13 juin 2008
LE "NON" IRLANDAIS
L'IRLANDE
TROISIÈME PAYS QUI VOTE
« NON »
À UNE EUROPE CAPITALISTE !
Des millions de citoyens européens ont voté « NON » à une Europe impérialiste contre quelques milliers de parlementaires européens corrompus qui à huis-clos ont choisi le « OUI ».
PENDANT COMBIEN DE TEMPS ALLONS-NOUS SUPPORTER QUE LA POURRITURE, NOTRE NABOT DE SERVICE, PARLE EN NOTRE NOM ? IL A ÉTÉ DISQUALIFIÉ PAR NOTRE VOTE SOUVERAIN !
ALLONS-NOUS ACCEPTER QUE LES CRAPULES, LES CORROMPUS, LES MAFIEUX DE NOTRE PAYS ET DES PAYS D’EUROPE DÉTOURNENT UNE FOIS DE PLUS LE VOTE D’UN PEUPLE ?
LES CITOYENS DE FRANCE ET D’EUROPE ALLONS ÊTRE DANS L’OBLIGATION DE PRENDRE CONSCIENCE QUE NOUS NE POUVONS PLUS LAISSER CES CORROMPUS, ÉLUS ET LAQUAIS DE CE GRAND CAPITAL, DÉCIDER CONTRE NOTRE VOLONTÉ. PARTIS ET SYNDICATS, ASSOCIATIONS VONT DEVOIR METTRE LEUR OUTIL POUR LE RASSEMBLEMENT RÉVOLUTIONNAIRE.
L’ARSENAL DE CETTE RACAILLE MAFIEUSE, EST DÉJÀ PRÊT !
- Notre raclure, le secrétaire d’État des affaires Européennes, Jean-Pierre Jouyet, annonce avec aplomb, que suite à la victoire du NON irlandais, il faudra chercher un arrangement juridique particulier entre l’Irlande et le reste des membres de l’UE, une espèce de « mini traité » !!!
- Différentes options sont ouvertes pour débloquer le processus de construction européen impérialiste :
Le Traité de Nice peut être prolongé et le traité de Lisbonne laissé temporairement de côté. Il provoque des problèmes et beaucoup de pays doivent encore le ratifier.
- Il n’est pas écarté la possibilité de faire voter de nouveau les irlandais, après que leur gouvernement ait prit le temps pour continuer d’expliquer ce que signifie le Traité de Lisbonne et la véritable répercussion pour leur pays.
EN ATTENDANT MERCI AUX IRLANDAIS ET IRLANDAISES D’AVOIR PORTÉ HAUT LES COULEURS DE LA NON-SOUMISSION !
THANK’S IRELAND PEOPLE !
Esteban
11 juin 2008
EUROPE: UN ACCORD DE RÉGRESSION SOCIALE
L’accord intervenu hier entre les 27 Etats membres de l’Union Européenne sur la durée du travail constitue une véritable régression sociale
Il pérennise, sans aucune échéance limite, « l’opt out » c’est-à-dire la possibilité pour un employeur de déroger à la durée maximale hebdomadaire de 48 heures, dans une relation de gré à gré avec le salarié. Cela rend possible des durées de travail pouvant aller jusqu’à 65 heures hebdomadaires, voire plus.
C’est en contradiction avec la directive actuelle qui, au contraire, prévoyait de mettre un terme à « l’opt out ».
Sur le temps de garde (médecin de garde en hôpital), alors que la Cour de justice européenne a jugé à plusieurs reprises que la période dite « inactive » du temps de garde devait être considéré comme temps de travail effectif et payé comme tel, l’accord d’hier considère que ce n’est pas du temps de travail effectif.
Jusqu’ici, le gouvernement français avait toujours refusé ce type de compromis.
Il a hier procédé à un revirement complet, et apporté son soutien à cet accord, en se désolidarisant de l’Espagne, de la Belgique, de la Grèce, de la Hongrie et de Chypre. Cette attitude a permis l’adoption du texte à la majorité qualifiée.
Cela augure très mal de la façon dont la France compte gérer la dimension sociale de l’Europe durant sa présidence de l’Union Européenne dès juillet 2008.
Les déclarations d’autosatisfaction du Ministre du travail français, Xavier Bertrand, éclairent l’enjeu du projet de loi de déréglementation du temps de travail qui doit être validé au Conseil des Ministres français du 18 juin, et qui anticipe déjà sur la mise en œuvre de « l’opt out » dans le droit français.
Les mobilisations du 17 juin seront la première et forte réponse des salariés de France pour que le gouvernement français retire la déréglementation du temps de travail de son projet de loi d’une part et pour que le parlement européen ne valide pas l’accord intervenu entre les ministres du travail des Etats membres.
CGT Montreuil, le 10 juin 2008
09 juin 2008
EUROPE: LE BOUCLIER ANTIMISSILE DES ÉTATS-UNIS SUR LE SOL EUROPÉEN

LES ÉTATS-UNIENS VEULENT IMPLANTER UN BOUCLIER ANTIMISSILE EN EUROPE, LES INTERCEPTEURS POURRONT ÊTRE ÉQUIPÉS D'OGIVES NUCLÉAIRES ET SERVIR D'ARMES D'ATTAQUE.
Les élections aux États-Unis n’influenceront pas le déploiement du bouclier antimissile en Europe.
Washington ne renoncera pas à ses plans qui prévoient d’installer les infrastructures du bouclier antimissile nord-américain en Pologne et en République tchèque, même si c’est un président démocrate qui est élu, a déclaré aujourd’hui, Yevguenia Voiko, l’experte du Centre de la Coordination Politique de Russie.
Les États-Unis ont l’intention d’installer dix missiles intercepteurs en Pologne et de construire un radar d’alerte antimissile en République Tchèque en justifiant cette nécessité par une possible attaque de l’Iran. La Russie s’oppose à ces plans qui d’après elle constituent une menace à sa sécurité nationale.
« Les démocrates, qui ont toutes les probabilités de gagner les prochaines élections présidentielles aux EEUU, appuieront sûrement le projet du bouclier antimissile en Europe, étudié en son temps par les républicains », avait commenté l’experte de RIA Novosti.
Selon son explication, la réalisation du troisième circuit de défense antimissile en Europe fait partie de la stratégie de la sécurité nationale des EEUU.
« C’est pour cela que les plans de Washington d’installer les infrastructures du bouclier antimissile nord-américain en Europe de l’Est resteront en vigueur dans n’importe quel cas de figure suite aux élections », a conclu l’experte.
Moscou, le 9 de juin, RIA Novosti
Traduction: Esteban
27 novembre 2007
L’EUROPE GLOBALE ET l’ASEAN
IMPACTS DE LA STRATÉGIE DE COMPÉTITIVITÉ DE L’UE DANS LE SUD-EST ASIATIQUE
Depuis plusieurs années l’Union Européenne tente de consolider et d’affiner des stratégies qui lui permettent de fortifier sa compétitivité afin d’affronter les nouveaux défis du marché mondial qui se modifie rapidement. L’encouragement au commerce et aux investissements est clairement une priorité pour l’Europe. En 2000 la Stratégie de Lisbonne a été définie, une initiative pour transformer l’UE à « l’Économie basée sur la connaissance plus compétitive et dynamique du monde d’ici à l’an 2010, et capable d’accroître économiquement de manière durable, plus d’empois et de meilleurs emplois avec une meilleure cohésion sociale, et le respect pour l’environnement ». (1)
En 2005, une reprise de la stratégie de Lisbonne a été faite, qui propose en plus huit zones clé prioritaires : l’aide à la connaissance et à l’innovation ; la réforme de la politique des aides de l’État ; la simplification du cadre de régulation ; compléter le marché interne pour les services ; l’accord global sur les négociations du Cycle de Doha de l’OMC ; la suppression des obstacles à la mobilité des personnes, du travail et universitaire ; le développement d’une optique commune pour les thèmes de l’intégration économique ; l’aide aux efforts pour aborder les effets sociaux de la restructuration économique.
La stratégie de Lisbonne se base sur le renforcement de l’intégration économique en Europe comme le passage nécessaire pour promouvoir sa compétitivité et son avantage comparatif dans le marché mondial. En d’autres termes, beaucoup de réformes économiques et de restructurations auront des conséquences, non seulement pour les partenaires commerciaux de l’UE mais elles affecteront aussi les économies des propres États membres.
En octobre 2006, lors d’un discours prononcé devant la Commission Européenne, le Mandataire au Commerce de l’UE, Peter Mandelson, décrivait dans sa généralité les éléments clé d’une nouvelle communication de l’UE intitulée « Une Europe Globale : Rivaliser dans le monde », qui détermine la relation entre le commerce intérieur et extérieur de l’UE et les politiques de développement.
Mandelson résume la nouvelle stratégie comme le « rejet du protectionnisme chez soi, combiné avec un « activisme » dans l’ouverture des marchés à l’extérieur » (2). La nouvelle stratégie révèle manifestement la conviction que si l’on adopte une politique d’ouverture interne, il se « crée les conditions pour que les compagnies européennes fortes puissent se développer », et que le fait d’impulser l’ouverture et la libéralisation du commerce ainsi que les investissements dans le reste du monde est crucial pour assurer les intérêts du développement de l’UE.
La stratégie implique le démantèlement des barrières commerciales, particulièrement les obstacles non douaniers, la promotion de régimes de commerce ouverts à l’intérieur et à l’extérieur de l’UE, le développement du marché intérieur et la continuité du processus d’intégration de l’UE, l’établissement de règles et de normes au niveau mondial, la protection des droits de propriété individuelle (DPI), la conclusion du Cycle de Doha et l’institution de traités de libre commerce (TLC) bilatéraux et régionaux, en particulier avec la région asiatique où la présence de l’UE n’est pas aussi forte que celle des États-Unis, du Japon et de la Chine.
Plusieurs analystes européens considèrent que cette nouvelle stratégie représente un changement important pour l’UE. D’un côté, bien qu’il ne se manifeste encore qu’en paroles une préférence pour le multilatéralisme dans le commerce, il y a aujourd’hui derrière, une forte offensive pour concrétiser des traités le libre commerce bilatéraux et régionaux à l’égal des accords d’association économique avec l’Afrique, l’Amérique Latine et l’Asie. Comme l’UE se projette en champion du système de commerce multilatéral, l’OMC et les négociations de l’actuel Cycle de Doha maintiennent la « priorité », du moins dans le discours officiel. De la même façon que Mandelson l’a souligné « l’Europe ne fera aucun pas en arrière vers le multilatéralisme » (3). Cependant l’UE « détient le record mondial des traités de libre commerce bilatéraux qui couvrent toute l’Europe, le Moyen Orient, l’Afrique, Le Pacifique et l’Amérique Latine » (4). Mandelson justifie la recherche d’accords bilatéraux comme faisant partie d’une stratégie globale pour éliminer le barrières commerciales en particulier « celles qui sont hors de portée des règles de l’OMC ». Il met l’accent que « Doha en premier, n’a jamais signifié Doha seulement » (5).
L’UE impose son agenda de compétitivité aux pays du Sud-est asiatique en voie de développement de plusieurs manières et au travers de divers instruments politiques complémentaires.
Documents de Stratégie Pays (DSP) et des Programmes Indicatifs Nationaux et Régionaux (PIN et PIR).
L’UE élabore un DSP où est défini quelles sont ses priorités en matière d’assistance pour le développement, ensuite les pays récepteurs l’adoptent en donnant forme à un Programme Indicatif National, ou dans le cas de l’ASEAN, à un Programme Indicatif Régional qui établi les lignes générales pour la réalisation de projets et exprime son engagement avec le programme.
Le Programme Indicatif Régional de l’ASEAN débute par une analyse où il est exprimé que l’UE et l’ASEAN partagent beaucoup de caractéristiques et d’intérêts communs : La recherche de coopération et d’intégration régionale entre divers États membres ; le respect de l’identité culturelle, religieuse et linguistique ; l’engagement avec un monde multipolaire basé sur des institutions multilatérales fortes. Ces intérêts et ces caractéristiques communes s’accordent sur la base de la « nouvelle association » entre les deux régions.
Cependant, le centre du sujet se trouve caché plus loin, quelques paragraphes plus bas :
les liens commerciaux forts entre les deux régions.
L’ASEAN est le sixième membre commercial de l’UE dans le monde, en étant fournisseur de produits tels que de l’huile de palme jusqu’aux machineries. L’UE (25 pays) rend compte de 14,4% du total des exportations de l’ASEAN et de 11,4% du total des importations qui viennent créditer cette région. Le commerce des services est aussi en train d’augmenter.
Au fil des ans, les priorités d’assistance à l’ASEAN ont été définies ainsi : Facilité du commerce, en incluant le conseil sur les normes, la qualité et la conformité ; Droits de Propriété Individuelle ; énergie ; environnement ; développement de la capacité pour le Secrétariat de l’ASEAN (promotion de l’intégration régionale dans le Sud-est asiatique) ; harmonisation des statistiques sur la Santé, l’Éducation ; le commerce et les investissements (coopération statistique) ; et la lutte contre le terrorisme (gestion des frontières).
En deux ans 2005-2006, le programme indicatif régional de l’UE pour l’ASEAN a été d’un montant entre 15 et 20 millions d’euros.
Document de Stratégie Pays – Philippines
Pour les Philippines, les priorités de la Stratégie Pays de l’UE incluaient : la réforme du secteur de la Santé, l’aide aux processus de Paix à Mindanao et l’assistance relative au commerce.
Au sujet de la Santé, la préoccupation principale que se posent les divers groupes de la société civile, est l’offensive pour une réforme du secteur de la Santé dans le contexte de marchandisation des services de soins sur la Santé et la pression pour que les institutions de la Santé Publique adoptent les principes de « recouvrement des coûts » et de « dégagement de bénéfices ».
Dans ce qui est fait sur l’assistance relative au commerce, bien que l’objectif déclaré est le développement des capacités dans les agences gouvernementales, les groupes de la société civile dénoncent que la motivation principale de l’assistance de l’UE relative au commerce est de renforcer le commerce et le flux d’investissements, en particulier entre l’UE et les Philippines. Tous les autres aspects de l’assistance, mis en œuvre, sont des compléments de cet objectif sous-jacent. Pour autant, bien qu’il soit appelé à « faire une juste considération aux dimensions sociales de la globalisation », le DSP/PIN ne formule aucun appui ni même pas la volonté explicite d’encourager des politiques ou des programmes pour les aborder.
Le PIN reconnaît, par exemple, la possibilité que la libéralisation aurait des effets négatifs à court terme et donc la nécessité d’établir « des politiques complémentaires convenablement ordonnées ». Cependant il ne dit rien qui permette d’identifier quels sont les effets potentiellement négatifs (par exemple, la perte des revenus résultant de la réduction des paiements et les conséquences sur les dépenses publiques, les effets négatifs sur les revenus des agriculteurs inhérents au revenu infléchi des produits agricoles, ou la perte possible des postes de travail dans le secteur industriel découlant des conséquences du NAMA) ni quels types de mesures d’adoucissement sont nécessaires pour retourner ces effets.
Si l’on compare avec l’assistance technique liée au commerce (TRTA sigle anglais) qui s’appliquait avant, et qui était plus explicite quant à faciliter l’appui à la promotion des entreprises et au développement des capacités pour aider la mise en oeuvre des règles actuelles de l’OMC et participer de manière significative au Cycle de Doha, l’objectif de cette nouvelle assistance technique liée au commerce est la facilitation au commerce grâce à une stratégie de dualité : le développement des capacités des principaux acteurs publics et privés et la levée des obstacles techniques au commerce, pour que l’UE puisse profiter des droits Philippins et des opportunités existantes dans le cadre du système du commerce multilatéral.
Au cours des négociations du Cycle de Doha, les Philippines ont consacré beaucoup d’efforts pour que ces droits soient transcrits en articles, en adoptant une position que beaucoup de pays en développement puissent partager – la défense de l’espace politique pour le développement et le droit des pays à user une politique commerciale pour tracer ses propres objectifs de développement – et en exigeant une plus grande flexibilité dans les négociations pour les pays en développement. Cependant le PIN, paraît entrevoir cette position avec méfiance. La composante du développement des capacités doit aussi renforcer la capacité du gouvernement pour faciliter un processus de révision de sa politique commerciale.
Bien que le DSP/PIN incite à développer les capacités des acteurs dans les négociations commerciales, il ignore absolument la réclamation des dommages – tels que les petits agriculteurs ruraux et les pêcheurs artisanaux, les femmes, les travailleurs et les communautés indigènes – pour l’accès à l’information et pour une plus grande participation dans la formulation des politiques commerciales.
Devant les Philippines, les représentants de la délégation de l’UE argumentent que nos critiques sur l’assistance liée au commerce sont dues au fait que nous n’avons pas compris la nature de l’assistance de l’UE. Selon les bureaucrates de la CE, l’UE est là pour aider les Philippines à améliorer ses normes et faciliter ainsi ses exportations nationales vers l’UE. Ils signalent également que notre position au respect du Cycle de Doha est évidemment contraire à la position de l’UE.
Accords d’association et accords de coopération
Il existe une multitude d’accords de coopération entre l’UE et l’ASEAN sur la facilité et la promotion du commerce et des investissements, conseil en matière de normes et de conformité, développement d’un secteur de services efficient, coopération institutionnelle sur les mécanismes et les politiques pour l’intégration régionale, coopération sectorielle en agriculture (secteur aliments et boissons, exportations et fabrication de machines), pêche (développement des capacités pour la conduite des ressources côtières), industrie minière et énergétique ( pétrole et gaz naturel, production et fourniture d’énergie), manufactures ( automobiles, médicaments, produits pharmaceutiques, produits pétrochimiques et aliments traités).
L’agenda de propriétés des entreprises de l’UE résulte à l’évidence dans ces accords de coopération, qui mettent l’emphase pour créer un climat plus favorable dans les affaires, dont les bénéficiaires sont les entreprises européennes dans les zones telles que l’industrie des aliments traités et le secteur chimique et pharmaceutique, secteurs dans lesquels se sont les compagnies de l’UE qui dominent le marché international.
Traité de libre commerce UE-ASEAN
« Je crois, pour sa part, que l’Europe ne s’est pas adaptée avec la rapidité suffisante à ces changements de l’Asie et aux défis qu’ils représentent. Dans plusieurs aspects, l’Europe applique encore une politique du XXè siècle avec une Asie du XXIè siècle. Lorsque l’Europe se mélange effectivement avec l’Asie, elle le fait trop souvent en grande partie seulement avec la Chine, en négligeant les opportunités qui surgissent dans le reste du continent ». Peter Mandelson en Malaisie, mai 2006.
Le chemin vers le Traité de Libre Commerce (TLC)
Déjà en 2002 l’UE était en train de faire naître l’idée d’un Traité de Libre Commerce (TLC) avec Singapour. Cette idée était restée en suspens à cause de la préoccupation qu’un traité bilatéral avec Singapour laisserait en dehors d’autres membres de l’ASEAN.
En 2003, l’UE avait proposé « l’initiative de Commerce Trans-Régional UE-ASEAN » (TREATI sigle anglais), comme initiative de coopération économique birégionale qui inclus le dialogue et des activités conjointes d’intérêt économique mutuel. Le but est de consolider les ciments sur lesquels puissent s’établir le dialogue et la coopération dans ses aspects régulateurs sur des thèmes distincts comme la facilité d’ouverture au commerce, l’accès à des marchés et des investissements entre deux régions, avec pour objectif d’étendre les flux du commerce et des investissements.
Avec cette initiative (TREATI), l’UE pourrait améliorer substantiellement sa relation avec la région, puisque celle-ci crée déjà les bases pour un éventuel TLC pour le futur. Bien qu’elle ne prétende pas remplacer le TLC, cela représente un compromis substantiel pour l’UE d’intensifier son association économique avec l’ASEAN pour les prochaines années.
Le groupe de vision ASEAN-UE
Le Groupe de vision sur l’Association Économique ASEAN-UE a été crée par les ministres d’économie de l’ASEAN et le Mandataire du Commerce de l’UE lors de la sixième Consultation le 27 avril 2005 au Vietnam. Ce Groupe de Vision eut pour finalité d’étudier la viabilité d’une Zone de Libre Commerce ASEAN-UE, ainsi que d’autres initiatives pour améliorer la coopération et les liens économiques entre l’ASEAN et l’UE. La réunion inaugurale fut réalisée en juillet 2005 au Vietnam.
Le rapport du Groupe de Vision qui donna le feu vert à un TLC UE-ASEAN fut présenté à Hanoi en mai 2006. Le chapitre 3 de ce rapport est destiné au TLC UE-ASEAN. Dans celui-ci, les bénéfices potentiels de l’accord y sont décrits et le cadre pour les négociations y est établi.
La conclusion de L’étude quantitatif est la suivante :
1 : L’ASEAN obtiendrait des gains assez importants qui pourraient dépasser 2% du PIB en 2020, à noter que séparément, les gains des pays membres seraient différents, et que ceux des pays les moins avancés seraient très modestes.
2 : Le volume des gains (75% des gains de l’ASEAN) est lié à la libéralisation dans la zone des services (en supposant une réduction de 50% des barrières au commerce des services).
3 : Les gains se renforcent dans l’environnement des TLC signés par l’UE et l’ASEAN avec des pays tiers : TLC UE-Mercosur, TLC de l’ASEAN avec des partenaires de dialogue.
D’un autre côté, selon l’étude qualitatif, le TLC pourrait générer une gamme plus étendue d’impacts autant positifs que négatifs. Ceux-ci comportent des gains modérés à partir d’une réduction des tarifs douaniers, dès que les droits de douanes ne seraient plus le principal obstacle pour le commerce des biens, en particulier avec les gains significatifs dans les secteurs comme l’Agriculture et l’Automobile dont les droits de douanes sont élevés. L’étude fait ressortir une complémentarité entre les deux régions dans une série d’industries, avec une force relative de l’ASEAN dans la manufacture et l’UE dans les services concernant la connaissance. Les barrières non douanières ont pris également de l’importance et empêchent le commerce : pour les exportations de l’ASEAN vers l’UE, celles-ci seraient les normes, les conditions techniques et les contingents tarifaires pour les produits sensibles, autant que pour les exportations de l’UE vers l’ASEAN, les mêmes restrictions le seraient dans le secteur des services, particulièrement les conditions et les limitations imposées à la propriété étrangère et les politiques nationales destinées à appuyer des secteurs industriels déterminés.
Sur la base de ces études, le rapport du Groupe de Vision a recommandé une optique différente pour les négociations du TLC. La coopération ou le renforcement de l’association devra pointer trois objectifs : coopération, facilitation et libéralisation. Le TLC inclura des mesures d’assistances techniques et un développement des capacités, en plus des dispositions courantes de libéralisation.
Le 6 décembre 2006, l’UE a présenté un projet de mandats. Ce projet confirme la nouvelle optique standard annoncée le 4 octobre dans le communiqué de la commission de l’UE sur « Europe Globale » : fort éloigné du climat régulateur général, avec une emphase spéciale pour les barrières non commerciales et une série de nouveaux mécanismes de consultations préalables et une médiation flexible.
Le 23 avril 2007, le Conseil des Affaires Générales et des Relations Extérieures (GAERC sigle anglais) de l’UE a approuvé tous les cinq mandats pour les TLC avec l’ASEAN, la Corée et l’Inde, et les accords d’association avec l’Amérique Centrale et la Communauté Andine des Nations.
Les ministres d’économie des pays de l’ASEAN et le Dirigeant du Commerce de l’UE se sont réunis au Brunei le 4 mai 2007, et s’étaient accordés de démarrer les négociations pour signer un TLC. Le processus des négociations sera basé dons l’optique région-région, en reconnaissant et en tenant compte les différents niveaux de développement et de capacité des pays membres de l’ASEAN.
Il se créera un comité conjoint constitué de fonctionnaires de haut niveau de tous les pays membres de l’ASEAN et de l’UE afin de développer les détails des modalités, le programme de travail et le chronogramme des négociations.
Préoccupations et problèmes centraux
1. Le processus
Le manque de transparence et de participation de l’opinion publique dans l’ASEAN. Cela montre le double discours de l’UE, qui promeut des processus plus participatifs à l’intérieur de sa région, mais ne s’embarrasse absolument pas du manque de transparence dans l’ASEAN.
2. Pays inclus
L’ASEAN veut négocier comme étant un, en utilisant la manière de « 10 comme 1 », alors que l’UE a l’intention d’exclure la Birmanie. Dans la même réunion du conseil qui avait approuvé les mandats, une position commune avait aussi été adoptée, renouvelant contre la Birmanie les mesures restrictives jusqu’au 30 avril 2008 et en actualisant la liste des personnes inclus dans le cadre de ces mesures.
3. Thèmes substantifs
3.1 Disparités à l’intérieur des économies de l’ASEAN – Qui restera avec les bénéfices potentiels ?
La région du Sud-Est asiatique est caractérisée comme une zone de croissance du commerce et des investissements.
Elle est composée de la Birmanie, le Brunei, le Cambodge, l’Indonésie, la Malaisie, les Philippines, Singapour, la Thaïlande, le République Démocratique Populaire du Laos et le Vietnam. La région a une population totale d’environ 550 millions de personnes. Ensemble, ces pays ont un PIB de 700 Milliards de dollars U$. Le taux moyen de croissance de la région est de 5,5% (2005).
L’Investissement Étranger Direct (IED) dans l’ASEAN a atteint 38 milliards U$ en 2005, représentant une augmentation de 48% au regard de l’année antérieure. Le pronostic pour 2006 montre également une tendance à la hausse selon les données préliminaires du premier trimestre de cette année-là, et qui indiquent que les flux de l’IED ont atteint 14 Milliards u$ pendant cette période, 90% de plus que les 7,4 milliards U$ enregistrés dans la même période de 2005.
L’ASEAN à continué de maintenir une tendance positive dans son dégagement commercial, déjà que le total des exportations de 2005 à augmenté de 13,5% par rapport à 2004, passant de 589,4 Milliards U$ en 2004 à 646 Milliards U$ en 2005. La tendance à continué à la hausse jusqu’au premier trimestre 2006, avec une croissance de 17,7% des exportations en comparaison avec les chiffres des exportations pour la même période de 2005. La quote-part du commerce intra-ASEAN comme le pourcentage total du commerce de l’ASEAN, 25%, s’est maintenu relativement constant en 2005, légèrement plus que les 24,3% de 2004 (6).
Cependant, les chiffres totaux masquent une réalité : « Le Sud-Est asiatique est une région économiquement diverse, avec des pays qui ont des niveaux de développement différents et des capacités pour répondre à la globalisation, au changement et aux besoins de ses citoyens » (7).
Le pays le plus riche de la région est Singapour, qui a un PIB de 25.207 U$ par tête, en comparaison avec la Birmanie, dont le PIB s’élève seulement à 166 U$ par tête (à peine 0,6 du PIB par tête à Singapour). Incluons le PIB aux Philippines qui arrive à 1.042 U$ par tête, ce qui n’équivaut à peine qu’à 4% du PIB par tête à Singapour.
Du total de l’IED dans l’ASEAN en 2004 qui est arrivé à 25 Milliards U$, Singapour remporte la part du lion avec 16 Milliards qui représentent 64% du total de l’IED de la région. En deuxième position il y a la Malaisie qui a attiré 4 Milliards U$ équivalents à 16%, suivie du Vietnam avec 1,6 Milliards U$ équivalents à 6%. Les Philippines occupent la sixième place avec des flux d’IED qui arrivent à 469 millions U$, à peine 1,6% de l’IED de la région.
En terme d’exportations de marchandises, Singapour est de nouveau au dessus de la liste, avec des exportations qui en 2004 sont arrivées à 197 Milliards U$ pendant que la RDP du Laos occupait la dernière position avec des exportations de seulement 363 Millions U$, quelque 0,1% des exportations de Singapour. Les exportations des Philippines s’élèvent à 38 Milliards U$ ce qui équivaut à 19% des exportations de Singapour.
En terme de migrations, la région a des pays d’émigration (comme l’Indonésie, et les Philippines) et d’autres d’immigration (comme la Thaïlande, la Malaisie et Singapour). Les migrants irréguliers tournent autour de 2,6 millions, lesquels représentent 82% et sont des indonésiens et des philippins. La Malaisie et la Thaïlande sont les récepteurs de 83% de cette migration.
3.2 La libéralisation du commerce des biens et des services pourra faire bénéficier les intérêts des entreprises de l’UE, mais pourra être préjudiciable pour l’emploi, le soutien et la nourriture, et les recettes des États.
Dans l’agriculture, les ajustements et les réformes des politiques pourront amener à la « marchandisation » croissante de l’agriculture de l’ASEAN et pourraient avoir des conséquences négatives sur les revenus des petits agriculteurs. Cela pourrait aussi conduire à une grande pression dirigée à transformer les structures de propriété de la terre, les priorités d’utilisation de la terre et les formes de production des aliments sur l’autel d’une production d’aliments plus orientés pour le commerce.
Dans le secteur des biens industriels, l’UE est déjà la plus importante exportatrice du monde. L’agenda de l’UE autour du NAMA resserre sa position en réduisant drastiquement les droits de douane des produits industriels et de la pêche dans le monde en développement. Cela aurait des effets dévastateurs sur les économies des pays pauvres et leurs possibilités d’user une politique commerciale pour avancer leur propre agenda de développement, de la même façon que l’a fait l’UE par le passé.
Les références des Philippines montrent qu’avec une formule ambitieuse pour le NAMA qui pourrait impliquer un coefficient de 15% pour les pays en développement, les lignes des tarifs douaniers consolidées pour les produits non agricoles se réduiraient de 63% en moyenne. Bien que les nouvelles lignes des droits de douane consolidées pour les autres produits continueraient d’être au-dessus des tarifs de douane appliqués, les secteurs suivants expérimenteraient une érosion substantielle de la flexibilité dont ils disposent aujourd’hui en matière de politiques. Les lignes des tarifs douaniers consolidés pour les textiles se réduiraient de 30% à 10%. Avec des droits de douane appliqués à 9%, cette réduction de ces lignes constituent une perte de 96%. Les cinq secteurs qui seraient les plus sévèrement affectés comprennent les produits du caoutchouc (95%), les métaux fabriqués (87,7%), le bois et les dérivés du bois (87,3%), le papier et les dérivés du papier.
Les secteurs suivants affronteraient la plus grande érosion de l’espace des politiques, enregistrant des réductions effectives dans les droits de douane appliqués. Le secteur des meubles expérimenterait une réduction de 9% sur les droits de douanes ; le plastique, les produits du cuir et des chaussures 13% de ces droits, et le secteur des vêtements expérimenterait, lui, une réduction de 33% des droits de douane appliqués. Mais le secteur qui serait le plus affecté serait celui de l’automobile qui souffrirait d’une réduction de 61% des droits de douanes appliqués.
Perte de revenus et de postes de travail
Selon un récent rapport publié par Sam Lair, conseiller de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le développement (UNCTAD sigle anglais), dans un scénario ambitieux de réductions des tarifs douaniers, les recettes douanières des pays en développement tous réunis tomberont de 41%, calculé à partir d’une base de 156 Milliards U$.
D’autre part, dans le cadre de ce scénario ambitieux, les projections montrent des pertes d’emploi significatives, spécialement dans le secteur des véhicules motorisés qui serait le principal secteur qui souffrirait des pertes dans les pays en développement.
Dans le Sud-Est asiatique l’on prévoit des pertes de postes de travail dans les secteurs des métaux non ferreux (6,4%), les véhicules automoteurs (6,6%) et l’électronique (1,7%).
Aux Philippines on pourrait attendre des pertes de postes de travail dans le secteur de véhicules motorisés qui emploie environ 39 .000 travailleurs, le secteur de l’habillement avec une grande capacité d’emploi de près de 370.000, le secteur du cuir et des chaussures avec 69.000 travailleurs, le secteur des meubles avec 143.000 travailleurs et dans le secteur des produits plastiques employant 54.000 travailleurs.
Dans la zone des services la plus grande préoccupation est autour du thème de la réglementation intérieure. Il y a la crainte que les mécanismes de régulation, inclusifs ceux qui se consacrent dans les constitutions en vigueur dans l’actualité, seraient démantelés pour donner lieu à des régimes d’importante libéralisation et plus favorables pour les investissements étrangers.
Aux Philippines, en Thaïlande et dans la majorité des pays de la région, le changement de la Constitution est un thème sensible qui est en train d’être débattu et résistant au niveau national. Les débats sont centrés sur les réformes politiques, qui au fur et à mesure éclipsent le problème des réformes économiques (c'est-à-dire les mesures de libéralisation) qui font partie inhérentes de l’agenda du changement des Constitutions.
Un autre thème crucial pour la région, c’est l’accès aux médicaments. La grande emphase que met l’UE dans la reconnaissance et l’observation des Droits de Propriété Intellectuelle percute avec la position chaque fois plus généralisée dans la région qui tend à maximiser ses droits en la solution des problèmes de Santé Publique. L’expérience de la Thaïlande qui a invoqué de tels droits s’abritant dans l’accord de l’OMC sur les ADPIC et ses clauses sur les licences obligatoires et d’importation parallèles de médicaments essentiels pour sauver des vies, est un exemple clair de leur part. La mesure adoptée par la Thaïlande d’émettre des licences obligatoires pour les médicaments clé, a généré un grand chambardement dans le monde développé, spécialement avec l’industrie pharmaceutique multi millionnaire. L’UE est le siège de quelques unes de ces entreprises pharmaceutiques les plus grandes du monde.
Conclusions
L’optique de l’UE de combiner des accords de coopération « plus souples » avec les TLC purs et durs a engendré l’impression que l’UE est une puissance hégémonique bénigne dont l’intérêt fondamental est le développement, avec la préoccupation pour les droits humains, l’environnement, les droits du travail, etc. Ce discours est évident dans les EPA (Accords d’Association Économique) et dans les TLC, ainsi que dans les accords d’association et dans les DSP. Selon les bureaucrates de l’UE, ce que l’UE est en train de faire est d’aider les pays à augmenter le commerce, en contribuant d’améliorer leurs normes et les mécanismes de régulation.
L’agenda de compétitivité de l’UE défini dans la stratégie de Lisbonne, la directive de Bolkestein et le nouvel agenda de l’UE dément toutes ces parades d’une Europe Philanthropique. Les intérêts patronaux sont dans le centre même de cette stratégie de transformer l’UE en une économie la plus compétitive du monde.
L’agenda de compétitivité de l’UE, avec son offensive énergique et agressive, en quête de la libéralisation du commerce des biens, des services et des régimes d’investissement, sapera le développement du Sud Global.
D’autre part, l’agenda d’intégration économique et de libéralisation que promeut l’UE comme un modèle à suivre pour l’ASEAN est très dangereux, au regard des niveaux de pauvreté et d’iniquité dans la région et l’absence d’un système de sécurité sociale comparable à l’Europe.
Joseph Purugganan
Joseph Purugganan est enquêteur membre de Focus on the Global South. Ce document a été présenté dans les ateliers sur le commerce dans la Chambre Alternative du G8 du 5 au 7 juin 2007 à Rostock, Allemagne.
Notes :
1 . Lisbon Strategy
2 . Une Europe Globale: Rivaliser dans le monde. Éléments du discours du Mandataire de l’UE : Peter Mandelson 4 octobre 2006.
3 . Ibid.
4 . Marc Maes, The EU approach to bilatéral negociations. A quick snapshot. 8 november 2006.
5 . Une Europe Globale: Rivaliser dans le monde. Éléments du discours du Mandataire de l’UE : Peter Mandelson 4 octobre 2006.
6 . Extrait de la déclaration conjointe dfes trent huit ministres de l’économie de l’ASEAN (AEM) en août 2006.
7 . SAPA Groupe de Travail de ASEAN. Submission on the Economic pillar. Juin 2000
ASEAN: Association of Southeast Asian Nations (Association des Nations du Sud-Est Asiatique)
NAMA : Accès au Marché des produits Non Agricoles
Centre d’Études Politiques pour les Relations Internationales et le Développement
Traduction Esteban
29 octobre 2007
" FUTUR" Traité Européen
En 2005, les citoyennes et les citoyens de notre pays et des Pays-Bas ont refusé la “ constitution ” européenne que les chefs d’Etat de gouvernement avaient adoptée. Dans plusieurs pays, elle n’a jamais été ratifiée. Fin juin 2007, les chefs d’Etat et de gouvernement ont lancé une procédure éclair pour un nouveau traité européen, sans débat populaire, sans référendum.
Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, ce n’est pas un “ mini-traité ”. Sous un autre nom et une autre forme, il reprend l’essentiel de la “ constitution ” rejetée.
Contrairement à ce que dit Nicolas Sarkozy, “ le respect de l’économie ouverte de marché où la concurrence est libre ” restera la pierre angulaire de la construction européenne à laquelle tout est subordonné. Aucune des principales exigences soulevées dans le débat sur le traité constitutionnel n’est prise en compte : services publics, égalité hommes-femmes, laïcité, préservation de l’environnement et des ressources non renouvelables, Europe sociale, refus de la libre circulation des capitaux et du dumping fiscal, surpuissance et missions de la banque centrale européenne (BCE), politique de paix, fonctionnement démocratique de l’Union européenne. Rien.
Les services publics restent soumis aux règles de la concurrence. La référence aux “ héritages religieux ” est maintenue. Aucun des obstacles à l’amélioration des règles sociales n’est levé. Les politiques environnementales sont stérilisées par les choix économiques ultra-libéraux. Le pouvoir de la BCE est préservé. L’inscription de la défense européenne dans la politique de l’OTAN, c’est à dire sa soumission aux Etats-Unis, et la militarisation de l’Europe sont confortées. La charte des “ droits fondamentaux ”, déjà très insuffisante, reste vidée de toute portée pratique. Et, comme prévu par le traité constitutionnel, le système institutionnel actuel, profondément anti-démocratique, n’est pas vraiment transformé. Bref, on retrouve tout ce qui fait de l’Europe une zone aménagée de libre échange et de promotion des politiques néo-libérales, au lieu qu’elle se construise démocratiquement et propose une autre voie que le règne sans partage des multinationales et des marchés financiers.
Nous sommes des partisans déterminés d’une Europe émancipée de cette tutelle des puissances financières, capable de refuser les politiques de domination agressive et les interventions militaires pour mettre en œuvre de nouvelles relations internationales, notamment avec les pays du Sud. Nous voulons une Europe fondée sur le refus de toutes les discriminations, le respect effectif de la diversité culturelle et la convergence par le haut des droits sociaux, des normes environnementales et des protections des consommateurs. Nous voulons une Europe bâtie sur la volonté et la souveraineté populaire. Voilà pourquoi nous refusons ce nouveau traité. Et nous proposons une démarche : l’élaboration d’un nouveau texte fondateur à la suite d’un processus démocratique, populaire et transparent ; puis sa ratification par referendum dans tous les Etats.
Nous appelons toutes celles et tous ceux qui veulent cette Europe là à se mobiliser, à faire converger leurs initiatives et à unir les forces pour expliquer le véritable contenu du nouveau traité, dénoncer la tromperie et pour ouvrir une nouvelle perspective d’une Europe démocratique, sociale, écologique et solidaire.
Pour éviter que le peuple tranche, Sarkozy veut faire adopter le nouveau traité par la voie parlementaire. Rien ne dit qu’il pourra le faire. Les citoyens et les élus, quel qu’ait été leur vote le 29 mai 2005, doivent refuser que la démocratie et la volonté populaire soient bafouées et exiger un nouveau référendum.
Parti Communiste Français



