11 avril 2011

FRANCE : ÁLVARO URIBE VÉLEZ, GRAND CRIMINEL CONTRE L'HUMANITÉ, EMBAUCHÉ PAR LA FRANCE

Un affront à la raison
La France se paie les services du criminel Álvaro Uribe Vélez

Uribe_sarko

Monsieur Luc CHATEL,
Ministre de l'Éducation nationale, de la Jeunesse et de la Vie associative de la République française

Lettre ouverte à la citoyenneté française et internationale

Un affront à la raison

Nous, signataires de cette lettre ouverte, rejetons fermement la décision de l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Metz (ENIM) d’accorder un poste de professeur à Alvaro Uribe Velez, président de la Colombie entre 2002 et 2010, et de lui décerner le titre d’ingénieur-docteur honoris causa. L’ENIM légitime ainsi un personnage tant controversé politiquement et si proche de la criminalité la plus violente de Colombie. [1].

L'attribution de distinctions académiques à l’ancien président Uribe Vélez constitue en fait un échange de bons procédés entre la direction de l'établissement universitaire et les autorités colombiennes qui, sous le gouvernement d’Uribe, ont été favorisées par des contrats et des avantages divers [2]. Cette procédure illégitime suscite la suspicion sur la façon dont sont menés aujourd’hui les programmes de coopération internationale et constitue un déshonneur pour l’ensemble du système éducatif français.

Mais, au-delà du fait que cette distinction universitaire a été obtenue sous la forme d'une cession de faveurs, il est inacceptable qu'on offre un poste de professeur au responsable d’une politique infâme, imposée par le sang et le feu en Colombie au cours de ses 8 années de mandat [3].

Voir Alvaro Uribe Vélez donner des conférences dans une université française constitue une offense grave à des milliers de tués, de disparus, de victimes de la répression, aux exilés (beaucoup d'entre eux vivent actuellement en Europe), aux personnes menacées ou réduites au silence directement par le gouvernement ou par des groupes de mercenaires bien rémunérés, plus connus sur le nom de « paramilitaires » [4]. Donner la parole à ce personnage dans une enceinte universitaire est un affront face auquel il est impossible de rester silencieux.

Actuellement 130 parlementaires très proches de son groupe politique font l’objet d’une enquête sur leurs relations avec les « paramilitaires », et 50 d’entre eux sont déjà en prison. Parmi eux on trouve le cousin de l'ancien président, Mario Uribe, qui est par ailleurs, son grand allié politique [5]. L'ancien président a été convoqué pour témoigner devant un tribunal nord-américain dans le procès qui a été ouvert contre l’entreprise charbonnière Drummond, suite à l'assassinat des syndicalistes par des « paramilitaires » payés par cette société [6]. Uribe Velez devra aussi faire face à 2 procès engagés contre lui pour des actes d'espionnage de citoyens colombiens en Espagne et en Belgique, suite à des plaintes déposées par les victimes directes de ces attaques. Un procès a aussi été ouvert en Colombie dans le cadre des mêmes affaires [7].

L'ancien président Uribe devrait comparaître devant la Cour Pénale Internationale pour répondre de ses crimes en tant que le plus haut responsable de l’une des périodes les plus violentes et les plus sombres subies par ce pays. Il faut se rappeler que parmi les milliers de victimes de son gouvernement on compte des dizaines de professeurs d'université, des chercheurs et des jeunes étudiants, un héritage sinistre qui précède l'ancien président et qui rend inadmissible qu’il puisse être accueilli dans une université de n’importe quel pays. [8]

Pour les raisons qui viennent d’être exposé, nous, les signataires de cette lettre, exprimons nos plus vives protestations contre les autorités académiques de la France et leur demandons au nom de la démocratie et de la décence de reconsidérer la décision de l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Metz. C'est une question de décence, c'est une question d'honneur, de respect pour les milliers de victimes de la violence officielle en Colombie et, principalement, parce que cette nomination met gravement en cause notre condition de démocrates et de gens civilisés. Ceux qui signent cette lettre ouverte, par delà leurs positions idéologiques, s’identifient avec la plus pure tradition du peuple français de défense acharnée de l’humanisme et d’opposition frontale à toute sorte de tyrannies. Notre demande est également un geste de solidarité avec le peuple de Colombie, et en particulier avec les milliers de victimes du régime d’Uribe qui attendent toujours qu’on leur rende justice.

Nous adhérons aussi à la lettre de protestation des parlementaires français et européens et à la déclaration de rejet de l'Association TEJE contre la nomination d’Uribe. [9]

Pour signer la pétition


[1] Rapport officiel des services de renseignements US qui classe Alvaro URIBE, "parmi les plus gros narco-trafficants Colombiens".
Le Tribunal International pour l’Enfance dénonce les crimes commis en Colombie
[2] Communiqué de l’AFP : Colombie: Alvaro Uribe enseigne à Metz
Alvaro Uribe, professeur à Metz : L'indignation de jeunes colombiens
[3] La nomination d’Alvaro Uribe est un attentat à l’intelligence
France-Colombie: Álvaro Uribe, un professeur embarrassant
Colombie: «les faux positifs», une barbarie travestie
Colombie : Le scandale des faux positifs
[4] Paramilitarisme et scandale de la parapolitique en Colombie
Javier Giraldo : « l’avenir de la Colombie : une domination des paramilitaires en ‘costume-cravate’ »
Il y a eu mille massacres et 2500 disparitions. Confessions paramilitaires dans le cadre de la "Loi de Justice et de Paix".
Amnesty International - Rapport 2010, pages 72, 73, 74, 75, 76
[5] Le scandale des paramilitaires colombiens éclabousse Uribe
Un proche du président Uribe arrêté pour ses liens avec les paramilitaires
[6] Multinationales, paramilitaires et terrorisme d'État
Ces syndicalistes assassinés qui hantent les transnationales
[7] La Colombie espionne la Belgique et l’Europe
Derrière l’espionnage d’ONG par la Colombie
Quand l’Etat colombien espionne ses opposants
[8] Déclaration de Bruxelles sur les violations des droits de l’homme en Colombie - Tribunal International d'Opinion
Colombie : Mission étrangère horrifiée
Colombie - LAISSEZ-NOUS VIVRE EN PAIX ! Les civils, victimes du conflit armé en Colombie PDF Amnesty International
[9] Lettre de protestation de parlementaires français et européens suite à la nomination de M. Alvaro Uribe en France
Refus à la nomination d'Alvaro Uribe comme professeur en France

Posté par LE TACLE à 09:04 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


01 novembre 2010

FRANCE : QUAND ILS...

Au

- Quand ils ont commencé à expulser massivement des sans-papiers, je n'ai rien dit parce que j'avais mes papiers et que je trouvais que chacun devait respecter la Loi.

- Quand ils sont venus chercher les Roms, je n'ai rien dit parce que je pensais qu'ainsi je perdrais moins de temps aux feux rouges à cause des mendiants-laveurs de pare brise.

- Quand mon voisin, salarié à France Télécom s'est suicidé, je n'ai rien dit parce que je pensais que c'était un privilégié et que je trouvais qu'il en faisait un peu trop sur son "malaise au travail" et qu'il s'était plutôt suicidé parce que sa femme voulait le quitter.

- Quand ils ont voulu reculer l'âge de la retraite je n'ai rien dit parce que je pensais qu'il fallait travailler plus longtemps pour pouvoir payer les pensions de vieux de plus en plus nombreux.

- Quand ils ont tiré sur les jeunes qui manifestaient, je n'ai rien dit, je pensais que la place d'un lycéen est en classe et pas dans la rue.

- Quand ils ont fini de privatiser les services publics comme les trains, je n'ai rien dit, je trouvais ces fonctionnaires trop privilégiés et de toute façon, je ne prenais plus le train, il était trop cher.

- Quand ils ont militarisé la police et bâillonné les juges, je n'ai rien dit, je trouvais les uniformes plus virils et j'espérais qu'ainsi enfin les assassins d'enfants ne seraient plus relâché dans les rues.

- Quand ils ont arrêté et interné les anarchistes, j'étais plutôt content et je n'ai rien dit, ces gens sont dangereux.

- Quand ils ont supprimé toutes les aides à la culture, je n'ai rien dit, de toute façon je ne rencontre jamais d'artistes et je préfère regarder TF1 pour me détendre.

- Quand ils ont réinstallé la peine de mort, je n'ai rien dit, je pensais que les terroristes et les assassins d'enfants devaient payer à hauteur de leurs crimes.

- Quand ils ont supprimé le système de retraites par répartition, j'ai commencé à cotiser à Sevriana, un fond de pension dirigé par le frère du président, en me disant que mon argent était en de bonnes mains.

- Quand ils ont fini par fermer l'école publique, je n'ai rien dit, mais j'ai travaillé plus dur et j'ai réduit mes dépenses de loisirs pour économiser pour l'éducation privée de mes petits enfants. Même si l'un d'eux a dû quitter l'école à 16 ans et entrer dans une école militaire pour ne plus être à la charge de ses parents.

- Quand à la faveur d'une nouvelle crise économique mes économies pour ma retraite ont disparues, je n'ai rien dit et j'ai cherché un second emploi pour boucler les fins de mois.

- Quand ils ont interdit les syndicats, je n'ai rien dit, je n'ai jamais été syndiqué, je ne voulais pas être manipulé.

- Quand ils ont imposé deux partis uniques présidés par deux frères, je n'ai rien dit, je me suis dit qu'ainsi il serait plus simple de choisir pour voter.

- Quand ils ont supprimé le droit de vote des femmes, je n'ai rien dit, de toute façon je pensais que ma femme et ma fille votaient la même chose que moi.

- Quand ma femme a perdu son emploi et qu'elle m'a dit qu'elle n'en trouvait plus, je n'ai rien dit et j'ai cherché un troisième emploi pour la fin de journée et assumer ainsi mon rôle de chef de famille. De toute façon je trouve qu'elle cuisine mieux qu'elle ne travaille.

- Quand je suis arrivé à 62 ans j'ai été licencié de mes deux premiers emplois, parce que je n'étais plus assez efficace, je n'ai pu conserver que mon emploi au centre commercial, mais ils m'ont mis au rangement des caddies. Je n'ai rien dit, trop content de conserver une source de revenus.

- Quand mon fils est mort au travail à 45 ans alors que j'entamais ma 50ème année de travail, je n'ai rien dit parce que je pensais qu'il n'avait pas eu de chance.

- Aujourd'hui, en ce mois de février 2023, il fait froid sur le parking du supermarché où je range des caddies du haut de mes 69 ans, tout à l'heure je suis convoqué par la direction, je sais qu'ils vont me licencier. Comme je n'ai plus les moyens de payer notre loyer, je vais être expulsé de mon logement et comme j'ai déjà refusé de quitter les lieux, je suis sous le coup d'un mandat d'amener. La police m'a prévenu qu'elle passerait demain matin. J'ai bien cherché à contacter des syndicats ou des associations, comme il en existait il y a longtemps, mais apparemment il n'y a plus personne pour m'aider à me défendre...

Anonyme

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25 octobre 2010

FRANCE : LE FÜRHER D’UN POUVOIR FASCISTE ET DE SES FORCES RÉPRESSIVES RACISTES

Des député(e)s des deux Assemblées aux pieds et aux ordres du plus grand fasciste du XXIè siècle.

1a

Cela se passe en France le jeudi 21 octobre sur la place Bellecour dans la ville de Lyon. Police, Compagnies « Républicaines » et GIPN en stratégie de guerre fabriquent une souricière contre les jeunes lycéens. Préfet, ministère de l’intérieur sur ordre du Führer suprême bombardent ensuite les jeunes sans issues et font la chasse au faciès.

Un autre témoignage vidéo

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La manif’ d’Antonin Poncet bloquée par les gardes mobiles

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Bellecour, la souricière 21 octobre (photo Ando)

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Le GIPN sur la place (Photo Ando)

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Bellecour, la souricière 21 octobre (photo Ando)

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Bellecour, la souricière 21 octobre (photo Ando)

7
De la place Antonin Poncet (photo Pauline A.)

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Supercopter (photo Burak Koca)

un reportage de l’émission de Radio Canut « Mégacombi » de l’intérieur de la place Bellecour est dispo dans le player « Radio Rebellyon ». Sinon cliquer sur bande son du 21 octobre

- TÉMOIGNAGES -

Il est 2h du matin, et je ne peux toujours pas dormir, après ce que j’ai vu et entendu aujourd’hui place Bellecour.
Je suis restée bloquée d’environ 13h30 à 17h30, et je ne suis sortie saine et sauve, et sans contrôle, uniquement parce que je suis une jeune femme blanche, sans dreads ni piercing...

J’ai vu un CRS faire le signe de décapitation en ricanant, à l’attention de mon ami. C’était après nous avoir dit qu’on pouvait sortir du côté de la Saône, en ajoutant « Merci qui ? ». Mon ami lui avait alors envoyé un baiser avec la main... Et voilà, comme ça, c’est beau : un représentant du pouvoir en place faire ce signe de mort en ricanant !

J’ai vu un type se faire prendre et tabasser lors d’une charge de CRS alors qu’il ne faisait rien, qu’il était juste là, à fuir, à tenter de se protéger, à être là, comme nous, sauf qu’il était un jeune homme d’origine maghrébine, évidemment.
Au fait, se faire charger quand on sait qu’il n’y a aucune issue, c’est une sacrée expérience ! On a véritablement essayé de se préparer psychologiquement à se faire matraquer. C’est dur (hohoho).

Plus tôt, après une charge, des coups de feu (lacrymo ? flashball ?), je me retourne et je vois une fille à terre, inconsciente, de l’écume aux lèvres, derrière un kiosque à l’est de la place. Que doit-on faire ? Est-elle simplement évanouie ? A-t-elle reçu quelque chose dans la tête ? A-t-elle une crise quelconque ? A-t-elle besoin de secours d’urgence ?

Je cours vers un mur de CRS, en hurlant, hystérique, d’appeler le SAMU (« IL Y A UNE FILLE A TERRE INCONSCIENTE ET C’EST A CAUSE DE VOUS ! » je hurle de toutes mes forces), JE VOIS ALORS UN CRS SOURIRE !!!

Avec mon ami, on a discuté avec beaucoup de ces « casseurs des cités » : tous étaient froidement conscients de la situation politique, et SURTOUT DU RACISME OMNIPRÉSENT. Les blancs eux, s’en sortiront, PAS EUX, ni aujourd’hui, ni demain, ni dans la vie ! On a discuté avec des jeunes qui correspondaient parfaitement aux clichés relayés par les médias : jeunes d’origine africaine à foulard, baskets, capuche... On a brièvement discuté de la réforme (“et on ne va pas travailler jusqu’à 70 ans !” me dit un jeune avec un petit sourire aux lèvres : il le sait, il est surtout là pour se battre contre une société raciste et pourrie, dont la réforme est un élément qui finalement ne le concerne que de loin), on a appris que certains lycéens se battaient également contre la suppression des BEP, on a parlé du racisme, de la propagande... Tous semblaient résignés ; il n’y avait AUCUNE VIOLENCE.

Après l’ultime charge, le piège tendu contre nous vers 17h20, des tirs, on se plaque contre une vitrine avec d’autres jeunes, puis on se réfugie, mon ami et moi, paniqués, dans la première cour intérieure, pour se protéger des tirs (là encore, pas eu le temps de voir, ou de sentir ce que les représentants de l’État français tiraient). Il y a là, dans l’escalier de cet immeuble, un jeune d’origine maghrébine, un lycéen tout gentil, un peu enrobé, à la voix douce, bref tout sauf quelqu’un de menaçant et d’effrayant, qui s’est retrouvé bloqué vers 11h place Bellecour alors qu’il ne faisait que passer. Il nous a raconté, sans hausser la voix, comme si c’était là quelque chose de banal, qu’un CRS, en le bloquant, lui a dit d’un air méprisant qu’il l’avait reconnu, lui, un « casseur » de ce matin 9h. Le garçon nous a alors dit : « à 9h, je faisais une interro ! ». « Ils m’ont dit que les Blancs passaient mais pas les autres ». Je lui ai alors fait répéter la chose, ne pouvant en croire mes oreilles. Oui, oui, le CRS lui a dit ça comme ça. Oui, oui. D’autres jeunes stigmatisés depuis leur plus jeune âge par les flics nous ont adressé plus tôt la parole, d’un air résigné : « eh pourquoi vous ne partez pas vous ? Vous êtes blancs, essayez, ils vous laisseront passer, vous... ». Nous n’avons pas essayé. Trop fiers pour tenter de partir, trop effrayés pour faire face à une charge de CRS. Dans cette cour, trois filles sont ensuite venues non pas se réfugier, mais faire pipi. Elles sont ensuite ressorties ; nous n’avons pas osé.

Finalement, pas de contrôle d’identité pour nous : « coup de chance » : dans la cour où nous nous sommes « réfugiés » (on attendait les flics, prêts à mettre les mains sur la tête), on voit arriver des jeunes de droite à mèche ! Surréaliste ! Les cheveux de droite se reconnaissent de loin ; enfants de bourgeois habitant place Bellecour, et leurs copains riches de droite. Une discussion suit en bas des escaliers avec deux d’entre eux, pendant que des jeunes pauvres se font matraquer sur la place : non, tous les gens qui ont voté Sarko ne sont pas pour ça, nous dit l’un des jeunes à la coupe Sarko fils pré-tonte ; ça....

Mon ami s’énerve, lui dit que si, que si on a voté Sarko, on a voté pour le racisme, pour l’État policier, pour l’ORDRE, pour ça, CA... Les gens savaient, ils savaient pour quoi ils votaient : pour ça !

Le jeune d’origine maghrébine lui se tait, c’est juste un gamin qui veut rentrer chez lui. Ces deux jeunes de droite avaient l’air si sympathiques, si innocents, et pourtant c’est eux aussi la France qui pue.

Au final, c’est « grâce » à un groupe de blancs riches que nous sommes sortis sans contrôle, la rage et la peur au ventre. Un flic à blouson en cuir et brassard entre dans la cour, nous dit de sortir, qu’on peut partir maintenant. On ne le croit pas ; je lui dis :« et tout à l’heure ? Vous nous avez dit qu’on pouvait partir ! ». Il m’ignore, et va parler aux riches. Le gamin se dirige vers la porte, on le retient en lui disant d’attendre pour sortir avec les blancs. Il refuse. On insiste, on le met en garde, mais il a son honneur, lui. Il garde la tête haute, et s’en va.

Puis nous sortons, nous, effrayés, avec ces gens, un bon Français aux cheveux gris et à lunettes, une dame à talons, et des autres Blancs. Nous passons devant les autres jeunes restés sur la place, qui sont maintenant contrôlés par les flics, un à un, vers le pont Bonaparte. Je n’ai pas pu retenir mes larmes en criant aux badauds, une fois le barrage de flics passé sans encombre, sans même un arrêt : « Nous sommes passés parce que nous sommes blancs ! Elle est belle la France, hein !? »

Plus tard dans les rues touristiques du 5ème, je vois une télévision dans un bouchon. Je m’avance, une commerçante me dit bonsoir, pensant que je suis une cliente. Je ne fais pas attention, je tente d’apercevoir des images de ce que je viens de vivre. La bonne Arbeiter me redit bonsoir, cette fois fermement, comme si je lui avais manqué de respect, comme à une gamine. Je la regarde dans les yeux et lui répond « Bonsoir. ». Je me retourne vers l’écran. J’entends la femme me lancer : « ah, la télé » comme si j’étais une mouche attirée par la lumière. Je réponds : « oui, je veux voir la propagande ». « La propagande ? » me lance-t-elle, d’un air à la fois moqueur et choquée. J’ai alors eu envie, pendant une fraction de seconde, de lui défoncer la gueule. Mon fiancé m’a prise et m’a enlevée de là, et je ne suis même pas arrivée à prononcer un mot intelligible. Nous sommes partis.

QUE DOIVENT RESSENTIR CES JEUNES CONSTAMMENT STIGMATISÉS SI MOI-MÊME JE PEUX RESSENTIR UNE TELLE HAINE APRÈS UNE APRÈS-MIDI !? RÉSISTANCE FACE A LA FRANCE QUI PUE !


Bonjour,

Je suis un étudiant en philosophie et je vis à Lyon. Aujourd’hui, jeudi 21 octobre, alors que je me dirigeais de l’hôtel de ville en direction de ma faculté, j’ai du emprunter la place Bellecour ; à savoir le chemin logique et normal.
En arrivant à l’entrée de la place Bellecour à 14H30, je vis de nombreux CRS présents tout autour de la place, néanmoins aucun réel barrage n’était en place et les forces de l’ordre ne m’ont absolument rien dit en me voyant arriver et se sont même séparées doucement pour me laisser passer. Je m’engage donc tranquillement sur la place. Cependant, à l’autre extrémité, je fais face à une ordre de CRS en position de blocage. Je décide de faire demi-tours, constatant que l’ensemble des sorties de la place sont bloquées de la même façon. Arrivant par là où j’étais entré sur la place, je constate qu’un barrage de CRS vient d’être mis en place. Ceux-ci me refusent le passage sous prétexte des ordres du préfet alors même que quelques minutes avant ils venaient de me faire pénétrer sur la place.

C’est alors que commence une détention avec plusieurs centaines de personnes sur la place, sans aucune raison. Pire encore, durant cette détention, je découvre que certaines personnes sont enfermées depuis 13H15, donc les forces de police m’ont laissé rentrer en sachant parfaitement qu’il s’agissait d’un piège.

Pendant ma détention, sachez que toutes les personnes âgées, ou même non-jeunes pour être précis, ont pu partir sous prétexte qu’elles « habitaient la rue juste à côté ». Un véritable filtrage a opéré pendant cette période, afin que nous ne finissions qu’entre « jeunes », favorisant ainsi l’amalgame entre lycéens révoltés et casseurs.

Les forces de police ont été brutales, insultantes, face à des personnes profondément calmes, cherchant juste à comprendre ce qu’il se passait. C’est finalement après 5 heures que je pu sortir par le « Check-Point » mis en place à l’une des sorties. Là, sachez que je fus victime d’un contrôle d’identité abusif, allant même jusqu’à prendre une photographie de mon visage. Je sortis à 19H30, sans aucune autre explication. Enfin, durant les 5 heures d’enfermement, seule une vingtaine de personnes ont osé se révolté, résultant d’une répression aux gaz lacrymogènes et tirs de jets d’eau à haute pression. Qui, enfermé pendant 5 heures sans raison, insulté et dégradé par des forces de police, ne deviendrait pas fou ? L’état cherche à engendrer une haine chez les jeunes en les enfermant volontairement et en les poussant à bout. Ainsi, les dirigeants pourrons, preuves à l’appui, discréditer au yeux de son peuple soumis et crédule l’engagement des jeunes dans cette réforme.


Je suis écœuré. Difficile de trouver les mots. Pas l’habitude d’écrire. Mais je ressens le besoin de témoigner tout simplement. Je ne parlerai que de cette journée du Jeudi ici à Lyon Bellecour.
Ce matin vers 10h45, avant d’aller chercher mon enfant à l’école, quelques groupes d’étudiants regroupés, attendant pour manifester. Aucune agitation. Les forces de l’ordre encerclaient, contrôlaient déjà tous les accès. À noter en plus l’hélicoptère (pas encore là à ce moment), les 2 tanks à eau...

Je suis revenu vers 13h45, j’ai pu rentrer sur la place et me poser vers la rue Emile Zola sur un banc comme la plupart des lycéens. Quelques passants... Et même une « baqueuse » avec brassard rouge, casque, bouclier qui traversait en solo d’un bout à l’autre à grands pas... À côté de moi, un groupe d’adolescents. J’entends l’un d’eux dire : « J’ai envie de pisser ! J’en peux plus... ! » Un autre lui répondre ; « T’as essayé là-bas quai de Saône ? » Je regarde plus attentivement et je vois en effet que chaque ado était refoulé par les CRS. Soleil, un gros pétard qu’explose tranquillement...calme plat.

Puis vers 14h00, retenti un mégaphone et clameur... Comme beaucoup d’autres, je me lève et pars en direction de la place Antonin Poncet. Arrivé à l’angle, attroupement de jeunes, qui comme moi viennent voir ce qui se passe. Je vois des drapeaux : « Libérez nos camarades ! Libérez nos camarades ! » Je passe le contrôle...je sens un regard casqué se retourner vers moi et... rien.. Jean, blouson, cheveux grisonnant, je passe.. La tension monte.. CRS et Bac+ camionnettes constituent une ceinture empêchant l’intersyndicale et d’autres venus, côté place Antonin Poncet de soutenir et manifester avec les lycéens, côté Bellecour... Les points se lèvent, des cris couvrent le bourdonnement de l’hélicoptère qui tourne au-dessus de nos têtes inlassablement... Autour de moi, la tension monte, en moi aussi... Situation bloquée.

Cette situation est restée bloquée ainsi pendant plus d’un quart d’heure sans aucune hostilité. Du coup, j’ai pris le temps de regarder de plus prêt les CRS, leur équipement, mais aussi leur regard. J’ai vu des Cyborgs… Aucune discussion possible. Le rapport de force (protection, équipements armés) est tellement disproportionné que je me suis senti agressé, menacé.. Puis, la tension monte encore, encore et ce blocage de cette situation absurde, amène quelques jets de pierre. Moi physiquement, je ne savais pas quoi faire et j’imaginais qu’une percée pouvait changer le cours des choses et je la ressentais physiquement. Nous étions nombreux, bien plus nombreux qu’eux. Et par surprise, nous aurions réussi. Mais je me voyais mal crier ; " Allez, on fonce dedans... ! Non. Je reste debout. Des pierres volent, j’attends et la première salve de lacrymo tombe. Des représentants syndicaux avec des drapeaux semblent parlementer. ça siffle, ça hue.. Mégaphone : « faut rejoindre le cortège intersyndical derrière sur quai gouaille t-on... Vers où ? Laisser les lycéens enfermer ? Partir sans eux ? Et aller où ? (Place Guichard). Un p’tit tour et puis s’en vont. Non. Pas envie. La situation était là. Les drapeaux flottent, côté Bellecour, fumée blanche, les lycéens disparaissent.. Ah oui, j’ai pas bien compris mais y’a le drapeau Peace qui arrive comme un trophée sous les acclamations… Il se place en tête et là, j’ai même cru naïvement qu’on allait enfin rentrer sur la place drapeau Peace en figure de proue. Bon j’abrège.

Tension, tension, pétards, roue de vélo, hélicoptère, ballets des cyborgs, 2ème salve bien fournie de lacrymo et là on recule tous jusqu’au quai et pousser jusqu’au début de la rue de la Barre. Pas mal de drapeaux partent en direction de Guichard, regroupement, à nouveau face à face police. Il devait être vers 16h. De loin, Bellecour semblait désertique. Je ne sais pas ce qui s’est passé exactement. J’ai entendu dire qu’il y avait eu gazage, matraquage, tankage à eau... Sur qui ?, Pourquoi ? Il y a un filtrage. Comment s’est-il opéré ?

Vers 17h00, je bouge de check point, celui de la ré, je vois quelques lycéens errer dans le vide, ensuite rue Émile Zola, là je vois un CRS plaisanter, s’amuser à menotter une demoiselle nanti en faisant mine de la trainer sur la place et faire reculons parce qu’il y avait un gradé. Je fais l’tour jusqu’au pont Bonaparte et là je vois plus d’une cinquantaine de lycéens les uns derrière les autres. Ils sont fouillés, contrôlés. Je demande à l’un d’entre eux qui vient de sortir s’ils sont photographiés. Il me dit que lui non, mais d’autres oui : « J’ai posé des questions dit-il : » Qui photographiez-vous, sur quels critères ? On lui répond : « Eux par exemple, en survêtement... ! »

Il commence à faire nuit. Rue Antoine St Exupéry, un car avec des dizaines de lycéens prêt à partir... Un drapeau rouge avec le visage de Che Guevara : « Révolution- Solution ». Je quitte Bellecour. Si mon enfant s’était retrouvé enfermé sur cette place... J’aurais été capable d’une agressivité difficilement contrôlable. Mêmes les pierres n’auraient pas suffi, encore moins les voitures retournées... Ce qui est cassé par certains est la marque d’une grande force, d’un grand courage. . Consciemment ou inconsciemment, ces gestes arrachent des marchandises aliénantes dans un décor de rues murées de vitrines, va et vient incessant de voitures stressées, bruit, air irrespirable. Marchandises parmi les marchandises, où êtes-vous parents ? Où êtes-vous vivants ?

[Mot à la modération ; J’ai sorti tout ce qu’y s’est extirpé de ma tête. Jetez ou publiez. Si trop long, faites ce que bon vous semblera, mais ne coupez pas précipitamment.]

46 compléments d'info

Les photos notées d’Ando sont signées @fightwithdogma et @biloud43, et sont tirées d’un album « Bellecour, la souricière, 21 octobre » dispo sur Flickr.

Source : Rebellyon

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07 octobre 2010

CGT : ALPES-PROVENCE - LE 12 OCTOBRE 2010

UNE NOUVELLE ÉTAPE

POUR GAGNER !

usrlogo13Samedi dernier, c’était comme une grande fête dans les rues et sur le Vieux Port à Marseille. Salariés, retraités ou autres citoyens, jeunes des entreprises et ceux des lycées et des universités ou plus âgés, issus du public ou du privé, de grandes ou de petites entreprises, en famille ou entre collègues, nous étions encore une fois plus de 220 000. C’est un nouveau succès de la mobilisation du mouvement social. Près de 3 millions de manifestants dans tout le pays sont descendus dans la rue pour crier leur opposition au projet de réforme des retraites.

Des milliers de salariés ont participé à leur première manifestation. Cette nouvelle mobilisation grandissante ne peut rester sans réponse. Le gouvernement doit maintenant prendre la mesure de la colère des salariés et citoyens de ce pays.

Les retraités CGT appellent les sénateurs à mesurer l’enjeu social et démocratique du mouvement : il ne peut pas y avoir d’abîme entre la volonté profonde des citoyens de ce pays et la représentation nationale. Le mépris ne peut pas être une nouvelle fois la réponse aux millions de manifestants.

Le gouvernement doit négocier dans les plus brefs délais. La CGT y défendra des propositions permettant de garantir notre système de retraite par répartition, pour le maintien du droit au départ à 60 ans, avec un niveau de pension permettant de vivre dignement, la reconnaissance de la pénibilité.

Les retraités CGT appellent à faire du mardi 12 octobre
un moment déterminant pour la suite de la mobilisation.

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LES MENSONGES, CA SUFFIT !

La première des vérités c’est que les retraités n’en peuvent plus. Les difficultés et la misère font des ravages dans les familles. Tandis que le gouvernement annonce un budget d’austérité dont les retraités parmi d’autres feront les frais, alors que premier ministre et président opposent un non aux trois millions de manifestants qui se sont mobilisés le 2 Octobre dans tout  le pays, les retraités avec la CGT répondent  par un nouvel appel à la mobilisation le mardi 12 octobre pour une "nouvelle journée massive de grèves et de manifestations pendant le débat au Sénat."

La sécu n’est pas malade

Pour combler le déficit de la sécu, le gouvernement a trouvé que le mieux, c'était encore de nous faire ENCORE payer...

• Dorénavant, sur une consultation médicale, nous versons 1 euro.
• Nous sommes restreints lors de nos arrêts maladie...
• Nous devons consulter un généraliste avant de voir un spécialiste ...
• Pour tout traitement de plus de 91 euros, nous en sommes de 18 euros de notre poche.
• Taxe de 0,50c sur les boites.
• Et tous les déremboursements de médicaments.
Toutes ces mesures sont destinées à combler le fameux trou qui est à ce jour de 11 milliards.

Or, savez-vous que :
1) Une partie des taxes sur le tabac destinée à la Sécu, n'est pas reversée : 7,8 milliards.
2) Une partie des taxes sur l'alcool, destinée à la Sécu, n'est pas reversée : 3,5 milliards.
3) Une partie des primes d'assurances automobiles destinée à la Sécu, n'est pas reversée : 1,6 milliard.
4) La taxe sur les industries polluantes destinée à la Sécu, n'est pas reversée : 1,2 milliard.
5) La part de TVA destinée à la Sécu n'est pas reversée : 2 milliards.
6) Retard de paiement à la Sécu pour les contrats aidés : 2,1 milliards.
7) Retard de paiement par les entreprises : 1,9 milliards. Et l’on ne chiffre pas les cadeaux et les dettes. (30 milliards annuels).

En faisant une simple addition, on arrive au chiffre MINIMUM de 20milliards d'euros. Conclusion : si nos gouvernants étaient honnêtes, si chacune des institutions reversait ce qu'elle doit chaque année, les prétendus 11milliards de trou seraient aujourd'hui.

9 milliards d'excédent !!!!
(Données tirées de l’émission de France – Bleue et révélées par un cadre proche  du Directeur Général de l’Institut National du Développement Local, Avenue Michel Serres BP 32 47901, AGEN Cedex 9.)

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CGT : VIVRE DIGNEMENT MA RETRAITE: 60 ANS À TAUX PLEIN, J'Y TIENS !

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Tous ensemble pour nos retraites
mardi 12 octobre 2010
grande journée de grèves et de manifestations
Discutons et décidons ensemble des suites !

L’opinion publique a clairement manifesté, à plusieurs reprises, son rejet massif du projet gouvernemental des retraites. Les journées de manifestations et de grèves des 7 et 23 septembre, du 2 octobre en ont fait la démonstration exemplaire. Tous les sondages pointent que plus de 70 % des salariés sont opposés au report de l’âge légal de départ en retraite à 62 ans.

Plutôt que d’en tenir compte, le gouvernement campe sur une position hautaine de refus du dialogue, répétant à tout va que « les manifestants se trompent », que les salariés « n’auraient pas compris » et qu’il s’agit de « faire de la pédagogie ». S’il concède du bout des lèvres que le projet peut-être « amélioré » à la marge, la seule pédagogie dont il use et abuse, c’est celle du mensonge.

Face à cette attitude aussi méprisante qu’irresponsable
la CGT s’adresse aux salarié(e)s

Votre intervention dans la mobilisation collective des prochains jours va être déterminante. Lors des mobilisations des mois de septembre et le formidable rassemblement du samedi 2 octobre, vous avez été plus de 3 millions à participer aux manifestations, pour certains d’entre vous, pour la première fois.

La mobilisation s’est élargie à un grand nombre d’entreprises et de localités. Le conflit rentre dans une nouvelle phase dans la mesure où le gouvernement veut clore le sujet dans les tous prochains jours par un vote au Sénat qui pourrait intervenir le 15 octobre.

Aujourd’hui, il est indispensable d’accélérer le rythme et l’intensité des mobilisations unitaires.

C’est pourquoi la CGT vous appelle à faire du mardi 12 octobre une grande journée de grèves et de manifestations interprofessionnelles unitaires dans tout le pays, à préparer sur chaque lieu de travail.

Avec vous, gagner une réforme juste et efficace, c’est possible.

La CGT vous propose de discuter partout du principe d’arrêts de travail

Il est donc nécessaire que se généralisent dès le mardi 12 octobre des assemblées générales et des consultations de salariés dans les entreprises. à nous, à vous de définir ensemble les revendications, le rythme, les formes et les modalités de la reconduction de l’action.

Parallèlement, elle prend des dispositions pour installer dans les localités des points de rencontres publics permettant d’assurer la permanence de la mobilisation contre le projet de loi actuel sur les retraites.

Là aussi, nous avons besoin de votre engagement.

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Retraites : slogans et mensonges du gouvernement

Quelques rappels

« On vit plus longtemps, il est donc normal de travailler plus longtemps »

Avant de travailler plus longtemps, il faudrait déjà pouvoir travailler tous et vivre pleinement sa vie, ses choix, au travail et à la retraite. L’affirmation gouvernementale repose sur l’augmentation de l’espérance de vie à la naissance, mais ce n’est pas le bon indicateur. Ce qui est primordial en matière de retraite, c’est l’espérance de vie en bonne santé, or celle-ci est par exemple de quatorze ans pour les ouvriers de 50 ans, soit 64 ans. Autrement dit, l’effet direct de la réforme serait d’amputer de moitié la durée de retraite en bonne santé des ouvriers...

« La loi reconnaît la pénibilité du travail »

Le gouvernement ne prévoit qu’une prise en compte des salariés qui se verraient reconnaître une invalidité à hauteur de 20 % avant l’âge de départ en retraite. Il refuse ainsi aux salariés concernés qui ont une espérance de vie de sept ans inférieure aux autres le droit à une retraite en pleine santé.

« Cette réforme garantie les retraites pour les dix ans à venir »

Malgré les sacrifices demandés aux salariés, la réforme ne répond pas aux besoins de financement des régimes. Le gouvernement transfère les déficits à une caisse d’amortissement à long terme (CADES), pompe les ressources du fonds de réserve des retraites et de l’assurance-chômage.

« Cette réforme assure la justice sociale »

Dans le scénario imaginé par l’Elysée, la majeure partie de l’effort pour assurer l’équilibre des régimes serait à la charge des salariés (85 % en 2020 contre 15 % pour les entreprises et les hauts revenus). Le recul de l’âge de départ à la retraite priverait un million de jeunes d’embauche et elle pénaliserait massivement les femmes dont la vie professionnelle est marquée par les inégalités, la précarité.

« Le gouvernement a beaucoup débattu avec les partenaires sociaux »

Le gouvernement a refusé de mettre ensemble autour d’une table les organisations syndicales, tant de salariés que patronales ; il n’y a eu que très peu de rencontres avec les organisations syndicales de salariés et lors de ces discussions, toutes les propositions amenées par la CGT ont été balayées d’un revers de main.

« Aucune autre solution n’est possible »

La CGT l’a démontré : une autre politique de l’emploi, et des mesures concernant le mode de financement seraient de nature à garantir et améliorer les droits à retraites pour l’ensemble des générations. Cela paraît d’autant plus accessible que les économistes prévoient un doublement de la productivité du travail d’ici 2050, ce que le gouvernement feint d’ignorer.

« La réforme améliorera le sort des femmes »

La loi sur l’égalité salariale hommes/femmes de 2006 prévoyait de supprimer avant le 31 décembre 2010 les écarts de salaires entre les femmes et les hommes par le biais de négociations notamment au niveau des entreprises. Mais le texte gouvernemental supprime l’échéance du 31 décembre 2010... Les mesures contenues dans le texte sont inspirées de celles en vigueur pour les seniors à l’entreprise, dont on connaît la piètre efficacité. Les femmes demeureront massivement pénalisées par la réforme.

Nous connaissons un mouvement social unitaire inédit. L’ensemble des organisations syndicales est engagé depuis plusieurs mois dans cette bataille. Elles sont unies pour dire que ce projet est brutal, injuste et inacceptable. Comme vous, elles sont déterminées à obtenir un véritable débat et la prise en compte d’alternatives permettant de garantir l’avenir de notre système de retraite par répartition.

La CGT vous propose de discuter partout du principe d’arrêts de travail.

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Confédération Générale des Travailleurs

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21 septembre 2010

FRANCE : LES RROMS ET L'HYPOCRISIE DE L'OCCIDENT

Supposons que Sarkozy perde soudain la tête, comme il semble que c’est en train d’arriver… Que ferait en l’occurrence le Conseil de sécurité des Nations Unies de Sarkozy et de son attaché-case ?

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Auteur : Fidel Castro

Bien qu’il ait publié avant et après des articles sur cette question, le journal mexicain La Jornada lui en a consacré un très impressionnant, le 1er septembre 2010, intitulé : « L’holocauste des Roms : hier et aujourd’hui », qui rappelle une histoire vraiment dramatique. Je vais en citer des extraits textuels qui reflètent des faits absolument bouleversants dont l’Occident et surtout son colossal appareil médiatique ne disent mot.

1496 : essor de la pensée humaniste. Les peuples Roms d’Allemagne sont déclarés traîtres aux pays chrétiens, espions à la solde des Turcs, porteurs de la peste, sorciers, bandits et voleurs d’enfants.

1710 : siècle des Lumières et de la Raison. Un édit envoie à la potence, sans autre forme de procès, tous les Roms adultes de Prague. Les jeunes et les femmes sont mutilés. En Bohème, on leur coupe l’oreille gauche. En Moravie, l’oreille droite.

1899 : apogée de la modernité et du progrès. La police de Bavière crée une section spéciale des questions Roms. En 1929, cette section devient un Centre national qui est transféré à Munich puis, en 1937, à Berlin. Quatre ans après, un demi-million de Roms meurent dans les camps de concentration d’Europe centrale et de l’Est.

Eva Justin, assistante du docteur Robert Ritter, de la Section d’investigations raciales du ministère allemand de la Santé, affirme que le sang Roms est extrêmement dangereux pour la pureté de la race allemande. Et un certain docteur Portschy adresse un mémorandum à Hitler pour lui suggérer de condamner les Roms aux travaux forcés et de les stériliser en masse car ils mettent en danger la pureté du sang du paysannat allemand.

Taxés de criminels invétérés, les Roms commencent à être arrêtés en masse ; dès 1938, ils sont incarcérés dans des blocs spéciaux des camps de Buchenwald, de Mauthausen, de Gusen, de Dautmergen, de Natzweiler et de Flossenburg.

Dans un camp de Ravensbruck lui appartenant, Heinrich Himmler, le chef de la Gestapo (SS), crée un espace pour sacrifier les femmes Roms soumises à des expérimentations médicales. Cent vingt fillettes Roms sont stérilisées. Des femmes Roms mariées à des non-Roms sont stérilisées à l’hôpital de Dusseldorf-Lierenfeld.

Des milliers d’autres Roms sont déportés de Belgique, de Hollande et de France vers le camp polonais d’Auschwitz. Dans ses Mémoires, Rudolf Hess (le commandant du camp) raconte que des quasi-centenaires, des femmes enceintes et un grand nombre d’enfants faisaient partie de ces déportés.

Aucun des cinq mille Roms du ghetto de Lodz (Pologne) […] ne survécut.

En Yougoslavie, Roms et juifs étaient exécutés pareillement dans le bois de Jajnice. Les paysans se rappellent encore les cris des petits Roms conduits sur les lieux d’exécution.

Dans les camps d’extermination, seul l’amour des Roms pour la musique leur servit parfois de consolation. À Auschwitz, affamés et pouilleux, ils se réunissaient pour jouer et encourageaient les enfants à danser. Mais le courage des guérilleros Roms de la résistance polonaise dans la région de Nieswiez resta légendaire.

La musique fut un facteur qui maintint leur unité et les aida à survivre, tout comme la religion le fut chez les chrétiens, les juifs et les musulmans.

Dans une série d’articles parus dès fin août, La Jornada a rappelé des événements presque oubliés sur le sort des Roms en Europe qui, bien que victimes du nazisme, ne furent pas pris en considération après le procès de Nuremberg en 1945-1946.

Le gouvernement du chancelier Konrad Adenauer déclara que l’extermination des Roms avant 1943 avait obéi à des politiques d’État légales, si bien que les victimes d’avant cette date ne reçurent aucune indemnisation. Robert Ritter, l’expert nazi en extermination des Roms, fut libéré. Ce n’est qu’en 1982, soit trente-neuf ans après, qu’il fut reconnu que les victimes avaient droit à des indemnisations, mais la majorité était déjà morte.

Plus des trois quarts des Roms, calculés entre 12 et 14 millions, vivent en Europe centrale et de l’Est. La Yougoslavie socialiste de Tito fut la seule à reconnaître aux Roms les mêmes droits qu’aux minorités croates, albanaises et macédoniennes.

Le journal mexicain qualifie de « particulièrement perverse » la déportation massive de Roms vers la Roumanie et la Bulgarie ordonnée par le gouvernement de Sarkozy, un juif d’origine hongroise. Qu’on ne prenne pas ça pour de l’irrespect de ma part : ce sont les termes mêmes du journal.

On calcule que deux millions de Roms vivent en Roumanie, pays allié des USA et membre illustre de l’OTAN, dont le président, Traian Basescu, a qualifié une journaliste de « sale Tsigane ». Quelqu’un de très délicat et d’une politesse exquise, on le constate…

Le site web Univisión.com a commenté les manifestations organisées contre l’expulsion de Roms et contre la « xénophobie » en France. Selon l’agence de presse AFP, environ « cent trente manifestations devaient se dérouler en France et devant les ambassades françaises de plusieurs pays de l’Union européenne, avec le soutien de dizaines d’organisations des droits humains, de syndicats et de partis de gauche et d’écologistes ». La longue dépêche évoque la participation de personnalités connues de la culture, comme Jane Birkin et la cinéaste Agnès Jaoui, et rappelle que la première a fait partie, aux côtés de l’ancien résistant à l’occupation nazie de France (1940-1944), Stephane Hessel, du groupe qui eut ensuite des entretiens avec des conseillers d’Eric Besson, le ministre de l’Immigration.

« "Ça a été un dialogue de sourds, mais il est bon qu’il ait eu lieu pour leur montrer qu’une bonne partie de la population se dresse contre cette politique nauséabonde", a déclaré le porte-parole du réseau Education sans frontières… »

D’autres nouvelles abordent ce point épineux. Selon l’article de Ricardo Martinez de Rituerto, sur elpais.com, « le Parlement européen a cloué hier au pilori la France et Nicolas Sarkozy pour leur rapatriement de milliers de Roms roumains et bulgares, à la suite de débats tendus au cours desquels l’attitude de José Manuel Durão Barroso et de la Commission a été qualifiée de scandaleuse et de ridicule, compte tenu de leur apparente pusillanimité à condamner les décisions de Paris comme illégales et contraires au droit communautaire ».

La Jornada a fourni dans un autre article une donnée sociale impressionnante : la mortalité néonatale des Roms est neuf fois plus élevée que la moyenne européenne, et leur espérance de vie dépasse à peine cinquante ans.

            Le journal mexicain avait informé le 29 août :

Bien que les critiques n’aient pas manqué, aussi bien de la part des institutions de l’Union européenne que de l’Église catholique, de l’ONU et d’une vaste gamme d’organisations travaillant auprès des émigrés, Sarkozy insiste pour expulser et déporter des centaines de citoyens bulgares et roumains, des citoyens européens, donc, au motif de leur nature prétendument "criminelle".

On a du mal à croire qu’en 2010, après le terrible passé de l’Europe en matière de racisme et d’intolérance, qu’une ethnie entière puisse encore être ainsi criminalisée et signalée en bloc comme un problème social.

L’indifférence, voire la complaisance face aux actions aujourd’hui de la police française, hier de la police italienne, et en général européenne, laissent pantois les observateurs les plus optimistes.

Soudain, tandis que j’écrivais ces Réflexions, je me suis rappelé que la France était la troisième puissance nucléaire de la planète et que Sarkozy possédait lui aussi un attaché-case qui contient les codes autorisant le lancement de l’une des plus de trois cents bombes que possède ce pays. De quel droit moral peut-on dès lors lancer une attaque contre l’Iran, que l’on condamne pour sa prétendue intention de fabriquer une bombe atomique ? Où sont la sagesse et la logique de cette politique ?

             Supposons que Sarkozy perde soudain la tête, comme il semble que c’est en train d’arriver… Que ferait en l’occurrence le Conseil de sécurité des Nations Unies de Sarkozy et de son attaché-case ?

            Que se passerait-il si l’extrême droite française décidait d’obliger Sarkozy à suivre une politique raciste en contradiction avec les normes de l’Union européenne ?

Le Conseil de sécurité pourrait-il répondre à ces deux questions ?

L’absence de vérité et la primauté du mensonge sont la pire tragédie à notre périlleuse ère nucléaire.

Traduction ESTI

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Source : Granma- "L'hypocrisie de l'Occident"
Réflexion publiée le 13 septembre 2010

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06 août 2010

FRANCE : CRHA : " NICOLAS SARKOZY S'ATTAQUE AUX FONDEMENTS MÊME DE LA RÉPUBLIQUE "

Communiqué de « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui »
du 4 août 2010

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Auteur : CRHA

Comme Stéphane Hessel, l’un de nos parrains, comme beaucoup de citoyens fidèles à l’esprit républicain et aux idéaux de la Résistance, notre association « Citoyens Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » (CRHA) dénonce les annonces graves du président de la République et les projets de lois envisagés contre les immigrés, leurs enfants, les gens du voyage, les Roms…

Avec un tel discours discriminatoire, en stigmatisant ainsi les gens du voyage, les citoyens européens que sont les Roms, en voulant rendre responsables de l’insécurité les étrangers installés en France, Nicolas SARKOZY s’attaque aux fondements mêmes de la République.

Si de telles lois scélérates sont votées, osera-t-on encore parler de liberté, d’égalité et de fraternité ?

Seul le Front National, depuis la fin de la Seconde guerre mondiale, a proposé comme mesure systématique, la déchéance de la nationalité, et il faut remonter au régime de Vichy pour trouver une application d’une telle mesure, quand PETAIN a déchu les juifs étrangers de la nationalité française.

Comment peut-on envisager de condamner des parents de jeunes mineurs récidivistes, donc des personnes qui n’ont commis aucun délit ?

Ces projets de lois sont contraires à la constitution de la 5ème République de 1958, en particulier de son article 1 :

« La France est une République indivisible, laïque, démocratique et sociale. Elle assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. »

Tout citoyen doit être sanctionné pour le délit ou le crime qu’il a commis et non pas en raison de ses origines.

Le président de la République ne cherche pas à s’attaquer aux causes de la délinquance, il agite l’épouvantail de la sécurité à des fins électoralistes en voulant rendre l’étranger responsable de tous nos malheurs, en tentant de faire oublier sa politique qui attaque systématiquement le socle des conquêtes sociales issues de la Résistance et de la Libération.

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Monument national de la Résistance du Maquis des Glières (74)

Le 4 mai 2008, au Plateau des Glières, Stéphane HESSEL, nous rappelait que l’esprit de résistance vient de notre capacité à nous indigner… et aujourd’hui, nous avons de quoi nous indigner, alors résistons contre ces dérives fascisantes.

Nous devons nous mobiliser très fortement contre cette xénophobie d’Etat. C’est une sérieuse remise en cause de nos valeurs républicaines.

Le 16 mai 2010, toujours au Plateau des Glières, le magistrat Serge PORTELLI, vice président de la Cour de Paris, évoquait le glissement de la démocratie vers un état autoritaire.

« Nous ne sommes plus vraiment en démocratie, disait-il, nous ne sommes pas encore dans un état autoritaire, nous sommes dans un état limite ».

Avec ces projets de lois annoncés, nous dépasserions cette limite…

Alors, résistons, soyons vigilants, participons activement aux mobilisations qui se préparent pour début septembre.

EXIGEONS LE REJET DE CES LOIS INDIGNES, CONTRAIRES AUX VALEURS REPUBLICAINES ET AUX DROITS DE L’HOMME.

CRHA
Association « Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui »

***

Discours du magistrat Serge PORTELLI, vice président de la Cour de Paris,
au Plateau de Glières le 16 mai 2010


Serge Portelli Paroles de Résistance / Glières 2010

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03 août 2010

FRANCE : L'AFFICHE QUI DÉRANGE SARKOZY

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Il y a quelques jours vers 22h00, trois militants du Mouvement Jeunes Communistes de France, âgés de 15 à 18 ans, ont été arrêtés alors qu’ils collaient des affiches et placés en garde-à-vue. La police leur reproche le caractère des affiches qu’elle estime attentatoire à la dignité de Nicolas Sarkozy, Président de la République.

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Avec la Fédération de la JC de l’Isère, tous les démocrates doivent dénoncer cet acte qui restaure le délit d’opinion, manifester leur soutien à Justin, Romain et Gaston. Finalement, nos 3 camarades venaient d’être libérés vers 8h00 du matin mais sont convoqués dans les prochains jours.

Cet événement se produit alors même que Nicolas Sarkozy est venu le 30 juillet en personne à Grenoble introniser son nouveau préfet de l’Isère après avoir démis le précédent du jour au lendemain. Il devait justement venir à 11h00 à l’Hôtel de police. Les récentes violences dans le quartier de la Villeneuve, dont l’intervention massive et brutale des forces de l’ordre, donnent l’occasion pour le pouvoir de surenchérir et fanfaronner sur le thème de la sécurité.

A nouveau, le Président cherche à détourner l’attention de sa politique, à attiser les haines, à désigner des boucs émissaires, et faire ses choux gras des faits divers.

Pendant ce temps, il continue à saccager les services publics qui assurent la cohésion sociale et le développement économique des quartiers comme du pays. Il frappe notamment la police dans ses moyens et dans ses missions : 120 suppressions d’emplois rien que dans l’Isère. Il démolit la protection sociale. Il sape le financement du logement social et encourage la spéculation et la ségrégation urbaine. Etc.

Les jeunes militants communistes dénoncent ces choix politiques dans leurs actions, avec leurs tracts, leurs affiches.

C’est cela qui dérange le pouvoir qui a dû donner la consigne de ne rien laisser passer la veille de la visite du Président.

MJCF

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26 juillet 2010

FRANCE-PALESTINE : L'INTERDICTION D'AL-AQSA-TV PAR LA FRANCE : DU TERRORISME CONTRE L'INFORMATION

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement français se soumet aux diktats et aux pressions israéliennes

Abdelbari_Atwan
Auteur : Abdelbari Atwan عبد الباري عطوان

La décision prise par le gouvernement français d’interdire la transmission des émissions télévisées de la chaîne Al-Aqsa via le satellite Eutelstat trahit l’influence d’Israël et de ses partisans actifs dans les gouvernements occidentaux. La France, en particulier, relaie une des causes de la haine croissante dans les pays arabes et musulmans contre ces gouvernements mettant en évidence l’hypocrisie de sa liberté d’expression, de ses droits humains et de son Etat de droit, dont elle se vante en permanence. Illégale et immorale, cette décision représente la victoire des puissants contre les opprimés.

Les prétextes invoqués par le gouvernement français pour justifier sa décision ne sont pas convaincants : ils manquent grandement de cohérence avec les valeurs de liberté. Le gouvernement français devrait agir prudemment, s’engager dans le dialogue, écouter le point de vue des autres et chercher à comprendre le contexte, mais force est de constater qu'il n'en est rien.

TV_Al_AqsaCertes, la chaîne satellite Al-Aqsa n’est pas la BBC ni CNN, mais elle n’a rien à envier non plus à Fox News. Elle s’exprime au nom d’un gouvernement élu démocratiquement et représente un mouvement de résistance qui lutte avec tous les moyens dont il dispose pour restaurer ses droits. La France accueille sur son sol des mouvements qui luttent contre les autorités légitimes du Darfour, tout comme elle avait hébergé précédemment les mouvements de résistance iraniens et l’Ayatollah Khomeiny lui-même.

Que se serait-il passé, à l’époque de l’occupation nazie, si la Résistance n’avait pas pu recourir aux émissions radio pour appeler à la résistance et à la lutte contre l’occupant afin de renverser le gouvernement de Vichy ?

L'interdiction injuste a été prise sous prétexte que la chaîne avait transmis une série de dessins animés montrant Mickey Mouse appeler à la résistance et inciter à combattre l’occupation. Quel mal y a-t-il à cela ? Et la France, que voudrait-elle ? Que les émissions diffusées depuis la bande de Gaza – assiégée et affamée depuis quatre ans, privée de ressources et dans l’impossibilité d’importer 4000 produits nécessaires, comme la coriandre ou les médicaments de base – pour appeler à résister contre l’occupant des terres palestiniennes qui bafoue les droits humains aient la forme de séries glamour ?

On attendrait du gouvernement français qu’il promulgue un décret interdisant plutôt aux radios et télévisions israéliennes d’émettre via ce satellite, car ces médias représentent l'Etat responsable des crimes de guerre commis dans la Bande de Gaza au cours de la dernière agression et du viol du droit international par l’abordage d'un navire transportant des militants pacifistes venus livrer des fauteuils roulants destinés aux personnes mutilées par les missiles et les bombes au phosphore blanc, ainsi que des matériaux pour reconstruire les 65 000 maisons détruites.

Le gouvernement français qui a pris cette décision fait semblant d’ignorer l’assassinat par le Mossad de Mahmoud al-Mabhouh à Dubaï, alors que le dirigeant du Hamas était détenteur d'un passeport français, un acte commis en violation des fondements de la souveraineté française et mettant de fait en danger la vie de ses propres citoyens.

N’aurait-il pas été plus juste de s’en prendre à un Etat qui a enfreint les lois françaises, le droit et les traités internationaux, qui a poignardé dans le dos un pays ami comme la France et trahi sa confiance, plutôt que de bâillonner une chaîne de télévision qui représente les aspirations d’un peuple assiégé aspirant à la liberté et à l’indépendance ? Cette question, nous la posons au président Nicolas Sarkozy, dont la famille a souffert du nazisme et des massacres perpétrés.

D’après l’Occident et la France, les gazaouis devraient tolérer d’être bombardés par des missiles israéliens qui déchiquettent le corps de leurs enfants affamés, et danser sur les décombres de leur maison détruite en poussant des cris de joie. Pourquoi veut-on étouffer les hurlements de douleur et d’injustice ? Est-ce à cette conception de la justice et de la démocratie que l’Occident est attaché ?

Des chaînes de télévision comme Al-Aqsa ou Al-Manar comptent parmi les rares qui peuvent encore dénoncer la douleur d’un peuple. Elles sont « très pondérées », voire très polies, en comparaison des stations radio de la Résistance française qui combattaient l’occupation nazie, comme l'attestent les émissions conservées dans les archives françaises et britanniques ainsi que de nombreux documentaires.

A cause d'un nuage de cendres émis par un volcan islandais, l’Europe a été paralysée pendant une semaine, la majorité des aéroports ayant été fermés. Les télévisions européennes ont montré la tragédie vécue par les passagers bloqués et forcés de vivre dans des abris cinq étoiles, loin de leur famille et de leur pays. Mais ni elles, ni les gouvernements européens n'ont fait preuve de solidarité pour les 2 millions de personnes vivant dans la Bande de Gaza sans médicaments pour les malades, sans lait pour les enfants et sans espoir de pouvoir se rendre à l'étranger, notamment en raison des murs d’acier érigés à chaque point de passage.

Nous comprendrions mieux le jeu de la France si Al-Aqsa émettait dans la langue de Molière et qu'elle avait pour objectif d’influencer l’opinion publique française, de « contaminer » sa conscience pour tenter de réduire ou de saper son soutien à Israël. Mais le fait est que cette télévision diffuse en arabe et s’adresse à un public totalement convaincu et qui n'a pas besoin qu'on lui dise quoi penser des massacres israéliens. Il est donc stupide de la part du gouvernement français d'empêcher la diffusion des programmes.

Comble de l'ironie, sous prétexte de diffusion d’idées extrémistes (Miracle! La résistance est devenue de l’extrémisme !), l’interdiction intervient alors que le processus de paix vit ses derniers moments. En effet, Israël a refusé les décisions de la Commission du Quartet International, et ses alliés d'Occident continuent, dans une attitude de défi, à participer à l’implantation de colonies illégales, à la judaïsation de lieux saints, à la destruction de maisons de la Jérusalem occupée et à la construction de murs racistes.

En prenant parti de manière aussi flagrante pour la domination israélienne, la France non seulement perd beaucoup de la crédibilité acquise par De Gaulle, Mitterrand ou Chirac dans le monde arabe et islamique, mais elle ternit aussi son image et renforce même les groupes extrémistes en leur offrant des conditions opportunes pour le recrutement de nombreux jeunes qui refusent les voies légitimes et les critères juridiques et politiques.

Nous espérons que le gouvernement français lira attentivement les récentes déclarations du chef du Mossad, Meir Dagan, lequel affirme qu’Israël est devenu un fardeau moral et une menace pour la sécurité de l’Occident, ou celles du commandant des forces armées US en Afghanistan, le Général McChrystal, selon qui, la politique israélienne menace la vie de ses soldats en Afghanistan et en Irak. Mais il semble qu'Israël préfère perpétuer sans réfléchir ses politiques erronées et aveugles, sur cette question comme sur d'autres.

Injuste et malheureuse, cette décision à laquelle on ne peut pas grand-chose favorise aussi bien le terrorisme intellectuel que la suppression de la liberté. C’est une abdication humiliante face à la domination israélienne, qui s'accompagne de calamités de plus en plus grandes.

Ce n’est pas la première fois que le gouvernement français se soumet aux diktats et aux pressions israéliennes. Il y a quelques années, il a déjà exercé cette même répression intellectuelle sur le média libanais du Hezbollah, Al-Manar. Il a également trahi les valeurs de liberté et de justice en interdisant la publication et la distribution de quotidiens irakiens ou arabes opposés à la destruction de l’Irak en répression de l'invasion du Koweit en 1990, ce qu’aucun gouvernement européen n’avait fait, pas même la Grande Bretagne, pourtant bien plus engagée pour libérer le Koweit puisqu'elle collaborait activement avec les forces armées US.

Traduction : Esteban

ESPAÑOL, ITALIANO

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Merci à القدس العربي
Source:
http://81.144.208.20:9090/pdf/2010/06/06-16/All.pdf
Date de parution de l'article original: 17/06/2010
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=721

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09 juillet 2010

BETTENCOURT-SARKOZY-WOERTH : OÙ EST LE VRAI SCANDALE ?

Madame Bettencourt a-t-elle  "arrosé" Monsieur Sarkozy ?

Vous dirais-je que je m’en moque ? Étant donné ma foi débordante dans la démocratie représentative, ce n’est de toute façon pas mon problème. Pour celles et ceux - et ils en ont bien le droit - qui ne partageraient pas mon analyse (pourtant éclairée, puisque c’est la mienne), je rappellerai un petit fait :

Dans la "plus belle démocratie du monde", les USA, les campagnes sont financées par des lobbies. Tout le monde le sait. C’est seulement parce que la vieille Europe continentale, la France en tête, a encore une réticence envers le Mammon (ou le Veau d’or, ou le fric, si vous préférez) qu’on est si pudibond en la matière. (Les remontrances outragées des Grands-Bretons m’ont  toutefois fait bien rigoler. Le Royaume-Uni recèle la première place financière au monde, c’est la patrie des parieurs les plus invétérés et l’un des pays les plus inégalitaires d’Occident. Il me paraît en conséquence osé d’avancer que tous les politiciens dudit pays font preuve d’un désintéressement à faire pâlir Saint François d’Assise et sa suite de troubadours de Dame Pauvreté, propre à leur garantir une inattaquable intégrité. Mais j’ai mauvais esprit, je le sais.)

D’où ce corollaire : Une campagne électorale coûte très cher, et il faut bien que quelqu’un la finance.

Quiz : Qui a financé la campagne de Monsieur Sarkozy ? (Vous avez droit à plusieurs réponses) :

1 - La Fédération anarchiste.
2 - L’Amicale des chômeurs de la banlieue de Valenciennes.
3 - De généreux donateurs affiliés au MEDEF.

Mais comme il y a longtemps que les financements de campagne électorale se pratiquent, je suis sûr que leur dissimulation est très bien rodée et que l’on ne pourra rien prouver. D’autant moins qu’on s’y acharnera sans doute moins que sur l’affaire Grégory.

Non, moi, ce qui me scandalise, ce sont les assertions de Monsieur Kiejman.

Si j’en crois cet honorable ténor du barreau (de mes deux chaises, aurait dit le regretté Desproges, et sans doute de nombreuses chaises Boulle authentiques), Madame Bettencourt était dans l’usage de faire retirer 50 000 € 2 fois par mois pour sa dépense courante.

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N’allez pas croire que je mette en doute une seconde la parole du chanteur mondain ainsi que juridique. Je n’y songe même pas. J’ai juste le problème inverse : je suis sûre que c’est vrai.

Et c’est bien là à mes yeux le scandale.

Qu’on puisse dépenser tous les jours 770 € chez son coiffeur et 1000 plusieurs fois par mois chez son toubib, sans parler de frais de bouche de plusieurs milliers d’euros par semaine, quand les minima sociaux mensuels des pays riches n’atteignent pas 500 €, quand des ouvriers chinois triment dix heures et plus par jour pour gagner juste de quoi survivre, quand UN  MILLIARD d’êtres humains crève la faim, au sens propre - c’est pire que révoltant : inconcevable. Et je suppose qu’ils sont nombreux, ces très judéo-chrétiens, à ne pas avoir lu les imprécations de Luc l’évangéliste : "Malheur à vous, riches, car vous avez déjà touché votre récompense !" ni celles du prophète Amos : "Malheur à vous (...) l’élite de la première des nations !  (...) Car vous serez déportés en tête des déportés, (...) et finie la confrérie des avachis". Entre autres.

Non que j’attende le châtiment immanent des riches et encore moins leur jugement par un Dieu qui restera hypothétique. Mais je me demande : tenez-vous, tous, tellement à ce misérable "american way of life" et à sa cohorte de gadgets que vous ne puissiez enfin gripper la machine qui produit ces abominations ? Car ce ne sont  pas en soi les dépenses du vieux débris qui me choquent ; c’est qu’elles sont payées au prix de l’exploitation et de l’interminable agonie du grand nombre.

Je termine par ce bel éloge de Saramago - qui vient de nous quitter - prononcé par un membre du gouvernement espagnol, Madame Fernandez de la Vega: "Il a rêvé d’une terre libre, libre de l’oppression, de la misère et des persécutions. Il a rêvé d’un monde où les forts seraient plus justes et les justes plus forts."

Utopie, me direz-vous. Certes. Mais comme je le disais- il y aura douze ans à la rentrée - à de tièdes syndicalistes, une société sans utopie est une société sans avenir !

Auteure : Michèle Maliane

Posté par LE TACLE à 11:00 - - Commentaires [0] - Rétroliens [0]


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