des devoirs et des obligations envers le blanc, envers le métis. Les
seigneurs de la terre réduits à des esclaves impertinents.
Mais vinrent les temps de la rébellion, de la colère et de l’espérance.
Dans certains endroits de cette Amérique indienne et métisse, l’idée de
liberté avançait et les luttes pour l’indépendance commençaient à
poindre. Des milliers et des milliers de latino-américains perdirent la
vie dans ces guerres, parce que la mort s’empare toujours des plus
faibles, des plus valeureux et des héros. L’Amérique latine s’habilla
de sang et d’héroïsme, elle marcha avec Bolívar et San Martín, avec
Sucre et O´Higins, avec Artigas et Morelos, avec Hidalgo et Petión,
avec Espejo et Nariño. Tous à l’unisson ils crièrent assez à l’empire
espagnol, et Bolívar voyait une Amérique Latine unie et grande dans
Carabobo et Ayacucho, dans Boyacá et Pichincha.
Les oligarchies parasitaires
L’indépendance avait été conquise mais elle restait en dette envers les
indiens et les pauvres métis. La liberté rêvée n’est jamais parvenue
aux peuples, car elle était restée en haut des ambitions des «
libérateurs »qui, avec un goût étrange d’arrivisme, commencèrent à
former des familles avec les filles à marier des espagnols vaincus,
mais enrichis du travail imposé aux indiens et aux métis, aux noirs et
aux mulâtres. C’est ainsi qu’ont commencé à naître et à grandir les
oligarchies et les aristocraties qui par héritage génétique, se sont
convertis en êtres parasites des sociétés « libres et indépendantes ».
Dès la fin de la domination de l’empire espagnol, c’est l’empire
anglais qui commença à s’enraciner avec des hommes, des vivres, des
armes et des prêts en livres sterling contribuant à se libérer de la
compétence espagnole. La dette anglaise ou la dette de l’indépendance
accabla pour des décennies les économies des « nations indépendantisées
». Ce fut la première dette externe-éternelle et les anglais
l’encaissèrent au moyen de traquenards, agressions et vols pratiqués
par les corsaires, pirates, hommes d’affaires, commerçants et patrons.
Le pillage anglais fut remplacé rapidement par des mercenaires, des
tueurs à gages, des entrepreneurs, des aventuriers, des flibustiers
anglo-saxons établis aux États-Unis transformé en genèse de l’empire
actuel.
Les États-Unis se sont formés sur la base de la spoliation des
territoires indiens, sur le génocide exécuté sans miséricorde sur les
tribus qui peuplaient le nord du Continent Américain. Dès leur début il
fut gouverné par la « classe supérieure » anglosaxone qui se croyait
prédestinée par la divine providence pour s’approprier des vastes
territoires et gouverner des peuples inférieurs. Le Mexique fut
dépouillé de la moitié de son territoire, ils volèrent à l’Espagne la
péninsule de La Floride, ils achetèrent à la Russie l’étendue du
territoire de l’Alaska et ils s’inventèrent le destin manifeste pour
dominer les peuples qui habitaient en Amérique Latine depuis le fleuve
Bravo du Nord jusqu’à la Terre de Feu dans le Cône Sud du Continent.
Les États-Unis avaient saboté le Congrès Amphictyonique de Panama
convoqué par le Libérateur Simón Bolívar et le président états-unien
Monroe, très tôt, il s’inventa la doctrine « l’Amérique aux américains
» et de cette manière ils commencèrent à valider l’agression et le
pillage jusqu’à intégrer la mer des Caraïbes en leur lagon particulier
et notre Amérique latine leur arrière cour.
Les États-Unis auraient échoué dans leurs tentatives de domination
s’ils n’avaient pas compté sur le comportement de traîtres et de
vendeurs de patrie des oligarchies, des classes dominantes, des
militaires ambitieux reconvertis en hommes de mains et en fascistes,
des curés, des nones, des évêques et des cardinaux qui mirent l’Église
Catholique au service des classes dominantes et, en conséquence, des
intérêts états-uniens. Le pillage de nos patries a facilité la
croissance économique des États-Unis et a permis sa transformation en
empire. L’écrivain uruguayen Eduardo Galeano dirait que notre pauvreté
est la richesse des États-Unis et que notre faiblesse est la force et
le pouvoir des États-Unis.
Les États-Unis se sont transformés en un puissant empire et cela a été
une des causes de la tragédie d’Amérique Latine. Dominée par le dollar,
par les armes, par l’agression systématique, par les invasions
militaires et les guerres inégales, l’Amérique Latine s’est livré au
joug états-unien.
La Maison Blanche avait commencé à ordonner nos patries. Elle imposa
des gouvernements bourgeois et marionnettes, elle trouva des laquais
adorateurs du dollar de toutes parts, des militaires hommes de mains
reconvertis en mercenaires, des armées nationales convertis en armées
d’occupation, des oligarchies qui ont trouvé dans le billet du dollar
leur drapeau précieux et sacré.
Les navires de guerre des États-Unis s’étaient transformés
catégoriquement en forces militaires d’ingérence dans nos patries et
ils envahirent le Mexique, occupèrent le Nicaragua, s’emparèrent du
Guatemala, usurpèrent Cuba, s’approprièrent de Haïti et de la
République Dominicaine, de Grenade et El Salvador. Le Honduras s’était
transformé en immense porte-avions et la CIA en formateur de
tortionnaires, dictateurs sanguinaires, tueuse et assassine de leaders
populaires, de milliards d’hommes et de femmes qui luttèrent pour la
libération de leur patrie et ils tuèrent des présidents de républiques,
sabotèrent des avions en plein vol, commettant toutes sortes d’actes
terroristes, ils formèrent les transnationales du crime comme l’«
Opération Condor » et ils armèrent et équipèrent des assassins de leurs
propres peuples. La CIA était le bras clandestin et criminel de
l’empire pour protéger les entreprises, les compagnies et les
transnationales de l’empire qui emportèrent le pétrole, les fruits les
poissons, les bois, les matières premières, les minéraux et maintenant
ils veulent emporter l’eau, l’air, la biodiversité. La CIA était
devenue experte pour planifier et exécuter des coups d’État pour
détruire des gouvernements dangereux pour les intérêts de l’empire et
était également devenue spécialiste en génocides et toutes sortes de
crimes de lèse humanité.
Les États-Unis sont les créateurs et les soutiens des partis politiques
des oligarchies et des droites les plus récalcitrantes du Continent.
Conservateurs, libéraux, sociaux démocrates et démocrates chrétiens,
mouvements et organisations « fascistoïdes » sont crées à l’image et à
la ressemblance des États-Unis dans leur phase impériale et les
États-Unis les maintiennent, les conseillent, les financent, les
subventionnent. C’est cela la tragédie de notre Amérique Latine.
Et cette même tragédie est celle qui oblige à prendre conscience de la
situation et à se rebeller contre cette réalité de tant de misères.
L’heure des nouvelles luttes et des combats définitifs est arrivée,
pour atteindre la véritable indépendance car il faut savoir, et cela
est certain, que l’empire yankee n’est pas éternel ni invincible. C’est
maintenant l’heure pour les peuples.
ESPAÑOL- CEPRID
Traduction : Esteban
