11 novembre 2009
JE SUIS LE SAHARA - RÉPONSE D'UNE "FANFARONNE" À UN MINISTRE
Salka Embarek est une poétesse,
engagée dans la défense des droits du peuple sahraoui...lire
Auteure : Salka EMBAREK
C’est ainsi que l’auteure explique son poème : « (…) Je ne peux pas dire que ce soit de la POÉSIE, j’aimerais bien pourtant !!! J’ai seulement senti monter ma colère face aux paroles blessantes du ministre marocain de la Communication, quand il nous a appelés des « fanfarons » ou lorsqu’il a dit que nos avertissements d’un retour à la guerre étaient des « menaces puériles ». J’ai eu besoin d’être bien claire avec lui et avec tous les autres, qu’une fois déjà nous y sommes allés et nous nous sommes avancés, nous avons beaucoup perdu et il ne nous reste plus guère de portes ouvertes, alors n’ayez pas de doutes, mais vous pouvez avoir peur …Personnellement, j’espère que nous n’en arriverons pas là…Nous avons déjà trop perdu de frères. » (Salka Embarek, extrait d’une lettre à un ami)
Je serai la guerre
et quand ce sera nécessaire, je serai la paix.
je serai la paix de la guerre
et la limite entre les deux
c’est moi qui la tracerai.
Que plus jamais ils ne m’appellent fanfaronne,
qu’aucun ministre ne se risque plus jamais
à me provoquer,
car durant les années de ma tragédie,
j’ai déjà détruit quelques murs
et je suis parvenue à faire tomber vos faux étendards.
Il n’existe pas de gouvernement usurpateur,
ni cruel,
ni roi si souverain
qu’il puisse me regarder dans les yeux,
et nier qu’il est coupable.
Il ne pourra pas car il n’a pas oublié
le nombre de fois où je l’ai affronté,
mis à nu et gagné.
Regarde-moi bien,
car le timon est entre mes mains,
et le vent souffle en ma faveur,
ce n’est pas moi qui aurai peur,
ce n’est pas moi qui perdrai,
tu n’entendras pas mes paroles en vain.
Je suis déjà vieille,
trente-quatre ans sont passés,
piétinant mon corps,
enterré sous des mètres de terre.
Plus de trente ans ont laissé
dans ma bouche des saveurs amères,
il y en a certaines que je ne sens plus,
d’autres sont devenues des bras,
de leaders inconnus,
de femmes en espérance,
bras de martyrs qui reviennent
tendus à la surface,
répondant à mon appel,
à celui de cette vieille que je suis,
et qui aujourd’hui redevient jeune
et renouvelée.
Qu’ils ne m’appellent plus fanfaronne,
car mes enfants leur répondent,
que ma voix n’est pas seule et unique,
je suis le Sahara,
ÉCOUTE BIEN MON NOM.
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Soy el Sáhara
Article original publié le 10/11/2009
Sur l’auteure
Tlaxcala est le réseau international de traducteurs pour la diversité linguistique.
Cet article sur Tlaxcala
08 novembre 2009
MOHAMED VI : RELATIONS DANGEREUSES : LE ROI ET LA SECRÉTAIRE D'ÉTAT
Rire ensemble est une des manières infaillibles de resserrer des liens d'amitié. Que ne donneraient ceux qui voient cette photo pour savoir quelle a été la blague de Mohamed VI qui a motivé l'élégant éclat de rire de Hillary Clinton ?
Lui aurait-il raconté que ce 6 novembre se déroule la commémoration du trente-quatrième anniversaire du début de la Marche Verte tandis que le Maroc reste impuni et l'ONU indifférente ? C’est impossible. Car il est difficile d’imaginer que les connaissances de la Secrétaire d'État soient au point lorsqu’il s'agit d’exactions anciennes de puissances plus petites.
Nous devons observer l'image avec attention pour pouvoir faire des hypothèses. Le mouchoir assorti dans la poche du roi et les insignes qui ornent la cravate et le revers de veste, l’index de la main droite qui pointe son interlocutrice. Les immanquables perles et le buste penché pour tenter de sympathiser avec discrétion dénotant ainsi la classe de Clinton. Le récepteur avec les oreillettes pour l’interprétation simultanée qui menacent de glisser, démontrent que lui, parle anglais, mais qu’elle ne comprend pas l’arabe.
Je me risque à dévoiler les possibles motifs du rire : le Prix Nobel de la Paix décerné à Barack Obama, la chatoyante politique étrangère d'un gouvernement incapable d'abandonner la realpolitik, les dérapages diplomatiques de Clinton, la poudre aux yeux de la dernière visite de l'UNHCR (Haut-commissariat aux réfugiés de l’ONU) aux camps de la population sahraouie réfugiée en Algérie, les mensonges de Felipe González sur le Sahara Occidental, la vulgaire complicité entre le sultanat alaouite et la monarchie espagnole ou les longs tentacules qui lient l'État espagnol avec l’État français et l’État israélien.
Rien de ceci ne serait de nature à provoquer le rire mais plutôt l'indignation de tout être humain ayant un minimum de conscience morale. L'agence presse espagnole EFE publie la photographie dans son contexte : dans le cadre du sommet international du Forum pour le Futur, le Maroc a présenté un projet pour la construction de cinq centrales solaires grâce à un accord stratégique passé avec l'Espagne et l'Allemagne. Le projet sera mis en chantier en novembre 2010 et deux de ces centrales seront construites au Sahara Occidental sous occupation militaire marocaine. Mohamed VI a certainement informé Hillary Clinton qu’une d'elles sera installée à Laâyoune, la Secrétaire d'État a du tenter sans succès de prononcer le nom d'une ville aussi exotique si bien que le roi a été obligé de se servir de son index pour l'aider à le formuler. Elle s’est mise à rire de sa propre ignorance, et lui, chevaleresque, il a souri.
Je suis soulagée : nous avons de la chance, ce ne sont que deux personnes confortablement installées dans l'opulence du pouvoir, réunies pour un acte officiel prévu pour faire des projets et des alliances communes. Heureusement.
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Relaciones peligrosas
Article original publié le 6/11/2009
Sur l’auteure
Atenea Acevedo, Esteban et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala.
Article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=9214&lg=fr
01 novembre 2009
L’AGONIE DU SAHARA OCCIDENTAL
Compte-rendu du livre de l’auteur nigérian Ike Abonyi
Auteur : Sola BALOGUN
Pour la majorité de la population nigériane les mots « Sahara Occidental » évoquent le désert du Sahara. Et très peu de personnes au Nigeria (et en Afrique en général) connaissent l'existence d'un pays de notre continent qui s’appelle Sahara Occidental. Peut-être ignorent-ils son existence à cause de l’étranglement que le Maroc a imposé à ce pays.
En effet, de nos jours il y a un pays qui souffre toujours de l'oppression d'un autre. Le pire c’est qu’il s'agit de deux pays africains. La République Démocratique Arabe Sahraouie (son peuple porte le nom de sahraoui) est une ex-colonie espagnole riche en ressources minérales comme les phosphates et a dans ses eaux territoriales une des plus grandes réserves de poisson du monde. Actuellement ses gisements sous-marins de pétrole sont en cours d’exploration.
Lorsqu’en 1975 l'Espagne se retirait de sa colonie en laissant le processus de décolonisation inachevé, elle avait laissé la facilité au Maroc, pays voisin du Sahara, de l’envahir immédiatement et de prendre possession du territoire. La Mauritanie s’était, elle aussi, approprié d’une partie des terres sahraouies, mais elle ne tarda pas à signer la paix et à les restituer au Front Polisario, mouvement politique qui a poursuivi la guerre contre le Maroc.
Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc) décrit avec justesse la situation et les circonstances atroces qui marquent la vie du peuple sahraoui : eau empoisonnée, torture, disparitions forcées et autres aberrations.
Le livre rassemble l'expérience de l'auteur, Ike Abonyi, qui a visité la République Démocratique Arabe Sahraouie. Dans son introduction, Abonyi déplore qu’une histoire aussi inquiétante que celle de ce pays soit méconnue ou ignorée par le reste du monde. Le livre est divisé en trois parties, il est d’une écriture simple et accessible. Le titre complet est très pertinent : Africa’s Last Colony: Spain’s Error, Morocco’s Sin; An African Journalist’s Diary On Western Sahara (la dernière colonie africaine : l'erreur de l'Espagne, le péché du Maroc. Journal d'un journaliste africain au Sahara Occidental).
Le prologue est écrit par le professeur Nuhu Yaqub, qui a récemment quitté son poste de recteur adjoint de l'Université d'Abuja, et il décrit le livre comme étant une œuvre qui complète opportunément la littérature existante sur la décolonisation africaine. Yaqub souligne également le fait que beaucoup d’Africains, même s'ils sont progressistes ou ont reçu une éducation sérieuse, méconnaissent l'existence d'un pays qui s’appelle République Démocratique Arabe Sahraouie, et encore moins sa lutte pour l’indépendance.
Dans son prologue, il dénonce l'hypocrisie de ces pays occidentaux qui se vantent de respecter les droits humains (la France, l'Allemagne et l'Espagne) tandis qu'ils ferment les yeux aux violations flagrantes des droits humains commises par le Maroc. De plus, il ajoute que le Nigéria a le devoir, en tant qu’État africain, d’aider le Sahara Occidental dans sa lutte pour la récupération de son indépendance.
La première partie du livre résume l'histoire du Sahara Occidental du temps de la colonie espagnole, le retrait espagnol de ce pays et l'invasion marocaine et mauritanienne. Il explique aussi la manière avec laquelle la Mauritanie avait restitué les territoires qu’elle avait spoliés alors que le Maroc s’est obstiné à garder les territoires occupés.
Tout comme d'autres analystes, Abonyi accuse l'Espagne de ne pas avoir finalisé le processus de décolonisation, c'est-à-dire, de ne pas avoir donné la direction du pays au Front Polisario, groupe politique fondé en 1973 pour en finir avec la colonisation espagnole.
Malgré la résolution de la Cour Internationale de Justice votée en 1975 stipulant que le Sahara Occidental était dès lors un pays indépendant de la colonisation espagnole et que sa souveraineté appartenait à son peuple, le Maroc a refusé de se retirer de ses territoires occupés et la guerre contre le Front Polisario a continué. En 1991 l'ONU avait négocié un cessez-le- feu et avait approuvé un référendum d'autodétermination du peuple sahraoui, mais le Maroc a empêché sa concrétisation.
Plus de 150.000 Sahraouis sont des réfugiés, d'autres sont déplacés à l’intérieur même de leur propre pays. Ils vivent grâce à une ration quotidienne du Programme Alimentaire Mondial de l'ONU ou bien ils sont harcelés et arrêtés sans procès légal, ou forcés à l'exil.
Dans la seconde partie du livre, Abonyi raconte l’expérience de son voyage au Sahara. En tant que hôte de la présidence, il a pu dormir sur un matelas de six pouces (15 cm) d’épaisseur, une chose courante dans les internats du Nigéria. Il avait pu observer que le camp avait bénéficié d'une certaine paix durant les 17 dernières années, mais il a également été témoin de la désillusion d'une grande partie de la jeunesse sahraouie, notamment au regard de la politique marocaine d'exploitation unilatérale des ressources et de l’indifférence totale face aux besoins du peuple sahraoui.
Notre indignation doit certainement se réveiller lorsque dans son récit, Abonyi raconte de quelle manière de jeunes Sahraouis ont perdu un de leurs membres et même la vie à cause de l’explosion des mines que le Maroc a disséminées tout le long du mur de 2.500 kilomètres qu’il a dressé dans le Sahara Occidental occupé. De même, il rapporte des détails terribles sur la vie de 140 personnes qui reçoivent des soins médicaux dans le Centre de Réadaptation pour les Victimes de la Guerre et des Mines au siège administratif des camps sahraouis.
La troisième partie de Africa’s Last Colony est composée d'interviews avec des responsables du gouvernement sahraoui. Au cours d’une conversation avec Abonyi, le président Mohammed Abdulaziz fait l'éloge de l'attitude du Nigéria envers d'autres pays africains et de son leadership dans le continent. D’autres interviews y sont également retranscrites, notamment celle avec Mohamed Salem, commandant de l'école militaire sahraouie, et celle avec Mohammed Yeslem Beisat, ministre pour l'Afrique.
L'auteur pose des questions d’une très grande importance : pourquoi l’Espagne n'a-t-elle pas achevé un processus total de décolonisation dans lequel elle aurait fait une passation de pouvoir au Front Polisario ? Pourquoi le fait de partager la religion, la langue et la géographie n'aide pas à résoudre le problème entre le Maroc et le Sahara Occidental ? Qui peut bien fabriquer et fournir les armes que le Maroc utilise pour terroriser la population sahraouie ? Quel sont les autres pays qui profitent de l'exploitation marocaine du Sahara Occidental ? Quel est, dans cette situation, le rôle de la France, ex-puissance colonisatrice du Maroc ?
Il y a d'autres questions qui exigent des réponses : pourquoi le reste du monde arabe reste-t-il indifférent à l'oppression d'un « peuple frère » ? Quelles sortes de pressions l'Union africaine et d'autres organismes régionaux qui reconnaissent le Sahara Occidental comme un État souverain exercent-ils sur le Maroc ?
La dernière colonie africaine met sur la table une situation réelle et regrettable: tandis que d'autres peuples sont passés, entre autres, à la discussion de problèmes internes liés à des questions ethniques et de népotisme, il existe un gouvernement africain qui continue à vouloir arracher le droit à l'autodétermination à un peuple africain. Le plus abject de cette situation, c’est que des soldats torturent et tuent des Sahraouis, sans distinction d'âge ni de sexe, dans une guerre qui a pourtant cessé officiellement.
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Daily Sun - Agony in Western Sahara
Article original publié le 27/10/2009
Sur l’auteur
Article également sur Tlaxcala
28 octobre 2009
SAHARA : LE MAROC N'AIME PAS LES TÉMOINS
Sahara occidental
J'ai connu Brahim Dahane à Laâyoune en mai 2005. À ce moment-là, il venait de créer une association pour la défense des droits humains dans l'ancien Sahara Occidental. À cette période, toutes les villes occupées de l'ex-colonie espagnole étaient un vivier de manifestations organisées par des jeunes qui réclamaient à corps et à cris l'indépendance hors du Maroc, tout cela a été réprimé avec une brutalité sauvage. Et Dahane voulait laisser le témoignage de cette époque.

Brahim Dahane, sur une photo récente
Il avait déjà connu, lui, les prisons marocaines. Dans les années 80, il a été emprisonné pendant 4 ans pour avoir participé à des manifestations contre l'occupation du territoire. Il n’a jamais eu un procès avec les garanties minimales, et le Maroc n’a même pas voulu reconnaitre qu'il était dans ses centres secrets de détention et de torture. Pendant quatre ans, officiellement, Il était disparu, jusqu'à ce qu’un jour, il soit libéré.
En octobre 2005, Dahane avait été remis en prison pendant six mois sous l'accusation d’avoir créé une association illégale, puis il s’est retrouvé dans la rue. Mais il a continué à œuvrer pour dénoncer ces violations parce qu'il dit n’avoir que très peu à craindre. Il y a quelques semaines je l'ai vu à nouveau à Laâyoune et il n’a pas bougé d’un millimètre de ses positions.
Le 8 octobre dernier, avec six autres militants parmi lesquels se trouvait Ali Salem Tamek, cinq fois emprisonné par le Maroc, Dahane retournait au Sahara occupé après avoir rendu visite à ses frères sahraouis exilés dans les camps de réfugiés de Tindouf. Cependant, juste après avoir atterri à Casablanca, son dernier appel téléphonique adressé à une camarade de l'association ne laissait présager rien de bon. « Nous sommes sur la piste de l’aérodrome cernés par des voitures de police », avait dit Brahim. Depuis, on ignore où il se trouve.
Déjà, dans les jours précédents, une bonne partie de partis politiques et de la presse marocains s'était consacrée à créer chauffer l’ambiance contre Tamek, Dahane et ses camarades. Pendant au moins trois jours, leur détention n’avait même pas été communiquée à leurs familles et amis et ce n’est que 72 heures après seulement, qu’ils en ont été informés, bien que les militants se trouvent toujours dans un lieu inconnu. L'affaire paraît sérieuse, car ils sont accusés de trahison à la patrie, de séparatisme et de conspiration contre l'intégrité territoriale, ce qui pourrait leur valoir une lourde condamnation. Mais ces détentions n'apporteront que des souffrances supplémentaires.
Les yeux de Dahane, de même que ceux de Tamek, Aminatou, Hmad, Daddach ou de tant d'autres militants, sont les seuls que le monde peut avoir pour apprendre ce qui passe à Laâyoune, à Smara, à Dakhla, à Boujdour. C’est grâce, en grande partie, à leur travail et à leur engagement, que le monde a pu savoir que dans l'ex-colonie espagnole, les forces de l'ordre marocaines violent, torturent, frappent et menacent quiconque montre de la sympathie, si minime soit-elle, pour la cause du peuple sahraoui.
Ils ne sont pas des terroristes, ni des gens violents. Ils préfèrent la parole, la discussion et ils aiment, par-dessus tout, leur peuple. Ils ne sont pas parfaits et parfois ils font des erreurs, mais ils ne veulent pas, non plus, être des martyrs. Ils ont sacrifié une bonne partie de leur vie pour une cause qu’ils croient juste. Et cela les a amenés à sentir dans leur propre chair la douleur, la peur, l’angoisse et toutes sortes de souffrances. Ils sont, comme je l’ai déjà dit, la voix qui s'élève pour dénoncer l'injustice. Le problème c’est que le Maroc ne veut ni yeux, ni voix, ni témoins et que le Sahara soit toujours, comme jusqu'à présent, le royaume de l'impunité devant le dédain peureux et pathétique des gens qui dans la Communauté internationale « se battent » pour les droits humains. Du moins, en ce qui concerne le Sahara.
Traduction : Esteban
Révision : Fausto giudice
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Source : Marruecos no quiere testigos
Article original publié le 13/10/2009
Sur l’auteur
Esteban G.et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8997&lg=fr
31 mai 2009
SAHARA : LE MILITANT SAHRAOUI DES DROITS HUMAINS, YAHYA MOHAMED EL HAFED, "DANS LE COMA ET ENCHAÎNÉ" À L'HÔPITAL D'AGADIR
Aujourd'hui (27 mai), le tribunal de la ville marocaine a reporté pour la sixième fois le procès contre Yahya Mohamed et contre d'autres prisonniers politiques sahraouis ce qui a provoqué des manifestations de protestation

Auteur : SCSC - Servicio de Comunicación Saharaui de Canarias
Agadir (Maroc). – Hier, le militant sahraoui des droits humains Yahya Mohamed El Hafed est entré « dans le coma » à l'hôpital Hassan II de la ville marocaine d'Agadir, où il est toujours « enchaîné à son lit par les pieds et les mains» et « gardé en permanence par des effectifs policiers marocains qui tentent de le nourrir par la force chaque fois qu'il repend connaissance », comme l’ont dénoncé au Service de Communication Sahraoui des juristes espagnols canariens membres de la Mission Internationale d'Observateurs qui se trouvent dans la ville.
Yahya Mohamed El Hafed, prisonnier politique sahraoui et membre du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits Humains (CODESA), 43 ans, est toujours en grève de la faim depuis le 4 avril pour exiger le respect de ses droits élémentaires et ceux de ses compagnons en tant que prisonniers politiques et demande qu’ils soient séparés des prisonniers de droit commun, ainsi que de bénéficier du droit de visite de leurs familles ou l'accès à la presse, entre autres.
Père de trois enfants et soutien de toute sa famille, il a été arrêté le 29 février 2008 et a subi des tortures depuis ce jour pour ses opinions politiques et son militantisme pour les droits humains dans les territoires du Sahara Occidental occupés par le Maroc. Aujourd'hui, le procès (en appel) qui devait avoir lieu à la Courd d'Appel d'Agadir pour considérer le cas de Yahya et d'autres prisonniers politiques sahraouis a été suspendu pour la sixième fois jusqu'au 24 juin prochain.
Selon les militants sahraouis des droits humains présents au tribunal, les motivations de ces continuels ajournements sont celles « de démoraliser les familles, les militants et les juristes espagnols membres de la Mission Internationale des Observateurs, d’empêcher leur assistance et d’éviter de devoir justifier les accusations contre les prisonniers politiques sahraouis », qui sont considérées comme « fausses et des montages grossiers ». En outre, les familles exigent des certificats médicaux fiables qui garantissent l’état réel de leur santé.
Juste après l'ajournement, des étudiants sahraouis de l'Université d’Agadir, de nombreuses familles de prisonniers, des militants et des représentants d'organisations de défense des droits humains au Sahara ont manifesté à l'extérieur du tribunal.
Le Tribunal d'Agadir a condamné en première instance Yahya Mohamed à 15 ans de prison il y a presque un an et l’a interné dans une cellule avec des prisonniers de droit commun. Comme il est coutume dans des procès contre les militants sahraouis des droits humains, les procédures judiciaires n'ont rempli aucune des conditions de base nécessaires et obligatoires dans tout procès, en commençant par les charges retenues, qui sont toujours fausses.
Lorsqu’en avril Yahya et ses camarades ont entamé la grève de faim, la réponse de l'administration pénitentiaire de la prison d'Inzegaine a été « impitoyable et abusive », rappellent les organisations sahraouies. Menottés et frappés, lui et son camarade Bouba Najem ont été transférés à la prison d'Aït Melloul et ont été enfermés dans des cellules d'isolement. Le 15 mai dernier, les gardiens d'Aït Melloul l'ont transféré par la force et sans son consentement à l'hôpital d'Agadir.
Des organisations internationales, le mouvement de solidarité avec le Sahara dans de nombreux pays, spécialement en Espagne, et tous les collectifs sahraouis de défense des droits humains dans les territoires occupés par le Maroc ont lancé une campagne spéciale pour « sauver de façon urgente la vie de Yahya Mohamed El Hafed ».
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : SCSC - El activista saharaui de DD. HH, Yahya Mohamed El Hafez, “en coma y encadenado” en el hospital de Agadir
Article original publié le 27/5/2009
Sur l’auteur
Esteban et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7757&lg=fr
SAHARA : LES MILITANTS SAHRAOUIS DES DROITS HUMAINS QUITTENT LES LOCAUX DU SIÈGE DE L'ONU À SMARA
Après que la MINURSO a remis leur lettre à Ban Ki-Moon et que leur sécurité a été garantie

Auteur : SCSC - Servicio de Comunicación Saharaui de Canarias
Smara (Sahara Occidental) le 26 mai 2009. - Les quatre militants sahraouis des Droits Humains qui se sont enfermés dès les premières heures d'hier matin [25 mai] dans les locaux du bâtiment de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (MINURSO) dans la ville de Smara pour exiger « la fin de l'extermination du peuple sahraoui par le Maroc », ont quitté le bâtiment dans la soirée d’aujourd’hui [26 mai] après que les effectifs de l'ONU eurent accepté leurs principales demandes, comme l’ont déclaré les militants eux-mêmes au Service de Communication Sahraoui aux Canaries (SCSC).
Les quatre militants qui s’étaient enfermés, Said Sidi Mohamed, Saad Enguilla Boukharsi, Said El Beilal et Hamadi Nasiri, sont sortis escortés par les casques bleus, qui les ont raccompagnés à leurs domiciles, une fois que la majorité des représentants de la MINURSO leur avaient garanti la « sécurité » et « qu’ils feraient un suivi personnel de chacun d’eux pour éviter des représailles des autorités d'occupation marocaines ». Un autre point que les représentants des Nations Unies ont accepté a été de remettre au Secrétaire général de l'organisation Ban Ki-Moon une lettre dans laquelle ils dénonçaient « la situation des droits humains au Sahara et la répression marocaine ».
Les faits se sont produits hier matin à la première heure, quand les quatre militants sont parvenus a pénétrer à l’intérieur du siège de la MINURSO pour dénoncer « l'extermination, la persécution et la répression exercées par le Maroc contre la population sahraouie en général et contre les militants des droits humains en particulier, les licenciements, les destructions des maisons des citoyens sahraouis, la persécution dans la rue et le contrôle permanent auquel ils sont soumis ainsi que la campagne d’incarcérations des jeunes » et ils ont sollicité que la Mission de l'ONU étende ses missions « à la défense des droits humains ».
Bien que le Maroc ait retiré ses effectifs armés postés autour du siège de la MINURSO avant que les militants sahraouis en sortent, les foyers des familles de ces derniers restent, depuis hier, sous surveillance permanente, ont informé des témoins.
ACTIONS URGENTES, FAITES PASSER
Il est urgent que les citoyens aident le peuple sahraoui à retrouver la liberté. Nous demandons pour cela au gouvernement d’Espagne qu’il reconnaisse le statut diplomatique de la République Sahraouie. Une plateforme d’appel à signer est constituée afin que tous ensemble cela soit possible.
Signé : Les membres de la plateforme TOUS AVEC LE SAHARA
L’objectif de cette plateforme est d’obtenir un nombre maximum de signatures de soutien au manifeste. Le but final est de les remettre au président du gouvernement pour que l’Espagne prenne la tête de la recherche d’une solution pacifique et juste à un conflit qui nous affecte directement.
Apporte ta signature pour la liberté du Sahara
http://www.todosconelsahara.com/
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : communiqué de presse du SCSC
Article publié le 26 mai 2009
Tlaxcala,
26 mai 2009
SAHARA : POUR EXIGER " LA FIN DE L'EXTERMINATION DU PEUPLE SAHRAOUI "
4 militants des Droits Humains se sont enfermés dans les locaux du siège de l'ONU à Smara
Le siège de la Mission des Nations Unies (MINURSO) dans la ville est cerné par des effectifs de sécurité marocains

Auteur :
Service de Communication Sahraoui aux îles Canaries
(SCSC)
Smara (Sahara Occidental). - Quatre militants sahraouis des Droits Humains, Said Sidi Mohamed, Saad Enguilla Bujarsi, Said El Beilal et Hamadi Nasiri se sont enfermés dans les locaux du siège de la Mission des Nations Unies pour le Référendum du Sahara Occidental (MINURSO) dans la ville de Smara, pour exiger « la fin de l'extermination du peuple sahraoui par le Maroc », comme l’ont déclaré les militants eux-mêmes au Service de Communication Sahraoui aux Canaries (SCSC).
Les faits se sont produits ce matin à la première heure et, bien qu'en principe des effectifs français assignés à la mission « aient essayé d'arracher » aux militants leurs drapeaux sahraouis et les photos de prisonniers politiques et de disparus qu'ils portaient et leur empêcher l’accès aux locaux, les quatre militants sont parvenus à pénétrer à l’intérieur du siège de la MINURSO. Cependant, une femme qui faisait aussi partie du groupe a été arrêtée par des policiers ; on ignore où elle se trouve et quel est son état. En milieu de matinée, les militants ont indiqué par téléphone, que des troupes marocaines bloquaient tous les accès au bâtiment.
Le groupe dénonce que son action est due « à la persécution et à la répression exercées par le Maroc contre la population sahraouie en général et en particulier contre les militants des Droits Humains, les renvois de leur travail, les violations des domiciles de citoyens sahraouis, la persécution dans la rue et le contrôle permanent auquel ils sont soumis ainsi que la campagne d’emprisonnement des jeunes ».

Photo : Troupes françaises de la MINURSO.
Ils ont informé, également, qu'ils ont remis un mémorandum aux représentants des Nations Unies dans lequel ils exigent « le retrait du Maroc de tous les territoires occupés du Sahara » et ils lancent un appel « au monde » afin « qu’il fasse pression sur la France pour qu'elle mette un terme à l'extermination du peuple sahraoui ». En outre, ils sollicitent que la Mission de l'ONU étende ses affectations « à la défense des Droits Humains », « qu’elle intervienne » pour les sauver et quelle ne les « livre pas à l’oppresseur ». La MINURSO ne s'est pas encore manifestée au sujet de ces faits. (SCSC)
Salutations
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ACTIONS URGENTES, FAITES-PASSER
Apporte ta signature pour la liberté du Sahara
Il est urgent que la citoyenneté aide le peuple sahraoui à retrouver la liberté. Nous demandons pour cela au Gouvernement d’Espagne qu’il reconnaisse le statut diplomatique de la République Sahraouie. Une plateforme d’appel à signer est constituée afin que tous ensemble cela soit possible.
Signé:
Les membres de la plateforme TOUS AVEC LE SAHARA
L’objectif de cette plateforme est d’obtenir un nombre maximum de signatures de soutient au manifeste. Le but final est de les remettre au Président du gouvernement pour que l’Espagne prenne la tête pour la recherche d’une solution pacifique et juste à un conflit qui nous affecte directement.
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Joint également ta signature à la
Campagne Internationale pour la Libération de tous les prisonniers Politiques Sahraouis
LES PRISONNIERS POLITIQUES SAHRAOUIS ONT BESOIN QUE TU JOIGNES TA VOIX ET TA PLAINTE POUR LEUR LIBÉRATION. DONNE-LEUR TON SOUTIEN EN SIGNANT SUR LE LIEN SUIVANT :
http://www.libertadpresospoliticossaharauis.com/
* N’OUBLIE PAS DE LAISSER TA SIGNATURE
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
SAHARA : QUAND J'ÉTAIS DANS LE DÉSERT
De retour du Festival international du cinéma au Sahara occidental
Pour J.O.
La sonorité du mot Sahara contient la douceur spongieuse des dunes, la tyrannie du soleil, le bleu profond d'un ciel constellé, la vision fantastique d'un infini stérile. La guerre, la spoliation, la précarité, l'exil et l'injustice font également partie d’elle. La force irrésistible d'un peuple qui depuis trente-trois ans fait que lorsqu’on dit Sahara, on dit aussi résistance, aspiration, tempérance.
Arriver à Dakhla, un des camps de réfugiés sahraouis en Algérie dont le nom correspond à une de leurs villes sous occupation militaire marocaine, est une odyssée en règle. Comme si les péripéties se conjuguaient pour tester la détermination et la dureté de la peau de la voyageuse, simplement pour la récompenser par des images et des émotions uniques. Les heures dans un avion charter qui ressemble plus à un autobus loué par un groupe de camarades et le massage impitoyable que m’offre le transit tout-terrain depuis Tindouf sont le prix à payer pour le premier lever de soleil dans le désert. Mes yeux cessent d’épier et s’ouvrent comme des éventails, ensorcelés devant la vigueur du feu qui monte avec l'élan d'un dieu absolu. Dans peu de temps ils se fermeront, peut-être pour somnoler dans la khaima ou le gueton lorsque le corps refuse d'accompagner mon besoin de refaire le parcours et de me rappeler de tout.
À force de consignes, la réalité des camps vient à moi par paliers. La réflexion immédiate évoque ce que j'avais appris à comprendre comme « confort » ou « vie moderne », des euphémismes pour indiquer un robinet, une prise de courant électrique, une rue pavée et, aussi, une porte armée de verrous. Ici, où le temps a adopté la forme de l'horizon illimité, un moment suffit pour reconnaître dans ces objets caractéristiques les véhicules du gaspillage et de la gabegie. Nous avons besoin de peu et nous voulons tout, qu’importe si sur le chemin nous écrasons ou nous arrachons. Le peuple sahraoui, plongé dans la brutalité de l'occupation d'un côté du mur le plus long du globe ou de l'autre dans la rigueur de l'exil, sait que sa survie dépend du sens de la collectivité. Et les jours et les nuits à Dakhla permettent de faire la place à une réflexion plus détaillée sur ce qui dans mon monde s’est laissé perdre et qui n'est pas rien : la notion de communauté, la motivation pour nous reconnaître dans d'autres humanités, l'esprit de rébellion, la célébration de la vie pour elle-même.
Tout comme les centaines de personnes qui sont de passage, je jouis du rituel du thé, du refuge d'une famille, des amabilités du turban, de l'étoile qui annonce le lever du jour, de la cadence sage des dromadaires. La quiétude de chaque instant offre un apprentissage. J’écoute attentionnée le salut sahraoui, un échange de questions sur le bien-être de la famille et sur le bétail, sur les chemins parcourus et la présence souhaitée de l'eau dans un désert sans maître. Il s'agit de quelque chose de plus qu'une tradition de nomades, ce dialogue utile pour tracer sa propre route et réduire les probabilités de périr ou de se perdre sur des pistes rougeâtres : En préservant le salut qui distingue son esprit nomade, le peuple sahraoui scelle sa conviction dans la victoire et perpétue la chaîne de son identité légendaire.
L'imagination règne dans le Sahara, espace idéal pour l'organisation délirante d'un festival international de cinéma. Projeter des films dans l'immensité du mal-nommé « néant » ne rafraîchit pas seulement les sens marqués par une patience qui s’épuise. Quel meilleur moyen pour se pencher sur d'autres réalités et présenter, celle, propre au langage audio-visuel, emblème de notre temps ? Pour cela le festival offre des ateliers de documentaire, photographie, édition, son ou radio. C'est pourquoi la construction de la première école de cinéma est en cours et que les transmissions de la télévision sahraouei viennent d'être inaugurées. Tout sert à renforcer le sillon de la dignité et à défendre le sourire de ces gens qui ne demandent pas l’autorisation pour être et brandir leur drapeau.
Le lieu commun dicte d’affuter la perspective après avoir voyagé dans un camp sahraoui, lieu où la sotte pulsion humaine dépasse des adversités inimaginables, paysage singulier dans une planète où la pensée unique a déraciné tout trait d'originalité, de fait, les villes et les personnes sont chaque fois plus fastidieusement semblables. Peut-être est-ce ce qui explique le sourire qui se dessine sur ma bouche quand je parle du Sahara et d'un peuple qui a les yeux rivés vers le futur, les pieds enracinés dans l'histoire et des ailes qui lui poussent sur les bras. Mais ma fascination n’est pas à la mesure de sa blessure. Pour autant que nous qui arrivons ayons besoin d’une cure contre le consumérisme et la superficialité, pour aussi intense que s’avère l'expérience, personne ne devrait vivre en inventant des manières de crier au monde sa tristesse et sa soif de justice. Je joins ma voix au chœur qui exige un Sahara libre MAINTENANT.
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Cuando estuve en el desierto
Article original publié le 20/5/2009
Sur l’auteure
Atenea Acevedo, Esteban et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7689&lg=fr
07 mai 2009
LE SAHARA OCCIDENTAL ET LES DROITS DE L’HOMME
La Résolution 1871 du Conseil de Sécurité
En même temps que « la France empêche l'ONU de surveiller les Droits de l’Homme au Sahara » (1), le Maroc condamne Jalihena Abulhasan le militant sahraoui défenseur des droits de l’homme à deux ans de prison pour un délit sans preuve. Cela s'est déroulé ce 28 avril à Marrakech (2). Le pouvoir judiciaire peut légalement continuer à commettre un délit, même si nous démontrons sa culpabilité en connivence avec les violations des Droits de l’Homme. Si le Conseil de Sécurité a considéré la « dimension humaine » en dernière lecture sur la réalité à l’égard du Sahara occidental, reconnaissons-lui le manque d'habileté en substituant le terme de « droit » à celui de « dimension ». Imaginons que la Proclamation soit appelée « Déclaration Universelle des Sens Humains ». Lorsqu’il s’agit de défendre par-dessus tout les Droits du Capital – entendons bien : le Capital en mouvement au Maroc -, le sens orienté qu’imprime le Conseil de Sécurité aux Droits de l’Homme est une autre chose.
Je compare cette scène à celle que Peter Weiss a créé pour son œuvre théâtrale « La persécution et l’assassinat de Jean-Paul Marat », le Marat-Sade dans la version espagnole d’Alphonse Sastre. Dans le salon du Conseil de Sécurité, transformé en salle de bains de la maison de santé, les Conseillers sont comme ces infirmiers qui tentent d'alléger l’ennui et l’enfermement des malades mentaux, en montant avec eux une œuvre écrite par Sade, client de la distinguée maison car utilisant l'art et la culture. Avec cette représentation, ils servent, « les principes sacrés que le solennel Décret des Droits de l'Homme ont été déclarés ».
L'ambassadeur français, Jean-Maurice Ripert, tel que Charlotte Corday, avec un poignard humanitaire de fabrication marocaine caché dans la poitrine, a pris l’élan pour asséner le coup de poignard mortel. Sade, présent mais à l’écart des tempêtes diplomatiques et des ouragans de critiques, rit triomphant au pied de sa chaise à l'Elysée (3).
Et c’est là que s’achève la comparaison, car entre personnes qui ont l’autorité pour la représentation du drame, le coauteur français du Conseil a décidé d'exclure le scénario sahraoui, la voix d'un peuple personnifié par Ahmed Boukhari, représentant du Polisario devant l'ONU, spectateur de cette farce et d’ailleurs pas disposé à ce que le Sahara Occidental suive le même sort que le malheureux Marat. Je demande de la compréhension au défunt Weiss et à mon ami Sastre si j’utilise cette œuvre de la littérature universelle pour cette « boutade ». L'affaire le mérite.
Le gouvernement français ne s’embarrasse plus de détours. Il manifeste ouvertement et décide, imitation métropolitaine des vieux temps des Protectorats français et espagnol au Maroc, que le Sahara Occidental doit faire partie du royaume du Maroc. L'Espagne se pliera en silence, comme toujours, et « la République Française » sauvera ses « citoyens » des effets de la « crise » actuelle et des futures explosions de colère dans les « banlieues ». La paix sociale intérieure la font dépendre du néocolonialisme.
Rappelons-nous, en 2005, dans « la ceinture rouge » à Paris, l’état d’exception avait été réactivé et était resté en vigueur pendant des mois, le même état d'exception qui fut imposé pendant la guerre d'Algérie. Son artisan avait été le Ministre de l'Intérieur d’alors, Nicolas Paul Stéphane Sarkozy de Nagy-Bocsa, « Fachozy » pour les petits-fils et arrières petits-fils des anciens colonisés qui demeurent dans les faubourgs des villes françaises incapables de pouvoir se sentir citoyens français. Stigmatisés pendant des années par une presse qui leur attribue la responsabilité de donner des arguments aux fascistes de Le Pen, systématiquement insultés par leur Ministre comme étant de la « racaille »… Fachozy, disais-je, a résolu le grave problème du racisme et de la xénophobie répandu sur tout le territoire gaulois, en nettoyant ces quartiers au « karcher ». Et il l'a parfaitement bien accompli. Deux français sur trois ont approuvé sa gestion. Ce mérite, parmi d'autres soutiens, l’a porté à la présidence française.
Au-delà de la conjoncture dans laquelle la France s'est trouvée au Conseil de Sécurité, sans aucun appui, les USA étant ceux qui tiennent les rênes. Ayons bien en tête les résolutions qu’il y a eu sur l'Iraq et la Palestine. Sans Bush ou avec Obama, ils sont les gendarmes du capital qui a signé l’unique Traité de libre Commerce en Afrique, avec le Maroc, et c’est à Tan-Tan que l’on préfigure l'installation du siège central de l'AFRICOM. La domination des ressources énergétiques et minérales, son contrôle, sont l'objectif central des mouvements géostratégiques impérialistes.
La solution au problème humanitaire dans les camps de réfugiés sahraouis n'est pas l'aide et la solidarité internationale ad vitam aeternam. Le problème à résoudre en Afrique n’est pas les sahraouis, c’est seulement l’indépendance coloniale, ce qui requiert aujourd'hui l’urgente intervention effective des casques bleus sur le territoire occupé par le Maroc, parce que c’est là que l’on torture, on poursuit, on brime et on massacre.
En ce sens, il se peut que le mouvement des acteurs, à un moment donné, favorise le déblocage de la situation qui se trouve dans l’organisation d’un Référendum au Sahara occidental. Mais le scénario qui continue est encore celui que Sade a conçu. Qui n’est ni le seul, ni le seul possible. Il existe, il a toujours existé, un temps et un espace pour être les protagonistes indiscutables de notre œuvre. Pour le grand théâtre mondial du marché, nous et ceux qui défendons les véritables droits qui nous permettent d'être chaque fois plus humains, nous ne pouvons pas cesser d'être une « racaille » de fous dangereux. Le plus absurde c’est que sans nous, ils ne sont rien.
1) Ignacio Cembrero, El País, (2/05/09) URL:
http://www.elpais.com/articulo/internacional/Francia/impide/ONU/vigile/derechos/humanos/Sahara/elpepuint/20090501elpepuint_8/Tes
2) Poemario por un Sahara libre URL: http://poemariosaharalibre.blogspot.com/2009/04/el-preso-politico-saharaui-jalihena.html
3) Alfonso Sastre. “persecución y asesinato de Jean-Paul Marat”. Ed. Arguitaletxe HIRU, S.L. Hondarribia (Guipúzcoa) año 2000, 2ª edición.
[Alphonse Sastre. « La persécution et l’assassinat de Jean-Paul Marat ». Ed. Arguitaletxe HIRU, S.L. Hondarribia (Guipuzcoa) année 2000, 2ª édition].
Auteure: Beatriz Martínez Ramírez
Club des amis de l’UNESCO
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : EL SAHARA OCCIDENTAL Y LOS DERECHOS HUMANOS
Article original publié le 03/05/2009
Sur l’auteure
Esteban et Fausto Giudice administrateur du blog Basta ! journal de marche zapatiste sont tous deux membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7580&lg=fr
30 avril 2009
STRATÉGIE DE LA MONARCHIE MAROCAINE AU SAHARA : " DES ENFANTS DE 5 ANS ONT ÉTÉ TORTURÉS POUR AVOIR BRANDI LE DRAPEAU SAHRAOUI "
« La répression marocaine contre les enfants mineurs sahraouis est systématique et a des connotations stratégiques »
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Auteur : Ali Salem TAMEK علي سالم التامك
Santa Cruz de Tenerife. - Ali Salem Tamek est un symbole pour le peuple sahraoui. Fondateur du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA), il a été emprisonné et torturé en de nombreuses occasions. Actuellement et depuis deux ans, les autorités de Rabat l’empêchent de faire des études de journalisme en lui refusant un droit fondamental de plus : celui à l'éducation. Déclaré « ennemi public numéro un » au Maroc par le fait de son soutien à l'autodétermination du Sahara, il n’a pas été seul a avoir vécu dans sa propre chair la plus cruelle des violences. Sa femme également a été violée par cinq policiers marocains alors qu’elle venait lui rendre visite à la prison et devant les yeux de sa fille âgée de moins de 4 ans. « Cette situation impose à tous les Sahraouis de penser la même chose : chercher chaque jour une nouvelle forme de lutte », a-t-il déclaré au Service de Communication Sahraoui des Iles Canaries (SCSC).
Le nouveau représentant du secrétaire général de l'ONU, Christopher Ross, a déjà effectué une tournée dans la région et Ban Ki-Moon a tenu compte de ses appréciations dans son dernier rapport au Conseil de Sécurité, avez-vous perçu quelque changement ?
« Ross est arrivé après que son prédécesseur, Vont Walsum, il viole le principe de neutralité qu’il aurait dû maintenir mais il s’était aligné sur une des parties en abandonnant l'objectivité qu’il était présumé représenter. Il s'agit d'une personnalité au profil beaucoup plus important, autant par son expérience de la région que par le fait d'avoir été informé en permanence sur la question sahraoui car il a été ambassadeur US en Algérie. De plus, indirectement, son avis est un avis de poids aux USA. Notre principal espoir est l'amélioration de la situation des droits humains au Sahara occupé par le Maroc. Cependant, il semble encore trop tôt pour que des changements se produisent et, malgré cela, le dernier rapport du secrétaire général au Conseil de Sécurité n'aborde pas cette question de manière claire, nous sommes déçus ».
Le Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA), dont vous faites partie, s'est récemment réuni à Rabat avec des représentants de l'ambassade des USA pour traiter de la situation du Sahara, croyez-vous que l'arrivée d'une nouvelle administration à Washington peut changer la situation de blocage du conflit ?
« Nous maintenons des contacts permanents avec l'ambassade US. Le thème à traiter tourne toujours autour de la situation des droits humains au Sahara et à la répression dont les militants sahraouis sont victimes et qui s’abat sur la population civile en général. Nous travaillons également sur la situation de nos prisonniers politiques dans les prisons marocaines. Quant à la nouvelle administration usaméricaine, il convient de signaler que les premiers rapports du Département d'État démontrent qu’elle n’a pas planché directement sur le problème sahraoui. Ils maintiennent toujours une certaine bienveillance avec le Maroc. Bien que nous ayons gardé de nombreux contacts avec des hommes politiques usaméricains, on ne voit pas encore de résultats concrets ni positifs ».
Depuis le mois de mai 2005, dans les prisons marocaines, les prisonniers politiques sahraouis font des grèves de la faim très dures pour réclamer des conditions d’incarcération plus acceptables. Actuellement où en est la situation ?
« Ils sont toujours torturés, enfermés dans des cachots réduits et isolés comme les trois étudiants qui ont fait récemment une grève de la faim pendant 56 jours, à la limite du péril de leur vie, dans une prison de Marrakech. Leur délit est d’avoir participé à une manifestation pacifique. Tandis que, le conducteur d'autobus qui a tué deux étudiants sahraouis à Agadir en décembre a été condamné seulement à 4 mois de prison et maintenant il est sorti. Bien que les organismes internationaux qui ont pour tâche de surveiller le respect des droits fondamentaux soient au courant de la réalité, nous ne voyons toujours pas d'améliorations et, le plus dangereux, c’est que les puissances qui pourraient avoir une influence dans le concert international traitent la question des droits de l’homme dans le sens de leurs intérêts politiques, et non comme un principe universel dont nous tous devrions jouir. Je profite de cette occasion pour demander à la communauté internationale qu’elle fasse pression sur le Maroc et sauve ainsi la vie du prisonnier sahraoui Yahya Mohamed El Hafed (1), qui se trouve dans un état de santé critique, il a été transféré dans un cachot d’isolement de la prison d'Ait Melloul à Agadir ».
Mais face au blocus habituel de l’information, le témoignage des violations permanentes des droits humains par le Maroc au Sahara est déjà connu…
« Oui, mais, par exemple, depuis deux ans, même le rapport sur le Sahara du Haut commissaire aux droits de l’homme de l'ONU n’est toujours pas publié. Amnesty International, Human Rights Watch, la délégation ad hoc du Parlement Européen et les organisations comme Front line ont visité les territoires occupés par le Maroc et ils ont vu, de leurs propres yeux, la répression sur notre peuple. Y compris l'Association marocaine de défense des droits humains (AMDH) a mis en évidence la situation et, malgré tout, il semble qu’il n’y ait pas d’écho à l'ONU ni dans les principaux pays, puisque l’ordre de protéger la population n’a pas encore été donné aux casques bleus de la MINURSO. Tout ceci engendre frustration et tristesse pour les milliers de Sahraouis et les amis du Sahara ».
Toutefois, le rapport préliminaire du Parlement Européen est censé avoir porté un coup dur à l'administration marocaine…
« Même le rapport du Parlement Européen, qui confirme les violations des droits humains, oublie des circonstances telles que les viols des femmes et des prisonniers ou la spoliation des ressources naturelles. Ils ont été les témoins du blocage marocain autour de leur hôtel, des arrestations et de la répression généralisée des forces de sécurité. N'oublions pas que le Maroc a tardé deux ans pour autoriser cette visite et il a eu le temps de préparer le scénario idéal, il a organisé un contrôle de fer du groupe des eurodéputés et c’est lui qui a déterminé le temps de son séjour afin d’éviter qu'ils puissent voir les constantes manifestations contre l'occupation ».
Cette frustration faute d'avancée pourrait-elle amener un retour à la guerre ? Et, dans ce cas-là, la guerre pourrait-elle s’étendre cette fois-ci aux villes sahraouies occupées par le Maroc ?
« Les lois internationales garantissent le droit de se défendre et de résister pour la défense des droits légitimes des peuples. Notre cause est une cause juste, claire et transparente. Depuis la signature du cessez-le-feu en 1991, cela fait 18 ans que nous sommes dans une impasse qui n'est ni la guerre ni la paix. Divisés par un mur miné, un des plus dangereux du monde, soumis à la répression brutale et supportant la spoliation de nos richesses, le Maroc continue à ignorer la légalité et les résolutions de l'ONU. Cette situation impose à tous les Sahraouis de penser la même chose : chercher chaque jour une nouvelle forme de lutte. Ce n'est pas une question émotionnelle, mais stratégique, qui marquera le destin de notre peuple, une option imposée et non choisie. Mais c’est notre représentant, le Front Polisario, qui prendra la décision ».
Les enfants et adolescents mineurs sahraouis sont une cible particulièrement touchée par la répression marocaine au Sahara, Quel est le but de cette nouvelle stratégie du Maroc ?
« Il s'agit d'une question de grande importance qui n'a rien de fortuit. Le régime marocain ne fait rien de façon spontanée. La répression contre les enfants mineurs sahraouis est systématique et a des connotations stratégiques. Ces enfants, ces jeunes qui sont aujourd’hui emprisonnés, torturés et violés sont nés dans un environnement d’occupation et de soulèvement permanent et se sont eux qui adaptent et actualisent cette culture de la résistance. Le Maroc essaye d'annihiler leurs actions parce qu'il connaît leur importance pour le peuple sahraoui. C'est pourquoi nous avons constitué récemment le Forum pour la Protection de l'Enfance en tant qu’outil pour faire connaître cette campagne d'extermination de nos enfants mineurs. Des enfants de 5 ans ont été torturés pour avoir brandi le drapeau sahraoui ».
Bien que le Maroc ne réduise pas le degré de violence de sa répression, il se forme chaque fois davantage de groupes de défense des droits humains au Sahara, quelque chose a-t-il changé pour que ce phénomène se produise ?
« Non, la répression marocaine est dirigée contre tous les droits civils et politiques des Sahraouis, parmi lesquels ceux de se réunir et de s’organiser. Toutes les organisations qui se sont constituées sont interdites légalement c’est pourquoi leur apparition et leur activité représentent une énorme réussite qui est le résultat de la lutte des Sahraouis pour leur liberté. Ce n’est ni un cadeau ni un crédit de l’État marocain. Et cela n’implique ni ouverture ni nouvelle démocratie de la part du Maroc ».
Et, qu’en est-il de l'appui du gouvernement espagnol aux thèses marocaines pour le Sahara ?
« Personnellement, le gouvernement espagnol ne me semble pas trop démocratique parce que dans cette affaire sa position ne reflète pas la volonté politique des peuples d'Espagne. Ces peuples sont l'élan central, le cœur de la solidarité avec le Sahara vers le monde. En attendant, le gouvernement de Zapatero brandit le drapeau des droits de l’homme mais il n’endosse pas la responsabilité de son rôle historique au Sahara et il détourne son regard lorsqu’on lui parle de l'extermination des Sahraouis. C'est une question de business ».
Notes:
Le défenseur des droits humains Yahya Mohamed el Hafed Aaza torturé et placé à l’isolement
Front Line est profondément préoccupée suite à l’annonce de la torture et de la mise à l’isolement du défenseur des droits humains M. Yahya Mohamed el Hafed Aaza, actuellement détenu dans la prison d’Aït Melloul. Yahya Mohamed El Hafed Aaza est membre de la branche de Tan-Tan de l’Association Marocaine des Droits de l’Homme (AMDH), ainsi que de l’assemblée constitutive du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme (CODESA).
Le 4 mars 2008, Front Line avait lancé un appel urgent concernant l’arrestation arbitraire de Yahya Mohamed El Hafed Aaza.
Le 3 avril 2009, Yahya Mohamed El Hafed Aaza et neuf autres prisonniers sahraouis auraient été victimes de torture dans la prison Enzkan. Ils ont ensuite été transférés dans la prison d’Aït Melloul, où Yahya Mohamed El Hafed Aaza a été placé à l’isolement, sans couverture ni vêtements et sans suffisamment d’eau et de sucre, dont il a besoin car il mène une grève de la faim. Yahya Mohamed El Hafed Aaza souffre de rhumatismes, d’asthme, d’anémie et d’autres maladies pour lesquelles il a passé trois mois à l’hôpital quand il été emprisonné à Enzkan. Le 4 avril 2009, sa femme et son père n’ont pas été autorisés à lui rendre visite et il leur a été demandé d’avoir une autorisation du Directorat des Prisons à Rabat (qui se situe à 700km d’Aït Melloul).
Yahya Mohamed El Hafed Aaza a été arrêté le 29 février 2008 alors qu’il travaillait dans son magasin à Tan-Tan, dans le sud du Maroc. Il semble que son arrestation soit liée à des manifestations pacifiques en faveur de l’indépendance, qui avaient eu lieu deux jours plus tôt à Tan-Tan. En septembre 2008, il a été condamné à 15 ans de prison lors d’un procès inéquitable. Yahya Mohamed El Hafed Aaza avait déjà été victime d’intimidations. En 2004 et 2006, il avait été arrêté par les services marocains de renseignement militaire. En 2005, il aurait été enlevé par ces mêmes services pendant deux semaines, durant lesquelles il a été torturé.
Front Line pense que la torture et la détention continue de Yahya Mohamed El Hafed Aaza a un lien direct avec son travail en faveur des droits humains. Front Line est très inquiète pour l’intégrité physique et psychologique de Yahya Mohamed El Hafed Aaza.
Source : Front Line (Protection des Défenseurs des Droits Humains), 23 avril 2009
Quelques repères historiques sur le mouvement des défenseurs des droits humains au Sahara Occidental
Depuis toujours, la répression contre la population sahraouie a été liée à la question de sa libre détermination. Pays colonisé par l'Espagne jusqu'en 1975, toute tentative de création d'un mouvement nationaliste a été durement réprimé par les autorités coloniales. Depuis l'invasion marocaine en novembre 1975, le régime alaouite a utilisé toutes ses ressources répressives contre la population civile sahraouie: bombardements au napalm, arrestations massives, assassinats.
Durant les premières années de l'occupation marocaine, la question des violations systématiques des droits humains a été entièrement occultée par le conflit militaire, alors que des centaines de civils étaient arrêtés, torturés, puis "disparus" pour le simple fait d'être sahraoui.
1989: création de l'Association des Familles de Prisonniers et Disparus Sahraouis (AFAPREDESA). Quelques membres de familles, en exil, s'inspirant des expériences latino- américaines, fondent leur association qui deviendra au fil des ans la référence au niveau international. Participation aux commissions et sous-commissions des droits de l'homme de l'ONU, contacts avec des ONG internationales…
1991: en juin, le Maroc annonce la "libération" de plus de 300 disparus sahraouis dont il niait l'existence. Peu à peu, ils feront connaître le calvaire des centaines de disparus enlevés par les autorités marocaines.
1993: création à Rome du Bureau pour le respect des droits de l'homme au Sahara Occidental, aujourd'hui BIRDHSO.
1994: des rescapés des bagnes secrets libérés en 1991, créent le "Comité de coordination des victimes sahraouies de la disparition forcée" qui entame différentes démarches pour la reconnaissance de leurs droits.
Août 2000: création à El Ayoun (capitale du Sahara Occidental occupé) de la Section Sahara du Forum Vérité-Justice qui regroupera la majorité des défenseurs sahraouis des droits de l'homme.
Septembre 2001: création à El Ayoun du "Comité pour la libération de Mohamed Daddach et tous les prisonniers politiques sahraouis". Son travail conjoint avec le BIRDHSO et d'autres organisations internationales, aboutira à la libération des 26 prisonniers politiques sahraouis en novembre 2001. Depuis lors, Sidi Mohamed Daddach devient le symbole de la lutte pour la défense des droits humains au Sahara Occidental. Il obtiendra le prix RAFTO des droits de l'homme (Norvège) en 2002.
2002: Création du "Comité pour la libération de Ali Tamek Salem (membre du Forum Vérité-Justice arrêté et condamné par les autorités marocaines) et prisonniers politiques sahraouis.
Juin 2003: Dissolution par les autorités marocaines du Forum Vérité-Justice - Section Sahara.
Janvier 2004: libération de Tamek et 11 autres détenus politiques sahraouis.
Source : http://www.birdhso.org/appel0904.html, 14 avril 2009
annotations par Nuria ÁLVAREZ AGÜÍ
Lire également:
Rapport sur les intimidations perpétrées par les autorités marocaines contre les défenseurs Sahraouis des droits de l'homme. 14 avril 2004
Rapport annuel sur les violations des droits humains au Sahara Occidental 2006
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
Annotations : Nuria ÁLVAREZ AGÜÍ
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Source : Ali Salem Tamek: “La represión marroquí contra los menores saharauis es sistemática y tiene connotaciones estratégicas”
Article original publié le 26/4/2009
Sur l’auteur
Nuria ÁLVAREZ AGÜÍ, Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous trois membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7531&lg=fr











