28 octobre 2009
URUGUAY: AIGRE VICTOIRE POUR LE FRENTE AMPLIO, DÉFAITE AMÈRE POUR LES URUGUAYENS
Dimanche 25 octobre, Le Frente Amplio n’a pas obtenu la majorité absolue
et son candidat, Pepe Mujica, devra affronter un deuxième tour
MONTEVIDEO. Jusqu’à huit heures du soir une ambiance optimiste régnait au siège de la campagne électorale du Frente Amplio. Les premières estimations présageaient une majorité absolue à la coalition et la Loi de Caducité était donnée comme annulée. Cependant, peu de temps après quelques dirigeants ont commencé à grimacer montrant à l’évidence que quelque chose allait mal. Aux portes de l'hôtel, sur une grande esplanade de Montevideo envahie de gens, de drapeaux et de liesse, les larmes ont soudain commencé à couler lorsque les radios ont annoncé l’estimation d'une défaite probable du référendum pour l'annulation de la Loi de Caducité.
La nouvelle déclaration de presse de Mujica et d'Astori venait rajouter un nouveau coup à ceux qui comptaient rééditer la majorité absolue. Là, le candidat a insisté sur l’idée : la société exige du Frente Amplio « un effort de plus », un mois de plus de bataille politique avec « une base de départ très optimiste ». « Je suis enchanté de ce résultat, parce que je suis un homme de combat et jamais personne ne m’a fait de cadeau », a dit Mujica, mais la mise en scène n'était pas, loin de là, celle d'une victoire.
À partir de là, les estimations assénaient au fur et à mesure des coups successifs aux milliers de militants et sympathisants du Frente Amplio qui attendaient dans la rue, avec les bouteilles non débouchées : dans aucune des deux chambres le Frente n'obtenait la majorité, les blancs et rouges le dépassaient en voix, le vote extérieur soutenait le plébiscite avec à peine 35%…
« Tous debout ! »
Les leaders du Frente Amplio se sont empressés de sortir au balcon pour essayer de ranimer la ferveur des gens. Les visages de ceux d'en haut [au balcon] et de ceux d’en bas parlaient d’eux-mêmes, mais tous se sont unis dans un « tous debout ! » collectif qui fit de nouveau se relever les drapeaux et les esprits, en mettant l’accent sur le petit pourcentage qui les sépare de la majorité pour le second retour.
Mujica et Astori se sont symboliquement enveloppés de drapeaux uruguayens et ils ont souligné que dorénavant il ne s’agissait plus d’une querelle entre partis, mais d’un combat entre deux modèles de pays. De cette façon, la direction du FA a donné une touche plus centriste et plus conciliatrice à son discours, en réitérant sa proposition en accord avec l'opposition sur quatre secteurs stratégiques pour le pays (éducation, sécurité, énergie et environnement).
À quelques centaines de mètres de là, au siège du Parti National on pouvait respirer une atmosphère bien différente. Les blancs ont moins d’appuis, on s’attendait à cela, mais l’évidence d'un second tour avait avivé la fête parmi sa base, surtout lorsque Pedro Bordaberry, du Parti Colorado (les « rouges »), avait avancé qu'il soutiendrait Lacalle (candidat des « blancs »).
Les deux partis coordonneront des « actions immédiates » cette semaine même, en essayant de rentabiliser la défaite psychologique du Front et de rendre possible une alternative à Pepe Mujica. Entretemps, les plus grandes ovations des fans de Lacalle ont retenti lorsque sur l'écran géant de son siège de campagne sont apparues des images de l'affiche qu’un militant exhibait : « Je ne veux pas un président assassin ».
Avec un tel détail, il se respirait une atmosphère étrange cette nuit de dimanche dans les rues de Montevideo. Au fil des heures, les deux moitiés du pays s’affrontaient inhabituellement dans un pays si politiquement correct. Des cris étaient échangés d’une voiture à une autre, d’un trottoir à l’autre, tandis qu’on agitait des drapeaux, des critiques fusaient : « Mujica assassin ! », bramaient certains. « Fachos, voleurs ! », répliquaient les autres.
Ces expressions de confrontation seront bien sur anecdotiques et la classe politique saura les reconduire vers le savoir faire* oriental (= uruguayen) classique, mais elles dénotent l’arrivée d’un choc de trains entre deux Uruguay possibles après le 29 novembre. Ce sont deux alternatives de pays pas très différentes sur le fond, mais très antagoniques sur les formes, au point d’en arriver à se repousser dans une société où les blessures de la dictature ne se sont pas complètement cicatrisées.
Un coup contre la mémoire
Le coup a été rude pour le mouvement populaire, qui s’était donné beaucoup de mal dans la campagne pour l'annulation de la Loi de Caducité. Dans le local de la Fédération des Étudiants c’était la désolation, et les critiques contre le FA ne manquaient pas, pour ne pas avoir mis plus de lui-même dans la campagne pour l’abrogation de la loi. Les sentiments étaient tellement contradictoires que certains partisans du Front montraient leur enthousiasme pour la victoire électorale, tandis que d'autres pleuraient et réclamaient du respect - ou un peu de deuil - devant la défaite du référendum.
Tous les chiffres connus au cours de cette nuit correspondaient aux sondages sortis des urnes, qui d’ordinaire s’accordent tellement avec les résultats finaux que leurs projections sont données avec assez de certitude.
Ainsi, les Uruguayens se sont couchés en pensant que les votes pour le « oui » tournaient autour de 47%, mais le lundi matin un coup cruel de plus s'est rajouté à la défaite du bulletin rose. Vers midi, le ministre de la Cour Électorale a donné les chiffres du scrutin officiel et a annoncé, avec surprise, que la Loi de Caducité avait été annulée. Les textes ont immédiatement commencé à circuler et le paysage électoral qui s’ouvrait était bien différent de celui de la nuit précédente. En fait, il s'agissait d'une énorme erreur, puisque les chiffres correspondaient à ceux de la capitale et ont été démentis dans la demi-heure suivante. Le résultat réel était bien différent, et à la grande surprise très mauvais pour la défense des droits humains : à peine 42.7% de soutiens pour l’arrêt de l'impunité.
« J’ai honte »
Quelques réactions sont radicales : « J’ai honte de vivre dans un pays de cocus et sans mémoire », proclame une carte rose de l'Uruguay qui a commencé à circuler sur internet. Le fait est que, vingt ans après le premier référendum pour l’abrogation de la loi, on a obtenu moins de soutien qu'à cette époque, lorsqu’on disait que la décision du peuple avait été conditionnée par ce que la dictature venait de faire et par la peur qui subsistait encore. Et aujourd’hui, que la menace militaire ne paraît plus être un problème, avec la dipsarition d’une grande partie de ces électeurs qui sont morts, remplacés par de nouvelles générations, après cinq ans de gouvernement du Frente Amplio qui présupposent un changement culturel et idéologique dans le pays, le « oui » n’est même pas parvenu à égaler ces résultats. La question « que s’est-il passé ? », résonne dans tous les coins du pays.
La nouvelle a rapidement circulé jusqu'aux pays voisins, où il existe également des mouvements actifs pour les droits humains. De fait, l'annulation de la Loi de Caducité était importante non seulement pour la nécessité de juger les bourreaux uruguayens, mais aussi comme une mesure préventive face aux futures tentations dictatoriales des chefs militaires partout dans le continent. Les putschistes du Honduras, ou ceux qui essayent de déstabiliser les processus vénézuélien et bolivien, peuvent interpréter le message qu'ils ont reçu hier comme signifiant davantage d'impunité pour leurs méfaits.
Gueule de bois référendaire
La défaite pour la fin de l'impunité doit encore être digérée et ses effets sont encore insoupçonnés, mais en principe elle ne contribue pas à la course de Pepe Mujica à la Présidence. Beaucoup de militants sociaux sont déçus par la tiédeur du Frente Amplio face à la Loi de Caducité. D'abord, parce qu'ils auraient pu abroger la loi et ils ne l'ont pas fait, de telle sorte que le mouvement populaire avait dû pousser à la tenue du référendum. Et maintenant, durant la campagne électorale, parce que le soutien formel du FA à la campagne pour le Oui a varié selon chacun de ses courants internes, et a été plus ou moins fort selon la dérive politique générale.
En réalité, il paraît logique qu'une victoire du « oui » pourrait être vue par Mujica comme une énorme patate chaude pour son mandat. Comment modérer le travail du gouvernement si lui, ancien otage de la dictature, doit « mettre en taule » ses geôliers ? Comment va t-il obtenir les accords d'État qu’il veut signer avec l'opposition si les vieilles tensions entre Tupamaros (MLN) et « milicos » (militaires) se ravivent ?
Ainsi, les contradictions étaient vives dans chacune des hypothèses, mais le coup porté par le faible soutien social à ce référendum pourrait rouvrir des blessures dans la gauche. Pour l'instant, le candidat de l’Assemblée Populaire [Raúl Rodriguez, lui aussi ancien Tupamaro, qui n’a recueilli que 0,67% des voix, NdE] a annoncé qu’il votera nul au second tour, une option qui s’entend parmi quelques militants des quartiers.
La défaite du second référendum – sur le vote postal pour les émigrés – qui a été encore plus importante, 35% de oui seulement – dessert aussi le FA. On estime que 2,5% de ses soutiens viennent de l'extérieur, principalement de Buenos Aires, beaucoup s’en rappelleront deux fois au moment de revenir voter au second tour, d’autant plus que le pays vient de tourner le dos à la possibilité pour les Uruguayens vivant à l’étranger d’être intégrés normalement dans les processus électoraux.
Résultats finaux
Selon les résultats annoncés hier, le Frente Amplio a finalement obtenu 47,49% ; le Parti National, 28,54% ; le Parti Colorado, 16,67% ; le Parti Indépendant, 2,44%, et l'Assemblée Populaire, 0,67%.
Quant à la composition des chambres, au Sénat il y a un match nul qui sera résolu par ballotage en novembre. À la Chambre de députés le FA obtiendrait 50 sièges et le reste des partis les 49 autres, mais un siège est encore en suspens, qui sera celui qui fera pencher la balance d'un côté ou d’un autre. Ces résultats sont encore provisoires, puisque 32.000 bulletins restent à dépouiller (dans lesquels un certain type d'irrégularité a été détecté) et ce seront ceux-là qui définiront si le Frente Amplio aura la majorité ou pas au parlement.
En définitive, Pepe Mujica est encore le favori pour parvenir à la Présidence, mais aujourd'hui ce sera plus difficile qu'hier. La seule donnée comparative, remonte 10 ans en arrière, elle indique que les blancs et rouges avaient uni leurs votes et avaient mis en échec le Frente Amplio au second tour. Mais la société uruguayenne a changé depuis. Jusqu'à quel point ?

Visite de Pepe Mujica à Lula au mois d’août
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Gara - Agria victoria para el Frente Amplio, amarga derrota para los uruguayos
Article original publié le 27/10/2009
Sur l’auteur
Article sur Tlaxcala
25 août 2009
PARAGUAY : LE PARAGUAY OUBLIÉ
Lugo n'est pas le Chevalier Blanc
C’est avec l’expérience de plus de 20 ans de psychanalyse, que j’ose m’avancer sur un sujet difficile et controversé : Que ce passe t-il au Paraguay ?
Il y a en réalité une évidence inéluctable. Lugo n'est pas le pur et blanc « Évêque des pauvres ». Lugo survit en souriant parce qu'il fait une dissociation schizophrène. Un ami jésuite qui le connaît depuis longtemps, nous avait dit : « Écoutez les gars : Lugo a fait la prouesse de virer le Parti colorado qui était au pouvoir depuis 60 ans, ça a été une bonne chose, mais de ce que je sais, ne vous faites plus d'illusions sur lui. »
Doté d’une forte constitution, haut de 1.90 m et avec des dents qui peuvent casser une pierre d'une seule morsure, Lugo est tel qu’il a toujours été, indécis, et sans courage pour les grands changements.
Quand on le voit avec les membres de l’ALBA on pourrait dire que, c’est un révolutionnaire, mais quand il retourne dans son pays et qu’il doit abolir une loi qui protège les citoyens contre les pesticides, qui ont déjà tué et continuent à tuer des villages entiers, il n’hésite pas et abolit la loi. Comme il semble difficile d’affronter les puissants membres de la Sociedad Rural [Société Rurale], alors le tractorazo [manifestation à bord de tracteurs, forme de protestation habituelle des paysans en Argentine et au Paraguay, NdE] a été annulé.
Le Paraguay est un des rares pays du monde qui ne prelève pas d’impôts sur les revenus personnels. Il y a des personnes qui gagnent environ 100.000 dollars par mois et n'apportent rien au trésor public. La Chambre des députés avait mis le veto sur le projet de loi gouvernemental instaurant l'impôt sur le revenu. Bien entendu, les députés auraient été également obligés de le payer. Les entreprises payent des impôts, mais toutes celles que je connais ont une double comptabilité. Une pour elles-mêmes et une autre pour le fisc. S’il se produit un quelconque préjudice, il y a toujours la possibilité de renflouer (dessous de table). Le seul impôt que nous payons tous est la TVA, que les grands supermarchés déduisent de leurs achats mais que nous, simples citoyens, sommes obligés de payer en tant que consommateurs en fin de chaîne. Les économistes savent bien que c'est un impôt lamentable qui sanctionne les plus pauvres, qu’il est négatif ; que les impôts les plus avantageux, les plus justes, sont les impôts directs qui prennent en compte les revenus du contribuable, mais au Paraguay il n’est pas ainsi.
Face à ce manque de poigne, de courage révolutionnaire, le gouvernement n'a pas de ressources. La promulgation de la Réforme Agraire, qui pourrait être faite en quelques heures vu qu’on dispose de listes de terres usurpées - sur lesquelles il y a même un livre qui a déjà été publié -, a été reportée à… 2020 ! C'est-à-dire que les « sans terre » sont toujours sans terre. Les « sans-abri » chercher toujours un abri. Les indigènes se réfugient dans les places de la ville d'Asunción en attendant les terres promises. La violence urbaine augmente.
Le Paraguay, un pays sans problème ethnique ou religieux, ne manquant pas d’eau, ni d'énergie ni de terres fertiles, est le second pays le plus pauvre d’Amérique du sud, suivi par la Bolivie qui va bientôt le devancer. Que faire ?
La seule chose qui est menée à bien, est la renégociation du Traité d'Itaipú, initiée sur les conseils d'Eric Toussaint (qu’ils avaient engagé puis viré). Je clarifie qu'Eric Toussaint était venu au Paraguay sous une seule condition : billet en classe économique et logé chez un militant. Il n'a perçu aucun honoraire ! Un exemple magnifique pour les « militants » qui veulent le pouvoir et l’argent. Et la nouvelle négociation, poursuivie par des authentiques patriotes et militants, est allée de l’avant. Il me vient à l'esprit les noms d’Hugo Ruiz Díaz Balbuena et évidemment Ricardo Canese, mais je ne veux pas oublier deux autres patriotes dont je ne connais pas les noms ayant fait partie du groupe qui a dû affronter, rien moins que les experts d'Itamaratí [le ministère brésilien des Affaires étrangères, NdE]. La bataille n'est pas gagnée, mais les avancées réalisées ont été importantes et intelligentes.
Le reste fait couler des larmes de frustration.
Je me suis alors rappelé le discours d'un grand libertaire, Alexandre Soljenitsyne (1918-2008), à l'Université d’Harvard en 1978. Je transcris le texte, qui s’applique à la situation actuelle du Paraguay :
« Le déclin du courage
Le déclin du courage est peut-être le trait le plus saillant de l’Occident aujourd'hui pour un observateur extérieur. Le monde occidental a perdu son courage civique, à la fois dans son ensemble et singulièrement, dans chaque pays, dans chaque gouvernement, dans chaque pays, et bien sûr, aux Nations Unies. Ce déclin du courage est particulièrement sensible dans la couche dirigeante et dans la couche intellectuelle dominante, d'où l'impression que le courage a déserté la société toute entière. Bien sûr, il y a encore beaucoup de courage individuel mais ce ne sont pas ces gens-là qui donnent sa direction à la vie de la société. Les fonctionnaires, politiques et intellectuels manifestent ce déclin, cette faiblesse, cette irrésolution dans leurs actes, leurs discours et plus encore, dans les considérations théoriques qu'ils fournissent complaisamment pour prouver que cette manière d'agir, qui fonde la politique d'un État sur la lâcheté et la servilité, est pragmatique, rationnelle et justifiée, à quelque hauteur intellectuelle et même morale qu'on se place (…).
Faut-il rappeler que le déclin du courage, depuis l'antiquité la plus éloignée, a toujours été considéré comme le signe avant-coureur de la fin ? »
Que manque t-il au Paraguay ? Avec mes 25 ans d’expérience de militant je peux affirmer avec conviction : la décence et l’audace. Le reste viendra en supplément.
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : El Paraguay olvidado
Article original publié le 22.8.2009
Sur l’auteur
Esteban et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8462&lg=fr
21 août 2009
AMÉRIQUE LATINE : LE MOUVEMENT INDIGÈNE EN AMÉRIQUE LATINE
Civilisation et modernité
La crise mondiale contemporaine se manifeste non seulement dans sa dimension économique et principalement financière, mais représente aussi une profonde crise de civilisation du capitalisme mondial comme mode d'organisation de la société et de production de la connaissance, en même temps qu'elle interroge fortement le système de pouvoir sur la planète. Nous assistons à la décadence d'un système hégémonique unipolaire qui a de plus en plus besoin de l'intervention militaire brutale pour valider sa condition de domination, transformant la civilisation occidentale en une usine à barbarie, en une fabrique de politiques irrespectueuses des principes fondamentaux de coexistence de l'humanité.
La vision eurocentrique
À la base de ce système de domination se trouve la perspective eurocentrique comme fondement idéologique et comme forme de production et de contrôle de la subjectivité des sociétés. La production et la reproduction de la vie matérielle des peuples et l'élaboration de ses imaginaires sont dominées par l'idée que la civilisation occidentale est le seul modèle de civilisation de la planète, et que toutes les autres civilisations -qu'importent leur niveau d'élaboration et de complexité, leur degré de développement ou leurs apports à l'humanité- sont à considérer à peine comme des cultures retardées par rapport au modèle imposé. L'arrogance de cette vision eurocentrique non seulement a justifié de violentes formes de colonisation et de colonialisme, mais elle s'est aussi transformée en une barrière cognitive qui a empêché l'Occident de connaître et de comprendre la complexité du monde et les plus anciennes et importantes civilisations de la planète. Ont été dédaignées de la sorte des connaissances millénaires, des formes d'organisation de la vie et de la société non-occidentale, des manières plus humaines de relation avec la nature et la vie, des sensibilités esthétiques hautement élaborées, de la production artistique et culturelle de grande importance, des apports philosophiques et y compris une dense pensée sociale produite hors des pays centraux d'Occident.
L'eurocentrisme a imposé une façon de faire de la science et un chemin unique de production de connaissance qui a réduit à la condition d'ascientifique, parascientifique ou folklorique toute cette connaissance produite en-dehors de ces canons. Dans cette perspective, le temps n'existe pas, parce que la connaissance est universelle et valable pour tout temps historique et pour toute réalité sociale de la planète. Cette incapacité de comprendre que la théorie, la science et la connaissance sont des produits historiques a représenté une des limitations principales de la science positiviste. Cette science, toujours plus préoccupée par sa cohérence interne que par la réalité sociale, s'est enfermée sur elle-même pour produire ses propres prémisses et octroyer à ses aspirations la condition de conclusions scientifiques. Elle a perdu, de cette manière, la capacité de comprendre la complexité du monde contemporain et de toute tentative de prévision de cadres futurs. L'humanité est sur la voie d'une rupture profonde avec ces paradigmes de science et avec cette vision du monde et de l'humanité.
Modernité contre retard ?
L'idée de modernité, comme mode d'existence sociale et modèle de développement, apparaît en Amérique Latine dans le centre même du système colonial et comme partie intégrante de cette structure de domination et de pouvoir. Il s'agit d'un moment dans l'histoire, comme le soutient le sociologue péruvien Aníbal Quijano à l'analyse de l'apparition de la notion de modernité, où les différents temps et histoires se forment dans des associations complexes, contradictoires et discontinues entre des structures fragmentaires et mutantes de relations de sens et de significations, parties d'un même et unique monde nouveau en pleine constitution. [1] L'idée de modernité apparaît alors à la base de la structure du pouvoir colonial, et se transforme en un mécanisme justificateur qui impose la civilisation occidentale comme l'unique voie d'atteindre le soi-disant « progrès ». Tout ce qui était en-dehors de cette vision et de cette forme d'organisation sociale était considéré comme pré-moderne ou retardé.
Cette notion de modernité, insérée organiquement dans la structure du pouvoir colonial, a eu une capacité énorme de destruction et de désarticulation des sociétés originaires d'Amérique Latine. Au nom de la modernité ont été détruites des structures entières de connaissance et de sagesse millénaire, ainsi que des modes avancés de production agricole et des formes d'organisation sociale communautaires. On a mis en pratique une action systématique de destruction de la mémoire collective des peuples et civilisations américaines, de leur imaginaire historique et de leur perception propre du passé et du futur. Cette capacité destructive énorme a aussi signifié l'extermination même des populations originaires qui, à l'arrivée des colonisateurs européens, s'estimaient à plus de cent millions d'habitants et qui, en quelques décennies, ont été réduites quasi de moitié.
Si l'Amérique latine a été le lieu depuis lequel se sont produites l'accumulation de capital et les bases matérielles pour la construction de l'Europe Occidentale en tant que centre hégémonique mondial à partir du XVIe siècle, elle est maintenant la région où sont en train de se développer les nouveaux éléments pour la construction d'une civilisation planétaire, plus équilibrée et inclusive, capable de rompre radicalement avec l'héritage colonial et la vision euro centrique. Apparaissent, dans le continent latino-américain, des expériences riches et diverses de transformation sociale qui sont en train d'y changer la scène politique, économique et culturelle.
Ce processus de transformation nous pose de grands défis. Il se fait nécessaire de réélaborer notre histoire hors de la vision coloniale et créer des matrices théoriques et méthodologiques de production de connaissance capables de rendre compte de la complexité et de la densité de la réalité sociale. Mais surtout, il se fait nécessaire de faire appel à notre héritage de civilisation, à la connaissance millénaire et ancestrale, aux savoirs et façons de voir et sentir le monde pour reconstruire notre mémoire collective déformée ou détruite par la colonialité*, et construire nos identités et nos projets de futur et de société.
Le mouvement indigène latino-américain
Le mouvement indigène est peut-être un des éléments les plus transformateurs de cette dense réalité latino-américaine contemporaine. Celui-ci se construit comme un mouvement social de dimension régionale avec un contenu universel profond et une vision globale des processus sociaux et politiques mondiaux. En même temps, il a cessé d'être un mouvement de résistance pour développer une stratégie offensive de lutte pour le gouvernement et le pouvoir, spécialement dans la région andine d'Amérique du Sud. À partir d'une critique profonde et d'une rupture quant à la vision eurocentrique, à sa rationalité, à son modèle de modernité et de développement inséré dans la structure du pouvoir colonial, le mouvement indigène latino-américain se pose comme un mouvement de civilisation capable de récupérer le legs historique des civilisations originaires pour réélaborer, non une, mais plusieurs identités latino-américaines ; non une façon de produire de la connaissance, mais toutes les formes de connaissance et production de connaissance qui ont coexisté et ont résisté à plus de cinq cents années de domination. L'élément indigène est en train de devenir le centre du discours et de la construction d'une vision du monde, d'un sujet politique et d'un projet collectif d'émancipation. Analysons ce processus dans les lignes qui suivent.
Le mouvement indigène comme unité géographique et historique
Le mouvement indigène latino-américain a cessé d'être un ensemble de mouvements locaux pour se transformer en un mouvement articulé et articulateur qui se construit dans les espaces géographiques à partir desquels se sont développées les civilisations originaires. Dans le cas de l'Amérique du Sud, le mouvement indigène se construit dans l'espace géographique où se sont développées la civilisation inca et les différentes civilisations qui l'ont précédée en occupant les territoires de l'Équateur, de la Colombie, du Pérou, de la Bolivie, du Chili et de l'Argentine. Cinq cents années de colonisation n'ont pas été suffisantes pour désarticuler une unité historique et civilisationnelle comme l'a été le « Tawantinsuyo » des Incas et son profond enracinement dans un espace géographique spécifique : les Andes. Les États nationaux bâtis à partir du XIXe siècle sur les guerres indépendantistes n'ont pas remplacé les racines historiques profondes des peuples indigènes, qui se reconnaissent quechua, aymaras ou mapuches -avant d'être boliviens, péruviens ou équatoriens.
La reconstruction des Andes comme unité géographique et des civilisations pré-incas et incas comme unité historique a approfondi le processus d'intégration du mouvement indigène sud-américain qui, en juillet 2006 dans la ville de Cuzco, fonde la Coordination Andine d'Organisations Indigènes - CAOI - avec la participation des peuples quechua, ichwas, aymaras, mapuches, cymbis, saraguros, gumbinos, koris, lafquenches, urus, entre tant d'autres peuples indigènes originaires de la région andine [2]. Dans l'acte constitutif signé par plus de onze organisations représentatives, on établit une vaste plate-forme de lutte pour le mouvement indigène de tout le continent qui inclut entre ses principales revendications la construction des États Plurinationaux ; la défense des ressources naturelles et énergétiques, l'eau et la terre ; les droits collectifs des communautés indigènes et l'autodétermination des peuples comme principe fondamental. Il s'agit d'un plan d'action qui inclut des principes fondamentaux de coexistence humaine et de profond respect vis-à-vis des cultures, nationalités et peuples différents.
Ces dernières années se sont créés dans la région de multiples et divers espaces de coordination et d'articulation du mouvement indigène, divers forums d'échange et de mobilisation, en même temps que se sont diversifiés les organisations et réseaux des indigènes et peuples originaires. Ceci a produit une intense dynamique et une capacité de mobilisation croissante aux niveaux local, régional et continental, avec une claire vocation d'articulation planétaire. Lors du dernier Forum Social Mondial de Belem en janvier 2009 [3], les organisations et réseaux indigènes y réunis ont émis une déclaration en appelant à la plus grande unité pour articuler des alternatives « à la crise de la civilisation occidentale capitaliste ». On trouve, entre les principaux axes mobilisateurs de cet appel :
- La terre comme source de vie, et l'eau comme droit humain fondamental ;
- La «décolonialité» du pouvoir et l'autonomie communautaire ;
- Les États Plurinationaux ;
- L'autodétermination des peuples ;
- L'unité, l'équité et la complémentarité de genre ;
- Le respect des diverses spiritualités, dans le quotidien et la diversité ;
- La libération de toute domination ou discrimination raciste, ethniciste** ou sexiste ;
- Les décisions collectives sur la production, les marchés et l'économie ;
- La «décolonialité» des sciences et technologies ;
- Une nouvelle éthique sociale alternative à celle du marché.
La Coordination Andine d'Organisations Indigènes s'est transformée en un espace dynamique d'articulation politique et sociale, qui se projette vers les organisations indigènes du bassin amazonien, de l'Amérique centrale et de l'Amérique du Nord, en étendant le spectre d'unification, articulation et intégration du mouvement indigène à tout le continent.
L'État plurinational comme projet politique
La plurinationalité, posée comme revendication politique par le mouvement indigène des années 90, a été assumée par les forces progressistes de pays comme la Bolivie et l'Équateur -ce qui a permis un vaste mouvement politique et social capable d'approuver par des plébiscites nationaux, ou par le biais d'assemblées constitutives, cette nouvelle forme politique et institutionnelle d'État. L'État plurinational se pose comme projet politique qui interroge profondément la vision homogénéisatrice de l'Etat-nation et, par là, la tradition politique occidentale en Amérique Latine. Ce nouveau modèle d'État inclut profondément. Basé sur le principe de « l'unité dans la diversité », il reconnaît l'existence de multiples nationalités, cultures, langues, religions et formes de spiritualité. Il incorpore les formes communautaires d'organisation et d'autorité dans l'institutionnalité propre de l'État, constituant une expérience politique absolument nouvelle dans la région.
La Constitution bolivienne, récemment approuvée par plébiscite national, établit dans son article premier : « La Bolivie est constituée d'un État Unitaire Social de Droit Plurinational Communautaire, libre, indépendant, souverain, démocratique, interculturel, décentralisé et pourvu d'autonomies. La Bolivie se fonde sur la pluralité et le pluralisme politique, économique, juridique, culturel et linguistique, à l'intérieur du processus intégrateur du pays » [4]
Il s'agit d'un projet qui doit encore construire son propre caractère institutionnel, mais qui peut représenter un modèle politique qualitativement supérieur à l'Etat-nation soutenant l'unité nationale dans l'homogénéisation superficielle et dans la discrimination et l'exclusion culturelle.
La terre qui nous accueille
La lutte historique des indigènes latino-américains pour la terre a non seulement à voir avec la récupération d'un mode de production fondamental qui leur a été violemment exproprié dès les premiers moments de la colonisation européenne, il y a plus de cinq cents ans. La terre a un sens très profond dans la cosmovision et dans la forme même d'existence des peuple indigènes : elle est « la mère qui nous accueille » ou « Pachamama » [5], l'espace où la vie se crée et se recrée. Dans la vision indigène, l'homme doit « nourrir la Terre-Mère et se laisser nourrir par elle ». Cette relation profonde entre l'homme et la terre comme source de vie s'est radicalement opposée à la vision du colonisateur qui voyait la terre comme objet de déprédation, objet de possession et d'espace de pillage et d'extraction de métaux et pierres précieuses. Ces visions opposées ont produit des tensions et des souffrances énormes chez les peuples indigènes de notre continent, parce que c'est justement la main d'œuvre indigène qui a soutenu l'industrie minière dans les colonies, qui a permis l'accumulation de capital à la base de l'hégémonie portugaise et espagnole dans le système mondial. Le travail des esclaves dans les mines a été un des principaux mécanismes d'extermination des populations indigènes dans notre continent.
Après plusieurs siècles de résistance, le mouvement indigène contemporain récupère le sens fécond de sa relation avec la terre, en exigeant le respect de celle-ci comme source de vie. Il s'agit dès lors de préserver la terre, l'environnement dans lequel nous vivons, l'espace où nos fils naissent et grandissent, où la flore et la faune d'origine doivent être mis en valeur par l'homme avec sens du respect et de la préservation. Cette position écologique correspondante à une vision millénaire du monde place le mouvement indigène latino-américain dans une position d'avant-garde planétaire, qui brandit des revendications universelles pour la survie de l'humanité et de la planète, qui exige que l'extraction de ressources naturelles et énergétiques soit réalisée sans dilapider la terre et en favorisant principalement les populations qui vivent dans les territoires où se trouvent ces ressources.
De cette manière, la vie et l'être humain s'élèvent à la condition de valeurs fondamentales pour l'organisation de la société et d'un nouveau modèle de développement et de projet collectif de futur, synthétisés dans le principe indigène du « bien vivre ».
Décolonialité du pouvoir : « commander en obéissant »
L'organisation communautaire et les principes de réciprocité et solidarité sociale sont des caractéristiques de quelques sociétés indigènes précoloniales, qui ont été repris par le mouvement indigène latino-américain comme pratiques quotidiennes affirmant un héritage de civilisation et une façon propre de voir le monde. En même temps se créent de nouvelles formes d'autorité collective et d'autonomie communautaire qui récupèrent la communauté comme source de tout -tout pouvoir, y compris celui de l'individu, étant soumis à la communauté. Un exemple de ces nouvelles formes d'autorité et d'exercice du pouvoir a été donné par le Mouvement Zapatiste au Mexique, avec le principe « commander en obéissant » qui reflète clairement ces deux dimensions de l'autorité.
Nous sommes donc face à des défis énormes. Peut-être une des principales tâches émancipatrices consiste-t-elle à nous libérer de l'eurocentrisme comme vision du monde et comme structure de production de connaissance. Il se fait nécessaire de réélaborer notre histoire, de récupérer notre mémoire collective et notre héritage de civilisation afin de construire nos propres modèles de développement et de projection vers le futur. Le mouvement indigène nous offre des potentialités énormes et, par la profondeur de sa proposition et de sa pratique, ouvre un nouvel horizon historique à l'Amérique latine et au monde.
Traduction : Thierry Pignolet
NdA:
[1] QUIJANO: 2005.
[2] Voir: COORDINADORA ANDINA DE ORGANIZACIONES INDÍGENAS. Declaración de Cuzco, 17 de julio de 2006.
[3] Voir “Declaración de los Pueblos Indígenas: Llamamiento desde los Pueblos Indígenas frente a la Crisis de Civilización Occidental Capitalista”, Foro Social Mundial 2009, Belem, Amazonía, Brasil.
[4] Constitutionn Polítique de la Republique de Bolivie, en vigueur.
[5] Signifie la "Terre mère" en quechua.
NdT:
* Le concept de colonialité du pouvoir est né d'une discussion entre intellectuels latino-américains et latinos vivant aux USA. Il considère que les processus de décolonisation sont inachevés et que l'idée selon laquelle les relations coloniales ont disparu avec l'effondrement des administrations coloniales est un grand mythe du XXe siècle. La colonialité du pouvoir ne s'est pas achevée avec la fin des administrations coloniales. Au niveau de l'État-nation, les descendants des blancs continuent de dominer les structures de pouvoir dans les Amériques. (http://oumma.com/Ramon-Grosfoguel-Le)
** Ethnicisme : mot nouveau employé en sociologie qui sert à définir une forme de racisme n'excluant pas un individu parce qu'il appartient à une ethnie différente, mais parce qu'il n'est pas identifié ethniquement. (Wikipedia)
Bibliographie:
BLANCO, Hugo. Avance del movimiento indígena en la lucha contra el sistema. En: ALAI – América Latina en Movimiento, 18 de setiembre de 2006. www.alainet.org
BRUCKMANN, Mónica; DOS SANTOS, Theotonio. Los movimientos sociales en América Latina: un balance histórico. Red de Bibliotecas Virtuales de Ciencias Sociales de América Latina y el Caribe de la redCLACSO. http://www.clacso.org.ar/biblioteca
COORDINADORA ANDINA DE ORGANIZACIONES INDÍGENAS. Declaración de Cuzco, 17 de julio de 2006. www.alainet.org
CAOI. Declaración de los hijos de la tierra. En: ALAI – América Latina en Movimiento, 13 de mayo de 2008.
DAVALOS, Pablo (compilador). Pueblos indígenas, Estado y democracia. CLACSO Libros. Buenos Aires. 2005. 356 p.
GARCIA LINERA, Alvaro. El evismo: Lo nacional popular en acción. En: Revista del Observatorio Social de América Latina, Año VII, N° 19, enero-abril de 2006.
GARCIA LINERA, Àlvaro. Indianismo y marxismo. En: publicação: Encarte
CLACSO. Cadernos da América Latina No. 2. São Paulo : CLACSO, Conselho Latino-americano de Ciências Sociais. Janeiro 2008.
GONZALEZ CASANOVA, Pablo; ROITMAN RESENMANN, Marcos. (Org.). Democracia y Estado multiétnico en América Latina. La Jornada Ediciones y Centro de Estudios Interdisciplinarias en Ciencias y Humanidades-UNAM. México. 1996. 390 p.
LANDER, Edgardo (Compilador). La colonialidad del saber: eurocentrismo y ciencias sociales, perspectivas latinoamericanas. CLACSO Libros. Buenos Aires. 2005. 248 p.
QUIJANO, Aníbal. Dom Quixote e os moinhos de vento na América Latina. En: Revista de Estudos Avançados 19 (55), 2005, p. 9-31.
SOUSA SANTOS, Boaventura. Estados Plurinacionales y constituyente. En: Boletín del Foro Latinoamericano de Políticas Educativas – FLAPE, N° 24, Año 5, Diciembre de 2008.
***************
Source : América Latina en Movimiento - Civilización y modernidad: El movimiento indígena
Article original publié le 3/8/2009
Sur l’auteur
Thierry Pignolet est membre de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8377&lg=fr
01 juillet 2009
HONDURAS: LES MEMBRES DU GOUVERNEMENT DU PRÉSIDENT ZELAYA S'ADRESSENT AU PEUPLE HONDURIEN ET À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE
Communiqué urgent depuis la clandestinité

Auteur: CABINET DU GOUVERNEMENT DU HONDURAS EN RÉSISTANCE
Considérant :
Que dimanche 28 juin, très tôt le matin, le Président constitutionnel de la République José Manuel Zelaya Rosales, a été kidnappé par un groupe de militaires, et transféré au Costa Rica, d’où il a lui-même dénoncé au cours d’une conférence de presse au niveau international, le coup d'État par les Forces Armées et le Congrès National.
Considérant :
Que le Congrès National de la République, a fait paraître une lettre démission (du président) avec une signature falsifiée, démission démentie par le Président Zelaya lui-même et son Cabinet.
Considérant :
Qu’avec des arguments hors de la réalité, ils ont procédé à l’acceptation de la prétendue démission du Président et de son Cabinet de Gouvernement, pour nommer ensuite de manière illégale et inconstitutionnelle Robert Micheletti Bain, lequel a prêté serment comme Président de facto.
Considérant :
Que la famille du Président José Manuel Zelaya Rosales et les membres de son cabinet ont été persécutés sans une once de garantie légale.
Considérant :
Que le Président de facto et son gouvernement illégitime, de concert avec des députés et des groupes militaires ont décrété un couvre-feu de 21 heures au soir à 6 heures du matin, violant les droits garantis par notre Constitution.
Considérant :
Que le peuple hondurien est actuellement dans l'impossibilité de recevoir une information objective ainsi que le verrouillage des médias indépendants, qui est une autre atteinte flagrante et caractérisée à la liberté d'expression.
Considérant :
Que tous les pays membres de la Communauté Internationale, y compris l'Union Européenne, l'OEA, les pays du Cône Sud, les membres de l’ALBA, le Système d'Intégration Centre-Américain (SICA), et l'ONU, condamnent le coup d'État militaire, et ne reconnaissent pas la légitimité du gouvernement usurpateur et illégal, et exigent le retour immédiat et inconditionnel du seul Président Constitutionnel de la République, José Manuel Zelaya Rosales.
LES MEMBRES DU CABINET DU GOUVERNEMENT DU PRÉSIDENT ZELAYA DÉCLARENT AU PEUPLE ET À LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE:
1. Que le seul gouvernement légalement constitué et élu par le peuple est celui du citoyen José Manuel Zelaya Rosales,
2. Que nous sommes organisés, avec des membres de la société civile, des ouvriers, des travailleurs en général, des partis politiques et de la société en général pour une résistance pacifique, ne reconnaissant pas l’implantation du gouvernement et du président de facto qui prétendent donner une estocade à la démocratie de notre pays
3. Que le peuple hondurien a réagi avec courage mais pacifiquement contre ce coup de force anti-démocratique
4. Que nous réaffirmons que nous sommes debout à l'égal de notre Président, prêts à défendre la démocratie et nous sommes certains que grâce au soutien ferme du noble peuple hondurien et de la Communauté Internationale nous rétablirons l'État de Droit et que le Gouvernement de José Manuel Zelaya Rosales élu par le peuple sera réinstallé, pour qu'il accomplisse son mandat constitutionnel et qu’il continue sa tâche infatigable pour le peuple hondurien.
Nous exhortons tout le peuple hondurien à continuer de défendre pacifiquement la démocratie afin que dans les prochaines heures nous rétablissions l'ordre et la paix au Honduras, notre pays aimé.
Tegucigalpa MDC le 29 juin 2009.
Cabinet du Gouvernement du Honduras en Résistance
ENRIQUE FLORES LANZA, MINISTRE DE LA PRÉSIDENCE
EDUARDO ENRIQUE REINA, SECRÉTAIRE PARTICULIER
REBECA SANTOS, SECRÉTAIRE AUX FINANCES
FREDIS CERRATO, SECRÉTAIRE À L’INDUSTRIE ET AU COMMERCE
CESAR SALGADO, MINISTRE DU FHIS (1)
RICCI MONCADA, MINISTRE DE L'ÉNERGIE
EDWIN ARAQUE, PRÉSIDENT DE LA BANQUE CENTRALE DU HONDURAS
JACOBO LAGOS, MINISTRE DU STAFF PRÉSIDENTIEL
MARCIO SIERRA, VICE-MINISTRE À LA PRÉSIDENCE
BEATRIZ VALLE, MINISTRE DES RELATIONS EXTÉRIEURES
CARLOS ORBIN MONTOYA, MINISTRE CONSEILLER
RODOLFO PASTOR FASQUELLE, MINISTRE DE LA CULTURE, DES ARTS ET DES SPORTS
MILTON JIMENEZ PUERTO, PRÉSIDENT DE LA COMMISSION NATIONALE DES BANQUES ET ASSURANCES
RICARDO ARIAS, VICE-MINISTRE DE LA PRÉSIDENCE
JORGE MENDEZ, DIRECTEUR DU SANAA (2)
FRANCISCO FUNES, DIRECTEUR DE L'INA (3)
MARCO VELASQUEZ, VICE-MINISTRE AUX TRANSPORTS ET AU LOGEMENT
MARCO TULIO CARTAGENA, SOUS-DIRECTEUR DE L'INA
ADA SERRANO, DIRECTEUR DU PANI (4)
JOSE MEDINA, MINISTRE DES ETHNIES
ANGEL MURILLO SELVA, MINISTRE DE L'AGRICULTURE ET DE L’ÉLEVAGE
MAYRA MEJIA, MINISTRE DU TRAVAIL ET DE LA SÉCURITÉ SOCIALE
MARLON BREVE, MINISTRE DE L'ÉDUCATION
MARCO BURGOS, MINISTRE DE LA COMMISSION PERMANENTE DES SITUATIONS D’URGENCE
KAREN ZELAYA, MINISTRE DE LA COOPÉRATION
DORIS GARCIA, MINISTRE DE L'INSTITUT NATIONAL DE LA FEMME
JORGE ALBERTO ROSA, DIRECTEUR DE HONDUTEL (6)
SUYAPA PRUDOT, MINISTRE DE L'INSTITUT HONDURIEN POUR L'ENFANCE ET LA FAMILLE
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
ENGLISH, ESPAÑOL, CATALÀ, ITALIANO, DEUTSCH
(NdT):
1) FHIS : Fonds d’Investissement Social
2) SANAA : Service Autonome National des aqueducs et de l’assainissement
3) INA : Institut National Agricole
4) PANI : Protection Nationale de l’Enfance
5) HONDUTEL : Entreprise hondurienne de Télécommunications (entreprise d’État)
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Source : Los miembros del Gabinete del Gobierno del Presidente Zelaya se dirigen al pueblo hondureño y a la comunidad internacional
Article original publié le 30/6/2009
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8010&lg=fr
02 juin 2009
VENEZUELA : LEOPOLDO LOPEZ EN VISITE À LONDRES : UNE ODEUR DE FASCISME !
...LA HENRY JACKSON SOCIETY (et ses satellites) organisation qui finance et forme des groupes d'étudiants aux techniques de Coup d’État en douceur...
L'ancien maire de la commune de Chacao, Leopoldo López arrivera à Londres à la fin de ce mois de mai, il est également l’un des principaux dirigeants du parti dit « social-démocrate » Un Nuevo Tiempo [Un Nouveau Temps], fondé et dirigé par Manuel Rosales, qui a fui la justice vénézuélienne [il est au Pérou, NdE]. Il sera accompagné par Luis Giusti, ancien président de PDVSA [société pétrolière d’État, NdE], ancien membre de l'équipe de direction de la pétrolière privée Shell et membre des laboratoires d'idées Council on Foreign Relations et Center for Strategic and International Studies.
Ces chefs de file de la contre-révolution ont été invités par l'École de Commerce de Londres pour participer à un forum où assisteront également plusieurs représentants d'entreprises multinationales et l'ancien président du Chili, Ricardo Lagos. Le thème du forum : « Amérique latine : la croissance se poursuit en période de turbulences » nous indique, de fait, l'orientation du débat…
Quelques jours plus tard, le 3 juin, López et Giusti participeront, au Parlement britannique, à un forum sur « la persécution politique au Venezuela ». Cet événement est organisé par la Henry Jackson Society et le Comité de Solidarité avec les Persécutés Politiques au Venezuela.
LE COMITÉ DE SOLIDARITÉ AVEC LES PERSÉCUTÉS POLITIQUES AU VENEZUELA
Cette organisation a été créée suite à la visite au Venezuela au mois novembre 2008 d’hommes politiques d'extrême-droite comme l’ancien Premier ministre bulgare Philip Dimitrov, l'ancien ministres des Affaires étrangères de Slovaquie Eduard Kokan et l'ancien ministre de l'Intérieur de la République tchèque, Jan Rulm. Cette visite, organisée par la Fédération des Centres Universitaires de l'UCV (Université centrale du Venezuela), Lech Walesa devait aussi participer à cette visite, mais l'ancien président polonais a organisé un show médiatique dans lequel il accusait le gouvernement bolivarien de l’empêcher d’entrer dans le pays. Cette calomnie, qui a été démentie par le ministère des Affaires étrangères vénézuélien, révélait la véritable intention de ce groupe de politiciens, qui s'opposent énergiquement à tous les gouvernements progressistes dans le monde ; et qui ont un long passé d'offensives politiques et médiatiques contre Cuba et le Venezuela.
Après cette visite, ces politiciens d'extrême-droite soutenus par leurs pairs vénézuéliens ont décidé de lancer le Comité de Solidarité avec les Persécutés Politiques au Venezuela. Les objectifs de cette organisation sont évidemment à caractère politique puisqu'ils définissent comme victime de persécutions politiques « tout Vénézuélien qui ne peut pas sortir de chez lui après une certaine heure par crainte d’être assassiné ». Ils estiment également qu’est persécuté « tout vénézuélien qui se sent menacé physiquement ou moralement parce qu’il diffuse ou effectue son travail à travers les médias ». Nous nous demandons si les journalistes d'Avila TV, qui sont régulièrement agressés et insultés par des chefs de l'opposition, se considèrent comme des politiques persécutés par le gouvernement révolutionnaire.
Ce Comité fonctionne comme un lobby de la contre-révolution en Europe, qui organise des rencontres et des conférences à grand renfort de médias et de politiciens pour tenter de délégitimer le processus démocratique de changement vécu au Venezuela.
Outre ceux qui sont venus au Venezuela en novembre 2008, figurent parmi ses membres, plusieurs anciens chefs d'État ou de gouvernement dont le dénominateur commun est leur antisocialisme radical : Lech Walesa (Pologne), Vaclav Havel (République tchèque), Janez Jansa (Slovénie), Vytautas Landsbergis (Lituanie), ainsi que Jan Tore Sanner (ex-chef de la délégation norvégienne à l’Assemblée parlementaire de l'OTAN), et Alexander Milinkevitch (candidat de l'opposition à l'élection présidentielle de la Biélorussie, celui-là même qui a tenté de faire un coup d’État en douceur contre le président de ce pays).
Le Comité de Solidarité avec les Persécutés Politiques au Venezuela a une branche au Venezuela dont font partie Milos Alcalay (directeur des affaires internationales de la mairie du District métropolitain de Caracas), Miguel Enrique Otero (patron du quotidien El Nacional et dirigeant du groupe extrémiste Movimiento 2D), et Leopoldo López, entre autres.
Cette organisation co-organise la rencontre de Leopoldo López et Luis Giusti au Parlement britannique avec un laboratoire d’idées dont les ramifications dans le monde du fascisme international sont très larges : la Henry Jackson Society.
La Henry Jackson Society est un think tank ultraconservateur qui est né début 2005 afin d'aider « à promouvoir la Démocratie et la liberté » dans le monde.
Ce laboratoire d’idées est ainsi nommé en hommage au politicien usaméricain Henry « Scoop » Jackson qui fut membre du Congrès (de 1941 à 1953) puis du Sénat (de 1953 à 1983) de l'État de Washington. Henry Jackson était connu pour ses positions militaristes et pro-sionistes ainsi que pour son anticommunisme radical. La vision politique de Jackson a inspiré les théoriciens néoconservateurs comme Paul Wolfowitz, Elliot Abrams ou Richard Perle.
Le laboratoire qui porte son nom a les mêmes orientations de pensée que l'ancien sénateur.
La Société Henry Jackson a également pour but de promouvoir « une politique forte de relations internationales, de sécurité et défense » et de renforcer l’ alliance entre l'Angleterre et les USA.
La Charte de principe de cette organisation souligne la faiblesse des offensives militaires contre la Yougoslavie et le Kosovo et plaide pour la modernisation et l'intégration militaire de l'Europe sous la seule direction des Britanniques au sein de l'OTAN. Elle défend également une position d’ingérence ouverte dans les pays non alignés sur le système néolibéral.
La majorité des membres de la Société Henry Jackson (signataires de la Charte de Principes et parrains étrangers) maintiennent un lien étroit avec le lobby militariste et/ou sioniste. Beaucoup d’entre eux ont participé au Projet pour le Nouveau Siècle Américain (Project for the New American Century) association de néoconservateurs usaméricains qui ont élaboré depuis 1997, une stratégie pour contrôler les ressources énergétiques du Moyen-Orient. Ce groupe a eu une influence décisive sur le caractère belliciste du gouvernement de George W. Bush. Plusieurs de ses membres ont participé à son gouvernement.
Parmi les membres britanniques de l'organisation on trouve le Colonel Tim Colins (commandant britannique en Irak), le Général-Major John Drewienkiewicz (conseiller militaire du haut représentant de l'ONU en Bosnie-Herzégovine, juridiction imposée qui a le pouvoir d'annuler n’importe quelle décision du Parlement de ce pays), Mark Etherington (ancien gouverneur de la province occupée de Wasit en Irak- 2003-2004), Robert Halfon (directeur politique de l'association des Amis Conservateurs d'Israël dont le rôle est celui de resserrer les liens entre la Grande-Bretagne et Israël), Lord Gilbert (ancien ministre britannique de la Défense), Lord Powell of Bayswater (conseiller de Margaret Tatcher aux affaires de la Défense et Sécurité), et de Jamie Shea (ancien porte-parole et actuel Directeur de l'Unité Planification des orientations au cabinet du secrétaire général de l'OTAN), entre autres.
En plus d’appartenir à l’aile la plus droitière, la plus sioniste, et la plus militariste des USA, les membres étrangers (« parrains étrangers »), sont tous des promoteurs d’une politique d'ingérence de ce pays. Ce sont des représentants du monde politique, militaire, des médias et des services secrets. La majorité d’entre eux a des liens étroits avec l'OTAN et font partie des laboratoires d’idées les plus influents dans le monde. Il convient de souligner que beaucoup de membres étrangers de la Henry Jackson Society coopèrent avec divers organismes qui soutiennent l'État raciste d'Israël.
Parmi les membres étrangers on trouve Carl Gershman (président du National Endowment for Democracy), Bruce Jackson (président-fondateur du Project on Transitional Democracy, organisation qui finance et forme des groupes d'étudiants aux techniques de Coups d’État en douceur ; il est aussi le fondateur du Comité pour l'Expansion de l'OTAN), Robert Kagan (membre du Project for the New American Century, du Council on Foreign Relations, et du Comité pour l'Expansion de l'OTAN) et William Kristol (membre du Project for the New American Century, et du Groupe Bilderberg).
Font également partie de l'organisation, des personnes comme Dore Gold (ancien conseiller en politique internationale du Premier ministre d’Israël, et ancien représentant israélien à l'ONU), Michael Chertoff (Secrétaire à la Sécurité Intérieure de l'ancien président Bush, et coauteur de la loi liberticide Patriot Act. Fils et petit-fils de rabbin, M. Chertoff est un fervent défenseur de la politiques raciste d'Israël), Richard Perle (membre du Council on Foreign Relations et du Groupe Bilderberg, membre du Comité pour l'Expansion de l'OTAN, membre du Project for the New American Century, et de l'Institut Juif pour les Affaires de Sécurité Nationale, JINSA), Joshua Muravchik (membre JINSA) et James Woosley (ancien directeur de la CIA, ancien membre de l’équipe de direction de l'entreprise militaire privée Dyncorp International, ancien président de Freedom House, membre du Council on Foreign Relations, du Project for the New American Century et du JINSA). Aux côtés de ces soldats du capitalisme ultralibéral usaméricain, se retrouvent des membres étrangers comme Vytautas Landsbergis (membre du Comité de Solidarité avec les Persécutés Politiques au Venezuela) et l'ancien président péruvien Alejandro Toledo.
La Henry Jackson Society a toujours eu une position très critique envers la Révolution Bolivarienne. Elle est également en rapport avec Alexander Boyd, Vénézuélien anti-chaviste radical, animateur du site web Vcrisis.com et vice-président de la Human Rights Foundation, organisation accusée d'avoir participé à une tentative d’assassinat contre Evo Morales en Bolivie que la police du pays andin était parvenue à déjouer.
Avec des amis comme les membres de ces deux organisations, Leopoldo López pourra-t-il faire croire aux Vénézuéliens qu’il défend une « démocratie sociale », qui respecte la Constitution Bolivarienne, et que sa pratique politique inclut « tous les Vénézuéliens », comme il le vocifère à tout vent dans les médias commerciaux ?
Traduction : Esteban
1er Révision : JMH
2è Révision : Fausto Giudice
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Source : ¡Leopoldo López de visita en londres: huele a fascismo!
Article publié le 26 mai 2009
Sur l'auteur
Fausto Giudice est rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste et membre de Tlaxcala.
URL de l'article sur Tlaxcala: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7783&lg=fr
25 avril 2009
OBAMA REJETTE LES TENTATIVES DE RENVERSER LE GOUVERNEMENT BOLIVIEN, MAIS IL NE RENONCE PAS À L'INGÉRENCE
« Sur le cas de la Bolivie, je veux être très clair que je suis totalement opposé et je condamne toute tentative de renverser avec violence tout régime où qu’il soit », a dit Obama, mais il a manifesté, ensuite, l'importance de servir les aides aux pays en voie de développement pour « amplifier notre influence et avoir un impact bénéfique afin de pouvoir promouvoir les politiques qui nous intéressent dans la région ».
Le président américain, Barack Obama, a laissé clairement entendre à Puerto España que son gouvernement « ne soutient » aucun plan d’homicide contre le président bolivien Evo Morales, répondant ainsi aux accusations du président sud-américain dans lesquelles il accusait Washington d’être complice.
« Sur le cas de la Bolivie, je veux être très clair que je suis totalement opposé et je condamne toute tentative de renverser avec violence tout régime où qu’il soit. Ce n'est pas la politique de notre gouvernement, ce n'est pas le comportement que le peuple américain attend de son gouvernement, et je veux être le plus clair possible à ce sujet ».
Il a reconnu que les USA ont une histoire dans la région. « Elle n’a pas toujours été appréciée du point de vue de certains, mais nous essayerons d'aller de l’avant. Je suis responsable du comportement de cette administration, et il se fera de manière respectueuse envers les gouvernements avec lesquels nous serons en désaccord ».
Samedi dernier, le président Evo Morales a exigé du président américain de condamner la tentative d’assassinat qui devait être exécutée contre lui par un groupe terroriste et qui a été désamorcée jeudi à Santa Cruz. Le Chef de l'État bolivien a répliqué de cette manière, à la demande d’Obama « d'oublier le passé » et de commencer une ère nouvelle de rapprochement et d’amitié, car « nous ne pouvons pas oublier le passé et prétendre chercher un nouveau commencement alors que les politiques de conspiration continuent».
Morales a demandé à Obama qu’il « répudie » l’évidente tentative de meurtre, au sein même du sommet continental des chefs d'État, car dans le cas contraire « je peux penser que la conspiration a été organisée à partir de l'Ambassade US ».
Les USA utiliseront de nouvelles stratégies pour amplifier leur influence dans la région
Obama, a indiqué qu’il avait parlé personnellement avec tous les présidents, y compris avec Morales, bien que « le président Chávez ait davantage d'agilité pour se positionner face aux caméras », a t-il dit en riant. Il a signalé que, bien que n’étant pas d'accord sur toutes les affaires, « si nous respectons les processus démocratiques, la souveraineté des nations, nous pourrons trouver des secteurs pour travailler ensemble».
« Si notre seule interaction était militaire, alors nous ne nous pourrons pas développer les liens qui pourraient, au bout d’un certain temps, amplifier notre influence et avoir un impact bénéfique pour promouvoir les politiques qui nous intéressent dans la région » a-t-il ajouté.
« C’est pourquoi il est si important que dans notre interaction non seulement dans l'hémisphère, mais aussi dans tout le même hémisphère, on puisse voir que notre pouvoir militaire n’est seulement qu’une arme. Nous devons utiliser le développement, l'aide, pour que les gens puissent voir des résultats et des améliorations concrètes et pratiques dans la vie, qui soient les conséquences directes de la politique extérieure des USA ».
Luigino Bracci Roa (Yvke)
Traduction : Esteban
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Source : Obama rechaza intentos de deponer al gobierno boliviano, pero no renuncia al injerencismo
Article publié le 19 avril 2009
RAPHAËL CORREA : " LE DOCUMENT FINAL EST SANS IMPORTANCE, LE SOMMET L'A LARGEMENT SURPASSÉ "
Vème SOMMET DES AMÉRIQUES
Ainsi s'est exprimé Rafaël Correa quelques instants avant la fin du Sommet des Amériques, dont la déclaration n'a pas été signée par le Venezuela, l'Équateur, la Bolivie, la Dominique, le Honduras ni le Nicaragua.
Malgré cela, les espoirs sur de meilleures relations entre les USA et l’Amérique latine ont fait que le Président Chávez a qualifié le sommet de « tout un succès ». Il s’était de nouveau entretenu avec Obama.
Dans de brèves déclarations après une réunion finale à huis clos des Présidentes, des Présidents et des Chefs d'État, les présidents Rafaël Correa et Hugo Chávez ont confirmé que leurs gouvernements ne signeront pas la Déclaration Finale du Sommet des Amériques.
« Le document final est insignifiant et sans importance, et le sommet a largement dépassé ce document », a brièvement exprimé Correa à la chaîne Telesur.
Le document n'a pas été paraphé par les présidents de l’ALBA (le Venezuela, la Bolivie, la Dominique, le Honduras et le Nicaragua) ni par l’Équateur, pays qui n'est pas membre de cette organisation. La question de l'embargo contre Cuba, absent dans le texte final, est un des thèmes principaux qui bloque le document, comme ils l’ont expliqué quelques jours avant dans la déclaration du Sommet de l'ALBA.
Pour Chávez, le sommet a été « tout un succès, avec un nouveau climat dans tout le continent ». Il y a « un ensemble de compromis, quelques-uns tacites et d'autres explicitement définis ».
Chávez a expliqué que ce dimanche il s’est de nouveau assis pour discuter quelques minutes avec Obama. « Nous avons réaffirmé, tous les deux, une volonté d'entamer ce qui a commencé : de nouvelles étapes dans nos relations. J'ai dit au Président que nous avons résolu la désignation d’un nouvel ambassadeur, et cela viendra prochainement. Nous allons faire les démarches correspondantes et nous espérons que les USA désignent un nouvel ambassadeur à Caracas ».
« Obama a dit qu'il allait respecter sa parole de non-ingérence dans les affaires intérieures d'aucun pays. « Nous avons, tous les deux, des différences de point de vue, mais nous sommes disposés et nous avons la très ferme volonté de travailler ensemble. Il s'est ensuite approché, avec le plus grand naturel, pour prendre congé ».
Il [Chávez] a dit que « de tous les Sommets des Amériques : le premier (au Canada en 2001) avait été un sommet sans chaleur, et organisé dans un bunker », en se référant au dispositif de sécurité mis en place contre les manifestants qui étaient venus protester à cette occasion, « comme l'Empire est venu il s’est imposé, et les autres sont restés muets, excepté le Venezuela » parce que l’Empire tentait de contraindre l’adhésion à l’ALCA. « Puis, ce fut à Mar de Plata (en 2005), nous savons déjà ce qui s’est passé : un sommet qui a fini en mille morceaux, mais nous avions mis en échec l'ALCA ». « Et aujourd’hui, ce sommet s’est ouvert vers une nouvelle étape de relations sur tout le continent », a t-il indiqué.
Il a rappelé que « dans le document qui a été approuvé il n'y a pas eu de l’unanimité. Le premier ministre (Trinité et de Tobago) va le signer, nous avons rendu nos observations publiques et nous sommes un groupe de pays qui ne souscrivons pas à ce document sans en faire un point d'honneur, par contre nous nous accordons au crédit du climat qui s’est créé ici, mais nous avons des observations ».
« Sans être parfait, le sommet s'est approché de la perfection », a t-il indiqué.
Luigino Bracci Roa (Yvke)
Traduction : Esteban
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Source : "El documento final es intrascendente, la cumbre lo ha sobrepasado por mucho"
Article publié le 19 avril 2009
23 avril 2009
URUGUAY : " NOUS SOMMES CIVILISÉS PUISQUE NOUS AVONS TUÉ TOUS LES SAUVAGES - RÉPONSE À SANGUINETTI
Réponse à l'ex-président uruguayen sur « ce peuple primitif »
Dans un article éditorial d'aujourd'hui (19 avril 2009, El Charruismo (en Esp.)) du quotidien El País de Montevideo, l'ex-président de l'Uruguay, Julio María Sanguinetti, réagit contre la revendication des Charrúas (1) et, sans prévenir, il nous donne les clés de la mentalité d’un homme qui a gouverné durant deux périodes*, dont l’idéologie a continué à influencer un vaste groupe social durant des décennies.
Le docteur Sanguinetti affirme que « de ce peuple primitif, nous n'avons hérité d’aucun mot de leur dialecte précaire […], ni même d’un souvenir bienveillant de nos plus grands Espagnols, créoles, jésuites ou militaires, qui, tous, les ont décrits comme leurs ennemis, durant un choc [de civilisations] qui a duré plus de deux siècles. Ils ont affronté la société hispano-créole qui avec des sacrifices essayait d'établir les familles et des modes de production, pour les intégrer à la civilisation occidentale à laquelle nous appartenons ».
L'habileté littéraire et philosophique de Sanguinetti consiste à rassembler trois ou quatre idées en une seule phrase :
1) De ce peuple sauvage nous n'avons hérité de presque rien. Parce que nous les avons tués presque tous au nom de la civilisation ;
2) Le Pérou ou le Guatemala ne font pas partie de la civilisation occidentale parce que dans sa majorité leur population porte du sang indigène. Sans parler du Japon, qui n'a regrettablement pas pu s’intégrer à la culture occidentale à cause de sa race et de ses coutumes ;
3) Bien que nous les ayons tous tués et que nous n’ayons rien hérité d’eux, pas même un seul mot, nous savons de toute manière que leur dialecte était précaire. Les Charrúas ne savaient pas dire « Hegel » ni « Weltanschauung » ni « iPod » ni « loi du devoir d'obéissance». Ils ne savaient pas conjuguer leurs propres verbes et quand ils faisaient l'amour ils proféraient des gémissements sans plus-que-parfait. Comme les Quechua primitifs, ils devaient seulement avoir trois phonèmes vocaux, une donnée qui démontre l'infériorité de l'espagnol face à l'anglais, qui est la langue de la civilisation, comme le disait un autre célèbre enseignant, Domingo Faustino Sarmiento. Et que dire des Scandinaves, qui sont à la pointe de la civilisation avec l'utilisation de neuf voyelles ;
4) Des Charrúas nous ne conservons « ni un souvenir bienveillant de nos plus grands espagnols, créoles, jésuites ou militaires, qui chacun, les a décrit comme leurs ennemis ». Si ceux qui ont colonisé, exproprié et assassiné les primitifs ne conservent aucun souvenir positif d'eux, alors les primitifs étaient mauvais et n'ont laissé aucun souvenir récupérable. Sauf la terre et l'honneur que les victimes dans chaque guerre abandonnent toujours au vainqueur ;
5) Pendant deux siècles, les Charrúas ont affronté « la société hispano-créole qui avec des sacrifices essayait d’établir les familles et des modes de production, pour les intégrer à la civilisation occidentale à laquelle nous appartenons ». C’est avec des sacrifices que nous avons spolié les primitifs, cela il n'y a pas de doute. Ça n'a pas été facile. Ils résistaient.
Pour démontrer qu'il est capable de voir quelque chose de bon chez un peuple primitif, l'auteur, fait l'éloge des guaranis : « l'ethnie missionnaire guarani, elle oui a été fondamentale dans la construction de notre société, des murailles de Montevideo, qu’elle a érigé, jusqu'à la formation de notre armée ». C'est-à-dire, que les guaranis (bien dressés) ont contribué à la construction des murailles et des armées des colonisateurs qui se sont installés dans la bande de terres des charrúas. Bien que le nombre de ces esclaves qui ont collaboré dans l'entreprise fût infime par rapport au peuple qui s’étendait du Paraguay jusqu'à l'Uruguay, il convient de les compter parmi le peuple. Ces sauvages s’ils étaient bons parce qu'ils ont collaboré « à la construction de notre société », ils ont travaillé à ériger les murailles et ensuite ils ont été tués par les nobles colons blancs.

Le Général Fructuoso Rivera, premier Président de la République Orientale de l'Uruguay et organisateur du génocide des Charrúas
Sanguinetti ne dit pas que la société d'aucun pays ne s’est construite en deux décennies au début de son histoire politique, mais qu’elle se construit tant que ce pays existe, et un facteur central de cette construction apparaît lorsque chaque peuple admet, reconnaît et regarde en face les crimes et les génocides de sa propre histoire.
Selon notre ex-président, « on oublie aussi […] que dans notre vie républicaine personne n'a voulu éliminer les Charrúas physiquement mais plutôt supprimer leurs campements nomades, mode de vie incompatible avec la vie créole, refuges de délinquants, alliés permanent de l'envahisseur portugais et du ’bandeirante’ (2) commerçant d'esclaves, qui trouvait là des gens pour enlever des enfants guaranis ou des femmes blanches et les vendre vers le Brésil. » C'est-à-dire :
1) Si les Charrúas avaient collaboré à leur propre spoliation, ils auraient été bien reçus. Comme manœuvres, dans le meilleur des cas. Mais comme ils n'étaient pas d'accord et qu’ils résistaient, nous avons dû les tuer ;
2) Pour Sanguinetti, les Charrúas étaient têtus, primitifs et avaient « un mode de vie incompatible avec la vie créole ». Compatibilité ou mort. Collaborateurs du colon ou délinquants.
3) Et le pire, les Charrúas ont collaboré avec les « envahisseurs portugais » (du point de vue charrúa, les castillans devaient être des touristes) et avec les « trafiquants d'esclaves », comme si notre société n'était pas née en profitant du trafic d'esclaves, des noirs et des métis, de l'abus des femmes, la plupart du temps, indigènes, et moins souvent de celui de femmes blanches.
Sanguinetti cite, joyeusement, le cas d'un massacre guarani en 1702, « dans lequel l'armée guarani, sous le commandement des pères jésuites, a tué - selon sa version - 500 guerriers, détruit un campement et envoyé les femmes et les fillettes se faire ‘christianiser’ ». Les Guarani massacraient au nom du Christ… Avons-nous besoin de plus de preuves de l’aberrant et hypocrite modus operandi peu recommandable des colonisateurs ? Ces prouesses ne rappellent-elles pas celles d’Hernán Cortés et d’Adolph Hitler qui massacraient au nom du même Christ (mille fois) crucifié, applaudi par d'autres masses de bêtes endoctrinées au nom de la morale, de la civilisation, de Dieu et du progrès ? Cela ne rappelle t-il pas les esclaves noirs frappant d'autres esclaves noirs jusqu'à ce que la victime finisse par reconnaître la bonté des coups pour contrôler la mauvaise nature des races inférieures ?
« De sorte que le sujet de l’affrontement avec les Charrúas est un ‘choc de civilisations’ qui ne peut pas être réduit à une simple bataille finale ». La référence à Samuel Huntington, dont la théorie a servi à justifier des guerres comme celle d'Irak, sert aujourd'hui à la médiocre classe traditionaliste de l'Uruguay pour justifier les crimes d'un passé qui est défendu pour sa valeur de mythe fondateur.
« N'oublions pas qu’au moment de la domination brésilienne, Rivera avait proposé à Lecor un plan pour réduire les Charrúas, pour tenter de préserver leurs vies. » Ce qui peut être interprété comme une tentative de contrôler la natalité par le biais de la distribution de préservatifs aux sauvages, car qui irait penser qu'ils vont tenter de les réduire dans des ghettos ou en tuer certains, comme c’était la coutume et pourtant tel a été le résultat final. Mais les Rivera n'ont pas été les seuls responsables de la chasse à l'homme. « Une fois organisée la République, en 1831 c’est Rivera qui a du livrer la campagne si discutée, approuvée à l'unanimité du Parlement, sans une seule voix contre, étant donné la ferveur des voisins de la zone où eut lieu la campagne. »
Monsieur l’ex-président, ce fait n'exempte pas un criminel ; il implique toute sa classe dominante (les gauchos (3), les noirs et les indigènes n’appartenaient pas au voisinage ni n’avaient de députés).

Mémorial aux Charrúas massacrés à Salsipuedes
Pour Sanguinetti, le massacre des Charrúas à Sal-si-puedes a été « une infime tuerie » [orig. “poco genocida”, litt. « peu génocidaire », NdR]. Les survivants charrúas qui « s’étaient organisés ont tué, peu de temps après, Bernabé Rivera, la principale figure de l'armée de la patrie et neveu du Président » ont été les victimes d'un demi-massacre. C’est pourquoi Rivera est un semi-assassin et aujourd'hui ceux qui le défendent sont des semi-hypocrites.
« C’est douloureux pour le pays que l'histoire soit utilisée de manière abusive, pour insulter le Général Rivera, à qui le pays doit les plus grands efforts dans la lutte pour l'indépendance. » Tout historien sait qu'il n'y a pas eu de pure lutte pour l'indépendance, il n’y a même pas eu d'indépendance totale et encore moins de révolution. Ce combat a été dominé par une forte lutte d'intérêts de classe, de race et même des intérêts familiaux et individuels. Le premier gouvernement de Fructuoso Rivera date de 1830. José Artigas, le plus grand héros de la rébellion libératrice de Plata et le plus humaniste parmi les chefs politiques, n'a jamais voulu retourner vivre sous le commandement de tels libérateurs. Il est mort en 1850, trois décennies après s’être exilé au Paraguay. Nous savons aujourd'hui que Rivera avait proposé d'assassiner ce « monstre anarchiste ».

Bernabé Rivera, neveu de Fructuoso Rivera, chassant les derniers Charrúas survivants du massacre de Salsipuedes
Julio María Sanguinetti, l'ex-président qui tant de fois s’est honoré d'avoir assuré la paix de notre pays en négociant l'impunité des kidnappeurs et des bourreaux de la dictature militaire –Amérique latine où on a toujours mendié les droits -, comprend que le génocide des charrúas a été fait grâce aux « efforts magnifiques de tous ces patriotes pour renforcer la paix et ouvrir les voies du progrès ».
La paix des cimetières et de l’oubli
Reconnaître les crimes de notre histoire ne nous transforme pas en un pays plus mauvais. Défendre de tels crimes contre l'humanité nous rend complices. Et si nous avons été présidents, nous sommes, pour le moins, suspects.
Notes
* Julio María Sanguinetti Coirolo est né à Montevideo le 6 janvier 1936, il a été Président de la République de l’Uruguay durant deux périodes : 1985-1990 et 1995-2000.
1) Le peuple charrúa fut un peuple amérindien d’Amérique du Sud dont les ancêtres vivaient sur l'actuel territoire de Entre Ríos (en Argentine) puis se déplacèrent le long du Río Paraná et le peuple s'établit sur les côtes du Río de la Plata et du Río Uruguay sur les actuels territoires du Brésil et de l'Uruguay. Ils furent massacrés jusqu'en 1831. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Charr%C3%BAas
2) Los bandeirantes sont des chasseurs d’hommes qui, à partir du XVIIe siècle, pénétrèrent à l'intérieur du Brésil à la recherche de richesses minérales ou d'indigènes pour les réduire en esclavage. http://fr.wikipedia.org/wiki/Bandeirante
3) gaucho (en espagnol gaucho et en portugais gaúcho) désigne en Argentine, Paraguay, Tarija, en Uruguay et au sud du Brésil le peuple de gardiens de troupeaux de la pampa sud-américaine. L'étymologie de ce terme aurait pour origine huacchu (orphelin, solitaire en langue quechua), ou gacho (paysan, sédentaire et par extension non-gitan) en caló (gitan espagnol). Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Ga%C3%BAcho
Monument aux 4 derniers Charrúas dans le Prado de Montevideo
Ils étaient quatre, trois hommes, Vaimacá Perú, Senaqué et Tacuabé, et une femme, Guyunusa. Leur destin tragique est commémoré par ce monument, inauguré en 1938 dans le Prado de Montevideo, sur l’avenue Delmira Agustini.
Ces quatre « derniers Charrúas » furent déportés contre leur volonté par François de Curel en France en 1833, « à des fins d’études scientifiques » mais furent rapidement exhibés dans des cirques et échouèrent à Lyon, où 3 d’entre eux moururent au bout de quelques mois de maladies contractées suite aux mauvais traitements subis . Seul Tacuabé réussit à survivre et à s’enfuir sans laisser de traces avec sa fille, née dans l’exil français. En 1938, un journal lyonnais écrivait que ses descendants vivaient à Lyon.
Ces hommes, qui avaient été combattants dans les guerres d’indépendance uruguayenne sous les ordres du général Artigas, ne pouvaient pas concevoir de vivre ailleurs que sur leurs terres et autrement qu’en liberté. Ils furent traités pire que des animaux.
En 2002, la dépouille du cacique Vaimaca Pirú fut transférée de France vers le Panthéon National de l'Uruguay. L’organe sexuel momifié et une portion de peau de Senaqué, conservés au Musée de l’Homme, à Paris, se sont « égarés » (FG, Tlaxcala)
Traduction : Esteban
Révision & photos : Fausto Giudice
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Source : Somos civilizados porque matamos a todos los salvajes-Respuesta a Sanguinetti
Article original publié le 20/4/2009
Sur l'auteur
Esteban et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous deux sont membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7494&lg=fr
21 avril 2009
Vème SOMMET: DANIEL ORTEGA SE DIT HONTEUX DE L'ABSENCE DE CUBA AU SOMMET DES AMÉRIQUES
"Changer de modèle"
Après avoir comparé la conduite interventionniste usaméricaine et l’aide apportée par Cuba à l’éradication de l’analphabétisme en Amérique latine, il a lu des passages de la Déclaration du Sommet de l’ALBA dans laquelle la Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras et le Venezuela dénoncent le caractère « insuffisant et inacceptable » du projet de Déclaration du Vème Sommet des Amériques.
Daniel Ortega, le président du Nicaragua, a affirmé éprouver honte et gêne au Sommet des Amériques, du fait qu’un pays comme Cuba, qui a collaboré avec ses voisins pour éradiquer l’analphabétisme et la pauvreté, est exclu de ce Sommet, contrairement aux USA, qui sont un pays qui a dirigé la guerre contre le Nicaragua et d’autres pays d’Amérique centrale pendant les années quatre-vingt et quatre-dix, qui a été l’acteur principal de l’invasion à Playa Girón (1) et impliqué dans le coup d’État au Venezuela en 2002.
C’est ainsi qu’il s’est exprimé au cours de son allocution au Sommet des Amériques, qui se déroule ce vendredi soir à Trinité-et-Tobago. C’est le second discours, qui rejoint celui de la précédente oratrice, [la présidente de l’Argentine] - Cristina Fernández de Kirchner – pour réclamer la fin du blocus contre Cuba.
Le Cas USA
Ortega a expliqué qu'il a eu l’occasion de rencontrer trois présidents usaméricains par le passé, Obama étant le quatrième. Il avait demandé à Ronald Reagan qu’il arrête la guerre que les USA avaient impulsé contre son pays durant les années quatre-vingt.
Puis, ce fut le président Jimmy Carter qui dit à Ortega que, la dictature des Somoza étant terminée, « il était l'heure que le Nicaragua change ». Ortega répondit à Carter : « Le Nicaragua n’a pas besoin de changer. Le Nicaragua n'a jamais envahi les USA, il n'a pas miné les ports des USA, il n'a pas lancé une seule pierre contre la nation US et n’a pas imposé de gouvernements sur son territoire. Par conséquent, c’est vous qui devez changer, pas le Nicaragua ! ». Ensuite Ortega avait rencontré George H. Bush père.
Ortega a rappelé que le Nicaragua a présenté, pendant le gouvernement de Reagan, une requête contre les USA devant la Cour Internationale de Justice. La Cour avait rendu une sentence en indiquant que les USA devaient arrêter toutes ses actions militaires, ainsi que le minage des ports et le financement de la guerre. « Ils devaient indiquer les lieux précis où ils avaient placé des mines, mais ils avaient refusé de donner cette information. De plus, elle leur ordonnait d’indemniser le Nicaragua pour les dommages causés par le blocus économique et commercial ».
« Jusqu'à aujourd'hui, cette sentence n'a pas été respectée par les dirigeants nord-américains. Nous avons l'espoir qu'un jour nous pourrons aborder ce sujet avec des dirigeants nord-américains qui soient véritablement respectueux du droit international et des peuples ».
Le Cas Cuba
Après avoir parlé des agressions US contre l’Amérique centrale, Ortega a expliqué que, bien que la guerre contre le Nicaragua soit terminée, la pauvreté, la misère, le chômage et les inégalités persistent dans nos peuples. Cuba, Fidel Castro et Raúl ont inconditionnellement aidé à alphabétiser leurs peuples, et maintenant avec la coopération également du Venezuela et de Hugo Chávez.
Ortega a rappelé que lors de sa première prise de fonction, l'analphabétisme dépassait 60%, mais lorsqu’en 1990 il a quitté le pouvoir, il était descendu à 12%. En le reprenant en 2007, il a trouvé de nouveau un taux d’analphabétisme de 35%, il accusait de cet état de cause, la privatisation de la santé et de l'éducation et les autres aspects de la politique néolibérale appliquées au Nicaragua.
« Cuba a offert à nos peuples sa solidarité sans condition, et c'est pour cela qu’il est sanctionné. Qu’il est puni. Qu’il est exclu. Et c'est pourquoi je me sens mal à l’aise dans ce sommet, je ne peux pas être à l’aise dans ce sommet. Je ressens de la honte dans ce sommet », a dit Ortega. Porto Rico est un autre pays qui n'est pas présent au sommet. « Il est toujours soumis à une politique colonialiste ».
« Je refuse de l'appeler sommet des Amériques », a dit Ortega.
L'ingérence usaméricaine ne peut pas être considérée comme "de l’histoire"
Ortega a aussi rappelé d'autres ingérences usaméricaines, comme celle de la Playa Girón à Cuba, quand les forces usaméricaines se sont impliquées dans une tentative d'invasion de l'île. Ortega a souligné qu’Obama, qui était âgé alors de 3 mois et demi, n'a évidemment pas de responsabilité en ce qui concerne Playa Girón, mais que de toutes manières ces faits ne peuvent pas être considérés comme une simple histoire d’un passé lointain. Il a rappelé que le 11 avril 2002, les USA ont été liés à la tentative de renverser et d'assassiner Hugo Chávez, et que par le biais de leurs porte-paroles ils ont reconnu et ont donné raison aux auteurs du coup d’État. « Nous avons donc raison de dire que ceci n'est pas l’histoire, quand ces faits se sont produits contre l’institution d’un peuple et d'une nation il y a 7 ans à peine ».
Il a expliqué que le sous-développement et la pauvreté que vivent les peuples d'Amérique centrale, sont les causes de l'émigration, « et la seule manière de contenir ce flux d'immigrants vers les USA ne se fait pas en érigeant des murs ni en renforçant la surveillance militaire, ou en développant des surveillances conjointes ou une politique répressives La seule manière de freiner l'émigration vers les USA est d’apporter des fonds sans condition politique ni les conditions imposées par le FMI aux pays d'Amérique centrale ».
Nous voulons des changements, mais il faut discuter desquels
Il a rappelé que « nous voulons tous un changement », en se référant à la phrase qui a rendu célèbre Barack Obama au cours de sa campagne présidentielle. Mais il a souligné que le Nicaragua, avec Haïti, la Bolivie, le Honduras et d’autres pays, font partie des pays les plus pauvres de l'hémisphère, et cela bien « qu’ils aient respecté au pied de la lettre la prescription néolibérale, qu’ils ont appliqué durant 16 ans, de 1990 à 2007 ».
« Nous voulons des changements, mais sur quels types de changements devons-nous nous mettre d'accord ? Des changements pour maintenir le statu quo, ou pour sauver un modèle qui a démontré son succès pour concentrer des richesses, développer la pauvreté et multiplier la misère ? Il s’agit d’un problème d'ordre éthique et moral ».
Il a indiqué que cette année le Nicaragua souffre d'une chute de sa croissance économique d’environ 1,5%, alors que l'an passé sa croissance avait augmenté de 3% et même de 4%. « La région exige aujourd'hui plus que jamais des ressources pour le développement, pour pouvoir récupérer les indices de croissance établis », a t-il indiqué.
Il a également critiqué le G 20. « Ce n'est ni éthique ni moral que le G20 soit celui qui prenne les grandes décisions de nos peuples. Il est l’heure que se soit le G192, c'est-à-dire, tous. Tous pour discuter, débattre, apporter des solutions à la crise. Rien de mieux qu’avec les pays d'Amérique centrale ».
Refus du projet de Déclaration Finale
Il a lu également une partie de la déclaration du Sommet de l’ALBA, dans laquelle la Bolivie, Cuba, la Dominique, le Honduras, le Nicaragua et le Venezuela déclarent que le projet de Déclaration du Vème Sommet des Amériques est « insuffisant et inacceptable » du fait « qu’il ne donne pas de réponse au sujet de la crise économique mondiale » et « qu’il exclut Cuba sans justification, sans mentionner le consensus général existant dans la région qui condamne le blocus et les tentatives d'isolement ».
Le capitalisme est en train de faire disparaître l'humanité et la planète. Ce que nous vivons est une crise économique mondiale systémique et structurelle et non pas une crise cyclique de plus. Le capitalisme a provoqué la crise écologique en soumettant les conditions nécessaires à la vie sur la planète à la prédominance du marché et du profit.
La crise économique mondiale, la crise climatique, alimentaire, énergétique sont le produit de la décadence du capitalisme qui menace de mettre un terme à l'existence même de la vie et de la planète. Pour éviter ce dénouement il est nécessaire de développer un modèle alternatif au système capitaliste. Un système de :
- Solidarité et de complémentarité et non de concurrence.
- Un système en harmonie avec notre Terre Mère et non celui de pillage des ressources naturelles.
- Un système de diversité culturelle et non d'anéantissement de cultures et d’imposition de valeurs culturelles et de styles de vie étrangers aux réalités de nos pays.
- Un système de paix basé sur la justice sociale et non sur des politiques et des guerres impérialistes.
- Pour simplifier, un système qui rétablisse la condition humaine de nos sociétés et de nos peuples et qui ne les réduise pas à de simples consommateurs ou marchandises.
Nous voulons un monde où tous les pays, grands et petits, aient les mêmes droits et où il n'existe pas d'empire. Nous plaidons pour la non-intervention. Nous devons renforcer, comme unique voie légitime pour la discussion et l'analyse des agendas bilatéraux et multilatéraux du Continent, la base du respect mutuel entre les États et les gouvernements, sous le principe de la non-ingérence d'un État sur un autre, de l'inviolabilité de la souveraineté et de l'autodétermination des peuples.
Au sujet du blocus des USA contre Cuba et l'exclusion de ce pays du Sommet des Amériques, les pays de l’Alternative Bolivarienne pour les Peuples de Notre Amérique réitérons la Déclaration adoptée le 16 décembre 2008 dernier, par tous les pays d'Amérique latine et des Caraïbes insistant sur la nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par le gouvernement des USA contre Cuba, y compris l'application de la loi Helms-Burton.
Nous sommes fermement convaincus que le changement, que tout le monde espère, ne peut venir que de l'organisation, de la mobilisation et de l'unité de nos peuples ».
Et il a conclu en indiquant : « Le modèle actuel de développement n'est plus possible ni durable. Continuer sur le modèle actuel de développement c’est continuer à creuser la tombe dans laquelle nous irons tous. La seule façon de nous sauver tous est de changer le modèle, pour des raisons d’éthique, de morale et de valeurs ».
(1) Playa Girón : Petite plage située dans la baie des Cochons (Bahía de Cochinos) sur la côte méridionale de l’île de Cuba, dans une zone marécageuse de la province de Matanzas, à l’ouest de la ville de Cienfuegos.
L’endroit est devenu célèbre à la suite d'une péripétie des relations internationales, connue sous le nom de débarquement de la Baie des Cochons le 15 avril 1961, pendant laquelle les opposants à la révolution cubaine débarquèrent avec l’aide et le matériel de la CIA pour reprendre l’île de Cuba aux castristes.
Le terme en réalité ne se réfère pas à des cochons, mais à une sorte de poisson également appelé cochino en espagnol cubain. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Baie_des_Cochons
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Ortega avergonzado por la ausencia de Cuba en Cumbre de las Américas
Article original publié le 17/4/2009
sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous deux membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7470&lg=fr
LA PRÉSIDENTE ARGENTINE DEMANDE DES FONDS POUR LA "BID" ET LA LEVÉE DU BLOCUS SUR CUBA
Vème Sommet des Amériques

Auteure: Patricia RIVAS (Yvke)
La présidente argentine, Cristina Fernández, a ouvert la session inaugurale du Vème Sommet des Amériques avec un discours dans lequel elle a exigé la levée du blocus sur Cuba ainsi que, la dotation « de fonds à des organismes multilatéraux de crédit comme la Banque Interaméricaine de Développement » (BID), dont le principal donateur sont les USA qui orientent sa politique.
La présidente de l'Argentine, Cristina Fernández, a ouvert la session inaugurale du Vème Sommet des Amériques, qui réunit tous les présidents du continent à l'exception de Cuba, avec un discours très mesuré. Elle a conjugué les rappels à la mémoire historique et la nécessité de rendre compte des transformations du monde avec des mots pour « disculper » le président des USA, auquel elle a signifié que son désir n'est ni l’affrontement ni de sortir l’artillerie verbale.
Dans son discours, Cristina Fernández s’est référée au peu d'utilité pour l'Argentine qu’a eu le Traité d'Assistance Réciproque signé par les pays membres de l’OEA, lorsqu’en 1982 le pays a été attaqué par le Royaume-Uni. Au cours de cette guerre îles Malouines, les pays du continent n’ont apporté aucune sorte d'appui à l'Argentine.
Fernández a clarifié que cela n'a pas été la faute de l'actuel président des USA, de même que le consensus de Washington ne l'a pas été non plus, mais que son intention est d'aider à comprendre « ce qui nous est arrivé » et d’aider à la construction d'un monde différent.
Parmi les propositions concrètes mentionnées par la présidente argentine, elle a cité la dotation de fonds à nos organismes multilatéraux de crédits, comme la Banque Interaméricaine de Développement (BID), une institution dont le principal fournisseur sont les USA qui ont un poids décisif dans l'orientation de ses politiques de crédit et du type de projets qui sont financés.
L'autre mesure que Fernández n'a pas voulu oublier dans son discours a été la levée du blocus contre Cuba, en harmonie avec la position connue et exprimée par la majorité écrasante des pays qui participent au Sommet des Amériques. La présidente argentine a qualifié le blocus d'« anachronisme », qui répondait à la logique de la guerre froide et du monde bipolaire.
« Président Obama, nous reconnaissons, ce que vous avez fait en annulant les restrictions absurdes imposées par l'Administration Bush durant l'année 2004, mais nous croyons, y compris en entendant la République sœur de Cuba manifester son ouverture totale pour parler avec les USA sur toutes les questions, comme les droits de l’homme, les prisonniers politiques, etc…, nous croyons sincèrement que nous sommes dans les Amériques face à une seconde occasion de construire une nouvelle relation. Ne la laissons pas échapper », a-t-elle averti.
Fernández a beaucoup insisté dans son appel à ses homologues à chercher des points de rencontre, « sans cri, sans artillerie verbale qui souvent ne servent qu’à radicaliser les positions et ne permettent pas d’obtenir de solutions ».
Elle a conclu en affirmant son « espoir que ce soit ici le point de départ pour construire ce nouvel ordre régional. J'ai l'espoir que nous allons saisir cette seconde occasion pour récupérer les décennies perdues afin de construire une nouvelle relation entre les Amériques. Cela va dépendre de nous tous. De notre intelligence, de notre valeur, de notre courage et de notre mémoire, pour ne pas refaire les mêmes erreurs. Que Dieu le veuille ainsi».
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Presidenta argentina pide fondos para el BID y levantamiento del bloqueo a Cuba
Article original publié le 17/4/2009
Sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous deux membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7472&lg=fr
























