25 juin 2008
BOLIVIE: LA CIA ET L’OLIGARCHIE, CONSPIRATION CONTRE LA BOLIVIE
L’Empire yankee et l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA), l’USAID, l’Institut Républicain International (IRI), l’Institut Démocratique National (NDI) et d’autres institutions nord-américaines spécialisées dans la subversion, actions séparatistes et déstabilisation de gouvernements cohabitent publiquement pour conspirer avec les oligarchies boliviennes et leurs organisations de droite fascistes comme le Comité Civique et l’Union Juvénile de santa Cruz, afin de renverser le gouvernement de Evo Morales et créer ainsi des petites républiques in-dépendantes qui serviraient les classes dominantes et les intérêts géopolitiques des États-Unis et les transnationales qui ont pillé les ressources naturelles des Départements de Santa Cruz de la Sierra, Beni, Pando, Tarija et Cochabamba.
L’obscure CIA qui cherche l’anti patrie, la trouve chez les oligarchies et dans les grandes entreprises de communication sociale, leurs alliés naturels pour renverser les gouvernements progressistes et démocratiques qui sont dangereux pour les objectifs de domination impériale. En Bolivie. La CIA est entrée dans l’étape finale de « l’Opération Demi Lune » qui a comme objectif final de concrétiser les plans séparatistes qui veulent achever d’étouffer le gouvernement d’Evo Morales.
Les plans de la CIA et des autres entités états-uniennes sont exécutés, à La Paz, sous le contrôle direct de l’Ambassadeur Philip Goldberg, qui s’est spécialisé dans les affaires de déstabilisations dont il a acquit une longue et extraordinaire expérience lors de la séparation et l’éclatement de la Yougoslavie et dans la proclamation du Kosovo comme nouvel État qui est devenu une immense base militaire et politique des Etats-Unis, dans la zone conflictuelle et stratégique des Balkans. Pour son « travail » en Bolivie, Goldberg a été proposé à la récompense du prix « Diplomatie pour la Liberté » qui est offert par le Département d’État aux fonctionnaires qui ont accompli avec succès les projets dessinés par la Maison Blanche, le Secrétariat de la Sécurité Nationale, le Pentagone et la CIA.
« L’Opération Demi Lune » a pour but de renverser Evo Morales, premier Président indigène de Bolivie. En référence a l’accusation de Pablo Estefanía, fondée sur les déclarations d’une personne de l’opposition « déçue » et des plans de déstabilisation de la CIA contre la Bolivie. L’informateur affirme que la CIA a établi des alliances économiques et politiques avec les oligarchies et l’opposition radicale dans les droites, parmi lesquelles certaines sont d’essence fasciste. Dans leurs plans, la CIA n’est pas embarrassée qu’il advienne des actions violentes et qu’elles puissent causer la mort de centaines de boliviens indiens, la mort n’a pas d’importance parce que le séparatisme dirigé par les « blancs » a des racines profondes dans la discrimination raciale qui a stimulé la haine pathologique vers tout ce qui se rapporte à l’indien.
La CIA avait débuté ses activités déstabilisatrices et séparatistes avec une étude détaillée large et profonde, de la situation politique bolivienne et s’était infiltrée dans les partis et les mouvements sociaux qui appuient Evo Morales, ensuite elle s’est concentrée dans les oligarchies et les partis politiques de l’opposition. Dans la première phase, elle a recouru, également, aux moyens de communication sociale afin de provoquer une guerre médiatique contre le Gouvernement légitimement constitué. À travers les entreprises de communication dans les mains des secteurs dominants, grâce à des techniques de guerre psychologiques, elle a effectué une guerre sale en diffusant toute sorte de rumeurs, de mensonges, d’exagérations et des dommages au moyen de manipulation, déformation et désinformation. Elle a visé ainsi à tromper la population indigène et blanche-métisse qui soutient Evo Morales.
Dans la seconde étape, la CIA s’est concentrée profondément dans les secteurs de l’opposition et dans les oligarchies. Elle avait organisé des liens très forts avec chaque secteur afin d’attiser la haine envers l’indien Président, et exaspérer les classes dominantes qui furent persuadées que seul, leur profil, correspondait pour gouverner la Bolivie. Dans cette phase, la CIA a eu recours à l’USAID et à d’autres institutions états-uniennes comme le IRI et le NDI afin qu’avec leurs programmes elles convergent vers les plans séparatistes et déstabilisateurs, dans lesquels elles possèdent une grande spécialisation. Dans cette étape, l’USAID a financé le voyage aux Etats-Unis, des Préfets de Santa Cruz, Tarija, Cochabamba et Beni. À travers les institutions états-uniennes, spécialement l’USAID, la CIA a obtenu toutes sortes d’appuis et, particulièrement, financier, aux processus d’autonomie séparatiste des Départements pour lesquels les préfets ont menés campagne tous frais payés.
L’ingérence de l’empire dans les affaires intérieures de la Bolivie, atteint un cynisme et une impudence jamais égalés. En collaboration avec la grand presse et ses agences internationales attelées au capital transnational, ils provoquent le mouvement séparatiste et recourent au fur et à mesure à d’autres organisations étrangères comme c’est le cas pour la « colonie croate en Bolivie » qui représente un secteur blanc – élitiste empreint d’une tendance fasciste et, par conséquent, des politiques de l’extrême droite qui s’expriment dans une féroce opposition à Morales. Le groupe croate est composé, entre autres, par les séparatistes Marincovich, Radich, Culhis, Tadich, Acaminivich, Matcovich, Petrachevich, Sitich. Ces secteurs croates avaient été expulsés de la Yougoslavie et recrutés par la CIA qui les aida à s’insérer en Bolivie, par le biais de résolutions des dictateurs boliviens au service de Washington.
La nation camba
Les croates, unis à des immigrants espagnols, allemands et même libanais forment ce que l’on nomme la « nation camba » qui est un paradis pour les droites extrémistes et les fascistes blancs. Les dictateurs avaient protégé ces criminels nazis qui arrivèrent en Bolivie, de même que la mafia italienne, dont les descendants sont maintenant les leaders du séparatisme qui, s’il triomphait, leurs procurerait d’immenses fortunes, s’accaparant les terres et les riches commerces des hydrocarbures. Le sénateur vénézuélien Carlos Wimmer a affirmé que ces secteurs sont ceux qui « nourrissent en armement ces groupes fascistes, comme l’Union Juvénile de Santa Cruz, coordonnée par des groupes nazis qui se constituent en paramilitaires ».
La grand presse bolivienne, états-unienne et internationale, en hommage à la liberté d’expression de la pensée et du droit à l’information des peuples, taisent et occultent la présence effective de militaires séparatistes qui bénéficient de conseil, d’entrainement et d’appui direct de militaires professionnels du Brésil et de Colombie. Ainsi, le séparatiste Comité Civique de Santa Cruz, dirigé par le croate Branco Marincovich compte sur l’appui de l’empire de Bush, de la CIA, des néonazis, des mafiosi et des transnationales parmi lesquelles : Repsol, Chaco, Andina, Transredes.
La CIA fut spécialement prudente au moment d’établir des liens avec la jeunesse oligarchique de Santa Cruz et des autres Départements séparatistes. Au moyen de l’USAID, elle offrit l’aide et la collaboration a un Centre de l’Université San Xavier, programmé pour diriger les manœuvres pour la prise des terres et des ressources naturelles, elle finança et dirigea l’entrainement et la formation des groupes juvéniles de Santa Cruz qui créèrent ensuite l’Union Juvénile Cruceñista [de Santa Cruz], groupe paramilitaire fasciste qui le 4 mai, le jour du référendum séparatiste, avait organisé plusieurs affrontements violents contre les secteurs populaires comme le Plan Tres Mil de Santa Cruz, opposé au processus oligarchique. Ce groupe de l’Union Juvénile utilise les symboles et les couleurs de l’Allemagne fasciste d’Hitler et a été entrainé à des stratégies et des tactiques militaires. L’empire et la CIA, n’auront apparemment aucun scrupule éthique pour liquider le gouvernement socialiste d’Evo Morales.
La CIA achève ses travaux en couverture. Dans la phase suivante de « l’Opération Demi Lune » elle a travaillé intensément sur une série d’opérations psychologiques destinées à saturer le pays de propagande négative, exécuter la guerre médiatique pour exacerber les sentiments séparatistes fondés sur la plus aberrante haine raciale. Le comble du cynisme fut atteint par le recrutement d’un étudiant de la Fondation Fullbright afin qu’il localise les cubains et les vénézuéliens en Bolivie. Le jeune dénonça ce fait et l’Ambassadeur Goldberg dut faire des excuses au gouvernement d’Evo Morales. La CIA entrera en phase finale par le recrutement d’officiers des Forces Armées et de la Police de Bolivie pour qu’ils prennent la tête d’un soulèvement armé qui destituera Evo Morales.
La CIA coordonne les activités opposées à Evo Morales à l’intérieur de la Bolivie et à l’étranger. Ainsi la Chambre Bolivienne-Américaine de Commerce dont le siège est New York finance une partie des projets séparatistes des Préfets de Santa Cruz, Beni, Pando, Cochabamba et Tarija. « L’Opération Demi Lune » doit se conclure avec succès au mois de juin de cette année, mais elle pourrait aller jusqu’au mois d’août, mois où va s’effectuer le référendum révocatoire. Dans ce processus la guerre médiatique va se poursuivre avec l’usage intensif de toutes les stratégies et techniques de la guerre psychologique dont la CIA est spécialiste et qui est souvent utilisée dans tous les coins du monde. L’autre stratégie utilisée par la CIA dans ses opérations cachées est celle de « diviser pour régner. Actuellement elle se donne du mal pour créer des divisions entre les Forces Armées et Policières loyales envers le Gouvernement d’Evo Morales.
Dans le secteur civil, en plus des référendums, la CIA prépare le terrain pour provoquer le mécontentement populaire si elle parvient au succès de ses plans de déstabilisation économique, qui créeront le chaos et provoqueront la paralysie du pays avec l’aide des grèves, chômage, manifestations de protestation et d’appui, des marches, des blocages de routes et l’occupation de terres par des indigènes pauvres. Tout le plan est financé par les oligarchies et l’Ambassade des Etats-Unis en Bolivie, au point qu’Ammy Webber, citoyenne yankee, n’a pas caché sa participation comme conseillère de l’opposition à Santa Cruz de la Sierra. La tête visible de l’opposition séparatiste est composée par Manuel Jesús Suárez Ávila qui a été secrétaire particulier de Sánchez de Lozada, le fatidique Goni, Juan Manuel Arias, représentant de l’oligarchie de Santa Cruz, le Président du Sénat majoritaire à l’opposition, Oscar Ortiz et rien de moins que cet autre états-unien : James Carville, le fameux publiciste.
La CIA est à son comble et elle se promène en Bolivie malgré qu’Evo Morales avait dénoncé publiquement qu’il avait démantelé en 2006, une agence maintenue par la CIA dans le propre Palais du Gouvernement. Le Président Evo Morales avait dit : « Après deux ou trois mois (d’avoir assumé la Présidence) nous nous apercevons que dans le Palais il y avait une agence de la CIA à la charge d’un ex général de la Police ». La CIA est audacieuse et la CIA ne pardonne pas, d’où ses efforts désespérés d’en finir avec le Président Morales, seulement cette fois-ci, les plans de la CIA sont condamnés à l’échec parce que la Bolivie et Morales comptent avec l’appui de la majorité du peuple bolivien et avec la solidarité combative de l’immense majorité des peuples latino-américains.
La conjuration oligarchique
La sécession, le séparatisme, l’autonomie ne méritent seulement que répudiation de la part de tous les peuples libres et démocratiques de notre Patria Grande : l’Amérique Latine. Dans le document Bolivie : la conjuration oligarchique, diffusée dans Rebelión et le Réseau Voltaire, il est affirmé : « Sous le caractère de l’illégalité, et à travers des recours frauduleux et antidémocratiques, les autorités oligarchiques de la province de Santa Cruz de la Sierra, Bolivie, ont réalisé un référendum pour faire approuver un « statut autonomique » aberrant, qui stipule que le gouvernement central devrait transférer ses facultés souveraines à l’administration locale : parmi les 44 compétences que les gouvernants de Santa Cruz voudraient s’approprier, on souligne l’administration des ressources naturelles, la gestion fiscale, la répartition agraire, le contrôle du transport routier, ferroviaire, aérien et fluvial, la direction des télécommunications et jusqu’au contrôle aérien au moyen de radars, ainsi que la sécurité de l’ordre public, qui dans le droit constitutionnel bolivien est dépendant du gouvernement central. Pour le dire brièvement, le projet des oligarques de Santa Cruz n’est pas autonomique mais sécessionniste, et il implique un processus de désintégration de la nation, comme aucun autre statut d’autonomie dans le monde ne l’a planifié, sauf peut-être ceux qui ont été réalisés par les régions irakiennes kurdes et chiites sous l’occupation militaire des Etats-Unis.
Le président Evo Morales a hautement rejeté le référendum oligarchique de Santa Cruz et a été emphatique en soutenant que c’est le gouvernement états-unien qui est à la tête de la conspiration, on s’est rendu compte que c’est à partir de Washington qu’est venu l’encouragement du prétendu statut autonomique de Santa Cruz, afin de négocier avec l’oligarchie locale l’accès aux gisements de pétrole, de gaz et des ressources hydriques de la région.
De son côté, Emir Sader, soutient : « Aujourd’hui, une des modalités qui renferme le racisme, c’est le séparatisme, les tentatives de délimiter les territoires de la race blanche, en s’appropriant et privatisant les richesses qui appartiennent à la nation et à son peuple. Nous connaissions déjà ces intentions sous la forme des quartiers riches qui cherchaient à se définir en tant que municipalités, afin que la part des impôts prélevée obligatoirement de leurs immenses richesses, reste dans leur escarcelle pour augmenter les bénéfices de leurs quartiers retranchés, derrière lesquels ils cherchaient à isoler et défendre avec une sécurité privée, évidemment, leurs styles de vie privilégiés ».Sader dénonce que le référendum séparatiste est une expression oligarchique, raciste et économique car ils veulent garder l’usufruit des richesses de Santa Cruz pour leur propre bénéfice et parce que les oligarques veulent, en plus, empêcher que le gouvernement d’Evo Morales poursuive son processus de réforme agraire et qu’il l’étende à tout le pays. L’oligarchie des propriétaires terriens, cherche à se réserver le droit de disposer de la concentration des terres dans leurs provinces, pour continuer d’exporter du soja transgénique et pour accumuler les richesses, non pas pour le pays et le peuple bolivien, mais seulement pour elle seule. Il soutient que le projet d’autonomie est raciste parce que leur presse oligopole ne cache pas leurs préjugés contre les indigènes, contre Evo Morales. Elle ne laisse pas opposer à sa race blanche la grande majorité du peuple bolivien, celui qui a été séculairement exploité, discriminé, opprimé, humilié.
On peut évaluer qu’entre 55% et 60% de la population de la Bolivie est indigène : quechuas et aymarás sont une majorité d’un conglomérat où vivent d’autres groupes comme les chiquitanos, guaraníes, ayoreos, guarayos, pausernas, chiriguanos et d’autres minorités ethniques. Malgré la majorité indigène, se sont les blancs et les blancs-métis qui ont dominé pendant 500 ans, ceux-là mêmes qui, naturellement, n’aiment pas qu’un indigène soit Président de la République et encore moins que se soit un indigène qui ait commencé à arracher les privilèges ataviques. C’est dans cette réalité que se trouve la genèse de la haine du blanc-métis envers l’indigène Président, de même que dans la situation économique qui change radicalement avec la nationalisation des hydrocarbures et des ressources naturelles. Les oligarchies boliviennes, fidèles à leurs commerces avec les transnationales veulent des républiques qui leur soient propres, afin que les riches ressources des hydrocarbures, du bois et de la métallurgie soient dans leur propriété privée et non dans la propriété du peuple dans son ensemble.
À ce sujet, Fernando Bossi, haut dirigeant du Mouvement Bolivien des Peuples soutient : « En premier l’argent, ensuite l’étain, plus tard le gaz et le pétrole, les ressources naturelles ont toujours été pillées, durant 500 ans par l’oligarchie en complicité tour à tour avec les empires (Espagne, Angleterre et Etats-Unis). C’est sur ce chemin de l’exploitation et de la violation, devant la poussée féroce de l’oligarchie chilienne que la Bolivie perdit sa sortie vers la mer. Ensuite ce fut une guerre sanglante contre le Paraguay, guerre inventée par les entreprises pétrolières Standard Oil (l’actuelle Exxon des Etats-Unis) et la Shell (Angleterre). Plus de 200.000 morts entre paraguayens et boliviens ont faits couler leur sang sur le territoire inhospitalier du Chaco, où les entreprises impérialistes pensaient trouver du pétrole ».
Le pétrole a toujours été la cause originelle de l’empire et des oligarchies. C’est pour cela qu’elles ont choisi Santa Cruz comme base de leurs opérations contre le gouvernement d’Evo Morales. Santa Cruz de la Sierra qui avec les départements de Tarija, Pando et Beni forment la Media Luna [Demi Lune] limitrophe avec le Paraguay. C’est le nom qu’a choisi la CIA pour développer son opération de déstabilisation et séparatiste, parce que cette Demi Lune concentre toute la richesse du pays : hydrocarbures, élevage, agriculture et bois. 44% du PIB de toute la Bolivie est réalisé dans cette région, selon Bossi.
« Le prétexte pour renverser le gouvernement d’Evo, est alors, le thème des autonomies, ce qui veut dire : ne pas se laisser gouverner par les indiens de l’ouest. Si le pays n’est plus à nous – analysent-ils – nous nous séparons et construisons notre propre pays, L’Altiplano [les hauts plateaux] pauvre à l’Ouest pour les indiens, et pour nous l’Est riche et vigoureux. Cette idée est étayée en permanence à partir de l’Ambassade des Etats-Unis et de la Confédération Internationale pour l’Autonomie Régionale, CONFILAR, une espèce d’internationale latino-américaine qui noyaute les principaux représentants des oligarchies, de Zulia au Venezuela, de Guayaquil en Équateur et de Santa Cruz en Bolivie » informe Fernando Bossi dans son essai sur la situation autonomique de Santa Cruz.
Le président Evo Morales a exprimé dans ses courageuses dénonciations, que devant l’OEA, l’Ambassadeur des Etats-Unis se fait le défenseur de la séparation des départements boliviens. Les Etats-Unis dirigent la conspiration, et devant l’OEA l’Ambassadeur a été ravi de la division de la Bolivie. Evo avait dénoncé également, que l’Ambassadeur a célébré les manœuvres anticonstitutionnelles et a aidé les groupes de pouvoir qui ne veulent pas l’égalité pour nos peuples.
Le Président de la République de Bolivie, Evo Morales, a exprimé avec patience et sagesse : « Parlons d’autonomie, non pas pour l’oligarchie, mais pour les peuples avec qui nous luttons. Ces groupes (séparatistes) qui viennent de perdre leurs privilèges, ont été depuis longtemps dans le Palais, ils ont gouverné et ont permis que l’on pille notre pays, nos ressources naturelles, y compris les ressources de base, de même que la privatisation de nos entreprises, et maintenant ils envisagent de nouveau ce système qui démontre son véritable intérêt : Le contrôle économique ».
tribunalpazecuador@yahoo.com
CEPRID
Traduction : Esteban
02 juin 2008
BOLIVIE: DEUXIÈME GIFFLE AUX SÉPARATISTES FASCISTES DE BENI ET PANDO
« En additionnant l’abstention et les votes « non », 56,23% des citoyens de Pando rejettent les statuts d’autonomie proposés par les élites départementales, pendant que 47,19% des citoyens du Beni refusent le statut des groupes de pouvoir de Beni » titrait l’agence Bolpress.
Comme cela s’était déroulé à Santa Cruz, l’abstention a été une alternative assumée par le MAS, les mouvements sociaux, les secteurs populaires, les syndicats, des intellectuels et des professionnels des ces régions.
L’abstention à Pando a été à la limite de donner une gifle à ce processus illégal impulsé par le préfet Leopoldo Fernández qui au moment du comptage des 79% des bureaux de votes selon le réseau ATB atteignait les 50,1%.
La panique s’est répandue parmi les partisans de Fernández, Podemos et de toute la « demi lune ». Cependant le décompte extra officiel situa finalement l’abstention autour de 46,5% équivalent à 13.480 personnes sur les 28.990 habitants en âge de voter.
Alors que 18,2% a voté pour le « NON »(2823 voix), cela donne un résultat de rejet au Statut de Pando de 56,23% équivalent à 16.303 personnes. Tandis que le « Oui » obtient 81,7% équivalent à 12.671 voix.
En échange l’abstention à Beni s’est élevée à 34% équivalent à 45.724 personnes des 134.483 habitants en âge de voter, et 20% qui ont voté « NON » représentant 17.751 de voix validées confirment un rejet à 47,19% du Statut de Beni équivalent à 63.474 personnes du total inscrit. Les votes pour le « Oui » ont atteint 80% équivalent à 71.007 voix.
Dans les deux cas les gens non simplement pas voulu voter, ils n’ont pas eu le temps ou ont agit fidèlement pour une cause. Avec leur abstention et le « NON » ils ont exprimé leur désaccord au Statut et beaucoup ont respecté le mot d’ordre de leurs dirigeants sociaux à ne pas voter cette consultation qu’ils considèrent illégale et inconstitutionnelle.
Pendant les journées précédentes, les mouvements sociaux ont travaillé en convoquant leurs bases à l’abstention et dans certains cas ils ont appelé à voter pour le « NON », ce qui a poussé dans Beni et Pando à la réaction violente des groupes de choc des Unioniste (UJC) payés pour obliger les gens par la force à participer à la consultation [oui]et réduire l’abstention.

IL Y A DES SIGLES QUI NE TROMPENT PAS
« À l’illégalité et l’inconstitutionnel sans lien aucun on doit associer la stérilité du vote », a affirmé le ministre du gouvernement Alfredo Rada, en rappelant que déjà à Santa Cruz, la même journée s’était déroulée avec ces mêmes caractéristiques de violence et de niveau de division interne.
Le ministre Rada a rajouté que les consultations illégales de Pando et Beni n’ont fait seulement qu’affaiblir la cause légitime d’autonomie et ont rendu non viable l’application des statuts autonomiques aux caractéristiques séparatistes.
ABI
Traduction : Esteban
Il est à noter que, comme à Santa cruz hier, et à Tarija le 22 juin, les mêmes perturbations, les mêmes violences, les mêmes fraudes, des urnes bourrées de « oui », et l’absence de contrôle des organisations internationales, ridiculisent chaque fois plus les séparatistes fascistes de cette minorité oligarchique colonisatrice.
Esteban
01 juin 2008
BOLIVIE : LA SUBJECTIVITÉ DU REPORTAGE DE ARTE Reportage- ARTE +

Le reportage effectué en Bolivie et diffusé samedi soir 31 mai sur la chaîne ARTE +7, a rarement dépassé une si grande subjectivité autant par les images que par les commentaires.
Ainsi donc les reporters M.Berger/ M.Lomas/ D.Orosco nous montrent ce que Santa Cruz et la Bolivie sont aujourd'hui. À voir la tête des figurants et leurs frasques, la déesse allemande descendante des colons allemands à la tête de sa maison de couture avec son cortège de mannequins arrière- petites filles de colons espagnols de la nouvelle mode bolivienne, défilant sur un estrade pour les beaux yeux de cette minable et minoritaire oligarchie pourrie que les "indiens" veulent déposséder. Les colons en ont marre paraît-il, de perdre de l'argent, à l'image de ce PAUVRE Nayar ex-ministre de l'intérieur du dictateur Banzer, chef de l'Union des Éleveurs Boliviens qui se plaint de ne pouvoir commercer comme il le voudrait...
Qui a été interrogé pour lui donner le change ?...personne !. C'est ce que l'on appelle des reportages "objectifs"...de la télé poubelle.
C'est sur ARTE +7 que l'on donne la parole à une "star" d'un soir et qui devait répondre à une question au hasard devant un public acquis au sécessionisme: "que diriez-vous au président Morales si vous l'aviez en face de vous ? Et la bécasse de répondre "je lui dirais que nous à Santa cruz nous voulons l'autonomie ..."
C'est sur ARTE +7 que l'on tait les majorités ethniques spoliées depuis les colonisations.
Que dit la voix off, que la population de Santa Cruz a voté à 85% pour l'autonomie du département ?...Et la suite ? Rien, aucune suite, car la suite ces messieurs de ARTE +7 ont oublié de la signaler et pour cause:
- Plus de 40% d'abstention
- La terreur organisée par Branko Marinkovic et ses milices de l'UJC (l'Union Juvénile Cruzégniste) aux thèses et agissements fascistes et racistes. Les milices de l'UJC qui ont menacé, frappé, torturé les populations de race indienne afin qu'elles ne se rendent pas aux urnes ou au contraire les forcer à voter "oui".
- Des urnes bourrées de votes "oui" aux statuts d'autonomie ont été interceptées et brulées par les organisations syndicales.
- Aucun organisme international n'ayant voulu reconnaître ce "scrutin" illégal, n'a pas envoyé d'observateurs.
- Seul le Préfet avait décidé cette consultation contraire à la loi.
- Aucune contrepartie ne s'est exprimée dans ce reportage, aucune ethnie, aucun représentant syndical.
DE CELA LES REPORTERS ET DIRECTEURS MINABLES DE CETTE CHAÎNE ARTE +7 N'ONT RIEN DIT ET RIEN MONTRÉ !
VOIR L'ÉMISSION HONTEUSE DE ARTE+7
Positionnez le curseur sur le 1er tiers de son parcours sur sa ligne.
le reportage mensonger sur la Bolivie démarre à partir de ce point
comme indiqué sur la photo.
Esteban
31 mai 2008
BOLIVIE: CONFÉDÉRATION DES PEUPLES INDIGÈNES DE BOLIVIE CIDOB "Consultation 1er juin à Beni et Pando"
1ère DÉCLARATION
La Confédération des Peuples Indigènes de Bolivie (CIDOB) qui représente les 34 Peuples Indigènes de l’Est, du Chaco et de l’Amazonie bolivienne, parmi lesquels se trouvent les 5 Peuples Indigènes Guarayo, Ayoreo, Guaraní, Chiquitano y Mojeño, dont leurs territoires sont situés sur ce que l’on appelle aujourd’hui le Département de Santa Cruz, devant l’illégale, l’illégitime, l’antidémocratique et l’arbitraire nomination du supposé Gouverneur, la mise en place de l’Assemblée législative départementale et l’élection et la nomination de 5 supposés représentants indigènes au sein de l’illégale assemblée législative de Santa Cruz, Nous faisons connaître à l’opinion publique nationale et internationale, notre déclaration suivante :
Premièrement.- Nous ne reconnaissons pas et nous rejetons la nomination illégale du supposé « Gouverneur » Rubén Costas Aguilera, car, cette dite fonction n’existe pas dans les lois boliviennes et encore moins, dans notre Constitution Politique actuelle de l’État.
Deuxièmement.- Nous ignorons et repoussons l’instauration illégale de « l’Assemblée Législative » du Département de Santa Cruz, car ce dit organisme législatif n’existe pas dans les lois boliviennes et encore moins dans notre Constitution Politique actuelle de l’État, plus encore parce que ses membres n’ont pas été élus démocratiquement et ont été nommés à main levée par le Préfet et le Président du Comité Civique de Santa Cruz, en violant y compris les propres « statuts d’autonomie »qui établissent qu’ils doivent être élus par un vote universel et secret.
Troisièmement.- Nous rejetons l’attitude dictatoriale du Préfet avec ses prétentions de « Gouverneur » et de ses laquais « Assembléistes » qui poursuivent leur tradition antidémocratique et rémunératrice, ceux qui ont usurpé le nom des Peuples Indigènes en élisant et nominant dans « l’assemblée législative » 5 supposés représentants des Peuples Indigènes qui habitent dans le département de Santa Cruz, malgré qu’ils n’aient aucune représentation des Peuples Indigènes du Département, mais en plus, ils ont été expulsés de leurs organisations respectives, de leurs peuples et du Mouvement Indigène pour trahison de la cause indigène.
Quatrièmement.- Nous dénonçons que les supposés Assembléistes Indigènes qui usurpent la représentation légitime des 5 Peuples Indigènes du département de Santa Cruz, ont des liens directs avec la Préfecture du Département et du Comité Civique de Santa Cruz, c’est si vrai, que David Pérez, est fonctionnaire préfectoral, José Urañavi, lui, a son fils à la Préfecture qui travaille pour l’Union des Peuples Indigènes et a contre lui des charges d’accusations de la Trésorerie Générale de la République pour malversations de plus de 100.000 dollars $ dans sa gestion en tant que Maire de Urubichá, Fernando Chiqueno, Carmelo Justiniano et Amalio Siye qui financent ses activités sont des proches de la Préfecture et du Comité Civique de Santa Cruz, tous sans exception ne représentent aucune organisation ou un peuple indigène de Santa Cruz.
Cinquièmement.- Nous dénonçons que le « Préfet, l’Assemblée Législative et le Comité Civique de Santa Cruz » sont en train d’imposer une Dictature Départementale pour exclure les secteurs sociaux, les peuples indigènes dans la prise de décisions, afin d’installer un régime Autonomique Totalitaire pour s’approprier totalement du pouvoir politique, d’administrer les ressources économiques et naturelles sans aucun contrôle et pour leur propre bénéfice, d’ignorer la loi, l’État de droit et de diviser la Bolivie.
Sixièmement.- Par cet exposé et en vertu de nos droits de Libre détermination et à l’Autonomie Indigène confirmée par la loi 1257 et 3760 de la C.P.E., nous ignorons l’autorité du « Gouverneur » et de « l’Assemblée Législative » dont nous ne respecterons pas les décisions et nous déclarons le non respect, la résistance et la désobéissance civile contre ces supposées autorités et leurs résolutions, et nous restons en état de mobilisation pour la défense de nos droits.
PERSONNE N’A LE DROIT D’USURPER NOTRE REPRÉSENTATIVITÉ ET NOS DROITS NE SE NÉGOCIENT PAS, NOUS SOMMES NÉS LIBRES ET LIBRES NOUS LE SERONS POUR TOUJOURS !
DIRECTION NATIONALE DE LA CIDOB
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2è DÉCLARATION
LES ORGANISATIONS SOCIALES ET INDIGÈNES REJETTENT
LES STATUTS DU DÉPARTEMENT DU BÉNI
Le Vice président de la Confédération des Peuples Indigènes de BOLIVIE, Pedro Nuni, a participé à la rencontre organisée le 12 et 13 mai dans la ville de Trinidad, où plus de 112 autorités institutionnelles, organisations sociales, autorités municipales et civiques ont rejeté le contenu du Statut d’Autonomie du département du Beni qui devrait être approuvé par un référendum décidé par le préfet Ernesto Suárez le 1er juin prochain.
Parmi les organisations présentes à cette rencontre, il y a la Centrale des Peuples Indigènes du Beni (CPIB), la Centrale des femmes Indigènes du Beni (CMIB), la Centrale des Peuples Ethniques Mojeños du Beni (CPEM – B), la Confédération Indigène de la Région Amazonienne de Bolivie (CIRABO). Également le Grand Conseil Chiman, Coordinatrice de la Femme (COOMUJER), la Fédération Départementale des Femmes Paysannes « Bartolina Sisa » (FDMCOB-BS), Conseil Indigène de Trinidad, ainsi que des institutions comme la Coordinatrice de Solidarité avec les Peuples Indigènes (CEJIS-CIDDEBENI).
C’est dans la capitale du département du Beni, que les organisations et les autorités présentes ont réaffirmé l’unité et la volonté de prendre en compte l’autonomie comme une partie du processus de l’approfondissement de la démocratie et du développement, mais en même temps elles ont rejeté le Statut d’Autonomie par sa constitution illégale, qui de plus ne bénéficie seulement qu’aux groupes de pouvoir.
La rencontre a été appelée « Réaffirmation Démocratique pour l’Unité du Peuple du Beni », où le projet de Statut d’Autonomie a été rejeté pour avoir été élaboré sans la participation de la majorité du peuple du Beni, parce que son contenu ne reflète ni la volonté ni les intérêts du Beni et qu’il concentre le pouvoir dans l’appareil préfectoral, pour le bénéfice des petits groupes qui ont toujours dominé notre département.
« À cet effet nous déclarons que ce Statut préfectoral du Beni est illégitime, illégal, antidémocratique et anti-autonomique, de plus nous rejetons la tentative préfectorale de tromper le peuple en prétendant qu’il s’agit d’un progrès dans le processus d’autonomie et que pour cela il doit être approuvé par une consultation populaire. Et, non seulement, la convocation au référendum départemental du 1er juin fait partie du piège de la cour départementale mais elle est soumise aux ordres du Préfet et des groupes de pouvoir qui veulent poursuivre leur domination sur le Beni » a commenté Pedro Nuni, vice président de la CIDOB.
Il a également spécifié qu'en tant que direction nationale, ils incitent infatigablement le peuple du Beni à prendre conscience de ne pas participer à ce référendum illégal proposé par les groupes de pouvoir du peuple du Beni.
LES ORGANISATIONS SOCIALES ET INDIGÈNES DU DÉPARTEMENT DE BENI
Traduction: Esteban
Toutes les organisations
sociales et indigènes des départements de BENI, PANDO, TARIJA (22juin)
appellent à ne pas se rendre aux urnes pour la consultation pour les statuts d’autonomie
dans ces trois départements de Bolivie. Ces consultations appelées « référendums »
par les préfets oligarques sécessionnistes sont illégales et inconstitutionnelles, comme ce fut le cas à Santa Cruz. La cour Électorale Nationale Bolivienne
ne les validera pas et aucun observateur d’organisation officielle
internationale n’a été dépêché pour contrôler la validité de ce que l’on peut
appeler une tentative de déstabilisation du pouvoir central.
11 mai 2008
BOLIVIE: UN AUTRE MOIS D'AOÛT POUR APPROFONDIR LE CHANGEMENT
Notes sur le nouveau scénario bolivien
EVO MORALES RELÈVE LE DÉFI DE L'OPPOSITION QU'IL AVAIT LUI-MÊME LANCÉ IL Y A UN AN
Le Sénat bolivien dominé par l’opposition, a agité la scène politique en approuvant lors d’une rapide session le même projet qu’ils ont délaissés pendant plusieurs mois : une loi pour révoquer ou confirmer le mandat des plus hautes autorités du pays : préfets, vice président et président. En quelques heures, le gouvernement de Evo Morales a relevé le défi, a salué l’initiative et a annoncé une rapide promulgation. Dans trois mois, les boliviennes et les boliviens devront retourner aux urnes. Le gouvernement cherche à réaffirmer ses majorités et consolider son pouvoir remis systématiquement en question par les élites qui auront maintenant une nouvelle opportunité pour matérialiser leur désir de briser le processus de changement. Changement de scène, continuité des objectifs.
L’an passé au mois de décembre, la Chambre des Députés – avec une majorité du Mouvement Au Socialisme – avait donné le moyen d’approuver un projet adressé par le président Evo Morales qui tentait de résoudre la crise politique provoquée par l’opposition en appelant à la décision du peuple : Que le président, le vice président et les préfets (gouverneurs) soumettent leur mandat aux majorités. Les préfets et l’opposition politique repoussèrent le projet avec vigueur, et le Sénat – contrôlé par l’opposition – le mit de côté. Jusqu’à ce jeudi 10 mai, enhardis par ce qu’ils considèrent comme une victoire, le résultat du référendum illégal pour les statuts d’autonomie du département de Santa Cruz, ils l’ont converti en une loi sans toucher une seule virgule, évitant ainsi que le projet soit révisé par les Députés.
Le Président Evo Morales a fait la seule chose que l’on puisse espérer d’un homme, qui est arrivé au pouvoir, en accomplissant ce qu’il avait proposé durant sa campagne présidentielle et non de se laisser griser par le pouvoir : il a salué l’initiative et a annoncé qu’il la promulguera dès que le Sénat la lui adressera. Dans un bref message adressé au pays, il a estimé que le peuple décidera.
« Si les politiques ne parvenons pas à nous accorder facilement, qui mieux que le peuple peut décider du destin du pays, du destin du Président, du vice président et des préfets » a dit Evo, en appelant à aller au référendum révocatoire « pour l’unité du pays, par respect à la légalité et à l’État de droit ».
« Ce référendum que nous avons proposé l’an passé, est orienté afin qu’en Bolivie la démocratie s’approfondisse, que l’on passe par les urnes et non avec la violence » avait noté le président et il s’est montré « satisfait » parce que le Sénat a approuvé « en fin de compte » la Loi du Référendum Révocatoire du Mandat Populaire.
Ainsi, cette année, pendant le mois d’août, la Bolivie retournera aux urnes, cette fois-ci – à la différence de ce qui s’est déroulé en fin de semaine passée, le procédure sera légale. Dans chaque département l’on répondra à deux questions, une, commune pour tout le pays : Êtes-vous d’accord pour la continuité du processus de changement dirigé par le président Evo Morales Ayma et le vice président Álvaro García Linera ? » et une autre, pour le préfet du Département : « Êtes-vous d’accord pour la continuité des politiques, des actions et de la gestion du Préfet du Département ? ».
Pour que le mandat de Evo Morales et de Álvaro García Linera s’achève avant la fin de sa période, le vote “NON” doit obtenir « un pourcentage supérieur à 53,470% et un nombre de voix supérieur à 1.544.374 », dit textuellement la Loi. C'est-à-dire, que le rejet doit totaliser, en pourcentage et absolument plus de voix que celles qui portèrent Evo Morales à la présidence lors des élections historiques de décembre 2005. La loi approuvée hier par le Sénat bolivien met également les pourcentages et les votes absolus concrets dans chaque département.
À partir de ce coup politique de la droite, assumé et projeté comme un nouveau défi pour le président Evo Morales, les objectifs immédiats des élites pourraient changer. Le processus d’autonomie à des fins de coup d’État et/ou séparatistes sera probablement ralenti ou au moins, il ne sera plus au centre de la scène, même si les référendums prévus au mois de juin à Beni, Pando et Tarija sont maintenus. Maintenant, les préfets devront s’occuper de légaliser leurs espaces de pouvoir. Pour beaucoup d’entre eux, ce ne sera pas facile. Y compris pour le promu Rubén Costas, de Santa Cruz: là-bas, presque la moitié des citoyens ont voté NON et se sont abstenus volontairement de voter pour les statuts des loges au pouvoir. Ils lui confieront difficilement leur vote de confiance dans 90 jours.
Les hégémonies des droites changent également. Maintenant, la droite politique qui avait approuvé la Loi du référendum revient en scène, pour partager l’espace avec l’opposition plus élitiste, haineuse et qui défend directement ses intérêts, incarnée par les millionnaires du Comité Civique pro Santa Cruz.
Les nécessités du parti d’État changent également. Le Mouvement Au Socialisme devra réactiver son appareil de parti pour la campagne du OUI, il devra aussi articuler le slogan et la campagne avec les mouvements sociaux qui ont incarné la résistance aux autonomies pour les privilégiés, comme en fin de semaine dernière à San Julián, Yapacaní, Montero, San Pedro et les quartiers pauvres de Santa Cruz de la Sierra.
La réaction au processus de changement en Bolivie doit maintenant changer de foyer d’action. Du grand angulaire, de la déstabilisation de tous côtés – autonomies, intrigues militaires, mensonges médiatiques, campagnes internationales, financements à travers d’ONGs non religieuses, etc – il devra passer au téléobjectif du référendum révocatoire et par la campagne du « NON ». Cela ne lui sera pas une tâche facile. Bien qu’il y ait des critiques fondamentales dans certaines conduites tactiques du gouvernement, le lien d’Evo Morales avec les majorités négligées pendant des siècles ne s’est pas rompue en deux ans de gestion.
En Bolivie la bagarre continuera – comme elle l’a été depuis la campagne qui a fait accéder Evo à la présidence – une bagarre de fond. Ce qui est en jeu est énorme. C’est tout le processus de changement : la nationalisation des hydrocarbures, la répartition équitable de la richesse, la Renta Dignidad [une retraite digne] pour les anciens, le Bono Juancito Pinto [aide scolaire] pour les enfants qui suivent les études, le protagonisme dans la gestion du gouvernement obtenu par les communautés indigènes. La bataille est la même. « La lutte continue et continuera, c’est une lutte qui dure depuis de 500 ans », se plaît à répéter le président bolivien.
Dans 90 jours, c’est un défi de fond qui se profile en Bolivie, une bataille centrale. Même si en politique les parallèles sont toujours relatifs, cela vaut la peine de rappeler le résultat du référendum qui confirma la confiance au gouvernement du président du Venezuela, Hugo Chávez, en août 2004.
Avec le triomphe du “NON” pour le départ du président vénézuélien, les changements s’étaient accélérés et l’opposition plongeait dans une crise profonde. Aujourd’hui, à peine, quatre ans après, elle commence à donner des signes de vie, signes qui émergent des erreurs mêmes du processus qui sont en train d’être rectifiées. Le triomphe du « OUI » à Evo en août prochain, produira sans doute un effet similaire, ce sera une période de consolidation du projet de changements profond que le peuple bolivien avait décidé de faire passer il y a deux ans. Le triomphe du « OUI » servira pour renforcer la confiance dans sa propre force.
Le travail sera dur jusqu’au mois d’août pour que le résultat soit comme en 2004, un mois d’août pour garantir les changements en Amérique Latine.
Marcos Salgado
ESPAÑOL
Traduction: Esteban
05 mai 2008
BOLIVIE: 7 QUESTIONS ET 7 RÉPONSES SUR LA BOLIVIE DE EVO MORALES
AU SUJET DES NOUVELLES GAUCHES EN AMÉRIQUE LATINE
CEPRID
1- Evo est-il indigéniste ?
Avec une mère aymara qui en espagnol ne connaissait seulement que « Notre Père », élevé dans une maison construite de boue dans un petit village perdu à Oruro, Evo Morales a vécu une enfance d’une pauvreté difficile à imaginer, endeuillé de quatre de ses sept frères morts juste après leur naissance et la faim toujours à l’affût. Son étonnante trajectoire politique se comprend comme faisant partie du processus de la réaffirmation indigène apparu dans les années 70, avec le katarisme - en référence à Túpak Katari, le cacique aymara écartelé par les espagnols durant le siège de La Paz en 1781 – qui était sa branche la plus radicale qui parvint à sa première reconnaissance en 1994, avec une réforme constitutionnelle qui établit le caractère « pluriculturel et multiethnique » du pays et inaugura l’apprentissage bilingue dans les écoles. Cela prit forme pendant la présidence néolibérale de Gonzalo Sánchez de Lozada, un fait qui à première vue peut paraître paradoxal mais qui peut-être ne l’est pas tant que cela : le remplacement de l’idée de classe par celle de l’ethnie ou de culture s’accordait parfaitement avec l’esprit en vogue. Avec un problème : les indigènes boliviens ne sont pas des minorités que l’on doit protéger, mais de grandes majorités exclues, dont la discrimination ethnique se rajoute et se réalimente avec l’inégalité sociale. Une réalité qui ressemble plus à l’apartheid sud-africaine qu’à ces images de ces indiens postmodernes colorés qui apparaissent souvent dans la National Geographic. L’échec de ces premières opérations d’ouverture de nature néolibérales qui avaient seulement changé en apparence, a consolidé l’idée dans le mouvement indigène, qu’il était nécessaire de construire son propre instrument politique pour arriver au pouvoir et à partir de là, changer les choses. La grande réussite de Evo Morales a été d’obtenir la confluence entre l’appel indigène et d’autres courants politiques – anti néolibéraux, nationalistes – derrière un projet politique unique. « Si ce fut Evo Morales et non Felipe Quispe qui avait accédé au poste de premier président indigène de la Bolivie, c’est parce qu’il est parvenu à articuler un projet national face à la perspective aymaracentrique », avait écrit Pablo Stefanoni (Nueva Sociedad 209, mai-juin 2007). En d’autres termes, il sut s’exprimer politiquement aux paysans des zones les plus reculées à l’intérieur, mais aussi aux indigènes et autres métis urbains usant du marché de consommation, qui achètent des jeans et des chaussures, qui se connectent à Internet et qui dans nombreux cas ont abandonné définitivement le quechua et l’aymara.
2- Quelle importance a eu la coca dans la carrière de Evo morales ?
Bien que la coca se cultive depuis l’invasion des Incas, le véritable boom à commencé vers le milieu des années 80, lorsque la fermeture des mines d’étain et une brutale sécheresse sur les Hauts Plateaux produisirent une migration massive vers le Chapare, une zone fertile du tropique, juste à un moment où, aux États-Unis, la mode de la cocaïne et de la drogue arrivait et s’accordait bien avec l’esprit hippie de l’époque. La coïncidence entre la demande et l’offre avait produit une expansion géométrique des plantations de coca, une culture qui contient une série d’avantages qu’aucun autre produit ne possède : elle emploie une grande quantité de main d’œuvre, n’a pas besoin de beaucoup de capital ni d’engrais, ni d’une infrastructure spéciale ; il suffit d’acheter ou de louer un lopin [de terre] et les seuls besoins en plus de bras disponibles, sont les plants. De plus, la coca reste rentable même avec de petites parcelles. Comme dirait un économiste, cela ne nécessite pas d’économie d’échelle. La coca est une culture classique de petite propriété et ressemble à celle du café, à la différence qu’elle produit trois récoltes par an au lieu d’une seule.
Pendant que la coca s’étendait, la guerre contre les drogues déclenchée par Ronald Reagan a forcé les successifs gouvernements boliviens, d’essayer une série de stratégies d’éradication qui échouèrent les unes après les autres, aussi bien par manque d’attrait à d’autres produits de substitution que par la montée de la brutalité policière. La réaction du mouvement des cocaleros [planteurs de coca] fut de se rassembler, se renforcer pour se présenter aux élections, gagner en premier quelques intendances, ensuite un député national, et finalement la présidence. En ce sens, l’ascension au pouvoir des cocaleros est le résultat d’un processus qui avait combiné les triomphes électoraux avec des méthodes d’actions directes, les blocages et les piquets de grève ont précipité la chute des gouvernements, pour finalement accéder au pouvoir.
3- Le gouvernement de Evo Morales est-il révolutionnaire ?
Si au Venezuela, Hugo Chávez parle de sa « révolution bolivarienne » et si Rafael Correa définit son projet comme une « révolution citoyenne », Evo Morales également en appelle quelquefois au terme ancien, bien que l’adjectif qui le suit n’est pas tout a fait clair. C’est pour cela, au-delà des définitions, peut-être que la meilleure façon de s’approcher d’une réponse est d’analyser les raisons et l’impact de la décision plus radicale de son gouvernement : la nationalisation des hydrocarbures.
Le décret de nationalisation, annoncé avec surprise en janvier 2006 et théâtralisé avec l’occupation militaire des champs gazéïfères, a obligé les entreprises privées à céder la totalité de leur production et la majeure partie de leurs actions à l’État. En plus, il a ordonné une augmentation des offres de 50% à 82%. Et bien qu’au début, les grandes compagnies étrangères comme Petrobas et Repsol avaient menacé de se retirer, elles ont accepté de renégocier les contrats sous les nouvelles conditions, ce qui permit au gouvernement d’accomplir son objectif d’augmenter la participation de l’État sans produire un transfert total des investissements étrangers.
L’augmentation du pourcentage obtenu par l’État, plus l’accroissement des prix internationaux et la renégociation des valeurs des exportations vers l’Argentine et le Brésil ont permit au gouvernement d’augmenter ses recettes fiscales. Selon la CEPAL [Commission Économique Pour l’Amérique Latine], celles-ci avaient augmenté de 47% depuis la signature du décret. Il convient alors de nuancer les critiques sur le populisme de Evo Morales en signalant que, malgré la jalousie de plus d’un néolibéral, son gouvernement est fiscalement le plus solide de ce dernier demi siècle. Avec un excédent de 4,5%, des réserves record et une diminution de la dette extérieure grâce aux remises de la Banque Mondiale et de la BID [Banque Interaméricaine de Développement], la macroéconomie reste stable et ordonnée. En Bolivie, personne ne s’intéresse assez au ministre des finances, puisque l’attention demeure dans la crise politique, mais ce n’est pas de trop d’y consacrer deux lignes : Luis Arce Catacora est un fonctionnaire de carrière de la Banque Centrale, diplômé en Angleterre, il parle l’anglais, le portugais et ne renie pas les mesures de rigueur. Il est de fait, responsable pour appliquer la politique orthodoxe des taux d’inflation pour contrôler la montée des prix.
4- Le gouvernement parie -il sur un secteur économique post capitaliste ?
Du moins, c’est cela que m’avait dit Alvaro García Linera, vice président de Bolivie et intellectuel reconnu par une partie de la gauche de son pays, lorsque nous nous sommes rencontrés dans son appartement plein de livres à La Paz. « Notre économie a un espace capitaliste qu’il faut renforcer. La différence avec d’autres gouvernements, c’est qu’il ne s’agit pas de capitalisme de clan, endogamique et spéculatif, mais d’un capitalisme productif. Mais il y a également un secteur non capitaliste ou post capitaliste, qui sont les forces communautaires traditionnelles. Elles sont séparées et dispersées, mais elles ont à l’intérieur d’elles un fort potentiel. C’est une structure très large : 90% de l’économie paysanne est de type familio-communautaire ».
Cela sonne bien. Cependant, il paraît difficile qu’un secteur avec ces caractéristiques – basse productivité, manque d’apport technologique, échelle réduite – puisse être utilisé pour autre chose que pour la plus élémentaire autosuffisance. Mais, pour García Linera, il y a là un potentiel productif. « Notre grand défi est de transformer la communauté en une force post capitaliste. Que pourrons-nous développer de cela ? Nous l’ignorons. Mais nous croyons que le principal est, que les choses qui sont en train de s’éclairer vont au-delà du simple réajustement démocratique à un capitalisme mûr déjà existant.
5- Evo Morales est-il en train de progresser dans la lutte contre la pauvreté ?
Le point de départ est désolant. La Bolivie est, après Haïti, le pays le plus pauvre d’Amérique Latine, avec 63,9% de pauvreté et 34,7% d’indigence, un taux de mortalité infantile qui est le triple de celui de l’Argentine, deuxième dans l’espérance de vie la plus basse de la région et un des pires indices de répartition des revenus du Continent.
Peut-être, est-ce encore trop tôt pour évaluer l’exercice de Evo Morales à se sujet. Depuis son accession au pouvoir, l’économie à augmenté à un rythme raisonnable : 4,6% en 2006, 3,9% en 2007 et on l’estime à 4% pour 2008. Bien qu’il n’y a pas de données précises, il est probable que la pauvreté ait légèrement diminué grâce à l’élargissement de certains programmes sociaux, comme le Bono Juancito Pinto d’aide scolaire et l’augmentation des retraites. « Nous sommes en train de chercher un chemin distinct » m’avait dit Juan Ramón Quintana, ministre de la présidence de Bolivie, lors de notre entretien au siège de l’ambassade de son pays à Buenos Aires. « Les recettes obtenues par la nationalisation nous ont permis de renforcer les investissements sociaux, avec des crédits aider les petits entrepreneurs, l’économie familiale, les petites entreprises. Mais cela ne se fait pas du jour au lendemain ».
Le problème qui s’interpose dans ces plans est la dualité structurelle de l’économie bolivienne : d’un côté, le secteur hyper productif et moderne : les mines et les hydrocarbures, plus quelques exportateurs de soja, de bijoux et de cuir ; d’un autre côté, des dizaines de milliers de petits entrepreneurs arriérés avec une très faible productivité. La difficulté vient du fait que le premier secteur génère 60% des recettes, emploie seulement 7% de la population, pendant que le second qui développe 40% des recettes, emploie 83% de la main d’œuvre. Le dernier rapport de PNUD [Programme des Nations Unies pour le Développement] sur la Bolivie, soutient que le changement de ce modèle économique est la clé du développement. Dans un autre cas, la pays pourra progresser, mais ce sera un accroissement appauvrissant, comme l’avait expliqué Salvador Ric, ex ministre des Œuvres Publiques de Evo Morales, qui fit les calculs et arriva à la conclusion suivante : à ce rythme et avec ce type de progression, la Bolivie mettra 20 ans pour atteindre les niveaux de développement du…Paraguay.
6- Que manque t-il pour l’approbation de la nouvelle Constitution ?
Six mois après l’arrivée au pouvoir de Evo Morales, les élections des constituantes avaient été organisées, dans lesquelles le parti au pouvoir s’était clairement imposé, bien que sans atteindre les deux tiers nécessaires pour pouvoir définir à lui seul les réformes à instaurer. Le plébiscite sur les autonomies départementales qui s’était déroulé simultanément, fit apparaître un triomphe du NON – la position défendue par le gouvernement – au niveau national. Cependant, le OUI s’était imposé dans quatre départements : Santa Cruz, Tarija, Pando et Beni. L’assemblée s’était réunie et après un an et demi de discussions au cours des sessions, pas un seul article n’a été adopté.
Le virage est arrivé en novembre 2007, lorsque les députés alignés au gouvernement se sont réunis dans une caserne militaire et, avec les deux tiers des officiels présents (pas du total) ils ont approuvé en une session, 400 articles : entre autres, la récupération du rôle de l’État dans l’économie et l’interdiction de la privatisation des services de base. Le jour suivant, les préfets des départements rebelles ont annoncé qu’ils ignoraient la nouvelle Constitution et que des plébiscites sur l’autonomie seraient organisés. Le gouvernement répondit en annonçant des élections, mais il fut débouté par la Justice.
Cette confusion institutionnelle compliquée, ne devrait pas cacher l’état de fait principal : le blocage qui paralyse la Bolivie. À la différence de Chávez, qui dans les premières années de gouvernement il s’était assuré du monopole absolu de l’initiative politique, Evo Morales, affronte une opposition qui même qu’elle soit quantitativement minoritaire, possède du pouvoir, de l’argent et des ressources. Le chef de file Santa Cruz, département le plus prospère de Bolivie qui tire 30% du PIB national, génère 62% des devises et reçoit 47,6% d’investissement étranger. Elle est de plus, la région la plus intégrée au MERCOSUR et celle qui possède ce qui ressemble le plus à une industrie manufacturière de tout le pays. Il suffit de marcher quelques heures dans les rues de Santa Cruz, bondées de 4x4 pour se faire une idée d’une prospérité qui s’érige là-bas comme un étendard d’un progrès individuel dans un pays habitué à un échec économique.
7- Y a-t-il une issue pour la Bolivie ?
Le changement politique amené par Evo Morales en janvier 2006 est le plus profond et le plus radical de tous ceux qui sont en train de se produire en Amérique Latine. Si le processus de refondation vénézuélien s’est limité à une rotation d’élites avec de grandes politiques sociales, le processus bolivien pointe l’introduction d’une énorme majorité indigène exclue (selon le dernier recensement, 64% de la population) à double sens : économique et politique. Le premier est difficile dans un pays, qui, en plus d’être extrêmement pauvre, n’est pas arrivé à diversifier sa structure de production (75% de ses exportations sont des hydrocarbures et des produits alimentaires) et dont le volume, bien qu’il soit en augmentation reste toujours bas. Quand à l’ouverture politique, au-delà de l’énorme révolution symbolique qu’a signifié l’arrivée au pouvoir de Evo Morales, celle-ci n’est pas pour autant fermée. Le gouvernement n’est pas parvenu à étendre son influence aux régions rebelles de l’Est et, dans un contexte de polarisation grandissante, il court le risque de perdre l’appui des classes moyennes. Transformer son projet de refondation en un consensus national minimum – exemple de Nelson Mandela – impliquera tôt ou tard de concéder et de négocier, sans laisser de côté les appels de justice : un équilibre compliqué sur un chemin à peine plus large que celui d’une corniche.
José Natanson 30 - IV - 2008
CEPRID ESPAÑOL
Traduction : Esteban
BOLIVIE: L'URGENCE DE LA SOLIDARITÉ AVEC LA BOLIVIE
Parmi toutes les expériences progressistes en cours en Amérique Latine, qui découlent des victoires électorales des forces les plus à gauche, c’est celle de la Bolivie qui court aujourd’hui le plus grand risque de retour en arrière. Selon de nombreux analystes, le pays voisin serait au bord de la guerre civile. L’oligarchie raciste, qui n’a toujours pas digéré l’élection historique du leader paysan et indigène Evo MORALES, s’emploie de toutes ses forces, par le biais d’un mouvement séparatiste de type fasciste, à faire éclater la nation. Le “référendum sur l’autonomie” du riche département de Santa Cruz, du 4 mai risque de constituer le point culminant de l’affrontement.
À l’origine de cette initiative illégale, contraire à la Constitution et à l’unité nationale, Rubén COSTA, gouverneur de l’Etat et chef des séparatistes, prétend que ce référendum sera le premier pas vers la scission du pays. Trois autres départements (Pando, Tarija e Beni) menacent de suivre le même chemin. Depuis la prise de fonctions d’Evo MORALES, en janvier 2006, la bourgeoisie bolivienne prépare ce coup de force, qui vise à séparer la partie orientale, la “Media Luna”, la plus industrialisée et la plus riche en ressources naturelles, de la partie occidentale – plus pauvre et où la population indienne prédomine. Et pour imposer cette partition, elle peut compter sur l’appui déclaré des U.S.A. et a commencé à recruter des mercenaires en vue d’un probable conflit armé.
L’ambassadeur séparatiste
L’interventionnisme du Président-terroriste George Bush est flagrant. La nomination comme ambassadeur en Bolivie du redoutable Philip GOLDBERG apparaît comme une claire provocation. Cet agent de l’impérialisme s’est notamment distingué dans ses actions de soutien au séparatisme dans les Balkans, au sein de la dénommée “Mission Kosovo”. Comme le rappelle Stella CALLONI, dans un texte intitulé “contre-insurrection et putschisme”, “GOLDBERG est un expert reconnu dans l’exacerbation des conflits ethniques et raciaux et par son action et son expérience dans les luttes ethniques en Bosnie et jusqu’à l’éclatement de l’ex-Yougoslavie”. Ses états de service “diplomatiques” comprennent aussi le putsch en Haïti qui a provoqué la chute de Jean ARISTIDES et la militarisation du Plan Colombie.
Selon elle, “il ne fait aucun doute que l’action de GOLDBERG est derrière le processus séparatiste à Santa Cruz de la Sierra”, qui a débuté juste après la prise de fonctions de MORALES et qui a déjà provoqué des sabotages et des victimes. “Lors de son arrivée en Bolivie, les patrons croates de Santa Cruz (ses vieux amis) ont structuré le mouvement ‘Nación Camba’. Un des principaux leaders du mouvement, qui dispose aussi d’intérêts au Chili, Branco MARINKOVIC, est un des premiers instigateurs des mesures de déstabilisation, qui ont eu des répercussions sur l’ensemble de la Media Luna”, et dispose de liens solides avec l’ambassadeur yankee.
Les manœuvres militaires dans la région
Lors du 17ème sommet Ibéro-américain, qui s’est tenu l’an dernier au Chili, le Président Evo MORALES a présenté aux chefs d’Etat participants plusieurs photos montrant l’ambassadeur GOLDBERG tout sourire aux côtés du chef mafieux et paramilitaire colombien Jairo VANEGAS. D’ailleurs même les fonctionnaires de l’ambassade des U.S.A à La Paz reconnaissent que George BUSH considérait la victoire de MORALES comme “une menace pour la sécurité de la Région” en raison de son “populisme radical” et de ses liens avec Hugo CHAVEZ et Fidel CASTRO. L’ex-secrétaire à la Défense des U.S.A., Donald RUMSFELD, a même précisé que “la Bolivie faisait dorénavant partie de l’axe du mal”.
Dans une autre action d’intimidation, les troupes yankees ont réalisé des exercices militaires chez les voisins du Paraguay dès la fin de 2005, lorsque la victoire du leader indien apparaissait comme plus que probable. “Des Forces spéciales des U.S.A. continuent à opérer dans la zone frontière dans des pseudos manœuvres civiques, une vieille tactique contre-insurrectionnelle”, dénonce-t-elle. Les Escadrons Opérationnels Avancés (EOA) peuvent s’appuyer sur une forte infrastructure dans ce pays voisin, dont une piste aérienne de 3,8 km sur la base de Mariscal Estigarribia, construite à l’époque de la dictature d’Alfredo STROESSNER. L’arrivée de Fernando Lugo à la présidence du Paraguay menace la permanence de ces accords militaires, ce qui pourrait accélérer le risque d’une aventure militaire en Bolivie.
Groupes fascistes et mercenaires
Ulcérée par les changements progressifs mis en œuvre par le gouvernement MORALES, mais forte du soutien affiché des U.S.A., l’oligarchie raciste s’arme en vue d’un conflit. Manfred REIS, ex-militaire à l’époque de la dictature de Hugo BANZER et autonomiste influent à Cochabamba, a mis sur pied des groupes de jeunes fascistes responsables de violents affrontements qui ont provoqué des morts et des blessés. Il est aujourd’hui réfugié à Santa Cruz. En novembre 2006, l’agence de presse Erbol a révélé qu’un groupe de patrons est parti en Espagne pour recruter des mercenaires. Des propriétaires d’entreprises de “sécurité” ont confirmé ce juteux marché. L’un d’eux a même précisé avoir fourni 650 “combattants, anciens membres des “unités d’élite”, qui sont déjà en action dans les zones limitrophes de la Bolivie”.
Les putschistes peuvent aussi compter sur le riche soutien financier de l’Usaid et de la NED, organismes des U.S.A. qui financent des organisations non-gouvernementales d’opposition à MORALES. Les services de renseignement gouvernementaux ont récemment établi que des millions de dollars avaient été versés aux leaders séparatistes, à des organisations estudiantines ainsi qu’à des journalistes lors de la campagne contre l’Assemblée Constituante. Ce sont ces financements qui ont alimenté les “opérations civiques de ville morte” et les violents blocus sur les routes. En 2007, le consulat du Venezuela et la résidence d’un médecin cubain ont été la cible d’attentats et une fonctionnaire de l’ambassade des U.S.A. a été arrêtée en possession d’armes et de munitions. Dans ce processus, “les média constituent des soutiens majeurs de la contre-insurrection, appelant à l’affrontement intérieur et à l’intervention extérieure”, dénonce CALLONI.
Internationalisme actif et pression
Les manœuvres séparatistes de l’oligarchie bolivienne, qui risquent de prendre une nouvelle dimension après le référendum de mai à Santa Cruz, ont pourtant été condamnées de toutes parts. Même l’Organisation des Etats Américains (OEA), pourtant réputée pour son passé servile au service des U.S.A., a condamné les intrigues putschistes. Lors d’une session extraordinaire tenue à Washington, le 26 avril, l’OEA a apporté son soutien aux institutions démocratiques et au respect de la Constitution et a appelé au dialogue les dirigeants politiques de la Media Luna. Des intellectuels de renom ainsi que des personnalités politiques, sociales et religieuses – entre autres, Pérez Esquivel, Noam Chomsky, Eduardo Galeano et les brésiliens Frei Betto, Oscar Niemeyer et Fernando Morais – ont rendu public un manifeste de solidarité :
“Le processus de changement en cours en Bolivie risque de se voir brutalement interrompu. L’accession au pouvoir d’un Président indigène, ses programmes sociaux et sa volonté de recouvrer la maîtrise des ressources naturelles se heurtent depuis le début à des conspirations oligarchiques et à l’ingérence impériale. Ces derniers jours, l’escalade de la conspiration a atteint son niveau le plus élevé. Les actions subversives et anticonstitutionnelles par lesquelles les groupes oligarchiques prétendent diviser la nation bolivienne illustrent la mentalité fasciste et élitiste de ces secteurs... Face à cette grave situation, nous tenons à exprimer notre soutien le plus résolu au Président Evo MORALES. Nous condamnons également le statut d’autonomie de Santa Cruz, pour son caractère inconstitutionnel et parce qu’il porte atteinte à l’unité d’une nation de notre Amérique”.
La grave situation bolivienne, qui constitue un danger pour toute la vague progressiste en cours en Amérique Latine, exige la solidarité active de toutes les forces démocratiques et populaires du continent et du monde. Il est urgent de dénoncer la stratégie séparatiste et putschiste de l’oligarchie bolivienne, appuyée par les U.S.A. en mobilisant les travailleurs, les parlementaires et élus, les média progressistes. Il faut faire pression sur l’O.E.A. et sur le gouvernement LULA afin qu’ils adoptent des positions plus actives et concrètes face à ce risque de retour en arrière dans la région.
Altamiro Borges
Altamiro Borges Journaliste, membre du Comité Central du PC do B (Parti communiste du Brésil).
BRASIL
Traduction: Pedro DA NOBREGA
BOLIVIE: LE GRAND FLOP de la consultation du 4 mai de l'oligarchie séparatiste de Santa Cruz
UJC fasciste manipulée par branco Marinkovic 
Des affrontements entre les mouvements sociaux de travailleurs et les bandes fascistes de la Unión Juvenil Cruceñista préparées par Branco Marinkovic (plus grand propriétaire du pays avec 300.000 ha de terre et de plusieurs fabriques d’huile) ont eu lieu durant la journée du 4 mai.
Les premiers afin d’empêcher le déroulement d’un « scrutin » illégal et fantoche et pour démontrer leur attachement à l’Union de la Bolivie, au gouvernement élu démocratiquement et à la nouvelle Constitution ratifiée par le MAS. Les seconds pour amplifier les affrontements et terroriser les populations, afin que les 100 clans, grands propriétaires terriens et les éleveurs conservent leurs privilèges, les ressources et le pouvoir économique sans partage du pays en continuant à commercer indépendamment du pouvoir central avec les entreprises multinationales et transnationales.
Manifestation pour l'union de la Bolivie
Pour autant le peuple bolivien, les travailleurs et les paysans boliviens ont tout de même fait savoir à Evo Morales qu’il ne doit pas reculer et que sa tentative de pactiser ou de concilier avec l’oligarchie sur la base d’un « capitalisme andin » a échoué et n’est pas d’actualité :« Arrêtons la conciliation ! Écrasons l’oligarchie ! », « Il est temps de reprendre les terres aux oligarchies, de parachever le processus de nationalisation à 100% de l’entreprise d’État YPFB et d’imposer un salaire minimum adéquat au panier de la ménagère » signalaient les dirigeants de la COB d’Oruro. Les faits démontrent qu’il ne s’agit pas d’une lutte de régions ni d’ethnies, mais une lutte de classes. La bourgeoisie, l’église, l’impérialisme et l’oligarchie des grands propriétaires des terres se sont unis pour tenter de renverser le processus révolutionnaire. Ils ont déclaré la guerre aux majorités populaires de Bolivie.
Au milieu de la journée des dizaines d’urnes bourrées de bulletins « OUI » ont été trouvées cachées près des bureaux de votes et détruites en partie par les mouvements manifestants. D’autres irrégularités ont été constatées par des infiltrés, personne ne sait où se trouvent les urnes, aucun agent des Nations Unies n’a été invité pour contrôler cette mascarade, le dépouillement a été effectué à « huit clos » à Santa Cruz.
Aucun journaliste non accrédité par l’oligarchie n’a été autorisé de circuler dans la région « bunkérisée ». Seuls les laquais inféodés à ces Cambas fascistes ont pu délivrer des messages dictés par ces derniers.
Certaines sources comme Anmcol annoncent une abstention de 75%, et sur les 25% de votants, 15% auraient voté NON et 85% OUI. Dans le discours d’Evo Morales, le chiffre de 25% de votants, 15% de NON et 85% de OUI est confirmé. Le chiffre de participation par contre est différent il annonce mais officieusement également que sur 935.000 citoyens inscrits 400.000 (40%) environ se seraient abstenus, auxquels il faut ajouter les votes blancs et nuls.
Voilà des chiffres peu fiables et non vérifiables qui démontrent bien l’organisation d’une consultation inconsistante et frauduleuse destinée à déstabiliser le gouvernement d’Evo Morales et qui s’apparente plus à une amorce d’un coup d’État.
Les radios, télévisions et journaux boliviens, tous aux ordres de cette oligarchie minoritaire délivre le message de la réussite de cette consultation avec 85% de OUI…une plaisanterie de plus qui discrédite ce coup de force ainsi que les médias relais.
Nous attendons maintenant que notre Zorro français Robert MESNARD de Reporters Sans Frontières qui de son Quartier général à Washington va nous délivrer son message de protestation contre la liberté de presse de la part de ces oligarchies boliviennes soutenues par ses compatriotes paramilitaires du Pentagone. De même que notre inutile faire valoir, porteur de sacs de riz, Bernard Kouchner, si prompt à dénoncer lui aussi le manque de liberté et de liberté de presse dans certains pays.
Esteban
03 mai 2008
BOLIVIE: Avec rage et douleur depuis Santa Cruz
Je me trouve sur l’Avenue Santos Dumont à la hauteur du troisième carrefour de la ville de Santa Cruz. Depuis le cœur même de cette terre, depuis cette région qui se prépare à vivre un dur épisode de son histoire, j’ai le devoir moral de dénoncer à la Bolivie et au monde ce qui suit :
En ces moments Santa Cruz est victime d’un accord politique, d’un pacte de sang des loges qui contrôlent la région avec la stratégie de la peur. Les loges qui articulent un discours qui est en apparence cruceñista [de Santa Cruz], mais qui ne fait que cacher d’une manière louche d’obscurs intérêts contre le peuple et contre le gouvernement démocratiquement élu.
Le climat social, ici, à Santa Cruz est la crainte et l’incertitude. Une partie de population s’est installé dans une ambiance de fête, de joie, avec des fêtes, de la musique et des bals de jeunes avec beaucoup de filles et des garçons. D’autres secteurs regardent en silence, avec impotence et en se mordant la langue ce que font les secteurs huppés, les Blancs des plaines descendants d’étrangers.
La stratégie de la peur a fonctionné. Les secteurs durs ont réussi à ce que la Unión Juvenil Cruceñista [extrême droite] soit craint par une grande partie de la population. D’autres secteurs par contre ont laissé la peur de côté et ils occupent les rues et les places pour protester et expriment leur opinion sur des chaînes, radios et journaux alternatifs, mais la couverture médiatique de ces voix est si réduite et insignifiante que cela donne l’impression qu’à Santa Cruz il n’y a qu’une seule consigne, une seule visée et une seule ligne politique.
Les médias de communication à Santa Cruz ont touché le fond à l’égard de leur crédibilité. Les radios, les chaînes et les journaux ont établi un cordon ombilical direct avec le Comité Civique pro-Santa Cruz et la Préfecture.
Jamais, dans l’histoire des canaux de la communication, il n’était arrivé que les voix dissidentes n’aient pas eu la place pour s’exprimer. Beaucoup d’animateurs et de journalistes considèrent le fait que tous appuient les statuts d’autonomies et que TOUS doivent voter pour le ‘oui ‘ dimanche 4 mai, en considérant que les AUTRES ne comptent pas et qu’ils ne sont pas partie du TOUT. La capacité critique des journalistes des grands médias est en veilleuse et beaucoup d’entre-eux n’ont même plus la correction de dissimuler leur agissement, parce qu’à Santa Cruz celui qui ne suit pas le schéma est fiché par les leaders des loges et « se retrouve sans job ».
Celui qui éclaire un téléviseur et passe en revue les chaînes traditionnelles, il s’aperçoit qu’il n’y a qu’un seul discours avec une ligne pro autonomiste et si quelque chose est dit sur le gouvernement c’est servi par une contre information, pour signaler de quelle façon le gouvernement attaque Santa Cruz, « que le gouvernement s’est accroché avec Santa Cruz ».
Les conditions pour exercer le droit à la liberté d’expression sont terriblement adverses et cette dictature médiatique n’a d’égale que celle que nous vivons avec les gouvernement dictatoriaux.
La Chambre Départementale Électorale a le plus triste rôle et au monsieur Parada non seulement il lui ont donné le triste rôle d’appeler à voter la citoyenneté cruceña, mais aussi à travers des spots publicitaire, il dit que le référendum de Santa Cruz est absolument conforme à la loi. « Avec la loi dans la main » ont-ils le culot de dire au citoyen alors que toute la Bolivie et le monde savent qu’il s’agit d’un référendum sans couverture légale et absolument attentatoire à l’état de droit, et pour cela même prenant la tournure d’un coup d’état politique à l’intérieur d’un régime démocratique.
L’événement de s’organiser une consultation pour l’autonomie, aura eu le mérite d’entrer dans les records du Guiness parce que ce sera la première fois qu’une consultation, un plébiscite arrivera à terme, sans débat préalable, sans opposition d’idées, avec autant de mensonges, de discrimination et de dédain pour l’autre, c'est-à-dire que le vote se fera dans un climat absolument antidémocratique.
Grover Cardozo est journaliste bolivien.
ESPAÑOL- ALAINET
Traduction: Esteban
02 mai 2008
BOLIVIE: Offensive de la droite et mobilisation ouvrière et paysanne pour l’affronter

Le 4 mai la Préfecture (gouvernement) du Département (province) de Santa Cruz, organisera un « référendum » pour approuver un « statut autonomique » selon lequel elle aurait le contrôle des terres et des hydrocarbures. Dans les prochains mois, ils espèrent réitérer ces mêmes « référendums » dans d’autres Départements (Tarija, Beni y Pando).
D’un autre côté, ils ignorent la Nouvelle Constitution approuvée en décembre 2007 par la majorité du MAS qui gouverne dans la Constituante, et empêchent à cause de leur majorité au Sénat, l’aboutissement du plébiscite national afin de la mettre en vigueur.
La Nouvelle Constitution limite à 10.000 hectares l’extension des terres. Et les oligarchies de l’Est du pays ne veulent pas céder un seul hectare des meilleures terres qu’elles se sont appropriées avec la complicité des dictatures. 100 familles détiennent 25 millions d’hectares, alors que 2 millions de paysans subsistent avec seulement 5 millions d’hectares. En plus cette oligarchie veut également le contrôle des hydrocarbures et des mines afin de poursuivre leur commerce avec les multinationales. Ils comptent sur l’appui de l’ambassadeur Yankee Philip Goldberg. Ils cherchent à adapter un gouvernement parallèle, destiné à liquider le gouvernement d’Evo Morales.
Écraser l’oligarchie
La majorité paysanne, populaire et ouvrière commence à élever son indignation, en voyant comment la droite avance impunément avec un discours ouvertement raciste et prêt à un coup d’État. Cependant, le gouvernement d’Evo Morales freine la mobilisation en disant que le « référendum » est illégal.
D’autre part, il y a un certain mécontentement contre le gouvernement d’Evo, à cause de l’augmentation du pouvoir d’achat et par l’absence de progression de la réforme agraire avec la redistribution des terres aux paysans et peuples originaires. La nationalisation des hydrocarbures a crée une augmentation d’impôts, qui ont bien amélioré les recettes de l’État (300 millions à 2 milliards de dollars), mais les multinationales continuent à s’approprier de la plus grande partie des recettes des hydrocarbures grâce aux contrats de production.
La CIDOB (Confédération Indigène de l’Ouest de la Bolivie) et la APG (Assemblée du Peuple Guarani) ont appelé à la mobilisation et à empêcher le « référendum » sur leurs territoires (qui appartient au Département de Santa Cruz). La Fejuve (association de voisins) de El Alto de même que les usines de transformation, les professionnels et la Fejuve de Cochabamba mobilisent pour le 1er et le 4 mai. La COB [Centrale Ouvrière de Bolivie] a réalisé une mobilisation à La Paz. Et les mineurs de Huanuni proposent que « seulement l’application des Agendas de 2003 et 2005 (nationalisation des hydrocarbures, réforme agraire) garantiront le démembrement et la déroute de l’oligarchie ». Tandis qu’ils appellent « tous les syndicats, les travailleurs et le peuple de Bolivie à faire front à la menace de division de notre patrie organisée par l’oligarchie patronale, propriétaire des terres, transnationale et usurière », il exigent du gouvernement « donnez-nous les moyens et les ressources nécessaires pour les anéantir ». Tout notre appui à cette lutte héroïque du peuple bolivien.
Miguel Lamas
ESPAÑOL
Traduction: Esteban


