LE TACLE

LA CONSCIENCE VAUT MILLE TÉMOINS

20 juin 2008

CUBA: L’UE LÈVERA LES SANCTIONS DIPLOMATIQUES CONTRE LA HAVANE

raulcastroBruxelles le 19 juin

Les ministres de l’Union Européenne ont décidé ce jeudi 19 juin de lever les sanctions diplomatiques contre Cuba afin « d’ouvrir une nouvelle étape » avec La Havane, avait annoncé le ministre espagnol Miguel Ángel Moratinos, dont le pays a été le porte-drapeau de ce dialogue.

« Nous avons décidé de lever définitivement les mesures qui furent établies en 2003 et d’ouvrir une nouvelle étape de dialogue avec les autorités cubaines sans aucune condition », a affirmé Moratinos.

La décision, prise pendant la nuit de jeudi par les ministres des 27 pays de l’UE, « va être immédiatement formalisée » lundi « afin qu’elle entre rapidement en vigueur ».

Pour maintenir la pression sur Cuba et convaincre les membres les plus réticents comme la République Tchèque et l’Allemagne, les 27 pays se sont engagés à réexaminer « les résultats du dialogue politique et des droits humains » au bout d’un an. « Ce qui ne sera pas rediscuté, c’est la suppression de ces sanctions parce qu’elles sont dès maintenant définitivement levées », a assuré le chef de la diplomatie espagnole.

« Nous ne sommes pas favorables à ce que l’UE ou qui que se soit annule les sanctions en ce moment », a déclaré le porte-parole du département d’État des États-Unis, Tom Casey, en dénonçant que cette décision pourrait laisser croire que dans « ce régime dictatorial, l’oppression pour son peuple serait plus acceptable qu’avant »

« Nous demandons aux états-uniens qu’ils respectent la politique décidée par l’Union Européenne », a réagit Moratinos. « L’Union Européenne a la légitimité suffisante pour établir sa politique dans la zone aussi importante que l’est l’Amérique Latine et donc Cuba », a-t-il ajouté.

Les sanctions, purement diplomatiques, avaient été adoptées en 2003 suite à la condamnation à de dures peines de prison contre 75 dissidents et à l’exécution sommaire de trois pirates d’un canot qui prétendaient émigrer aux Etats-Unis.

D’autre part, la présidence slovène de l’UE avait indiqué, que l’UE était revenue sur son intention d’imposer un ultimatum à l’Irlande pour qu’elle trouve une solution à la crise pour le NON du référendum de ce pays sur le Traité de Lisbonne, traité qui a remplacé celui de la Constitution Européenne qui fut un échec.

Après le coup signifié par le NON irlandais, le Traité de Lisbonne a été approuvé ce jeudi en Angleterre, ce qui donne le chiffre de 19 pays ayant accepté le texte en vigueur.

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Traduction: Esteban

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17 juin 2008

LES CINQ ANTITERRORISTES CUBAINS EMPRISONNÉS, LE TERRORISTE POSADA CARRILES PROMÈNE LIBREMENT À MIAMI

DÉCLARATION DE LA COMMISSION PERMANENTE
DES RELATIONS INTERNATIONALES
LA HAVANE

Nous appelons les parlementaires du monde à s’exprimer devant cette nouvelle injustice contre les Cinq antiterroristes cubains.

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Lorsque le 9 août 2005, l’ensemble des trois juges de la Cour d’Appel d’Atlanta, avait ordonné avec justesse et éthique, un nouveau procès pour les Cinq antiterroristes cubains incarcérés dans les prisons des Etats-Unis, en considérant que Miami n’avait pas été le lieu approprié pour y être jugés, il semblait qu’enfin le système judiciaire nord-américain serait juste dans ce long procès empli d’arbitraires et de manipulation politique.


Un an après l’unanimité de la Cour, un verdict inédit dans l’histoire judiciaire nord-américaine, a été prononcé contre le rapport de ses trois juges, et a validé le jugement dicté à Miami renvoyant de nouveau le cas à trois autres juges afin de reconsidérer les nouveaux plaidoyers de la défense.

Après de long mois d’attente, le 4 juin dernier, et dans un document de 99 pages qui déforme les faits et qui est infesté de préjugés anti cubains, le groupe des trois juges donna son avis : les arguments de la défense « manquaient de preuve » et a ratifié les verdicts de culpabilité des Cinq antiterroristes cubains et les deux sentences, celles de René González (15 ans) et Gerardo Hernández (deux peines à perpétuité, plus 15 ans). Tout autant, ce groupe de juges a annulé trois de ces sentences, Ramón Labañino (peine à perpétuité plus 18 ans), Antonio Guerrero (peine à perpétuité plus 10 ans) et Fernando González (19 ans) en les renvoyant à la Cour de Miami afin qu’ils soient à nouveau sanctionnés par la même juge, Joan Lenard, qui imposa ces peines disproportionnées.

Nous attirons l’attention que cette décision est prise dans l’actuel contexte électoral nord-américain, et comme cela est bien connu, le thème sur Cuba est particulièrement sensible, et spécialement en Floride en ce moment où le gouvernement accentue ses manœuvres pour protéger durablement le terroriste Luis Posada Carriles, en refusant de l’extrader au Venezuela, d’où il s’était évadé de la prison, alors qu’il était jugé coupable de l’explosion en plein vol d’un avion civil cubain avec 73 personnes à son bord. Les EEUU n’hésitant pas ainsi à violer les conventions internationales contre le terrorisme, approuvées par la Communauté Internationale.

Il n’est pas étonnant non plus que la décision rédigée au nom du groupe, l’a été par un juge, William Pryor, dont la nomination comme juge fédéral par le président Bush, avait été largement controversée à cause de ses positions affichées d’extrême droite, et cela avait déclenché de nombreuses plaintes dans de nombreux milieux politiques et dans l’opinion publique nord-américaine. Avec 45 voix contre, il est bon de le rappeler, ce juge, n’a été nominé à ce poste que par le Sénat des Etats-Unis, moyennant un arrangement négocié par le candidat républicain à la présidence, John McCain.

La Commission Permanente des Relations Internationales de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, faisant sienne la juste indignation des députés de l’Assemblée Nationale, de tout le peuple cubain et des familles de nos Cinq compatriotes, nous condamnons cette décision absurde et la nouvelle manipulation dont ce procès arbitraire en est l’objet et nous appelons tous les Parlements du monde, à leurs commissions des Relations Internationales, des droits humains, des affaires juridiques et des groupes parlementaires d’amitié avec Cuba, qu’ils se prononcent contre cette nouvelle injustice et qu’ils la dénoncent devant les autorités nord-américaines, les organismes internationaux et les organisations des droits humains, de même qu’ils peuvent entreprendre n’importe quelle autre action qui puisse contribuer à ce que la vraie justice soit faite avec les Cinq cubains qui viennent d’accomplir 10 longues années d’une incarcération injuste, et soumis à des conditions de détention inhumaines, privés des visites régulières de leurs familles, dont deux n’ont jamais été autorisés à recevoir la visite de leur épouse, ils sont emprisonnés seulement pour avoir été des cubains qui ont lutté contre les groupes terroristes installés dans le sud de la Floride, et protégés par les autorités nord-américaines.

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La Commission Permanente des Relations Internationales
de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire.

La Havane

ESPAÑOL

Traduction: Esteban

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17 mai 2008

SALIM LAMRANI À LA CIOTAT

Rencontre À LA CIOTAT Avec le journaliste
spécialiste des relations entre
Cuba, les États-Unis et l’Union européenne


SALIM LAMRANI

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JEUDI 22 MAI à 18h30
au Cercle de La Renaissance

à l’occasion de la sortie de son ouvrage
"La double morale : Cuba, l’Union européenne et les droits de l’Homme"

À l'heure où le concept des droits de l'homme est sur toutes les bouches, cette rencontre - co organisée avec l’association Cuba Si France Provence - avec Salim Lamrani, pourra contribuer au débat sur la vision de Cuba et des pays du Sud en général en matière de droits humains.

La soirée se terminera autour d’un repas cubain.


Entrevista con SALIM LAMRANI, periodista especialista de las relaciones entre Cuba, Estados Unidos y la Unión Europea, el jueves 22 de mayo a las 18h30 de la tarde, en la sede de la asociación Cercle de la Renaissance, 10 av Gallieni 13600 La Ciotat.
En esta ocasión se hablará de su reciente obra La doble moral: Cuba, la Union Europea y los derechos humanos”.

Con el concepto de los derechos humanos que se tiene actualmente sobre todas las bocas, la entrevista - co-organizadora la asociación “Cuba Si France Provence”– con Salim Lamrani, podrá contribuir al debate de la opinión de Cuba y los países del Sur en cuanto de los derechos humanos.

Se acabará la noche en torno de una mesa cubana.


Contats, informations…
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16 mai 2008

CUBA: LES MÉDIAS MENTENT SUR LES "RÉFORMES" À CUBA

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censure_cubaCes dernières semaines, les chaînes privées de télévision font un énorme battage autour de ce qu'ils nomment les “réformes” à Cuba. Multipliant les piques et les sarcasmes, les grands noms des journaux télévisés comme William Bonner (TV Globo) et Carlos Nascimento (SBT), présentent l'île rebelle comme une illustration du sous-développement mondial. Forts de leurs revenus opulents et de leur fatuité repue, ils s'amusent avec perfidie de voir les Cubains pouvoir aujourd'hui disposer de produits de consommation “capitalistes”, comme les téléphones portables, les télés plasma, les DVD et avoir accès aux grands hôtels de luxe. Tout cela est présenté dans le but de caricaturer et diaboliser Cuba, dans une campagne de propagande grotesque qui rappelle les plus sombres périodes de la “guerre froide” et des croisades anticommunistes.

Reprenant avec servilité les discours des média états-uniens et des gusanos (vermines) cubains de Miami, les journaux télévisés locaux présentent ces changements comme le symbole de la fin de l'“ère Fidel Castro”. Selon cette vision aussi caricaturale que superficielle, Raúl Castro, son frère qui assume aujourd'hui la Présidence, se serait rendu aux délices de la société de consommation. La restauration capitaliste serait donc inéluctable sur cette île révolutionnaire. Dans un passé récent, lors de la désintégration du bloc soviétique, ces mêmes grands média prédisaient la débâcle pour le régime cubain. Mais en restant aveugles aux grandes conquêtes sociales de la révolution, au très fort sentiment anti-impérialiste animant ce peuple et à son niveau élevé d'organisation, ils se sont fourvoyés.

Croissance et débat d’idées

Aujourd’hui, gardant leurs lunettes déformantes, ils risquent encore de se tromper lourdement. Cuba connaît à l’heure actuelle, malgré des décennies de blocus criminel de la part des U.S.A., une phase d’expansion économique. Du fait de changements intervenus en Amérique Latine et dans la géopolitique mondiale, elle a pu développer ses relations commerciales. Le Venezuela, la Chine et aussi le Brésil, bravant les diktats de l’empire, ont augmenté leurs investissements dans l’île ce qui se traduit par des taxes annuelles de croissance frôlant les 10 % ces dernières années. Cette croissance a permis au pays de sortir de la très dure “période spéciale”, imposée par la désintégration du bloc de l’Est européen, qui a fortement restreint la consommation intérieure et demandé au peuple cubain une héroïque capacité de résistance.

Découlant de cette nouvelle réalité économique, des changements se sont fait jour dans les modes de consommation, déjà lorsque Fidel Castro exerçait encore les responsabilités. Il y a donc pas de rupture entre son frère et lui, et encore moins de brusques virages dans la direction collégiale de la Révolution cubaine. Ces bouleversements sur le terrain économique font même l’objet d’un intense débat au sein de la société cubaine. Plus de 1,3 million de propositions ont été adressées l’année dernière aux organismes gouvernementaux dans l’objectif de “faire avancer le socialisme”. Le climat est au débat démocratique et créatif, non pas dans l’optique d’un retour au capitalisme mais plutôt dans celle d’un renforcement du pouvoir populaire et d’une amélioration des conditions de vie de la population.

La haine des “multinationales de l’information”

Au-delà de ces changements de fonds occultés par les média hégémoniques, leurs grandes figures s’entêtent à propager des mensonges éculés. Le journaliste Salim Lamrani, dans une très lucide contribution publiée par “Carta Maior”, en démonte plusieurs. Soulignant que la campagne anti-Cuba est mondiale, il s’en prend aux “multinationales de l’information” qui martèlent que maintenant “les Cubains sont enfin libres d’acquérir des appareils électroménagers et autres équipements électriques, accréditant l’idée que leur vente était auparavant totalement interdite. Mais la réalité est bien différente. La vente de ce type d’articles n’a jamais été interdite, exceptés certains produits informatiques et d’autres très gourmands en énergie comme les fours à micro-ondes, dans une période où la production d’énergie n’était pas à même de satisfaire la demande intérieure”.

Il rappelle que pendant la “période spéciale”, débutée en 1991 avec la débâcle du bloc soviétique, le pays s’est trouvé brutalement isolé sur le marché mondial, plus de 80 % de son commerce extérieur s’étant soudain interrompu. “Dans ce contexte extrêmement difficile, l’île des Caraïbes a du subir de fortes pénuries, en particulier dans le domaine de l’énergie, avec des coupures longues et fréquentes. Les autorités ont décidé à cette époque de limiter les ventes d’appareils électriques très gourmands en énergie. Ces restrictions se justifiaient totalement. Il eût été irresponsable en réalité de procéder autrement, le système énergétique, lourdement subventionné, courant le risque d’une saturation”.

L’ingéniosité des Cubains

Dans la période plus récente, grâce au développement de nouvelles relations commerciales et à l’ingéniosité de son peuple, cette situation a pu être dépassée. “Grâce à la ‘révolution énergétique’, lancée en 2006, qui consistait à remplacer de vieilles lampes et d’anciens appareils électroménagers, comme les télévisions, les réfrigérateurs et ventilateurs, par des équipements plus modernes, plus économes en énergie, des millions de cubains ont pu avoir accès à toute une gamme de nouveaux produits avec des prix subventionnés par l’Etat, en dessous de leur valeur marchande. Les économies d’énergie ainsi générées permettent aujourd’hui de faire face à la demande intérieure, ce qui explique l’abandon progressif des restrictions pour l’acquisition de ce type de biens, électroménagers, ordinateurs et autres ”.

Il estime que les média mentent en passant sous silence ces questions de fond, qui pèsent sur le bien-être des Cubains. Les responsables cubains reconnaissent eux-mêmes que le pays doit encore affronter bien des obstacles, dont celui du sous-développement. “Mais ce constat concerne une immense partie de la population mondiale, que vit dans la pauvreté et dont les premières préoccupations ne sont pas de pouvoir acheter un graveur de DVD ou un four à micro-ondes, mais plutôt de pouvoir faire trois repas par jour et d’avoir accès à la santé et à l’éducation, angoisses qui n’ont pas cours à Cuba”. Selon les chiffres de l’ONU, 854 millions d’humains souffrent dans le monde de malnutrition ; chaque jour meurent 26 mille enfants victimes de la faim ou de maladies curables – 9,7 millions par an. “Aucun Cubain n’en fait partie”.

Internet, téléphones portables et hôtels de luxe

Concernant les accès Internet et les téléphones portables, sur lesquels ces média font un grand battage, Lamrani souligne qu’il existe, outre les problèmes économiques, des entraves technologiques. “Washington interdit à Cuba de se connecter sur le câble en fibre optique du Détroit de Floride qui lui appartient. Le pays ne dispose donc que d’une connexion satellite à la capacité limitée, qui plus est extrêmement onéreuse. Voilà pourquoi l’accès aux téléphones portables était limité. Avec l’amélioration de la situation économique, l’offre a pu être élargie pour la population, même si les tarifs restent encore très élevés”.

“Quant à la question des hôtels, ces média font aussi preuve de partialité. Jusqu’au 1er avril 2008, leur accès n’était pas interdit, comme ils l’affirment, mais restreint... Avec le développement accéléré du tourisme, dès le début des années 90, la capacité hôtelière a très vite atteint ses limites ne permettant pas d’héberger les touristes étrangers et les Cubains”. Les tarifs sont devenus prohibitifs, “mais cette presse oublie encore une fois de rappeler que le prix d’une nuitée dans un grand hôtel reste un luxe pour la plupart des habitants du tiers-monde et pour une bonne partie des citoyens des pays développés. À titre d’exemple, combien de Français peuvent se payer une nuit dans un hôtel comme le Ritz à Paris où le tarif le plus bas se situe à 730 € ?”.

Les mercenaires des média de la bourgeoisie

Lázaro Barredo, directeur de Granma, organe officiel du Parti Communiste de Cuba, critiquant les manipulations de ces campagnes médiatiques, tourne en dérision ces journalistes “mercenaires” de la presse bourgeoise. Ne leur déplaise, il n’y a aucune volte-face à Cuba. Il précise que le gouvernement met simplement en œuvre “des mesures correctives des décisions prises lors des moments les plus critiques de la crise économique au début des années 90, quand a débuté ce que nous avons appelé la ”période spéciale”, conséquence de la chute du bloc socialiste, de la disparition de l’U.R.S.S. et du durcissement des mesures criminelles de blocus imposé par les U.S.A.. Il nous a fallu à l’époque adopter des politiques de restriction à la consommation, pour éviter que ne se creusent des inégalités sociales dans notre société construite sur des valeurs égalitaires ”.

Avec une croissance soutenue et les changements intervenus dans la situation mondiale, Lázaro est convaincu que de nouvelles avancées seront possibles sur l’île. Confiant, il souligne que le peuple prend une part active à l’intense débat actuel sur l’avenir du pays. “Plus de quatre millions de compatriotes ont formulé des propositions dans leurs usines, leurs coopératives, leurs universités, puis au niveau des municipalités et des provinces pour les faire remonter jusqu’aux ministères et au gouvernement. Toutes les opinions, jusqu’aux plus critiques, ont comme objectif de renforcer la Révolution. Il y a des aspirations très positives à Cuba. Raúl Castro a bien caractérisé le moment que nous vivons devant les députés de l’Assemblée Nationale, lorsqu’il a affirmé qu’il n’y a pas lieu de craindre les divergences parce qu’il n’y a pas de contradictions antagoniques dans la société. C’est de l’échange le plus poussé et du débat que surgiront les meilleures solutions. L’optimisme reste fort face aux mesures adoptées”.

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Altamiro Borges est journaliste, membre du Comité Central du PcdoB



PORTUGUÊS

Traduction : Pedro Da Nobrega

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25 février 2008

CUBA: FIDEL CASTRO ET L'AVENIR DE CUBA

par Altamiro Borges

Pendant que la presse capitaliste et ses mercenaires « rastaquouères », tels Diogo Mainardi et Reinaldo Azevedo, appellent de leurs vœux la mort de Fidel et spéculent sur le retour du capitalisme à Cuba, des intellectuels plus rigoureux tentent d'analyser les effets de la décision du leader cubain de ne pas briguer la présidence du Conseil d'Etat.

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Ainsi que l'a précisé Hugo Chavez, Président du Venezuela et son ami intime, " Fidel ne renonce pas et n'abandonne rien. Comme il l'a affirmé, il entend jouer un autre rôle dans la bataille de la Révolution Cubaine et dans celle de l'Amérique Latine. Il sera toujours sur le front. Des hommes comme Fidel ne se mettent jamais en congés. " Ceci précisé par rapport à certaines campagnes médiatiques, demeure la question : Quel sera l'avenir de Cuba ?

« Une trajectoire extraordinaire »

Pour Emir Sader, coordinateur du Conseil Latino-Américain de Sciences Sociales ( CLACSO ), cette décision « est l'aboutissement d'un processus de transition où Fidel a progressivement cessé de remplir certaines fonctions. Elle ne représente qu'une formalisation. » Il rappelle d'ailleurs que les idées de la Révolution Cubaine ont aujourd'hui plus de force et de rayonnement sur le continent, avec les victoires de gouvernements progressistes et le fait que Cuba ne soit plus isolée. « Fidel se retire mais la réalité de ce dont il a pu rêver est aujourd'hui une constante. Il reste contemporain dans l'Amérique Latine actuelle. Voilà une « fin de carrière » digne de celui qui a construit une extraordinaire trajectoire ».

Selon lui, la sortie de la scène politique de Fidel Castro ne devrait pas entraîner de conséquences majeures dans l'île rebelle. Des changements plus profonds peuvent cependant résulter des élections aux U.S.A.. La défaite de la droite pourrait ouvrir de nouveaux horizons, avec la fin de l'embargo économique et des actions terroristes. « La fin du gouvernement Bush peut éventuellement constituer le début de la démocratisation des Etats-Unis. Je ne fais pas de pronostics sur le résultat de ces élections, mais il me semble que tous les candidats rejettent, d'une façon ou d'une autre, le gouvernement actuel. Bush quittera le pouvoir seul, juste avec son chien de compagnie, ainsi qu'il l'a lui-même déclaré, ce qui n'est pas le cas de Fidel. Il s'en va avec le soutien du peuple cubain ».

« Ceux qui espèrent la fin du socialisme se font des illusions »

Un autre grand connaisseur de la réalité cubaine, le théologien Frei Betto, se montre lui aussi sceptique quant à l'éventualité de bouleversements brutaux. Rien que cette année, il a déjà effectué deux séjours sur l'île : d'abord en janvier pour participer à la Rencontre Internationale sur l'Equilibre du Monde et ce mois-ci pour le Congrès « Universidade 2008 ». « J'ai eu l'occasion, lors de ces deux voyages, de rencontrer Raùl Castro ainsi que plusieurs ministres cubains... Ceux qui s'imaginent que la décision de Fidel signifie la fin du socialisme à Cuba se font des illusions. Je n'ai constaté aucun signe indiquant que des secteurs significatifs de la société cubaine aspirent au retour du capitalisme. Pas même les évêques de l'Eglise Catholique ».

raul« Cuba n'est pas rétive aux changements. Raùl Castro lui-même a encouragé un processus interne de critiques quant à la Révolution, par le biais des organisations de masse et des secteurs professionnels. Cela représente plus d'un million d'observations qui vont être analysées par l'exécutif. Les Cubains savent que les obstacles sont considérables, car ils vivent dans une île à quatre dimensions : géographique, seule nation socialiste en Occident, orpheline de son partenariat avec l'Union Soviétique et subissant depuis près de 50 ans le blocus imposé par le gouvernement des USA ». En dépit de toutes ces adversités, le pays présente des indices élevés de développement humain, comme le reconnaît même l'ONU. Pour lui, il pourra y avoir des changements dans le pays quand cessera le siège impérialiste.

« Que l'on n'espère pas néanmoins que Cuba retire de l'entrée de La Havane deux affiches qui nous font honte à nous, latino-américains qui vivons dans des îlots d'opulence encerclés par une misère omniprésente : « Chaque année meurent 80 000 enfants victimes de maladies curables. Aucune d'elles n'est cubaine. »-  « Cette nuit encore, 200 millions d'enfants dormiront dans les rues du monde : Aucune n'est cubaine. » 

« Son influence reste présente »

fidelDans le même ordre d'idées, Ignàcio Ramonet, Directeur du Journal « Le Monde Diplomatique » et de la coordination du Forum Social Mondial, dénonce les spéculations de la réaction. « La longue et extraordinaire carrière politique de Fidel Castro arrive à son terme, tout du moins en ce qui concerne la Présidence. Mais son énorme influence restera présente et vivante... Il ne peut y avoir de remplaçant à Fidel. Pas seulement pour ses talents de leader, mais parce que les circonstances historiques ne seront plus jamais les mêmes. Il a tout connu, depuis l'avènement de la Révolution Cubaine jusqu'à la chute de l'U.R.S.S. avec des décennies d'affrontement avec les U.S.A.. Le fait qu'il se retire encore en vie ne peut que contribuer à une transition pacifique ».

« Il transmet les responsabilités à une équipe qui a fait ses preuves et en laquelle il a toute confiance. Cela ne saurait entraîner des changements spectaculaires. Les Cubains, y compris ceux qui se montrent critiques sur certains aspects du régime, ne veulent pas de bouleversements. Ils ne veulent pas perdre le bénéfice des conquêtes sociales, de la gratuité de l'éducation jusqu'à l'université, de l'accès gratuit et universel à la santé jusqu'à la sécurité et la paix dans un pays où la vie est tranquille ». Le journaliste Français table lui aussi sur des changements dans l'Empire: « Les USA se trouvent confrontés à un scénario politique transformé : pour la première fois, Cuba dispose de véritables amis dans les gouvernements de l'Amérique Latine, en particulier au Venezuela, mais aussi au Brésil, en Argentine, au Nicaragua et en Bolivie... La retraite de Fidel, anticipée depuis un certain temps, s'inscrit dans la continuité. Mais pour l'évolution de cette petite nation historique, l'élection d'un Barack Obama pourrait se révéler sismique. »

« Une transition lente et orchestrée »

Même pour des intellectuels plus sceptiques, mais qui ne sont pas pollués par la haine impérialiste, la décision de Fidel peut entraîner des changements mais sans pour autant renier ses engagements. C'est le cas du journaliste états-unien Jon Lee Anderson, qui a séjourné trois ans sur l'île afin d'y rédiger son livre « Che Guevara, une biographie ». A son avis, « le retrait formel de Fidel marque la fin d'une époque. Mais pas celle du socialisme ni même du « Fidelisme ». Nous entrons simplement dans une ère plus nuancée. » Au-delà des récentes améliorations dans le domaine économique, Anderson prévoit des évolutions « modérées » sur ce terrain. « Mais la transition sera lente et orchestrée par la direction du Parti Communiste Cubain et sans remettre en question le socialisme. »

Le journaliste estime que le leader révolutionnaire a choisi le meilleur moment pour prendre sa retraite du pouvoir. « Il semble que Barack Obama ait de bonnes chances aujourd'hui de devenir le prochain Président. Les Cubains, et Fidel en particulier, ont toujours observé avec beaucoup d'attention ce qui se passe aux USA. Il se peut qu'il prépare la voie pour un dialogue qui mène à une forme de réconciliation dans laquelle il peut jouer un rôle. Le timing est bon. » Il dénonce également l'hystérie générale quant à cette décision : « Bien sûr que tout ce qui touche à Fidel paraît dramatique, mais il faut du temps pour digérer. De toute façon, il restera remarquable. Fidel est unique. Il occupe une place presque mythologique entre les grands leaders vivants ».

Les avis de Lula et Stedile

Le Président Lula, de façon courageuse et refusant de se plier aux injonctions des médias capitalistes, a évoqué le sujet avec sérénité. « J'aurais pu craindre que, dans une situation difficile, survienne un événement déstabilisateur... Les Cubains disposent de la maturité nécessaire pour résoudre leurs problèmes, sans besoin d'ingérences ni Brésiliennes, ni Américaines. » A la grande fureur des réactionnaires, Lula a tenu à faire l'éloge du leader révolutionnaire : « Fidel reste l'unique mythe vivant de l'histoire de l'humanité. Il a forgé cela au prix de beaucoup de compétence et de caractère, d'une grande force de volonté et aussi de beaucoup de polémiques. » Lula a aussi rappelé la visite que lui avait faite Fidel chez lui en 1989 : « Il était venu participer à l'investiture officielle de Collor ( Président de droite prédécesseur de Lula, ndt ), et il s'est ensuite rendu chez moi à São-Bernardo pour déjeuner, dans un geste qui reste pour moi inoubliable. »

Quant à João Pedro Stedile, membre de la Coordination Nationale du MST ( Mouvement des paysans sans terre du Brésil, ndt ) et grand ami de Cuba, il pense que cette décision n'apportera pas de grands bouleversements : « Le pouvoir réel dans ce pays est exercé en commun par le Parti et les multiples formes d'organisation populaire. Quel gouvernement se risquerait à laisser à la disposition du peuple, dans d'innombrables locaux immédiatement accessibles, des armes prêtes à l'emploi, en particulier en cas d'invasion des USA, si le peuple ne se sentait pas représenté ? » Pour lui, « la décision de Fidel est judicieuse. Il pourra mieux mettre son temps à profit pour travailler à des réflexions utiles, non seulement pour le peuple Cubain, mais aussi pour toute la gauche latino-américaine et mondiale. »

Mon expérience personnelle

cuba_lindaPendant les quelques séjours que j'ai passé sur l'île, j'ai toujours été impressionné par la capacité de résistance de l'héroïque peuple Cubain, face aux considérables obstacles qu'il a du affronter résultant du brutal embargo imposé par les U.S.A. mais aussi de l'effondrement du bloc socialiste comme également des erreurs commises. Lors de ma première visite en 1992, j'ai pu constater les ravages causés par la rupture unilatérale des relations commerciales avec l'ex-U.R.S.S. - coupures quotidiennes de courant, rationnement alimentaire, des transports publics surchargés et usés, des rues désertes pour cause de pénurie de combustibles. Malgré toutes ces difficultés, les Cubains gardaient la tête haute, fiers et d'une dignité incroyable. Même parmi les plus critiques, souvent des jeunes, ils tenaient à exprimer leur orgueil d'être Cubains en évoquant toutes leurs conquêtes en matière de santé, d'éducation, etc.

Depuis la situation s'est améliorée. L'inhumain blocus imposé par les U.S.A. a commencé à être battu en brèche, avec l'inestimable concours Vénézuélien et la nouvelle réalité politique de l'Amérique Latine. L'économie bat aujourd'hui des records de croissance. Cependant, les difficultés demeurent énormes. Comme l'a déclaré le théologien Frei Betto en certaine occasion, celui qui veut séjourner à Cuba doit être attentif à certaines questions. S'il est ouvrier et paysan, il sera enchanté par les conquêtes de la Révolution et la justice sociale ; s'il est de la classe moyenne, il pourra éprouver le manque de centres commerciaux et d'une consommation sans frein ; et s'il est un bourgeois riche et réactionnaire, il se sentira très vite solidaire des « gusanos », la vermine contre-révolutionnaire.

Quelles peuvent être les raisons de l'admirable capacité de résistance des Cubains face aux catastrophes et au cruel blocus impérialiste ? Je me hasarderais à en citer juste quatre :

   1. Les conquêtes de la Révolution depuis près de 50 ans. Le Cubain est fier de voir ses enfants dans les meilleures écoles et facultés, fier d'avoir accès à des hôpitaux d'excellente qualité et de présenter des indices sociaux parmi les plus avancés du monde, même selon l'ONU. Il sait, par exemple, que la restauration du capitalisme dans les pays de l'Est européen a engendré misère et désespoir ; il est conscient de la douloureuse réalité vécue par les peuples latino-américains. Il ne souhaite pas cette régression et défend ses conquêtes.
   2. Le sentiment patriotique d'un peuple qui souffre au quotidien des agressions terroristes et de l'embargo économique des U.S.A.. La défense de sa souveraineté et l'anti-impérialisme sont enracinés dans l'île rebelle. Non loin du bureau de la représentation des U.S.A. à la Havane, un grand panneau illustre ce sentiment : « Messieurs les impérialistes, vous ne nous faites absolument pas peur! » Le peuple est armé et préparé à toute agression ; les Cubains réalisent tous les mois des exercices militaires.
   3. La force des organisations populaires. La Révolution Cubaine s'est efforcée d'éviter les erreurs d'autres expériences socialistes qui ont castré l'autonomie des différentes formes d'organisation. Il existe dans chaque quartier un Comité de Défense de la Révolution ; Si le syndicalisme défend les conquêtes de la Révolution, il exerce aussi un contrepouvoir face à l'Etat ; la jeunesse dispose de nombreuses organisations créatives et opérantes ; des réunions régulières se déroulent sur les lieux de travail. Voilà un peuple rebelle qui débat chaque jour de politique.
   4. Le charisme de Fidel Castro. Comme l'a affirmé le Président Lula, le leader Cubain est un mythe. Bien qu'il n'y ait pas de portrait officiel dans les bâtiments publics, on peut trouver sa photo dans presque toutes les maisons. Même lorsque l'on critique les erreurs du gouvernement, on cherche à l'exonérer de toute responsabilité : « Le commandante n'est pas au courant » entend-on souvent. Mais comme pour tout être humain, l'issue fatale est certaine. Voilà ce qui explique l'excitation des gusanos quant à son état de santé et à sa décision de ne pas se représenter à la Présidence. Seule l'histoire dira si d'autres facteurs peuvent dépasser le mythe.

Altamiro_borgesAltamiro Borges est journaliste, membre du Comité Central du PC do B (Parti communiste du Brésil).
Portugais

Traduction Pedro DA NOBREGA

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07 novembre 2007

CUBA: LES CHANGEMENTS SOCIAUX DANS L’ÎLE, SELON LA FILLE DE RAUL CASTRO

marielaEntrevue exclusive de Mariela Castro Espín, directrice du Centre d’Éducation Sexuelle à Cuba.

"Bien sur que je crois a une femme qui gouverne Cuba"


Elle est arrivée à Buenos Aires pour parler de ce qu'elle connaît. Mariela Castro Espín est la fille de l'homme fort aujourd'hui à Cuba, Raúl Castro, et de Vilma Espín, ex guerrillera et à la tête de la Fédération des Femmes Cubaines depuis plusieurs années. Mariela (née en 1963, mariée, trois enfants) est directrice du Centre National d'Éducation sexuelle de Cuba. Et à la surprise de tous, elle est aussi l'instigatrice du projet de loi qui autorise les opérations chirurgicales pour changer de sexe et de la modification des documents d'identité pour les transsexuels dans son pays. C'est au siège du Parti Communiste de la rue Entre Rios, à l'abri d'une image du Che, que Castro Espín a reçu Clarín.

Comment est apparu votre intérêt pour ce sujet ?

- Je me suis penchée sur les thèmes de la sexualité lorsque je travaillais dans l'Université pédagogique, j'étais la professeur la plus jeune à ce moment là et lorsque ce sont créés des groupes de recherche, tout le monde choisissait ceux au style"ronflant" en me demandant de m’occuper de ce thème là. J'ai commencé avec l'éducation sexuelle infantile et ensuite celle de l’adolescence. J'ai toujours eu la curiosité de savoir comment étaient abordés à Cuba les thèmes de l'homosexualité et je n'étais pas satisfaite, je me sentais très gênée avec l'homophobie, et une certaine attitude y compris institutionnelle qu'il y avait face aux personnes homosexuelles. Dans le Parti Communiste et dans la jeunesse communiste, ils n'étaient pas considérés, ils ne les acceptaient pas comme militants et cela me paraissait réellement épouvantable. Je n'étais pas d'accord et je me suis toujours battue dans les endroits où j'étais, en premier comme étudiante et ensuite comme professeur.

Aviez-vous des amis gays ?

- Non ni particulièrement ni occasionnellement. Mais j'ai toujours écouté les gens qui me racontaient leurs histoires, où comment les choses s'étaient passées dans les années 60 à 70. J'ai toujours posé des questions aux gens car je voulais avoir les choses claires ; les gens qui avaient vécu également cette expérience et qui le racontaient sans rancoeur, c'est ainsi qu'ils l’entendaient et pourquoi cela s'était passé.

Il se dit qu'ils étaient envoyés dans des camps de travail ?

- Ce n'était pas des camps, c'étaient des unités militaires d'appui à la production qui s'étaient créés, comme une sorte de service militaire pour faciliter l'obtention d’une qualification aux fils d'ouvriers et de paysans qui à la sortie leur permettrait l'accès à un travail mieux rémunéré. Cela était l'idée qui avait été proposée au nouveau Ministère des Forces Armées Révolutionnaires. C'était une période avec beaucoup de confusions, une nation révolutionnaire était en train de se créer en même temps que des attaques de terrorisme d'État dont le peuple cubain était l'objet : c'était très difficile. Ce fut une des initiatives et dans certaines de ces unités se trouvaient des gens qui humiliaient les homosexuels, qui considéraient qu'il fallait les faire travailler pour qu'ils deviennent des "hommes". Il fallait les "transformer", ça c'était l'idée de l'époque, et elle était ancrée dans le monde entier. Même les psychiatres pratiquaient des thérapies pour les faire devenir hétérosexuels.

Y avait-il également des attitudes discriminatoires envers les lesbiennes ?

- la femme fait plus attention et est plus discrète, c'est pour cela que ces humiliations étaient pour les hommes homosexuels. Mais il n'y avait pas eu de disparu, ni de torturé ; il n'y a pas eu et il n'y a pas encore aujourd'hui à Cuba de crimes de haine pour la sexualité comme l'on raconte partout, en déformant la réalité cubaine. Mais oui, cela fut une violation des droits de ces personnes.

Tu disais avant, que tu avais commencé très tôt à t’intéresser à la question de la diversité sexuelle…

- D'une certaine manière, bien que je ne travaillais pas directement le thème, lorsque je donnais mes cours d'éducation sexuelle j’abordais les thèmes de l'homophobie. Dans les studios de radio et de TV, également dans quelques entrevues dans le "Granma" en 1990. Déjà ma maman (Vilma Espín, épouse de Raúl Castro, récemment décédée) qui dans les années 70 et 80 le travaillait déjà avec la Fédération des Femmes Cubaines, s'était toujours confrontée à ces attitudes homophobes y compris à l'intérieur du Parti, et elles ne réussirent guère en ce sens. C'était très peu pour ce qu'elles prétendaient réussir, mais elles ont ouvert le chemin pour que nous autres nous puissions faire ce que nous faisons, merci pour tout ce travail préalable.

Quelle a été votre première participation concrète dans la politique sur la diversité sexuelle ?

- Ce fut en 2004, à partir d’un groupe de plus de 40 travestis et transsexuels de la ville de La Havane qui vinrent au CENESEX afin de m'exposer les difficultés qu'ils avaient dans la ville avec la police, dans la zone de la Rampa, la plus au centre, où ils se réunissaient et où ils continuent de le faire. La police des arrêtaient arbitrairement et les relâchaient ensuite faute de preuve, tout cela à cause de la protestation de la population.

Exerçaient-ils la prostitution ?

- Certains oui, d'autres non. La police arrêtait à cause des protestations, mais là il y avait d'autres sortes de gens, pas seulement des travestis ou des transsexuels ; mais des gens qui volaient et molestaient les touristes. Il a fallu mettre un frein, mais pas de la manière dont ils l’ont fait... Ils ont identifié les travestis et les transsexuels comme le fléau de toute cette zone. Nous, nous avons considéré que c'était un traitement inadéquat, et avons demandé des réunions avec la police de la zone avec qui nous étions accordés sur le fait d'arrêter les actions isolées et d'élaborer une stratégie nationale d'attention aux personnes transsexuelles et travestis de manière à s'orienter sur les questions de santé, sociales, éducatives, et de travail. De là, sont sortis les arguments pour une Loi d'identité de genre, la modification du code de la famille approuvée en 1975.

L’idée est d'inclure la possibilité de couples gays ?

- Déjà en 1975 il se prétendait approximativement cela. Particulièrement, ma maman parlait du couple comme " l'union entre deux personnes". Et malgré tout, cela n'a pas prospéré, parce qu’on l’a mis au vote du consensus populaire et la population n'acceptait pas ces choses-là.

Pourquoi pensez-vous que ces idées n'ont pas prospéré ? Par tradition catholique, par machisme ?

- Par machisme et l'hétérosexualité hégémonique qu'il y a dans nos cultures et parce qu’en ce temps-là on ne discutait pas publiquement de ces choses-là comme maintenant, et le processus d'élaboration était plus lent. Le Code de la Famille a avancé jusqu'au niveau d'analyse que la population cubaine atteignait à ce moment. Dans les années 70, 80 et 90, un intense travail a été réalisé avec la Fédération des Femmes et d'autres institutions qui faisaient partie du programme de l'éducation sexuelle, et dès lors de nouvelles modifications se sont réalisées. Aujourd'hui nous essayons d'introduire un autre article en relation avec le droit à la libre orientation sexuelle et l'identité de genre qui comprend "l'union légalisée" entre personnes de même sexe. Parler de couple serait modifier la Constitution. On y inclurait les mêmes droits patrimoniaux et personnels que le couple, y compris l'adoption. C'est sur ce point qu'il y a de la résistance dans la population, sur le thème de l'adoption, mais cela est ainsi également en Europe.

Vous avez mentionné les années 80. Qu'a signifié l'arrivée du sida à Cuba ?

- Celui qui réellement a eu la vision la plus large et la plus claire au regard du sida a été Fidel, qui en 85, 86 - lui était au fait de ce qui se passait dans le monde - avait demandé aux gens de l'Institut de Médecine Tropicale :" Avez-vous pensé à ce que vous allez faire avec le sida ? Parce que je pense que cela va être l'épidémie du siècle ; avez-vous pensé à ce que vous allez faire pour éviter qu'il arrive à Cuba ou qu'il se développe ?", les spécialistes lui ont répondu :"Non, nous n'y avons pas pensé mais si vous vous nous le dites...". Et ils se rendirent en France pour contacter en dernier recours Luc Montagnier. Ils ont commencé à faire des essais en priorité sur les camarades qui arrivaient des missions en Afrique et les premiers cas venaient précisément de là.

Y a-t-il des cocktails de médicaments à Cuba ?

- Oui. C'est à partir de cette question de Fidel que nous avons établi la Stratégie Cubaine de Prévention et de Lutte contre le Sida : c'est Fidel qui nomme ces choses ainsi (rires). Et dès lors, il s'est créé une équipe au gouvernement sous le contrôle direct du ministère de la santé et du Comandante (Fidel). Cela a permis que l'on prenne les décisions plus rapidement, surtout celles en relation avec les présupposés. Les soins aux personnes qui sont atteintes du virus HIV sont très chers, et c'est l'État cubain qui paie tout. Fidel avait déclaré que l'ONU devait payer les choses qui sont du domaine de la prévention, mais les soins sont de la responsabilité de l'État.

Quelle est la proportion du sida entre hommes et femmes ?

- 80% sont le cas des hommes et de ces 80 %, 85 % sont des hommes qui ont des relations sexuelles avec d'autres hommes souvent liés à la prostitution.

Et la distriburion des préservatifs ?

-Elle est gratuite et subventionnée. Dans les pharmacies ils sont vendus à la moitié du prix de revient dont l'État les achète obligatoirement en Europe et au Japon, parce que les États-Unis à cause du blocus ne peut nous vendre ni préservatifs ni rien du tout.

J'ai lu un article qui disait que vous avez participé dans une scène d'un feuilleton télé...

- Cela avait été une initiative de la TV cubaine. Ils avaient décidé de faire un feuilleton télé, dont le titre était " la face cachée de la Lune", où il y avait diverses histoires, et dans l'une d'elles celle d'un homme marié qui découvre qu'il est attiré par un homme homosexuel. C'était la première fois qu’une chose pareille sortait à la TV cubaine, causant une terrible contestation, qui entraîna la modération. Encore un stéréotype qui malgré lui avait ouvert le plus important, un débat dans la société. Les espaces télévisuels dramatisés sont ceux qui parviennent à tout le monde, aux marginaux, à ceux qui lient la presse, aux intelligents ainsi qu'aux brutes.

Quels sont ceux qui entraînent le plus les changements dans la société cubaine, les hommes ou les femmes ?

- À Cuba la femme a beaucoup changé. Dans son programme révolutionnaire, dans " l'Histoire m'absoudra", Fidel parlait de la terrible situation de l'exploitation de la femme cubaine. Un très haut pourcentage de femmes se prostituait car elles n'avaient d'autre alternative. Elles allaient à la Capitale pour chercher du travail domestique et elles finissaient prostituées. Mais ensuite, une des premières choses qu'a fait la Révolution, a été de s'occuper de ces femmes et de leur donner les traitements médicaux, l'alphabétisation, des cours afin qu'elles commencent à travailler avec une certaine qualification. La vie de ces femmes avait changé, il était établi que la femme prostituée était une victime, et que ce n'était pas un cas délictueux, comme celui du proxénète. Parce qu'il existe une loi qui pénalise l'exploitation de l'homme par l'homme.

Avec l'arrivée du tourisme sur l'île, y a-t-il eu recrudescence de la prostitution...

- Cela était dépassé à Cuba, c'est pour cela que lorsque le tourisme a commencé, le peuple de Cuba aurait eu mal que les femmes recommencent à se prostituer, parce qu'elles avaient retrouvé leur dignité avec la Révolution. Et l'on percevait alors comme une chose indigne que les femmes se prostituent en ayant d'autres possibilités de s’en sortir. Parce que du travail il y en a toujours à Cuba, il y a une loi qui oblige à ce qu'il y ait du travail, bien qu'il n'y ait pas de ressource, nous devons inventer le travail. Cela faisait très mal que ça arrive et cela fait encore mal. Les changements les plus importants au niveau de la subjectivité ce sont les femmes cubaines qui les ont entrepris, et les changements de l'homme l'ont été à partir des changements de la femme. Ils ne leur restent aucun recours, la femme a commencé à travailler et le ménage a changé, l'homme a alors été tenu d'assumer des responsabilités domestiques.

Que se passe-t-il avec les gays entre les militaires ?

- Moi, j'ai toujours dit qu’où il y avait de l'humanité, il y a de la diversité, et dans le monde militaire il y a également des gays, seulement, c'est certain qu'ils se méfient parce que c'est un environnement qui ne les accepte pas. On considère encore qu'il n'y a pas les conditions pour opérer des changements. Bon, mon papa, Ministre des Forces Armées Révolutionnaires me dit :" Regarde, je pense qu'au fur et à mesure que la population va changer, l'armée changera, parce que la population est aussi à l'intérieur de l'armée. Travaillons, sensibilisons, agissons, changeons la société cubaine et tout le reste changera, même les institutions..."

Comment avez-vous grandi en étant une femme dans une famille avec les hommes ont aussi importants ?

-En me battant comme une folle, me battre tout le temps, exiger toujours, et aujourd'hui encore, nous devrons toutes nous battre sinon, tu imagines bien, ils te mangent. Maintenant les femmes s'imposent, dans toutes les sociétés patriarcales c'est ainsi et l'on ne doit pas se laisser marcher dessus.

Imaginez-vous dans le futur, la possibilité d'une femme au gouvernement ?

- Oui, certainement. Il y a beaucoup de femmes à la tête, des ministres, des vice-ministres, directrices d’institutions.

Le peuple cubain est-il prêt pour être gouverné par une femme ?

- Oui, il est préparé.

Il y a 10 ans cela aurait-il été possible ?

- 10 ans en arrière je ne l'aurais pas pensé. Mais ces derniers temps il y a eu une politique pour promouvoir la femme. En ce moment on travaille sur le repeuplement du pays. Comme en Italie, la femme cubaine a un ou deux enfants à assumer. Elle n'a aucun désir d'être l’esclave de la maison et des enfants. Elle a beaucoup évolué au niveau culturel et d'indépendance, mais si les conditions économiques ne s'améliorent pas... Tu ne te risques pas à faire beaucoup d'enfants. Ce qui est certain c'est que la femme ne retournera pas à la maison, il est plus possible chaque fois de l'imaginer dans des lieux de pouvoir et de décision. Lors de cette dernière élection beaucoup de femmes ont été élues, parmi elles de très jeunes.

Vous voyagez beaucoup, échangez-vous les expériences avec des collègues d'autres pays ?

- Énormément, et si ce n'est pas moi qui y vais, ce sont mes camarades.

Voyagez-vous aux Etats-Unis ?

- Ils ne nous donnent pas de visa. J'avais été invité lors d’une occasion, puis deux nouvelles fois encore, mais ils ne m'ont jamais accordé de visa. Pourtant je le leur avait demandé, ils ne m'ont pas répondu, et je ne suis pas ici pour prier les Américains, ce qui fait que lorsqu'ils le veulent, les professionnels américains viennent dans un pays tiers et nous maintenons d'excellentes relations ainsi qu'un bon contact par e-mail.

Où en est le projet de loi pour la diversité sexuelle ?

- Nous avons présenté le projet au PC, qui nous a donné les contacts avec les organismes d'État. Je ne sais pas quand est-ce que cela sera approuvé, aujourd'hui il y a des choses très importantes qui sont en train d'être définies à Cuba et j'imagine que certaines de nos propositions font partie des priorités. Ils nous ont dit : "ceci va être approuvé". Le Parti nous a suggéré de travailler avec la population et avec les médias, pour que ces thèmes soient connus par les gens afin d'arriver avec la loi.

Combien de personnes sont en attente pour une opération de changement de sexe ?

- Il y 27 transsexuels qui attendent cette opération chirurgicale, l'équipe médicale est en train de se former. Cela sera prêt rapidement, il y a déjà une résolution du Ministère de la Santé Publique qui met en oeuvre le processus d'assistance, le soin intégral de santé, y compris la création d'une unité spéciale pour s'occuper de la trans-génétique. Cela est déjà approuvé, il ne manque plus que l'équipe soit opérationnelle, ils commenceront à opérer et d'assurer les soins.

Y a-t-il un pays qui vous paraît idéal dans le traitement de la diversité sexuelle ?

- L'idéal est toujours merveilleux, le plus difficile c'est la pratique. En ce moment à Cuba, nous débattons sur le sujet de quel socialisme voulons-nous; du comment il va nous apporter plus de satisfaction et comment créer la structure économique qui va le soutenir, en évitant toujours l'exploitation de l'homme par l'homme, essence du capitalisme. Nous sommes sur ce point.

Par: Hinde Pomeraniec, du journal Clarín (Argentine)

Trad : Esteban

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01 novembre 2007

CUBA: 184 pays contre le blocus de Cuba

bloqueovotacion184 pays demandent à l'ONU la fin du blocus contre Cuba
La communauté internationale bloque la politique des États-Unis contre Cuba

La résolution présentée par Cuba à l'assemblée générale de l’ONU exigeant aux États-Unis la fin du blocus contre l'île a battu ce 30 octobre un nouveau record d'appuis, grâce aux votes favorables de 184 pays. La pétition lancée par le gouvernement étasunien pour voter "Non", n'a été suivie que par Israël, les îles Marshall (archipel de 60.000 habitants) et Palau (une île de 20.000 habitants), les mêmes pays qui l’avaient appuyé les années précédentes. Ces deux dernières, étant considérées par la communauté internationale d’appendices étasuniennes au regard de la dépendance de toute leur économie et servant de bases militaires stables à ce pays. Il y a eu également une abstention, celle de la Micronésie, et l'abstention de trois pays, l'Albanie, le Salvador et Irak, dans ce dernier cas cela est cohérent car il n'y a pas de gouvernement légitime dans ce pays occupé. C'est la seizième fois que Cuba obtient un appui massif de l'ONU pour cette résolution.

Cette année le résultat du vote est doublement éloquent de l'isolement des États-Unis, après le discours de Bush quelques jours avant qui lançait un appel à la communauté internationale à s'unir pour le blocus contre Cuba. En préalable de la session, la délégation nord-américaine a également fait circuler un document dans lequel elle demandait d’appuyer sa position ou au moins de s'abstenir et d'expliquer sa position en dénonçant Cuba, chose qui, à la vue du résultat, a été ignoré par la communauté internationale. L’an passé, les États-Unis ont essayé de détourner le débat par le biais de la présentation d'un amendement, ce que l'assemblée n'avait pas accepté non plus.

Durant le débat, 16 pays de différents continents ont demandé la parole pour exprimer leur appui à Cuba et à la résolution. Parmi les interventions, celles du Venezuela, du Nicaragua, de la Bolivie et évidemment de Cuba se sont distinguées. Le représentant vénézuélien a qualifié la politique étasunienne de " politiques impériales ayant échoué " en l’accusant de " violer les droits humains du peuple cubain avec le blocus". La déléguée du Nicaragua a signalé que " les États-Unis ignorent la communauté internationale en dépréciant ce vote", elle a affirmé que la raison de la politique du gouvernement Bush contre Cuba est due "à la solidarité internationale que l'île a démontré en envoyant des médecins et des maîtres d'école dans une grande partie de pays humbles dans le monde".

Pour sa part, le ministre des affaires étrangères Felipe Pérez Roque a souligné dans son discours que " jamais les États-Unis n'avaient montré autant d'acharnement contre Cuba comme cette année", il a rappelé différentes actions extraterritoriales appliquées par l'administration Bush, en comptabilisant 30 pays affectés et une vingtaine de banques menacées dans différents pays. Devant les empêchements à Cuba d'accéder aux médicaments pour enfants, qui sont considérés par Bush comme "de simples dommages collatéraux", il s’est demandé " pourquoi les enfants cubains sont-ils les ennemis des États-Unis", selon le critère de la législation du blocus. Il a qualifié la politique étasunienne de "maccarthysme du XXIe siècle" et au président Bush de "se convertir en un émule de l'inquisition médiévale". Pour Cuba, l'argument que le blocus est une question bilatérale, est faux, parce qu’il "n'affecte pas seulement les Cubains, il est un affront au droit international, à la charte des Nations unies et au droit de n'importe quel pays à commercer avec qui il le désire".

Le débat à l'ONU a été suivi en direct par un demi million de Cubains réunis dans le salon de la "Maison de l'Amérique", lesquels ont manifesté avec force par des applaudissements et des accolades d'émotion dès la connaissance de l'écrasant appui international à la révolution cubaine face au blocus étasunien. Après le vote, de nombreux ambassadeurs à l'ONU se sont rassemblés autour du ministre cubain pour lui exprimer leur félicitation et leur solidarité. En quelques paroles adressées aux cubains, téléphoniquement, Pérez Roque a souligné le poids de ce résultat après le discours de Bush quelques jours avant :" Bush lance un appel au monde pour qu'il appuie sa politique contre Cuba et 184 pays votent contre", la conclusion est évidente, " le pouvoir n'a pas la sympathie de la communauté internationale, elle choisit la solidarité que Cuba a semé".

La résolution contre le blocus de Cuba est proposée par le gouvernement de l'île depuis 1992, lorsqu'elle fut appuyée par 59 pays, le chiffre allant en augmentant à 179 en 2004, 182 en 2005, 183 l'an passé et 184 en cette occasion.

Pascual Serrano

Español

Traduction : Esteban

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27 octobre 2007

CUBA: Conférence de presse de Felipe Pérez, ministre des affaires étrangères de Cuba face aux menaces de Bush.

Felipe_P_rezConférence de presse à la Havane du Ministre des Affaires étrangères de Cuba en réponse aux menaces de Bush. Texte complet de la conférence.

Des versions sténographiques (Conseil d'État)
Karina Soto (Modératrice)

Très bon après-midi à tous

Nous avons ici la présence de tous les médias de la presse nationale et de 61 correspondants de 45 médias de presse de 17 pays… sans plus…

Felipe Pérez: -Bon après-midi,

Nous adressons nos remerciements à tous les correpondants de la presse nationale et de la presse étrangère accréditée ici à la Havane, de leur présence.
Nous les avons convoqués pour leur faire connaître la réponse, au nom du gouvernement et du peuple de Cuba, aux déclarations faites par le président Bush, il y a à peine deux heures.

Nous pensons que les paroles du président des Etats-Unis annoncent une escalade sans précédent dans la politique d’agression du gouvernement des Etats-Unis contre Cuba, plus de blocus, plus de subversion, encore plus de volonté d’isoler Cuba, et de nouveau, les efforts renouvelés pour tenter de réduire par la faim et la maladie le peuple cubain.

Nous pensons que les paroles du président sont une confirmation de ce que la politique en vigueur, sous le régime de Bush, est le changement de régime à Cuba, y compris par la force. Ses paroles en sont la confirmation.

Ce que le président des Etats-Unis a appelé « l’accélération de la période de transition », est équivalent – et je veux me souvenir ici des paroles de Fidel il y a à peine deux jours- à la reconquête de Cuba par la force. Tel est le plan qu’il a décidé aujourd’hui d’exposer et  qu’il a dévoilé devant l’opinion publique.

Je veux extraire une phrase du discours du président des Etats-Unis, il dit : « la parole à l’ordre du jour pour nous dans l’avenir de Cuba n’est pas stabilité, la parole à l’ordre du jour est liberté ».

Cuba comprend ces paroles comme un acte irresponsable, qui donne une idée du niveau de frustration, de désespoir et de haine personnelle du président Bush contre Cuba, une incitation à la violence, un  appel, y compris par la force pour détruire la Révolution cubaine et imposer ses volontés à Cuba.
Cuba repousse catégoriquement  les incitations à la violence, l’évocation, y compris, de l’usage de la force, qui donne encore plus raison à l’alerte de Fidel à la communauté internationale, à l’opinion publique, qui peut vérifier notre bon droit et la vérité de nos paroles, quand nous nous préparions continuellement à renforcer notre défense, à préparer notre peuple à affronter les plans les plus retors et les plus dangereux de ce régime.

Le président, en plus, dans un langage menaçant et hautain, dessine y compris la possibilité d’user de la force, le scénario de la déstabilisation à Cuba pour ouvrir le passage à ce qu’il appelle « la liberté », qui est un changement de régime, qui est la destruction de la Révolution et la reconquête de Cuba par la force, pour aboutir à ses fins , le président des Etats-Unis envisage plusieurs options,  il y aurait le résultat d’un hypothétique et fantaisiste soulèvement interne à Cuba que les Etats-Unis appuieraient, soulèvement interne que toute  personne moyennement bien informée et avec deux doigts de bon sens sait qu’il est politiquement impossible car la Révolution Cubaine jouit d’un appui considérable et majoritaire du peuple ; mais il envisage aussi l’idée d’une déstabilisation obtenue de l’extérieur, avec une nouvelle guerre d’annexion et de conquête, comme il l’a lancé contre l’Irak, et comme il menace de la lancer contre plus de 60 lieux obscurs de la planète, parmi lesquels, évidemment, Cuba.

Nous devons avertir qu'un scénario de ce type ne signifiera pas seulement la déstabilisation de Cuba, mais également la déstabilisation des Etats-Unis, et fera peser un péril sur le peuple nord-américain, dont les fils seront envoyés pour tuer et mourir dans une guerre à Cuba qui durera cent ans, et qui ne se terminera qu’avec la victoire de notre peuple, avec un coût logique et effrayant, en matière de vie de ses enfants, de destruction matérielle; mais dont l’unique résultat possible sera la préservation de l’indépendance et de la souveraineté de Cuba. Je dois dire qu'ici la réaction est sereine et ferme.

La parole à l’ordre du jour à Cuba n’est ni la stabilité, ni rien de tout ça, la parole à l’ordre du jour à Cuba est : “Courage!" et c’est notre réponse; sérénité absolue et confiance en notre force et en la solidarité que le monde offre aujourd’hui à Cuba, et en l'admiration que la résistance cubaine suscite dans le monde.

Ainsi si le but des paroles du président des Etats-Unis est d’intimider le peuple, faire peur à ses dirigeants, nous devons dire que ces menaces contre Cuba rencontrent alors un échec total en ce moment: mais il y a, et nous en prenons note, une montée du ton et de l’agressivité dans le langage contre Cuba.

En janvier 2004, le président Bush avait dit qu’il “travaillait pour une transition rapide et pacifique à Cuba”, ceci était en janvier 2004. En février 2004, il a répété une autre fois que le but de sa politique était “la transition rapide et pacifique en une démocratie”. En mai 2004 il parlait “d’accélérer” , il ne s’agissait plus d’espérer ou de travailler, mais “d’accélérer le jour où Cuba serait un pays libre” a-t-il dit. En octobre 2004, il a dit que “le peuple cubain devrait être libéré”, chose que personne ici ne lui demandait, ni allait le lui demander, mais il y a évolution de l’idée, il ne s’agit plus d’espérer ou de désirer, il est dit que le peuple “devra être libéré”.

En août 2006, en promettant la future “libération” de Cuba, il assurait que ceci arrivera “les Cubano-américains en auront terminé avec la confiscation de leurs propriétés”, disait-il “il pourront alors, une fois que nous aurons libéré Cuba, entreprendre de récupérer leurs anciennes propriétés”. Les batitistes, les tortionnaires, les assassins, les propriétaires terriens liés à la dictature de Batista, pourront retourner ici pour récupérer les propriétés, ce qui est chaque fois le leimotiv de toute cette politique.

Cependant, en juin 2007, il disait :” Nous continuerons à faire pression pour la liberté de Cuba”. En juin 2007, à une question improvisée lors d’une rencontre avec des militaires nord-américains, il a dit :” Certains diront que le problème est la stabilité à Cuba. je pense que nous devons durcir la pression pour la démocratie”. Cette phrase fut celle de l’étape où il expliquait l’idée que la stabilité n’était pas le plus important.

Bon, il a continué son torrent de menaces et de phrases contre Cuba, qui a débouché aujourd’hui sur ce nouveau pas, qu’il ne s’agit plus d’espérer, de désirer, mais bien d’assurer que la parole à l’ordre du jour, maintenant, n’est plus la stabilité, que la parole est, liberté.

Nous sommes clairs sur ce que signifie “la liberté” que le président Bush promet aux Cubains,et nous prenons au sérieux l’évocation de nouveaux efforts renouvelés du gouvernement des Etats-Unis pour accomplir sa politique de changement de régime à Cuba, qui est, pourtant, illégal; c’est une politique de violation du droit international. le président des Etats-unis n’a pas l’autorité morale, ni le pouvoir légal pour se proposer de changer l’ordre juridique, politique, que les autres peuples de la terre, souverainement, ont décidé de se donner. c’est une violation de nos droits comme peuple indépendant, comme nation souveraine. C’est une violation de notre droit à la libre autodétermination.

Nous savons  ce qui se profile derrière “la liberté” tiré par des bombardements et les armes de l’armée des États-Unis, les groupes terroristes;  assoifés de sang, qui en ce moment même s’entraînent en Floride avec une totale impunité, autorisée et tolérée par le gouvernement des Etats-Unis, et avec lesquels, se réunit un certain président Bush à Miami, pour les encourager et discuter avec eux sur les podiums, et pour leur rappeler qu’il leur a promis que “lui, résoudra la question de Cuba”, car lui le sait, dit-il, comment la résoudre; un des porte-parole de ces groupes, a dit que l’unique chose qu’ils réclameraient au président en ce moment serait trois jour de licence pour tuer à Cuba.  Mais, bon, il faut savoir qu’ils ne vont pas rencontrer ici un peuple qui tendra l’autre joue ; il faut qu’ils sachent qu’ils rencontreront des millions de combattants, armés et entraînés et un peuple préparé et préparé au feu depuis un demi siècle de Révolution victorieuse, prêt à défendre ses conquêtes et son droit à la liberté et à l’indépendance.

Alors, en plus de cette annonce, en prélude d’une escalade à plus de blocus, à ces menaces, de surcroît, le président fait une description mensongère et ridicule de la situation à Cuba. jamais on a vu un politique distiller plus de haine et plus de frustration. C’est pathologique. Il a fait une description de Cuba que seul l’aveuglement de la haine et de l’impuissance peut mener à de telles extremités.
Je ne veux pas, bien sûr, employer mon temps à refuter les mensonges, mais seulement à titre d’exemple, en commenter quelques uns.
Il dit qu’à Cuba il est illégal de se réunir à plus de trois personnes sans autorisation, nous qui avons vu plus d’un million se réunir sur la place, de sa propre volonté, pour réclamer l’extradition et le jugement au Venezuela du terroriste Luis Posado Carriles, ou  la libération de nos cinq héros, ou la fin du blocus contre Cuba. Il a dit qu’il était illégal à Cuba de changer de travail, qu’il était illégal de changer de maison.

Je ne sais pas qui lui a préparé ses discours, ces paragraphes, j’imagine que ce sont les vieux dinosaures de Miami qui jamais plus n’ont eu aucun contact avec la réalité cubaine?

Il a dit que les Etats-Unis sont les meilleurs pourvoyeurs de l’aide humanitaire à Cuba et que l’année passé ils ont donné 270 millions de dollars; que c’est le pays, dit-il, qui aide le plus Cuba.

C’est le comble de l’hypocrisie, le défaut du plus élementaire respect de la vérité, réellement ça vous laisse sans voix. C’est un nouveau record, nous devons le dire, dans l’impudence.

Examinons, par curiosité, les 270 millions… L’année passée à Cuba il est entré depuis les Etats-Unis 5 millions de dollars en matériel, donations, ordinateurs usagés, omnibus usagés, ce qu’ont amenés les Pasteurs pour la paix, les groupes religieux des Etats-Unis, les organisations non gouvernementales, en défiant ouvertement les interdictions et les persécutions du régime de Bush. C’est ce que beaucoup des meilleurs enfants du peuple nord-américain, au risque de subir des peines de prison, des amendes, la persécution de leur propre gouvernement, a pu apporter par des chemins détournés, à Cuba ; 5 millions, que nous apprécions comme un symbole et l’expression des meilleures valeurs du peuple nord-américain.

Le président des Etats-Unis dit que, l’année passée, c’est son gouvernement qui a le plus aidé Cuba; dans une année précisemment où plus de blocus, plus de persécutions sont intervenues, quand les groupes religieux qui viennent à Cuba ont été pourchassés , quand ils ont porté leur persécution jusqu’au point de schizophrénie.

Ce sont quelques unes de ses paroles qui décrivent la réalité cubaine, comme j’avais déjà dit, un discours qui provoque réellement de l’aversion simplement en écoutant ces phrases.

Vous avez fait d’autre part, un appel désespéré à d’autres pays pour se rallier au blocus et à la subversion contre Cuba, pour se joindre à cette politique qui a failli et que personne au monde ne veut partager.

Cuba considère que les paroles d’aujourd’hui démontrent explicitement que le gouvernement des Etats-Unis se retrouve seul face à sa politique contre Cuba. Il y a eu un appel réitéré et désespéré afin que d’autres gouvernements vous rejoignent ; vous avez dicté également les “dix commandements” que devraient appliquer, à votre avis, ces pays et leur Embassade à La Havane. C’est la preuve que vous n’avez aucun appui ni aucune reconnaissance dans le monde, et je dois rappeler ici, que l’on peut être le plus puissant mais pas le plus respecté ; que l’on peut avoir la capacité de détruire un pays avec une attaque nucléaire et de ne soulever aucune sympathie ; de même que l’on peut être craint ce qui ne signifie pas que l’on soit aimé ou appuyé. Et ce qui arrive, c’est que le Président des Etats-Unis choque avec le fait que la Communauté Internationale ne suive pas sa politique, qu’il y a un rejet quasi universel du blocus génocidaire qu’il impose au peuple de Cuba et que l’admiration et la reconnaissance de Cuba s’accroît de plus en plus.

J’ai ici une information d’aujourd’hui, seulement une. Pendant que le Président des États-Unis lisait la diatribe anti-cubaine qu’il lui a été préparé, Cuba a été élu à Paris, membre du Conseil Exécutif de l’UNESCO, avec 157 voix sur les 175 possibles ; le pays qui a réuni le plus de voix de tout le Tiers Monde afin d’intégrer le Conseil Exécutif de l’UNESCO ; le pays qui a obtenu le plus de voix dans l’Hémisphère Occidental, y compris plus de voix que les Etats-Unis ; la même expression de reconnaissance de Cuba lorsqu’il fut élu membre de Conseil des Droits Humains avec plus des deux tiers des voix, lors de la même élection à laquelle le gouvernement des Etats-Unis n’était pas engagé par crainte de ne pas être élu ; le pays qui préside le Mouvement des Pays Non Alignés et dont la bataille, l’an passé, fut appuyé aux Nations Unies avec rien moins de 183 membres des 192 qui composent les Nations Unies.

Le Président des Etats-Unis est seul. Il est furieux, il est désespéré. Cela est compréhensible, il avait promis à ces mafias cubaines à Miami, de résoudre la situation d’un trait de plume, ces mafias qui l’ont porté à la présidence de manière frauduleuse, celles qui ont appliqué les mêmes tactiques qu’elles avaient instauré ici [à Cuba] avant le triomphe de la Révolution, et qui avaient permis, après une élection controversée et polémique, étalant aux yeux du monde pendant un mois ce spectacle désolant, qu’il fut finalement élu avec une différence d’une voix à la Cour Suprême.

Avec quelle autorité vous vous érigez en juge des droits humains et de démocratie dans les autres pays ?
Monsieur le Président vous n’avez aucune autorité morale ; vous n’avez aucune crédibilité. Les deux tiers des américains ont honte de vous. Vous avez à peine moins de 25% de soutien de l’opinion publique de votre pays. Vous êtes - comme l’a dit ces derniers jours notre compagnon Alarcón – en train de faire les valises pour partir. Nous ne vous sous-estimons pas, bien entendu, vous êtes dangereux, vous détenez le pouvoir, mais vous n’avez pas de soutien, vous n’avez pas de crédibilité, vous n’avez pas d’autorité, notre peuple le sait, de plus il a lutté [le peuple], avant vous, avec neuf autres présidents des Etats-Unis et il est là et continuera d’être là.

De plus, Il y a dans les paroles du Président des Etats-Unis, une frustration très claire. Le fait que Cuba a déjoué tous ses projets, ses plans annoncés cette année, toutes ses initiatives, et que la Révolution continue ici, droite et solide, cela l’obsessionne. Nous sommes devant un Président qui a une obsession : le drapeau qui flotte ici victorieux qu’ils n’ont pu amener et qu’ils n’arriveront pas à le faire.

L’économie cubaine se renforce, les efforts de notre peuple fructifient. Maintenant la Révolution est plus forte, notre peuple a résisté avec une maturité politique et une unité exemplaires pendant les dures années de la période spéciale qu’il a du vivre.

Le blocus est isolé, pour nous il est plus clair que jamais que cette politique est insoutenable et que ce n’est qu’une question de temps ; de plus, c’est une politique qui ne soulève aucune sympathie à l’intérieur de États-Unis dont les citoyens sont également victimes de toute cette politique de persécution et d’agression contre Cuba.

L’unité de notre peuple est en train de grandir ; mais en plus nous venons d’avoir une preuve : des élections exemplaires dans sa transparence et son organisation, dans la participation massive populaire sans que le vote soit obligatoire. Plus de 95% de participation avec plus de 8.100.000cubains dans ces élections est une démonstration exemplaire de civisme, de culture politique, où il n’y a eu aucun scandale, rien à voir avec ce qui s’est déroulé à Miami lorsque vous avez été élu frauduleusement président. Des élections que n’importe quel observateur honnête doit reconnaître qu’elles se sont déroulées dans un climat de normalité avec une bonne participation populaire ; au milieu d’un débat populaire exemplaire sur nos difficultés à Cuba, et sur nos problèmes, stimulés par la Direction de notre Parti à partir de la discussion du discours de Raúl le 26 juillet dernier.

Nous estimons aujourd’hui cette réaction comme étant le fruit de cette désespérance. Le Président voit que son mandat s’achève, qu’il ne peut accomplir sa promesse et cela, assurément, ne le rend pas moins dangereux. Mais aujourd’hui, en plus, il y a dans son discours une intention vaine et ridicule ,de rassembler, afin de poursuivre sa politique contre Cuba, les militaires cubains, ceux qui constituent nos Forces Armées Révolutionnaires du Ministère de l’Intérieur. Il leur promet de les pardonner en leur laissant la vie sauve après qu’il ait prit le contrôle de Cuba, s’ils se repentissent, à temps, de servir leur peuple en défendant la Révolution.

Écoutez ! J’ai un message pour le Président de Etats-Unis : Vous délirez, vous êtes en train de délirer. Vous êtes en train de parler à une armée libératrice. Vous oubliez qu’à Cuba l’armée est le peuple en uniforme. Vous oubliez que plus de 350.000 cubains ont revêtu volontairement cet uniforme pour aller affronter le régime de l’apartheid que les Etats-Unis et d’autres pays occidentaux ont soutenu, qui avec leur victoire ont rendu possible la libération de la Namibie, la préservation territoriale de l’Angola, la libération de Mandela, la légalisation de l’ANC, l’éclosion d’une Afrique du Sud sans apartheid. Vous oubliez cela.

Vous promettez aux combattants de la sécurité cubaine que s’ils ne répriment pas le soulèvement que vous dites qu’il y aurait à Cuba, vous leur pardonnerez pour le futur. Vous oubliez que ces hommes et ces femmes luttent depuis un demi siècle contre plus de 600 de vos plans que vous avez organisé pour assassiner Fidel, qu’ils et qu’elles combattent la sale guerre et les bandes armées que vous avez crée et ravitaillé dans les montagnes de Cuba, qu’ils et qu’elles ont déjoué les plans de terrorisme contre Cuba. Vous oubliez que les hommes et les femmes qui portent cet uniforme sont le peuple au pouvoir parce qu’ici il y a une Révolution victorieuse que vous autres n’avez pas pu vaincre. Vous vous trompez.

Vous leur proposez, vous promettez aux fonctionnaires du gouvernement que s’ils trahissent leur peuple et qu’ils changent de camps en se présentant là devant vous, vous leur pardonnerez la vie dans le futur. Vous vous trompez, vous ne connaissez pas ce peuple. Vous croyez que ces gens du peuple sont des gens à l’image de ces mercenaires que vous autres payez, ici.

C’est certain, que ces mercenaires payés ici par les services spéciaux et le gouvernement des Etats-Unis, sont ceux à qui vous avez dégagé 9 millions $ l’an passé, mais cette année vous allez leur donner 45 millions de dollars, ceux-là mêmes qui étaient dans la Section des Intérêts nord-américains de la Havane, assistant sur place aux côtés des diplomates nord-américains, le discours du président Bush et applaudissant - je peux imaginer – les menaces proférées contre leur peuple. C’est pour cela qu’aujourd’hui, ici, nous revendiquons le droit à la Révolution de se défendre et d’employer tous les moyens à sa disposition, au respect de nos lois, à notre éthique pour défendre notre patrie.

D’autre part, dans ce discours il a eu la tentative de justifier votre politique contre Cuba par une supposée défense de la démocratie, des droits humains, et nous nous répondons que le président Bush n’a pas d’autorité morale pour dicter aux cubains ce qu’ils doivent faire. Vous n’êtes pas un libérateur, monsieur Bush, vous êtes un brutal envahisseur. Votre régime a envahi, a massacré, a torturé au nom de la liberté. Vous faites honte à vos compatriotes.

Vous avez autorisé l’existence de prisons secrètes, de vols clandestins. Vous avez légalisé envers les prisonniers l’usage de la torture, de la vexation. Vous maintenez le centre de torture dans la Base Navale de Guantánamo qui a été mondialement désavoué. Vous avez donné le feu vert à l’invasion et à l’occupation de l’Irak qui a coûté la vie à plus d’un demi million de civils innocents. Avec quelle moralité pouvez-vous venir dicter aux cubains les lignes de conduite sur leur futur, leur concept de respect des droits humains ou son système démocratique ?

Le Président a annoncé trois nouvelles initiatives sur cuba, preuve qu’il n’y a presque plus rien à essayer contre Cuba ni pratiquement plus rien à tenter. Il a dit qu’il était disposé à considérer l’octroi de licences à des organisations non gouvernementales et à des groupes religieux pour qu’ils fournissent des ordinateurs aux jeunes cubains, au peuple cubain ainsi que l’accès à Internet dans la mesure où le gouvernement cubain leur permette l’accès. Un communiqué ridicule qui ferait rire s’il n’était pas inséré dans cette recrudescence de la politique contre Cuba, dans un pays qui en dépit du blocus et des interdictions, en faisant d’énormes efforts - parce que l’on ne peut acheter des ordinateurs qui ont des composants nord-américains ou d’origine nord- américaine dans le marché international pour Cuba - , il y a déjà plus de 500.000 ordinateurs installés, et l’an prochain seront installés 150.000 autres. À partir de l’an prochain l’on pourra aussi assembler et produire , ici, dans notre pays 120.000 ordinateurs par an ; un pays où 602 Joven Club qui fonctionnent avec plus de 7000 ordinateurs qui donnent accès gratuitement à Internet à plus de 2 millions de cubains par an, qui a ces dernières années diplômé 1.300.000 jeunes cubains, qui accorde 32 types distincts de cours gratuits d’informatique, fonctionnant 24 h sur 24, qui incluent des programmes spéciaux pour permettre l’accès à l’informatique aux aveugles, aux personnes handicapées et aux anciens. Et vous, vous offrez des ordinateurs qui seraient apportés par des ONG organisations paravents du gouvernement des États-Unis. Notre pays refuse logiquement cette offre ridicule, qu’il ne prend pas au sérieux.

Vous avez annoncé, de plus, d’inviter des jeunes cubains, fils de vos contre-révolutionnaires et vos mercenaires de Cuba à un programme de bourses qui a été mis en œuvre pour l’Amérique Latine pour trois ans ; À un pays qui a 65 universités, dans lesquelles il est accordé 99 carrières universitaires où étudient 730.000 jeunes cubains qui représentent 69% de jeunes cubains qui ont l’âge d’aller à l’université, le taux le plus haut des les pays du Tiers Monde qui est favorablement concurrentiel et, attention que nous ne soyons pas le pays qui ait la plus grande proportion de jeunes âgés de 18 à 24 ans qui peuvent aller à l’université. Un pays qui a en ce moment, 30.000 jeunes de 120 pays du Tiers Monde gratuitement dans ses universités, 23.000 d’entre eux étudiant la Médecine.

Parler de quelques bourses a un pays dans lequel étudient aujourd’hui 70.000 jeunes cubains entièrement boursiers dans les universités, et pas seulement ces jeunes des autres pays mais également plus de 40.000 jeunes cubains qui bénéficient de l’alimentation, du logement, de rémunération, de livres, de soins médicaux gratuits ; un pays qui a universalisé l’accès à l’éducation, qui a aujourd’hui 3 millions d’étudiants, dont les succès en la matière sont reconnus dans le monde entier.

Le Président semble annoncer un minuscule programme pour former les cadres de la contre révolution et des groupes de mercenaires que vous payez. Inclus, les familiers de ces mercenaires que vous payez à Cuba pour qu’ils soutiennent votre politique, pour qu’ils vous aident à appliquer le blocus, n’ont pas d’obstacle à l’accès à l’éducation ni à la santé ni aux services que Cuba garantit à tous les citoyens. Personne ne leur refuse l’entrée même en étant des gens qui ne partagent pas les idées de la Révolution, les rêves de justice et la liberté de son peuple.

Il a annoncé la création d’un Fond International pour la liberté de Cuba qui dit que cela aiderait à chercher on ne sait quels crédits pour Cuba, afin que Cuba paye on ne sait quelle dette, et surtout, dans l’intention que d’autres pays mette de l’argent, parce que lui il veut démanteler la Révolution avec l’argent des autres, et en passant, il profite pour “passer la brosse” comme on dit à Cuba, et obtenir l’apport d’argent des autres comme on l’a vu dans sa guerre en Irak et dans d’autres guerres.

Ce sont les trois mesures concrètes qu’il a avancé mais il a annoncé que le temps est venu, qu’il est déjà en train d’approcher et que lui va venir libérer les cubains.

J’aimerais, finalement, expliquer ce que nous autres croyons réellement. Que le président Bush devrait se proposer en tant qu’agenda pour Cuba, et je vais maintenant énumérer les douze points pour cet agenda :

Premièrement : Le gouvernement des Etats-Unis doit respecter les droits à l’indépendance et la souveraineté des cubains, le droit à la libre détermination des cubains. On doit respecter le droit des cubains à avoir leurs institutions, leur système politique, leurs lois. Ce n’est pas de la compétence du gouvernement des Etats-Unis, si puissant soit-il.

Deuxièmement : Le gouvernement des Etats-Unis doit cesser immédiatement sa politique d’agressions et de menaces contre Cuba, qui de plus sont inutiles. Ils butent contre notre courage et notre détermination à être un peuple libre.

Troisièmement : Il doit arrêter d’intervenir grossièrement dans les affaires intérieures de Cuba. Il doit renoncer à l’idée qui a échoué de fabriquer une opposition interne à Cuba avec l’argent des États-Unis. Le gouvernement des États-Unis doit arrêter de financer ses groupes de mercenaires à Cuba.

Quatrièmement : le régime de Bush doit mettre fin aux actions subversives contre Cuba et à la guerre radiale et télévisé contre notre pays. Il doit démanteler les radio et télévision nommées “Marti” qui sont une offense au peuple cubain, qui salissent le nom de l’Héros National de Cuba avec des émissions de radio et télévision qui encouragent la violence, l’assassinat politique, et le sabotage économique.

Cinquièmement : le président des États-Unis doit lever immédiatement et sans condition le blocus génocidaire contre Cuba, et pour lequel il doit déroger à quelques lois et doit encourager le congrès à le faire ; car il faut rappeler que malgré qu’il ait parlé qu’il pouvait prendre des mesures pour lever le blocus à Cuba le jour où il aura vaincu la révolution, selon la loi nord américaine et parce que tout le blocus est codifié, les président des États-Unis ne pourront lever le blocus à Cuba, et le congrès ne les autorisera pas tant que toutes les propriétés ne seront pas rendues, non seulement celles qui étaient aux nord-américains, mais en plus celles des fervents de Batista, les bourreaux et les voleurs qui sont partis ensuite et qui devenus citoyens nord américains. Il doit abolir la loi Helms-Burton, il doit abolir la loi Torricelli et toutes les autres lois de ce genre qui maintiennent le blocus des États-Unis contre Cuba.

Sixièmement : il doit ôter l’interdiction des voyages à Cuba des nord américains qui est la violation d’un droit façonné dans sa constitution, il doit lever les interdictions de visites des familles aux cubains qui vivent là-bas, et auxquels, vous-même, monsieur le président, les empêchez de venir voir leur famille sur l’île, en violant ainsi leurs propres droits.

Septièmement : le gouvernement des États-Unis doit arrêter d’encourager l’émigration illégale depuis Cuba. Il doit éliminer la Loi criminelle Ajuste Cubano et la politique “pies secos pies mojados” qui encourage le trafic de personnes, la perpétuation d’actes violents avec pour but de pousser à émigrer.

Vous, monsieur le président, vous êtes responsable de ceux qui meurent encore en pleine mer, y compris des enfants, des femmes, qui essaient d’émigrer illégalement depuis Cuba. Vous êtes le responsable du trafic de personnes. Vous devez honorer les accords migratoires. Vous devez respecter le nombre de visas pour que les gens puissent émigrer légalement à Cuba, comme vous vous étiez engagé et que n’avez pas respecté cette année. Et vous devez aussi respecter votre engagement de faire revenir les gens à Cuba, ceux-là mêmes que vous interceptez en mer afin de ne pas encourager ces pratiques

Huitièmement : Le gouvernement des États-Unis doit cesser les campagnes agressives de sale propagande, de mensonges contre Cuba, au travers de ces moyens importants, qui avant, n’ont jamais été utilisés à cette fin.

Neuvièmement : vous devez libérer les cinq compagnons combattants, antiterroristes cubains, et qui sont prisonniers politiques dans les prisons nord américaines. Et je m’arrête un instant pour souligner que nous avons inviqué ici, aujourd’hui, spécialement à la chancellerie, la compagne Elisabeth Palmeiro Casado, épouse de Ramón Labañino Salazar notre compagnon et héros de la république de Cuba, prisonnier politique dans les prisons des États-Unis, condamné à perpétuité et à 18 ans d’emprisonnement pour avoir lutté contre le terrorisme aux États-Unis. Élisabeth nous te disons ” bienvenue “. Nous te réitérons tout notre appui et notre sympathie.

Il y a aussi notre compagne Magali Llort Ruiz, mère de Fernando González Llort notre compagnon, Héros de la République de Cuba, prisonnier politique dans les prisons des États-Unis, condamné à 19 ans de prison dont le seul délit a été de lutter contre le terrorisme, déjouer des plans qui s’ils avaient abouti auraient aussi assassiné des citoyens nord américains et des citoyens d’autres pays.

Avec nous il y a aussi le compagnon Cándido René González Castillo, père du compagnon René González Sehwerert, héros de la République de Cuba, condamné à 15 ans de prison, prisonnier politique dans les prisons des États-Unis.

Nous n’oublions pas en cet instant Olga Salanueva, l’épouse de René, qui est empêchée de rendre visite à son mari depuis plus de neuf ans, et à qui il lui a été interdit la possibilité même de le voir durant ces longues, dures et cruelles années de captivité.

Il y a avec nous aussi le compagnon Roberto González Sehwerert, frère de René, occupé comme les autres familles à faire prendre conscience sur la bataille pour la libération et le retour à leur patrie de nos cinq héros.

Et également avec nous la compagne Isabel Hernández Nordelo, la soeur de Gerardo Hernández Nordelo, Héros de la République de Cuba, prisonnier politique dans les prisons des États-Unis, condamné deux fois à perpétuité et à 15 ans d’emprisonnement.

Nous rappelons maintenant la compagne Adriana Pérez O’Connor, épouse de Gerardo, à laquelle le régime de Bush l’empêche de voir son époux depuis 1998, et auxquels ils empêchent également de concevoir un enfant, fruit de leur union.

Nous rappelons également Antonio Guerrero Rodríguez, Héros de la République de Cuba, prisonnier politique dans les prisons des États-Unis et condamné à perpétuité et à dix ans d’emprisonnement.

Nous leur donnons à tous, un message d’encouragement, de solidarité et notre certitude qu’ils reviendront et que toute la haine qui a été déversée sur eux ne fera pas fléchir leur volonté ni la notre jusqu’à ce que justice soit faite.

Dixièmement : le président Bush doit extrader au Venezuela, ou instruire un procès aux États-Unis contre le terroriste Luis Posada Carriles, qui est libre aujourd’hui grâce à des machinations des plus hautes autorités de l’État nord américain ; il se promène libre dans les rues de Miami, portant sur sa conscience de la mort de dizaines et de dizaines de civils innocents cubains et d’autres pays ; il est l’acteur principal intellectuel de l’explosion en plein vol de l’avion cubain, associé à un autre terroriste Orlando Bosch, qui a été pardonné et laissé libre également aux États-Unis grâce au père de l’actuel président, les deux personnages, anciens agents de la C. I. A, terroristes entraînés par la C. I. A durant les années dont le père de l’actuel président des États-Unis était directeur de cette agence. Le gouvernement des États-Unis protège ces terroristes parce qu’il craint qu’ils ne révèlent les secrets qu’ils connaissent sur les plans contre Cuba et contre d’autres pays, et surtout sur ce qui a été fait avec l’Opération Condor.

Le président doit éradiquer l’impunité des groupes terroristes qui se montrent encore aujourd’hui dans les chaînes de télévision de Miami, en s’entraînant avec des armes lourdes pour le jour où ils viendront à Cuba avec les troupes nord américaines, ou pour menacer avec des actes terroristes.

Onzièmement : le président des États-Unis doit fermer immédiatement le centre de torture qu’il a créé dans la base navale de Guantánamo dont l’existence est encore maintenue malgré le refus mondial. Le lieu où l’on exécute les pratiques de torture contre les prisonniers, qui sont interdites par les Conventions Internationales, exemple : les interrogatoires des prisonniers soumis à de hautes et à de basses températures, la simulation d’étouffement, les châtiments, les traitements cruels, inhumains et dégradants.

Au nom de quels droits humains parlez-vous, quand tout le monde sait que vous avez sur vos épaules la mort et la torture de prisonniers innocents ? Vous devez rendre à Cuba le territoire que vous occupez illégalement contre notre volonté avec la base navale de Guantánamo.

Douzièmement : vous devez arrêter avec les pressions contre la communauté internationale pour qu’elle soutienne la politique de votre régime contre Cuba. Vous échouerez, vous n’aurez pas l’appui de la communauté internationale. Vous pouvez trouver quelques rares alliés qui, par intérêt ou pour manque de valeur vous seconderont ; mais vous n’avez aucun soutien pour cette politique et vous allez échouer, nous vous le disons aujourd’hui, vous n’arriverez pas à vos desseins de détruire la révolution cubaine et à reconquérir Cuba. Comme Fidel a dit : ” vous autres vous n’aurez jamais Cuba ! ” ; vous devrez exterminer un peuple entier. Cela est prouvé en Irak, et cela a été prouvé au Vietnam, qu’aucune armée n’est invincible lorsque elle se bat contre un de peuple disposé à défendre sa souveraineté et qui a des causes et des raisons fondées pour lutter pour sa patrie.

Vos plans vont se briser. Monsieur le président, Cuba ne négocie pas sa souveraineté ; Cuba ne s’agenouillera pas. Vous ne parviendrez pas à nous soumettre avec votre blocus et votre tentative de nous vaincre par la faim et les maladies. Vous vous brisez contre notre courage.

Cuba ne pourra pas être amadoué, et notre unité ne sera jamais vulnérable. Notre peuple s’unit d’autant plus devant la menace et la superpuissance de l’Empire qui n’a pas pu le faire plier.

Nous avons aussi un message pour le peuple des Etats-Unis. Pour le peuple des Etats-Unis nous avons un message de respect et d’amitié. Nous ne vous accusons pas à vous, peuple américain, de la souffrance qui est causée à notre peuple et dont vous-mêmes souffrez.

Nous sommes sûr qu’un jour le blocus sera levé, qu’un jour vous pourrez avoir des relations normales avec un petit peuple voisin, dont les médecins étaient disposés à venir chez vous à l’époque de l’ouragan Katrina, afin de soulager et guérir les malades, les damnés. Et ce même régime qui maintenant menace une nouvelle fois Cuba, les avaient empêché de venir, en condamnant ces gens, parce qu’ils étaient Noirs et pauvres, à mourir là-bas sans assistance médicale. Un jour cela n’arrivera plus.

Notre message est aussi d’encouragement, de condoléances aux citoyens de Californie qui en ce moment souffrent des incendies de forêts. À l’avenir lorsqu’il se produira un nouveau désastre naturel dans un pays quelconque, un milieu de coopération s’imposera, comme a toujours agit le peuple cubain qui s’est rendu sur n’importe lieu où ses efforts et son aide ont été nécessaires. Mais aujourd’hui le régime qui gouverne les Etats-Unis empêche cela.

Nous adressons un message d’amitié au peuple des Etats-Unis. Nous ne nous trompons pas, nous sommes un peuple avec de la culture politique, nous sommes un peuple avec des principes, du respect et nous savons que vous aussi êtes victimes comme nous autres de cette politique, et nous savons que vous aussi un jour, vous allez vous affranchir de cette tyrannie qui vous a été imposé, qui envoie vos enfants, parce qu’ils sont pauvres, se battre dans des terres lointaines, pour tuer et pour mourir, pour piller les ressources naturelles à d’autres pays pour favoriser les intérêts mesquins d’une oligarchie ou d’une coupe d’intérêts derrière le pétrole et les ressources naturelles. Nous réagissons avec indignation mais avec sérénité. Nous ne menaçons pas, nous nous préparons. Nous ne paradons pas, nous ne nous vantons pas, nous maintenons notre cap. Il n’y a dans ce monde – et je le répète aujourd’hui ici – aucune force humaine ni naturelle capable de faire renoncer les cubains à leurs rêves de justice, de liberté et d’indépendance. Nous sommes une Révolution victorieuse, on doit nous respecter, nous avons gagné le respect du monde.

En ces jours où l’on commémore les 45 ans de la crise d’Octobre, et que nous sommes à quelques jours du vote à l’Assemblée Générale des Nations Unies sur le blocus des Etats-Unis contre Cuba, je veux souligner qu’il y a en ce moment dans le peuple cubain, la même sérénité, la même intégrité, le même sentiment d’unité nationale et d’orgueil patriotique que dans ces jours lumineux et tristes, comme les appelait le Che, et que le peuple cubain était prêt à affronter, de même, qu’un holocauste nucléaire, plutôt que de renoncer à ses principes et à sa souveraineté. C’est cela la détermination qu’il y a aujourd’hui à Cuba.

La Révolution cubaine ne pourra pas être vaincue, et nous le disons ici au Président de l’Empire qui menace Cuba, nous avons le soutien du peuple qui sait bien ce qui se joue en ces heures cruciales de son histoire et il ne pourra être ni trompé, ni soudoyé, ni menacé, ni soumis.

Ainsi nous réfutons, une par une, chaque parole de menace, de chantage contre Cuba, chaque phrase emplie de haine, et nous le répétons au Président des Etats-Unis, que ce qui est en train d’arriver c’est le jour où le peuple des États-Unis et le monde seront débarrassé de lui. Et ce qui est aussi en train d’arriver c’est le jour où nous obtiendrons la levée du blocus, et que ses [le président] menaces ne nous sortirons pas de notre chemin pour la construction d’une société plus juste dans ce pays, plus humaine, plus libre, avec plus de socialisme et plus de Révolution.

C’est ce message que nous avons pour le Président de l’empire qui menace avec des guerres dans lesquelles, lui, il ne participe pas, qui menace avec des invasions qu’il ordonne depuis l’arrière garde dans son refuge confortable. Mais si le moment doit arriver pour nous, c’est en première ligne que nous l’affronterons avec notre peuple.

Merci beaucoup. (applaudissements)

Parties essentielles du discours de Bush
http://www.granma.cubaweb.cu/2007/10/25/nacional/artic05.html

Traduction Danielle Bleitrach et Esteban

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26 octobre 2007

Carlos Gutiérrez et sa pantomime de forum anti cubain

on_se_tait
Ce que la Maison Blanche appelle "publication intégrale" peut être contrôlé à l'adresse du forum.

Seulement les questions de huit personnes ont été choisies pour être publiées et toutes en langue anglosaxone.

Malheureusement pour le "fameux" redresseur d'histoire Carlos Gutiérrez, les internautes ont également fait parvenir leur question à l'association cubainformation, comme elle leur avait sollicité de faire.

Résultat: Une centaine de questions avaient été adressé au secrétaire du Commerce Carlos Gutiérrez lors de son forum, il a bien entendu publié les huit qui lui convenaient.

Voilà un exemple, si vous en doutiez, du modèle de liberté et d'expression démocratique que met en pratique le Maison Blanche de M. Bush.

Pour connaître l'intégralité des questions du forum voir en espagnol.

Esteban

Posté par LE TACLE à 09:49 - Cuba - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 octobre 2007

CUBA: Carlos Gutiérrez et le Site Web de la Maison Blanche

gutierrezDès aujourd’hui, n’importe quel internaute peut poser des questions sur Cuba, sur un forum qui, [paraît-il], selon la Maison Blanche sera publié dans son intégralité.

Le Site Web de la Maison Blanche ouvre un forum pour questionner le Secrétaire d’État au Commerce sur la politique de Bush à l’encontre de Cuba.

Le Site Web de la Maison Blanche a ouvert un forum Internet sous le nom de " Discutons sur Cuba. Questionnez la Maison Blanche ", à partir duquel on peut poser des questions au Secrétaire d’État au Commerce, Carlos Gutiérrez. Il s’agit d’un forum normal en ligne et interactif de l’Administration nordaméricaine " où les amis de la Maison Blanche peuvent adresser les Questions à des fonctionnaires de l’Administration Bush " en supposant que ceux qui ne sont pas considérés comme amis de la Présidence des Etats-Unis puissent poser leurs questions. Voila une occasion dédiée à Cuba , juste avant le prochain vote qui se déroulera à l’Assemblée Générale de l’ONU le 30 octobre prochain, dans la perspective d’un appui de la totalité de la Communauté internationale envers l’île, dans sa demande que l’on mette fin au blocus.

Le forum a commencé à trois heures et demi de mercredi après-midi 24 octobre, à l’heure étasunienne et cubaine, (vingt et une heure et demi, heure espagnole et française). Ainsi donc, l’on peut envoyer des questions à l’adresse http://www.whitehouse.gov/ask/question.html où s’affiche un formulaire dans lequel après avoir inscrit son nom et son adresse on peut joindre la question au Secrétaire au Commerce.

Gutiérrez est aussi coprésident de la Commission pour l’assistance à une Cuba Libre, le plan qu’a défini le gouvernement étasunien pour faire tomber celui de Cuba, dans lequel il existe une partie budgétaire secrète considérée par les analystes comme étant destiné à des actions illégales contre Cuba. Il y a également la circonstance que l’accès au forum a débuté juste après que le Président des Etats-Unis , Georges Bush a rendu public ses nouvelles mesures d’agression envers Cuba, de telle sorte que le Secrétaire au Commerce aura la fonction de développer et tenter de les justifier.

Carlos Gutiérrez est l’un des principaux artisan de la politique de Bush contre l’île, sa famille était des propriétaires terriens de plantations fruitières qui ont fuit Cuba, lorsqu’il avait six ans, après le triomphe d’une Révolution qui répartît les terres entre les paysans, ce que n’a jamais pardonné Gutiérrez.

Le Secrétaire au Commerce est pourtant un pilier principal de la politique du blocus étasunien contre Cuba qui a causé une perte de 89 milliards de dollars pour les cubains, depuis 47 ans que dure ce blocus. Les cubains ont rappelé le caractère illégal et extraterritorial de ces mesures puisqu’elles sanctionnent n’importe qu’elle entreprise ou citoyen du monde qui a des relations avec Cuba. En plus des pertes économiques, le blocus, inflige un drame terrible aux cubains qui se voient empêchés d’importer des produits aussi basiques que des équipements médicaux ou éducatifs, d’assister à des rencontres académiques ou professionnelles et y compris de faire partie des institutions internationales.

La politique que favorise Carlos Gutiérrez demeure clairement confrontée aux propres ressorts du domaine que lui attribue la Maison Blanche, dont sa fonction est de " trouver des marchés globaux ouverts aux compagnies nord-américaines de façon à ce qu’elles puissent continuer d’innover et concourir pour construire une plus forte économie nord-américaine ". Son Département promeut les exportations des Etats-Unis, met en vigueur les accords du commerce international et régule les exportations de biens et de technologies. Cependant, [son action] envers Cuba est d’empêcher que les propres entreprises étasuniennes puissent faire commerce avec l’île.

Le Département au Commerce est également le responsable et le tenace défenseur du système de protection des brevets qui empêche la distribution de médicaments génériques. De la même façon, il est celui qui, chargé de la protection de la propriété intellectuelle, a suscité la criminalisation des usagers de programmes d’échanges d’archives Internet.

De son côté, Cuba a dénoncé qu’un bureau dépendant du Département de Carlos Gutiérrez s’est approprié les marques déposées cubaines "Havana Club" de rhum et "Cohiba" de cigares, ce qui implique que des entreprises peuvent faire le commerce de produits avec cette marque sans que ceux-ci soient fabriqués à Cuba alors que la consommation par les cubains légitimes est un délit aux Etats-Unis.

Il est aussi un haut responsable de la politique migratoire des Etats-Unis, critiquée par la décision de construire un mur à la frontière avec le Mexique, ainsi que pour les rafles massives et les expulsions des immigrants, surtout dans beaucoup de cas qui séparent les familles.

Gutiérrez est un des principaux promoteurs des accords de libre échange des Etats-Unis avec l’Amérique Latine, très fortement critiqués par les mouvements sociaux des paysans et des travailleurs qui considèrent ce système d’échanges pour en finir avec les petits producteurs locaux latino américains. Gutiérrez a explicité clairement sa vision de projet envers la planète : " Je crois que le XXI ème siècle est réellement le siècle des États-Unis", se référant à la domination de l’économie mondiale de son pays.

Ce forum ( http://www.whitehouse.gov/ask/question.html ) peut être d’une grande opportunité pour que les internautes contrastent avec leurs opinions contraires, les affirmations de ce haut responsable au Commerce de l’Administration Bush. Bien que, dans la page d’accueil de la Maison Blanche il est affirmé, que toutes les questions et les réponses des participants au forum, seront intégralement publiées, des organisations sociales comme Cubainformación http://www.cubainformacion.tv/ , ont exprimé leur scepticisme et ont sollicité les internautes de leur faire parvenir la copie de leurs questions à l’adresse : cubainformacion@cubainformacion.tv pour confirmer postérieurement si celles-ci ont été publié réellement avec les réponses sur le site web de la Maison Blanche.

Pour en savoir plus sur les effets du blocus :
Information de Cuba sur la résolution 61/11 de l’Assemblée Générale des Nations Unies
" Nécessité de mettre fin au blocus économique, commercial et financier imposé par les Etats-Unis d’Amérique contre Cuba"

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Trad: Esteban

Posté par LE TACLE à 15:06 - Cuba - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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