LA DIVA AUX PIEDS DÉCHAUSSÉS

evora_cesaria

Auteur : Àlex Tarradellas



Chère Cesária,

Je vous écris cette lettre tout en écoutant « Sodade » [1]. En tant qu’admirateur de votre voix et de vos pieds déchaussés, je suis resté perplexe en sachant que, même pas un mois après le massacre d’Israël, dont les images ont parcouru le monde entier, vous allez donner un concert à Tel Aviv et un autre à Jérusalem à la fin du mois de janvier. Je comprends que ces concerts aient été, peut-être, déjà conclus avec assez d’avance. Cependant, je ne comprends pas comment, après ce qui vient d’arriver, vous allez poursuivre votre programme de concerts et chanter en Israël. En guère plus de trois semaines, 1300 Palestiniens sont morts des mains de l'armée israélienne, parmi eux, plus de 300 enfants, 400 femmes et des personnes âgées. Le plus triste de tout ceci, après ce qui est arrivé, c’est que malheureusement, la grande majorité de la population d'Israël, par ignorance, par répression ou par pure conviction, continue toujours d’être en faveur de l'offensive militaire qu'a exécuté son gouvernement. De plus, le blocus des passages frontaliers continue à maintenir la population palestinienne dans des conditions misérables.

Pardon, Cesária, mais je ne parviens pas à vous imaginer chantant « Sodade » alors que de l'autre côté du mur, on peut encore sentir l’odeur du sang et du phosphore blanc. Lorsque dans vos mornas vous chantez l'isolement et la diaspora du Cap Vert, pensez-vous aussi à des pays comme la Palestine ?

Pour tout ce qui a été dit, j'aimerais que vous, que j'admire tant sans vous idôlatrer, vous vous prononciez sur les deux concerts que vous allez effectuer en Israël. Et, au cas où le programme rigide de concerts vaille plus que le massacre, j’aimerais que, quand vous chanterez le thème « Sodade » à Tel Aviv et à Jérusalem, en plus de penser aux victimes capverdiennes et israéliennes, vous pensiez à La Palestine, aux Palestiniens d’aujourd’hui et à ceux d'avant 1948.

Je prend congé de vous en vous entendant chanter « Flor di Nha Esperança »:

Se m’sabia
K’gente novo ta morrê
M’ka tava ama
Ninguem
Ness mundo…
[2]

Bien à vous,

Àlex Tarradellas, pour Tlaxcala

Notes:

[1] "Sodade" (en créole) ou Saudade (en portugais) signifient mal du pays, nostalgie.

[2] Si j’avais su/que les jeunes gens mouraient aussi/je n’aurais aimé/personne/dans ce monde.

Traduction pour le collectif Tlaxcala

PORTUGUÊS : Àlex Tarradellas
ESPAÑOL     :
Àlex Tarradellas
ENGLISH      : Manuel Talens
عربي (Arabe): Saja
FRANÇAIS    : Esteban

evora


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