HARRAGAS1

Festival du film de Dubaï
Prix spécial du jury
Prix Fipresci
Prix des droits de l’homme

Festival de Valencia (Espagne)
Palmier d’or
Prix de la meilleure BO

France / Algérie - Durée 1 h 35 - 35 mm - 1.85 - Dolby SR - Visa 121 411

SORTIE LE 24 FÉVRIER 2010

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HARRAGAS
Harragas, ce mot, originaire de l’arabe algérien harraga, veut dire « brûler ».

« Partir, cela s’appelle brûler, brûler ses papiers, brûler les frontières, brûler sa vie s’il le faut mais partir ». Avant de partir les clandestins brûlent leurs papiers d’identité pour que les gardes-côtes ne puissent pas savoir qui ils sont ni d’où ils viennent. Ils prennent la mer depuis l’Afrique du nord, la Mauritanie, le Sénégal sur des Pateras (embarcations de fortune) pour rejoindre les côtes andalouses, Gibraltar, la Sicile, les Canaries, les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla, l’île de Lampedusa ou encore Malte.

SYNOPSIS
Mostaganem, à 200 Km des côtes algériennes. Hassan, un passeur, prépare en secret le départ illégal d’un groupe d’immigrants vers les côtes espagnoles. Dix « brûleurs » participent au voyage. HARRAGAS est l’odyssée de ce groupe rêvant à l’Espagne, porte ouverte sur l’Eldorado européen.

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NOTE D’INTENTION
J’ai écrit cette histoire après avoir longuement travaillé à me documenter tant sur la base de témoignages directs, que sur desHARRAGAS_regards3 articles de presse, ou des rencontres diverses avec des jeunes concernant le problème dramatique et totalement nouveau que vit l’Algérie : le phénomène des clandestins surnommés « harragas » ou « brûleurs » qui fuient leur pays clandestinement pour échapper à la misère.

Ce sont pour la plupart des jeunes gens, en Algérie les jeunes représentent plus de 80% de la population. Leur soif de vie est freinée par la difficulté du quotidien, du chômage et ils sont prêts à tout pour tenter de vivre ailleurs. Imitant les africains, les marocains, les tunisiens, des centaines de jeunes algériens franchissent régulièrement la méditerranée au risque de leur vie.

Lorsque j’ai commencé à écrire mon scénario, j’étais loin de me douter que ce problème allait prendre une telle ampleur pour devenir « une préoccupation nationale » censée interpeller les plus hautes autorités algériennes.

Malgré des départs de plus en plus nombreux, des corps sans vie repêchés chaque semaine, des articles de presse virulents, la constitution d’associations de parents de jeunes disparus en mer, aucune véritable solution humaine et politique n’est envisagée pour circonscrire ce phénomène qui touche un pays pourtant riche par sa rente pétrolière.

La répression est telle qu’un jeune clandestin risque aujourd’hui cinq ans de prison pour tentative de traversée illégale de la méditerranée.

Ces nouveaux boat people sont le symbole du drame que vit la jeunesse algérienne tiraillée entre l’islamisme radical qui crée le kamikaze, l’émeute collective qui embrase très souvent les villes et les villages, le suicide individuel ou la fuite en groupe par tous les moyens d’un pays qui semble figé et n’offre plus rien à ses enfants.

HARRAGAS est une fiction dont la seule ambition est de montrer la situation d’un groupe de ces jeunes désespérés qui décident de se lancer dans cette traversée périlleuse. Mis en scène dans la région où se passe l’histoire racontée, le tournage s’est déroulé dans des décors naturels, (village, cité, criques, plages de Mostaganem d’où embarquent régulièrement les brûleurs) qui sont le théâtre réel des évènements que je raconte. J’ai effectué le casting parmi les jeunes acteurs du théâtre de Mostaganem. La majorité des interprètes du film vient de cette région.

Ce film poursuit ma réflexion sur cette relation étrange, cette attraction répulsion qui existe entre l’Algérie et la France. Sur le phénomène de l’émigration qui ne cesse de prendre de l’ampleur en Algérie alors que ce pays est riche grâce à son pétrole. Harragas est dans la continuité de mes films qui parlent de la jeunesse algérienne, son mal de vivre, ses doutes, ses espoirs en une vie meilleure. Comme dans mes précédents films, c’est une histoire humaine que j’ai voulu raconter car l’odyssée dramatique de ces jeunes me touche profondément et me révolte.

ENTRETIEN
Pourquoi avoir choisi de traiter par la fiction le problème des Harragas ?
Je pense ma pratique du cinéma en termes de fiction. J’ai tourné très peu de documentaires. Lorsque je m’y suis aventuré, ce fut par hasard et par nécessité, comme lorsqu’en octobre 88 j’ai pris une petite caméra pour témoigner. La tragédie humaine et révoltante du phénomène des harragas mérite qu’on l’évoque par tous les moyens possibles : l’écrit, le reportage, la fiction romanesque, le théâtre, le cinéma, etc. L’essentiel étant de dire, d’exprimer ce que l’on ressent. Le monde Internet que nous vivons et qui permet à tout un chacun de communiquer librement n’a plus aucune limite. La censure, l’autocensure, la frilosité face aux évènements qui secouent la planète deviennent anachroniques alors que la circulation de l’image et du son est à présent une banalité. Les documents filmés qui circulent sur You tube concernant l’Algérie sont là pour en témoigner. Le support par lequel on témoigne, on crée, on proteste, n’a plus d’importance.

HARRAGAS raconte la traversée elle-même et n’aborde pas directement les motivations qui poussent ces jeunes gens à partir clandestinement pour rejoindre l’Europe.
HARRAGAS, n’est pas un film centré sur la motivation, mais sur l’acte lui-même. Même si dès le début du film on peut facilement imaginer ce qui les pousse à partir… Les séquences dans lesquels nous rencontrons les personnages issus de couches sociales diverses indiquent l’ampleur de cette tragédie. Je ne vous apprendrais rien en vous disant que les causes qui poussent des jeunes et moins jeunes à « brûler » sont multiples mais que la principale est liée à la mal vie et au manque de perspectives quant à leur avenir.

L’écriture cinématographique de HARRAGAS épouse une dramaturgie qui nous saisit du début à la fin selon une progression à laquelle vous prêtez un soin tout particulier.
J’ai souhaité raconter froidement et sans concession cette histoire sur un mode réaliste qui soit à la hauteur de ce drame national. J’ai choisi d’être proche de mes personnages, simplement, sans la démagogie ou le cynisme qu’on voit poindre ça et là. Je suis scandalisé lorsque j’entends évoquer à propos de ce problème humain et tragique un « phénomène de mode ». Il est facile d’ironiser lorsqu’on peut se déplacer hors du pays sans problème, et qu’on ne vit pas l’enfermement. Il faut savoir que les jeunes algériens n’ont pas le choix de partir librement pendant un week-end pour découvrir autre chose selon l’adage que « les voyages forment la jeunesse »…

Comment s’est opérée la distribution des rôles principaux ?
J’ai effectué le casting de mon film à Mostaganem dans les milieux du théâtre amateur. J’ai eu la chance d’être accueilli par les responsables du festival et c’est là que j’ai commencé à rencontrer tous ces jeunes. A Mostaganem, ville de tradition théâtrale, j’ai découvert une véritable pépinière de comédiens. J’en ai rencontré d’autres à Alger.

Vous êtes-vous livré à une enquête préalable à l’écriture du scénario ?
Je me suis documenté à travers la presse, j’ai aussi rencontré des jeunes « sans papiers » en France, des candidats potentiels à la fuite en Algérie et des ex-harragas qui attendent l’occasion de repartir. Ces diverses rencontres m’ont servi plus particulièrement à l’écriture des dialogues. 99% de ce que disent les personnages du film sont des phrases que j’ai entendues. J’ai aussi lu des contributions de chercheurs algériens qui travaillent sur le phénomène des suicides, des émeutes, des kamikazes et des harragas.

Envisagez-vous une distribution en salle en Algérie ? Espérez-vous des réactions qu’un sujet aussi social et politique peut provoquer ? Peut-on espérer un jour voir le gouvernement algérien décréter la question des harragas cause nationale ?
J’espère que la sortie algérienne aura lieu le plus rapidement possible et que le film sera vu, mais franchement, n’étant pas un homme politique, le reste me dépasse. Lorsque j’ai tourné « Omar Gatlato » il y a longtemps, j’avais effectué une tournée dans les principales salles de cinéma du pays. A l’époque, jeune et enthousiaste, je croyais naïvement que mon film et l’engouement qu’il suscitait allaient permettre de trouver des solutions immédiates aux problèmes que nous vivions… Quand je vois la situation actuelle, tant d’années après, c’est désespérant.
Au sein de la société civile, le débat sur le problème des harragas ne m’a pas attendu pour exister ! Evidemment on souhaite que le gouvernement ouvre un grand débat sur cette question. Si ce film y contribue même modestement, j’en serais heureux.

Depuis L’AUTRE MONDE jusqu’à HARRAGAS en passant par CHOUCHOU et BAB EL WEB, vos films s’inscrivent dans la description de l’actualité ?
A travers mes films, qu’ils soient des comédies ou des films plus sérieux, je considère que j’ai un devoir d’engagement. Je suis, autant que tous les citoyens d’Algérie, observateur de l’actualité. J’ai un point de vue et je le donne. Mon travail en tant qu’auteur c’est d’exprimer ce que je ressens par rapport à une situation qui me préoccupe. Je vis en France et j’ai souvent des propositions de tourner mes films en France, de parler de la société française. Mais c’est l’Algérie que j’ai le plus souvent envie de raconter, bien qu’il y soit toujours plus compliqué pour moi d’y engager une production.

La production cinématographique en Algérie souffre de maints obstacles. Surtout en ce qui concerne le financement des films. Pensez-vous que le pays n’a pas réussi à mettre en place une véritable politique cinématographique comme en Tunisie ou au Maroc ?
Lorsque je suis à Alger, j’entends parler de productions, de casting, de premiers tours de manivelle, de tournages, d’avant-premières officielles...
Après, on ne sait ce que deviennent ces films ! Qui les voit ? Quelle est leur carrière ? Concernant le cinéma dans les pays voisins, je n’aime pas trop les comparaisons, mais il n’y a pratiquement plus de cinéma en Tunisie et tout le monde sait que les causes principales sont la censure et l’absence de financement. Le cinéma marocain se trouve quant à lui actuellement dans une dynamique nouvelle, parce que outre le financement conséquent des films, les infrastructures existent (ce que les cinéastes algériens revendiquent depuis l’indépendance) ainsi qu’un accompagnement qui fait la promotion des films, mais la vitalité nouvelle de cette cinématographie c’est l’irruption des jeunes et surtout l’ouverture du champ de l’expression. J’ai vu des films marocains très durs sur la torture, sans concession sur l’histoire récente de leur pays, subversifs, qui critiquent, et qui sont néanmoins produits et réalisés sur place, et qui passent normalement dans les salles marocaines et rencontrent leur public.
En Algérie, il y a des gens qui occupent des postes avec pour mission de gérer le secteur. C’est à eux de mettre en place une vraie politique de production cinématographique, en bannissant la suspicion, le favoritisme, le clientélisme, la censure. Et si c’est le cas vous verrez l’émergence d’une nouvelle génération de cinéastes. En attendant, les images qui circulent sur Internet montrent l’inventivité, l’intelligence, l’humour de tous ces jeunes anonymes qui, à leur manière racontent aussi l’Algérie. N’oublions pas que nous pouvons aussi tourner un film avec un téléphone portable…

Selon MOULOUD MIMOUN (El Watan) et SAID KHATIBI (El KHABAR)

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Merzak_Allouache4MERZAK ALLOUACHE
Cinéaste témoin de l’Algérie contemporaine, scénariste, romancier, Merzak Allouache est né en 1944. Il est originaire de Notre Dame d’Afrique, qui surplombe Bab el Oued, quartier populaire d’Alger. En 1964, il commence ses études de réalisation à l’Institut National de Cinéma d’Alger et les termine en France à l’I.D.H.E.C dont il sort diplômé en 1967.

ROMAN :
1995 BAB EL OUED édition du Seuil
FILMOGRAPHIE SÉLECTIVE :
Cinéma : 2004 BAB EL WEB, 2003 CHOUCHOU, 2001 L’AUTRE MONDE, 1995 SALUT COUSIN, INTERDIT DE CAMERER ! Court-métrage, 1993 BAB EL-OUED CITY, 1986 UN AMOUR A PARIS, 1983 L’HOMME QUI REGARDAIT LES FENETRES, 1978 LES AVENTURES D’UN HEROS, 1976 OMAR GATLATO.
Télévision : 2008 TAMANRASSET Studio International /Arte, 2005 BABOR DZAÏR ENTV, 1999/1998 ALGER-BEYROUTH CINÉTÉVÉ / Arte, LA SOLITUDE DU MANAGER PEPE CARVALHO TANAÏS Arte, 1999 A BICYCLETTE Flach film / Odessa / France 2, 1996 DONYAZAD ET MORDJANE Arte / Ardèche/ Image production, 1994 JOURS TRANQUILLES EN KABYLIE Arte, 1991 VOICES OF RAMADAM BBC 2, 1989 FEMMES EN MOUVEMENT documentaire sur les luttes des femmes en Algérie, QABSA CHEMMA Série Humoristique, 1988 L’APRES OCTOBRE documentaire sur les émeutes d’octobre et la démocratie en Algérie.
En cours:
Préparation tournage TATA BAKHTA Telfrance - France 2.
Pour le cinéma, co-écriture avec Nadia Lakhdar, d’un scénario consacré à la grande Marche à travers la France, des enfants d’immigrés contre le racisme en 1983.

FICHE TECHNIQUE, FICHE ARTISTIQUE : http://www.jour2fete.com/
Presse : Annie Maurette : 01 43 71 55 52, annie.maurette@orange.fr
Distribution : Jour2fête : Sarah Chazelle – Etienne Ollagnier, 01 40 22 92 15, contact@jour2fete.com
Contact organisations : Philippe Hagué : 060778257, philippe.hague@gmail.com

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