18 juillet 2008
COLOMBIE : LES FARC-EP, COMMUNIQUÉ DU COMMANDANT EN CHEF ALFONSO CANO
COMMUNIQUÉ DU SECRÉTARIAT
MESSAGE DU COMMANDANT EN CHEF
Aux combattants et à ceux qui luttent pour la Patria Grande et le socialisme. Alfonso Cano
Camarades de l’État Major Central, des États Majors des Blocs et des Fronts, des groupes commandos, des commandements des réseaux urbains, des colonnes, des compagnies, des guérillas, des escadres et des commissions, guérilléras et guérilléros, des commandements et miliciens bolivariens, militants du Parti Communiste Clandestin et membre du Mouvement Bolivarien : Recevez notre salut révolutionnaire que nous étendons à tous ceux qui travaillent à nos côtés pour une Nouvelle Colombie.
Durant toute la dernière semaine du mois de mai, nous avons reçu des messages de solidarité de toutes les unités fariennes, dans lesquels il est souligné la gigantesque dimension politique et militaire du Commandant Manuel Marulanda Vélez comme un des plus grands révolutionnaires de notre histoire, réaffirmant également sa loyauté absolue à son héritage, à notre engagement, à nos objectifs de transformation révolutionnaire et en offrant un appui total aux décisions prises dans cette conjoncture par la direction des FARC.
Le 27 mars, après le décès du Camarade Manuel, nous avions convenu que seulement à partir du 23 mai nous informerions de cela, les commandements et les guérilléros, les amis et les connaissances ainsi que l’opinion, tout en occupant cette période pour décider de ce qui était nécessaire de faire afin de garantir la continuité des plans en cours, comme effectivement cela s’est passé.
Nous avons réorganisé les fonctions au sein du Secrétariat et nous l’avons réajusté à identique de l’État Major Central, nous avons renforcé les États Majors des Blocs où il fut nécessaire de le faire, nous avons passé en revue la situation de l’organisation et le travail des masses, tout cela au milieu de la confrontation permanente et protégés avec l’indestructible cuirasse du secret des centaines de guérilléros avertis du décès de notre commandant en chef.
Ainsi, nous avons désigné, entre autres décisions, le camarade Pablo Catatumbo comme le nouveau chef du Mouvement Bolivarien pour la Nouvelle Colombie.
Notre échange d’opinions s’est avéré riche face à la situation actuelle, il nous a permis de ratifier, avec en tête sa propre direction, l’engagement révolutionnaire sacré des FARC-EP de maintenir ferme et bien haut les drapeaux de la Nouvelle Colombie, de la Patria Grande bolivarienne et du socialisme ; de réaffirmer la justesse de tous nos pans politico-militaires et notre capacité de combattants de la paix démocratique, c'est-à-dire de la paix avec la justice sociale, débarrassée de la faim, avec de l’emploi, un abri, la santé et l’éducation pour tous, avec une souveraineté nationale et assurée d’une véritable démocratie politique dénuée de violence et de corruption administrative.
Il est bon de rappeler que les FARC sont nées, il y a 44 ans, comme une riposte populaire et révolutionnaire à la terreur institutionnelle et para-institutionnelle de l’État, à l’ingérence honteuse yankee dans nos affaires intérieures, à la spoliation des terres et à son croissant monopole entre les mains d’un cercle réduit, aux profondes injustices sociales existantes et à la corruption vorace de l’oligarchie, toutes ces réalités qui actuellement s’amplifient au grand malheur de notre peuple.
En tant que révolutionnaires nous voulons et nous nous battons pour la réconciliation de la famille colombienne et pour la construction d’un nouveau tissu social juste, mais cette maudite oligarchie qui est un mélange de fortunes privilégiées et d’immenses propriétés, bercée d’or et de pouvoir politique, n’a pas voulu et ne veut pas partager un seul pouce de ses privilèges avec la majorité du pays. C’est pour cela qu’elle rejette toute réelle possibilité d’accords de paix.
Camarades: nous insisterons autant de fois qu’il sera nécessaire sur notre volonté de concrétiser un accord humanitaire qui fixe des règles claires quant à la [protection de la] population civile environnante et l’application obligatoire de cet accord de la part des deux parties, et qui avant tout, donne la priorité à la liberté des camarades extradés Sonia, Simón, Iván Vargas et de tous les prisonniers de guerre qu’ils soient d’un côté ou d’un autre.
Cependant, et ce n’est pas un secret, ce gouvernement n’a eu aucun intérêt à concrétiser tout cela, tout simplement parce qu'il reconnaîtrait de facto, le statut de belligérant à la guérilla révolutionnaire qu’il veut étiqueter de terroriste. C’est pour cela qu’il trouve tant d’excuses, de théories absurdes, des scénarios improvisés, de faux clichés et des actions de secours téméraires qui mettent en jeu la vie des prisonniers servant la satisfaction des délires de grandeur présidentiels.
Le Gouvernement a peut-être imaginé que les décisions unilatérales des FARC-EP de libérer les 6 prisonniers au début de cette année, étaient de la faiblesse, au lieu de penser qu’elles étaient des démonstrations indéniables de la volonté qui nous accompagne.
En dépit de cela, notre proposition de rencontrer le gouvernement afin de préciser les termes d’un accord reste toujours actuelle, de même que la générosité de plusieurs gouvernements amis grâce à leur décision de maintenir la communication et de redoubler les efforts afin de trouver des solutions politiques, puissent finalement parvenir à faire entendre au régime colombien, que nier ce conflit, déformer ses proportions et cacher son déchirement réel, ne solutionne rien mais au contraire aggrave et augmente les haines et les distances.
Nous persisterons dans nos efforts afin de parvenir à la paix démocratique par les voies civilisées du dialogue tel que nous l’avons toujours fait depuis 44 ans, c’est notre conception de la révolution, et tels sont nos principes.
Le soulèvement armé, la guerre par les guérillas, la clandestinité et l’activité conspiratrice répondent basiquement à la violence institutionnelle qui depuis la mort de Libérateur Simón Bolívar, est exercée par les puissants contre les majorités qui ont lutté pour la liberté, pour la terre, pour le travail, la justice, pour la démocratie et la souveraineté.
Nous ne faiblirons jamais dans la recherche de ces objectifs. Nous appuyons notre parole avec la pratique au jour le jour, dans le creuset du combat quotidien. C’est ainsi que nous l’ont enseigné Bolívar, Manuel, Jacobo et tous les personnages illustres et héros de l’histoire de la patrie. Nous avons engagé notre honneur et notre vie dans cet acharnement parce que nous sommes certains de la justesse et de la possibilité réelle de matérialiser le rêve d’une Nouvelle Colombie. Les difficultés ne nous effrayent pas, les menaces de l’oligarchie que nous avons entendu toute la vie ne nous font pas peur, nous ne croyons pas aux appels à la reddition et à la non dignité, pas même les judas n’acceptent les monnaies de leur opposant parce qu'avec cette morale jamais l’on pourra construire un pays meilleur, ni une société vigoureuse ni une famille solidaire. La valeur à construire comme pièce angulaire doit être le bien commun qui puisse s’appuyer sur une éthique transparente.
Camarades: Les chemins qui mènent à l’amplification de la lutte populaire dans ses formes les plus variées et à la conquête du pouvoir, n’ont jamais été faciles, ni dans notre pays ni dans aucune autre partie du monde, ni aujourd’hui ni avant. Seule la conviction profonde en la victoire, dans la justesse, dans la validité et la vigueur de nos principes et objectifs ainsi qu’un effort collectif monolithique, garantiront le triomphe. Nous informons les réactionnaires qui se font des films avec les FARC, que l’intensité de la confrontation nous a renforcé, nous avons resserré les liens avec les communautés, leurs organisations et les luttes populaires, nous avons élevé la discipline et le respect envers la population civile et enrichi notre expérience et notre apprentissage. Des guérilléros sont tombés parce que la lutte est ainsi faite, mais leur sang généreux répandu est également l’évidence de notre engagement total avec le peuple, d’autres camarades ont déjà recouvert les tranchées et beaucoup d’autres par groupe nous rejoignent , c’est aussi ainsi qu’ont été réalisés l’exploit de notre indépendance et tous les processus de libération de l’humanité où se sont déchaînés les démons de la guerre.
Nous sommes une force révolutionnaire avec suffisamment d’histoire, de force et de consistance pour surmonter la mort de notre Commandant en chef car lui-même nous a instruit et a participé à l’effort collectif de notre renforcement politique et militaire. Le Secrétariat, l’État Major Central, les États Majors des Blocs et des Fronts, les commandos à tous les niveaux, les commandements et les combattants des FARC-EP, nous garantirons le triomphe.
Nous poursuivons le combat afin de respecter tous les plans approuvés, en maintenant à fond la pratique de la guerre par les guérillas mobiles ; en amplifiant nos liens avec la population civile et avec le mouvement des masses qui résiste à l’offensive du grand capital et des propriétaires terriens, en intensifiant l’échange d’opinion avec toutes les forces réellement intéressées dans l’issue du conflit par la voie politique et pour arriver vers un grand accord démocratique et patriotique, devant la déliquescence d’une institution fracturée irréversiblement par le narcoparamilitarisme, l’autoritarisme totalitaire et l’agenouillement devant la Maison Blanche.
Nous devons inviter les communautés à dénoncer l’agression militaire du gouvernement, qui après le massacre dans la confrontation avec la guérilla, le massacre de civils présentés comme des guérilléros, la destruction des cultures, des champs et des réserves forestières avec les bombardements, génère le déplacement qui permet la spoliation des terres et terrorise au moyen de la menace directe, l’agression et le crime, celui qui tenterait de protester.
Nous devons faire plus d’efforts pour informer sur les centaines de combats journaliers qui sont livrés dans les campagnes et les villes parce que le régime occulte cette terrible réalité de guerre fratricide, de ses pertes et de ses revers, afin de diffuser que l’environnement peut se passer d’un contrôle officiel du territoire national.
Nous devons également rejeter le mensonge autour des supposés ordinateurs et des archives du Commandant Raúl Reyes, comme étant une manœuvre et une macabre manipulation pour une réélection [d’Uribe] qui cherche à tailler ceux qui ne partagent pas la stratégie présidentielle de la fameuse sécurité démocratique derrière laquelle se cache le rôle de la « tête de pont » assigné à notre pays par le Pentagone dans ses plans d’agression militaire contre les peuples d’Amérique Latine en cherchant à refaire son hégémonie impériale déjà détériorée.
La décision scandaleuse d’ériger une base militaire nord-américaine en Colombie, les prétentions d’une nouvelle réélection, le cancer de la narco para politique qui ont plongé les institutions dans un état final et les propositions consignées dans la Plateforme Bolivarienne doivent être des thèmes de rencontre et d’unité qui encouragent les colombiens à la convergence pour la construction collective et décidée de la paix.
Camarades: l’épée de Bolívar reste toujours dégainée et dans les mains de tous ceux qui comme nous, ne nous reposerons pas, tant que nous ne parviendrons pas à la justice sociale, à la démocratie et à la souveraineté, qui sont les véritables supports de la cohabitation. Cohabitation qui est le rêve de tous les colombiens.
À tous, une forte poignée de mains
Par le Secrétariat, Alfonso Cano.
(Juin 2008)
Traduction: Esteban
[NB: Certaine traduction littéralement baclée et complètement incohérente et incompréhensible circule au travers du net, comme on est jamais mieux servi que par soi-même, celle-ci est plus proche de ce que disent les FARC.]
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