LE TACLE

LA CONSCIENCE VAUT MILLE TÉMOINS

30 juin 2008

ÉQUATEUR : RAFAEL CORREA RÉAFFIRME LE GEL DES RELATIONS AVEC LA COLOMBIE

Correa_et_UribeLe Président équatorien a signalé que son pays n’est pas pressé pour renouer les relations et qu’il n’a pas besoin de laver son image devant l’Amérique Latine, contrairement à l’exécutif colombien qui, d’après lui, l’a salie devant le monde pour avoir rompu toutes les normes du Droit International et les principes de fraternité de l’Organisation des États d’Amérique (OEA).

Le Président de l’Équateur, Rafael Correa, a réaffirmé ce samedi, la suspension indéfinie des relations diplomatiques avec la Colombie, « Tant qu’il n’y aura pas un gouvernement décent avec lequel il pourra traiter ».

« Nous le réaffirmons, nous les suspendons [les relations] indéfiniment. Ici, il y a de la dignité et de la souveraineté, assez de plaisanteries du Gouvernement colombien, le rétablissement des relations avec un gouvernement qui manque de crédibilité et de sérieux ne nous intéresse pas », a assuré Correa lors de son émission du samedi « Dialogue avec le Président ».

Il a souligné sur un ton fâché que « nous ne renouerons pas de relations avec la Colombie tant qu’il n’y aura pas un gouvernement décent avec lequel on pourra traiter. Assez de plaisanteries envers notre pays ! Entendez avec qui vous traitez, président Uribe. Les dédains envers notre patrie s’arrêtent là, et les plaisanteries aussi ! ».

Correa a également signalé que la mission du Centre Carter des États-Unis , qui avait tenté de rapprocher les gouvernements de Quito et Bogotá, n’est pas parvenue à jouer son rôle à cause du manque de sérieux répété du Gouvernement colombien.

Le président a expliqué que pendant la réunion organisée avec des représentants du Centre Carter à Quito, venus au Palacio de Carondelet pour lui demander de renouer les relations avec Bogotá et d'aboutir à une entente, il leur a dit que la cause de la rupture des relations n’est pas l’Équateur mais la Colombie et sa violence intérieure.

« Quelle est notre faute dans ce qui est en train de se passer, Quelle est notre faute si vous vous tuez depuis 50 ans, quelle est notre faute que vous ayez du narcotrafic, du para militarisme, de la narco politique, de la guérilla, Que devons-nous comprendre ? J’attends toujours la réponse ! Je ne sais pas de quoi ils parlent, ni ce qu’il faut résoudre, puisque le problème est en Colombie », a indiqué le président équatorien.

Il a signalé que son pays n’est pas pressé pour renouer les relations et qu’il n’a pas besoin de laver son image devant l’Amérique Latine, contrairement à l’exécutif colombien qui, d’après lui, l’a salie devant le monde pour avoir rompu toutes les normes du Droit International et les principes de fraternité de l’Organisation des États d’Amérique (OEA).

« Ce n’est pas nous qui devons laver notre image devant l’Amérique Latine. C’est cela l’exaspération d’Uribe, le fait de laver son image après l’avoir tant salie devant le monde, en montrant un pays agresseur qui a rompu toutes les normes du droit, tous les principes de l’OEA » a-t-il fustigé.

La Colombie a « retardé » le renouement

Jeudi dernier, Correa avait annoncé le gel des relations tant que la Colombie ne changerait pas son administration, en réponse à l’annonce faite par Bogotá qu’il « retarderait » le renouement des relations diplomatiques dont la concrétisation était prévu ce mardi 30 juin avec la remise des créances des responsables Commerciaux respectifs.

Selon la déclaration du ministre des Relations Extérieures colombien, Fernando Araújo, le report a été décidé en signe de protestation pour les déclarations « inamicales » du président Rafael Correa, lesquelles « ferment l’espace pour pouvoir avancer » dans le processus du rétablissement des liens diplomatiques.

Le mercredi, le président équatorien a confirmé la position exprimée la veille par sa ministre, María Isabel Salvador, qui avait considéré le « manque de sérieux » de la diplomatie colombienne en annonçant qu’elle retarderait la suspension de la crise, un jour avant la date de l’accord pour l’échange des notes officielles.

Les deux pays avaient coupé les relations diplomatiques suite au bombardement colombien dans un campement de guérilléros sur le sol équatorien le 1 mars dernier, en tuant 20 personnes, parmi lesquelles se trouvaient un équatorien et le numéro deux des Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC), Raúl Reyes.

L’attaque, lancée par air et à terre, n’avait pas reçu l’autorisation de Quito, qui l’avait qualifié de violation à sa souveraineté. La Colombie le justifie toujours comme faisant partie de sa légitime « lutte contre le terrorisme », parrainée par les Etats-Unis à travers le Plan Colombie.


VTV/YVKE, Présidence équatorienne

Traduction: Esteban

VIDEO (espagnol)

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27 juin 2008

VENEZUELA, EQUATEUR ET BOLIVIE : TRAITS CARACTERISTIQUES DES EXPERIENCES EN COURS

correa_morale_chavezEn Amérique Latine, si l’on excepte Cuba, il y a en ce moment trois grandes catégories de gouvernements. En premier lieu, les gouvernements de droite, alliés de Washington, jouent un rôle actif dans la région et occupent une position stratégique : le gouvernement d’Alvaro Uribe en Colombie, Alan Garcia au Pérou et Felipe Calderon à Mexico. En deuxième lieu, les gouvernements prétendument « de gauche », qui poursuivent une politique néolibérale et soutiennent leurs bourgeoisies nationales ou régionales dans leurs projets : le Brésil, l’Uruguay, le Chili, le Nicaragua et aussi le gouvernement de Cristina Fernando Kirchner des péronistes argentins. Ce sont des gouvernements qui mènent une politique néolibérale favorable au grand capital teintée de quelques mesures d’assistance sociale. En effet, ils adoucissent un peu la pilule néolibérale en appliquant des programmes d’assistance. Par exemple, au Brésil, des familles pauvres reçoivent un peu d’aide du gouvernement, ce qui assure un appui populaire dans les régions les plus pauvres du pays.

Certains de ces gouvernements essaient d’améliorer leurs relations avec Washington, notamment en concluant des accords de libre échange avec les Etats-Unis. Le Chili en a signé un et Lula, au Brésil, cherche aussi un accord avec Washington autour d’une série de thèmes politiques. Mais en même temps, de fortes divergences d’opinion continuent à exister entre le gouvernement Lula et les Etats-Unis. Ces divergences concernent la défense des intérêts de la bourgeoisie brésilienne au niveau de l’agriculture et d’une série de secteurs industriels, en particulier les secteurs tournés vers les exportations qui n’acceptent pas le protectionnisme des Etats-Unis. Dans la troisième catégorie de pays se trouvent le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur. Ils doivent compter avec une opposition active d’importants secteurs de la classe capitaliste locale et de Washington. Cuba forme à lui tout seul une quatrième catégorie.

L’importance des mobilisations populaires…

Insistons sur la troisième catégorie de pays : le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur. Nous ne pouvons comprendre la politique de ces pays que si nous prenons en compte les très importantes mobilisations populaires qui jalonnent leur histoire récente. En Equateur, quatre présidents de droite ont été renvoyés à la maison entre 1997 et 2005 grâce à de grandes mobilisations de la population. En Bolivie, il y a eu une bataille importante contre la privatisation de l’eau en avril 2000 et à la fin de l’année 2004. Les mobilisations autour du gaz en octobre 2003 ont fait tomber et s’enfuir (vers les Etats-Unis) le président Gonzalo Sanchez de Lozada. Le Venezuela a connu dès 1989 d’importantes mobilisations qui inauguraient les grandes luttes sociales contre le Fonds monétaire international qui se sont développées à l’échelle planétaire dans les années 1990. Mais il y a encore eu plus spectaculaire avec les énormes mobilisations populaires du 12 avril 2002, manifestations spontanées de protestation contre le coup d’Etat pour renverser Hugo Chavez. Ces mobilisations ont eu directement pour effet le retour d’Hugo Chavez au palais présidentiel Miraflores le 13 avril 2002. Les grandes mobilisations populaires sont un facteur décisif dans l’existence et la survie des gouvernements au Venezuela, en Bolivie et en Equateur.

…et de l’adoption démocratique de constitutions nouvelles

Un deuxième point important est la révision de la Constitution. En 1999, durant le premier mandat de Hugo Chavez, une nouvelle Constitution démocratique a été adoptée par voie référendaire (elle avait été rédigée par une Assemblée constituante). Cette Constitution, toujours en vigueur aujourd’hui, a garanti davantage de droits culturels, économiques et sociaux à la majorité de la population. Elle a également instauré un mécanisme démocratique qui permet de révoquer à mi-mandat des élus à tous les niveaux (y compris le président de la République). L’adoption d’une nouvelle Constitution au Venezuela a inspiré ultérieurement les gouvernements de Bolivie et d’Equateur. La Bolivie a adopté une nouvelle Constitution en 2007 et, en Equateur, une Assemblée constituante élue en septembre 2007 est en train de rédiger un projet de nouvelle Constitution qui sera soumise à un référendum en septembre 2008. Ce sont effectivement des réformes profondes ! Ces changements politiques démocratiques en cours dans ces trois pays sont systématiquement passés sous silence dans la presse des pays les plus industrialisés et au-delà. Au contraire, une campagne de dénigrement est systématiquement orchestrée afin de présenter les chefs d’Etat de ces trois pays sous l’image repoussante de dirigeants populistes autoritaires.

Les expériences de ces trois pays andins, en terme d’adoption de nouvelles Constitutions, sont très riches. Elles devraient inspirer les peuples et les forces politiques des autres pays. Il suffit de comparer la situation en Europe avec l’absence de procédure démocratique en matière d’adoption du Traité constitutionnel. Bien sûr, les expériences en cours au Venezuela, de Bolivie et en Equateur sont aussi traversées par des contradictions et des limites importantes qu’il faut analyser. En Equateur, le processus de réforme en cours mobilise de larges couches de la population. Le président actuel, Rafael Correa, a été élu fin 2006 avec une grande majorité sans avoir un parti politique ou des parlementaires derrière lui. En dépit de la forte opposition de la droite et de tous les médias – en Equateur, il n’y a aucun canal public étatique de télévision et de radio –, Correa a gagné le referendum afin de convoquer une Assemblée constituante avec 82% des suffrages exprimés. Le mouvement politique que Correa a construit de manière improvisée dans le courant de 2007 a gagné plus de 70% des voix lors des élections à la Constituante. Si on y ajoute ses alliés, il bénéficie d’une majorité de plus de 80%. Il y a aujourd’hui en Equateur une Assemblée constituante à laquelle les mouvements sociaux sont invités de manière permanente, afin qu’on puisse mieux tenir compte de leurs propositions. De cette façon, la nouvelle Constitution pourrait être portée par une large majorité de la population. C’est donc un processus très ouvert et très intéressant. Nous connaîtrons le résultat final fin juillet quand le projet de nouvelle Constitution aura été adopté par l’Assemblée constituante afin d’être ensuite soumis aux électeurs fin septembre. Il est probable que le texte qui sera soumis aux suffrages sera critiquable sur plusieurs aspects (l’absence du concept de pluri-nationalité pour caractériser le pays –comme le demande les principales organisations indiennes-, l’absence du droit à l’avortement, l’absence d’interdiction des OGM).

En Bolivie, le processus de révision va de pair avec beaucoup plus de conflits. Le parti d’Evo Morales, le MAS, a bien gagné la majorité des parlementaires (55%), mais n’a pas la majorité des deux tiers. Cela complique la situation. Finalement, la nouvelle Constitution a été adoptée en décembre 2007 malgré les obstructions parfois violentes de la droite et des classes dominantes. Par la suite, la situation s’est polarisée à l’extrême à cause d’une mobilisation très agressive du camp réactionnaire. La droite est entrée en action avec une campagne raciste et la menace d’une séparation territoriale de la partie occidentale du pays où elle occupe une situation dominante. Cette agitation réactionnaire a réussi à empêcher jusqu’ici la tenue du referendum sur la nouvelle Constitution.

Retour au contrôle public sur les richesses naturelles

Un troisième point important : les gouvernements du Venezuela, de la Bolivie et de l’Equateur ont pris des mesures pour renforcer le secteur public et obtenir un contrôle des ressources naturelles. Au Venezuela, l’Etat a pris le contrôle de la grande compagnie pétrolière (PDVSA) qui, bien que publique, favorisait les intérêts privés et déclarait la plupart de ses revenus aux Etats-Unis. Cela ne s’est pas fait sans bataille et sans heurts. La classe capitaliste a organisé un coup d’Etat en avril 2002 suivi d’un lock-out qui a paralysé l’entreprise en décembre 2002-janvier 2003. Le Produit intérieur brut du Venezuela s’est effondré dans les premiers mois de 2003, mais finalement le gouvernement a repris la situation en main avec le soutien de la majorité du peuple. L’année dernière, l’Etat vénézuélien a aussi pu prendre en main le contrôle d’un important champ de pétrole, la falla del orinoco. Au Venezuela, les deux tiers du pétrole sont produits par l’Etat et un tiers par les grandes compagnies pétrolières. Mais aujourd’hui, le pétrole est exploité dans le cadre de nouveaux contrats négociés, où l’Etat décroche plus de revenus que précédemment. Il faut y ajouter d’autres nationalisations : la production et la distribution électrique, les télécoms (CANTV), la sidérurgie (SIDOR qui compte 15.000 travailleurs), le secteur du ciment, des entreprises de production alimentaire. Sans oublier la réforme agraire qui vise à donner la terre à ceux qui la travaillent. La Bolivie a nationalisé le pétrole et la production de gaz en 2006. Evo Morales a envoyé l’armée pour contrôler les champs pétroliers, mais les multinationales restent actives car ce sont elles qui extraient le pétrole et le gaz. L’Etat est bien propriétaire des richesses naturelles, mais ce sont les grandes multinationales qui exploitent le pétrole et le gaz. D’où l’importance stratégique des accords entre le Venezuela et la Bolivie qui permettront à la Bolivie de renforcer une compagnie pétrolière publique pour exploiter et raffiner elle-même le pétrole et le gaz. La Bolivie n’a pas de raffinerie, l’Equateur n’en a pas assez. La Bolivie et l’Equateur exportent du pétrole et importent du combustible et d’autres produits raffinés. Ici aussi, l’importance d’accords stratégiques entre le Venezuela, l’Equateur et la Bolivie pour renforcer l’autonomie de ces deux derniers pays. Ce que le Venezuela, la Bolivie et l’Equateur ont de commun avec la deuxième catégorie de pays (le Brésil, l’Uruguay, le Chili, l’Argentine), c’est une certaine politique de programmes d’assistance publique. Il ne s’agit pas de rejeter purement et simplement ces mesures, mais il faut absolument promouvoir la création des postes de travail, augmenter fortement les salaires, garantir davantage de droits sociaux et économiques pour les salariés, les paysans, les artisans, les vendeurs de rue, les retraités et autres allocataires sociaux. Le Venezuela et la Bolivie ont avancé dans cette direction mais il y a encore beaucoup de chemin à faire.

Equateur : Correa suspendra-t-il le paiement d’une partie de la dette ?

L’Equateur a pris une importante initiative concernant la dette publique. Rafael Correa a créé, en juillet 2007, la Commission d’audit intégral de la dette publique interne et externe (CAIC). C’est une commission composée de douze membres des mouvements sociaux et d’ONG d’Equateur, six membres de campagnes internationales pour l’annulation de la dette du Tiers-Monde (je fais partie de cette commission en tant que représentant du CADTM) et quatre délégués de l’Etat (le Ministère des Finances, la Cour des Comptes, la Commission anti-corruption et le parquet général). Ce qui est intéressant, c’est qu’on ne parle pas ici de représentants de la société civile (ce qui inclut les associations patronales par exemple), mais bien de délégués des mouvements sociaux, comme le mouvement indigène (la CONAIE) et d’autres mouvements sociaux radicaux d’Equateur. L’idée de Correa et d’un secteur de son gouvernement est d’essayer de ne pas rembourser une partie importante de la dette publique. Si Correa réussit dans son intention, cela signifie une confrontation directe avec sa propre bourgeoisie nationale, parce que c’est la bourgeoisie équatorienne qui tire le plus grand profit du remboursement de la charge de la dette publique. Cela signifie également une confrontation avec les marchés financiers internationaux et avec la Banque mondiale. La droite du gouvernement et les grands groupes financiers, sans compter la Banque mondiale et les capitales des pays les plus industrialisés, exercent une forte pression pour convaincre le gouvernement de Correa de ne rien faire. Celui-ci devrait prendre une décision mi-juillet 2008 lorsque la CAIC remettra son rapport. Rien n’est garanti et il est possible que Correa décidera d’éviter l’affrontement.

Stratégie des Etats-Unis et des capitalistes locaux : confrontation et séparation

La stratégie des Etats-Unis et de la classe capitaliste locale est clairement axée sur la confrontation : le coup d’Etat contre Chavez en 2002, le lock-out patronal de décembre 2002-janvier 2003, la campagne des médias en Bolivie, en Equateur et au Venezuela contre le gouvernement. Mais le thème fondamental est une nouvelle stratégie de partage du pays. La classe capitaliste de Bolivie organise la séparation de la partie occidentale du pays. Ils appellent cela Media Luna avec Santa Cruz comme centre économique important. Les grands propriétaires terriens, les patrons d’entreprises d’exportation (notamment le soja transgénique) incitent la population à proclamer l’indépendance vis-à-vis de l’Etat national. Ils recourent à des actes racistes de manière régulière. Il faut dire clairement que la population de cette région riche ne constitue pas une nation qui aurait le droit à l’autodétermination. Le gouvernement répond à la droite qu’il est prêt à accorder une autonomie plus grande des régions mais pas la séparation, et dans ce cas-ci il a raison. En Equateur, le centre économique se trouve à Guayaquil sur la côte pacifique, tandis que Quito – qui est aussi importante économiquement – est la capitale politique située à 2800 mètres d’altitude dans la cordillère des Andes. La classe capitaliste de Guayaquil veut proclamer son indépendance sous la direction du maire local de droite. Au Venezuela, le gouverneur de l’Etat occidental de Zulia (qui a une frontière commune avec la Colombie) brandit la menace d’une séparation. Ceci constitue sans aucun doute une stratégie continentale consciente de Washington, qui essaie de soutenir la bourgeoisie capitaliste locale dans un processus de scission des pays qui vivent des expériences de gauche. Cela rappelle la politique de la Belgique, des Etats-Unis et d’autres puissances à l’égard de la province du Katanga en République démocratique du Congo. Rappelons-nous que les capitales occidentales avaient soutenu le séparatisme du Katanga contre le premier ministre Patrice Lumumba. Quand le dictateur pro occidental Mobutu a pris le pouvoir (après l’assassinat de Lumumba amené de force au Katanga et livré à ses pires ennemis), les grandes puissances ont abandonné le soutien aux séparatistes… Cela me semble un thème important, parce que certains au sein de la gauche considèrent ce partage des pays comme l’expression automatique du droit des peuples à l’autodétermination. Dans le cas de la Bolivie, c’est manifestement la réaction de la bourgeoisie capitaliste locale contre les droits de la majorité indienne de la nation. Par-dessus le marché, ils manient souvent un langage de droite raciste. Le maire de Santa Cruz, Percy Fernández, a déclaré le 9 décembre 2007 en commentant l’adoption par l’Assemblée constituante du projet de nouvelle Constitution : « Dans ce pays, bientôt, il faudra se peindre et se mettre des plumes pour exister ! » . Depuis lors, des ratonnades ont été organisées par ses partisans contre les Indiens qui constituent, faut-il le rappeler, la majorité de la population du pays et sont victimes depuis plus de cinq siècles de la domination exercée par l’Europe puis par ses descendants. La stratégie de Washington et de certaines capitales européennes comprend encore un autre aspect. Il s’agit du différend entre la multinationale ExxonMobil et la compagnie pétrolière nationalisée du Venezuela PDVSA, le différend entre Occidental Petroleum des Etats-Unis et PetroEcuador qui est une entreprise publique en Equateur, le conflit entre Telecom Italia et la Bolivie, etc. De grandes multinationales (sans oublier Petrobras du Brésil) s’opposent aux décisions des trois gouvernements de gauche de restaurer le contrôle public sur les richesses naturelles. Ces multinationales utilisent le tribunal de la Banque mondiale (le CIRDI, Centre international de règlement des différends liés à l’investissement) pour résoudre les différends concernant des investissements. Ils ont aussi recours à des tribunaux de commerce, comme le tribunal de commerce de Londres, d’Amsterdam ou de New York. Un conflit en matière de contrat risque d’éclater dans les mois qui viennent entre deux gouvernements latino-américains. En effet, le nouveau président du Paraguay qui prendra ses fonctions en août 2008, Fernando Lugo, a déclaré qu’il remettait en cause le contrat léonin imposé par le Brésil à son pays, du temps où les deux pays vivaient sous des dictatures militaires (le contrat Itaipu remonte à 1973). Effectivement, à l’heure où le prix de l’énergie augmente très fortement, le Brésil paie un prix ridicule pour l’électricité produite au Paraguay . Le Paraguay et le Brésil pèsent un poids économique totalement différent et le Paraguay a tout à fait raison s’il demande la révision du contrat ou son abrogation. Ce type de situation conflictuelle met en évidence la nécessité pour les pays d’Amérique latine de sortir du CIRDI, ce qu’a fait la Bolivie, et de créer un organisme latino-américain pour régler les litiges qui surgissent entre des Etats et des multinationales (qu’elles soient du Nord ou du Sud) ou qui opposent des Etats latino-américains les uns aux autres. Bien sûr, dans ce dernier cas, il faut d’abord chercher un accord bilatéral avant d’avoir recours à un organisme multilatéral.

Les Traités de commerce entre les peuples

En opposition aux traités de libre commerce que signent certains pays d’Amérique latine avec les Etats-Unis ou l’Union européenne, les nouveaux accords qui ont été passés entre les gouvernements du Venezuela, de la Bolivie et de Cuba méritent d’être soulignés. Citons par exemple les 20.000 médecins cubains qui vont travailler volontairement au Venezuela pour fournir une médecine gratuite, en priorité dans les quartiers pauvres, ou les 40.000 opérations de la cataracte ou d’autres problèmes de la vue dont ont bénéficié gratuitement des citoyens vénézuéliens dans des hôpitaux cubains. En échange, principalement sous forme de troc, le Venezuela fournit du pétrole à Cuba. Le même type d’accords s’applique entre le Venezuela et la Bolivie.

En conclusion, les expériences en cours dans ces pays sont très différentes de l’image caricaturale et négative qu’en donne la majorité des medias. Les processus en cours sont complexes et parfois contradictoires, des reflux sont possibles, même probables, les gouvernements n’iront peut-être pas assez loin dans les transformations politiques et sociales favorables au peuple. La déstabilisation orchestrée par les classes dominantes locales et Washington peut réussir à infléchir le processus en cours. Avec l’agression de la Colombie contre l’Equateur en mars 2002, on voit bien que Bogota et Washington sont prêts à utiliser l’arme de la guerre contre les régimes de Quito et de Caracas. Une des dimensions marquantes qui n’ont pas pu être abordées ici, c’est la faiblesse du contrôle des producteurs sur l’ensemble du processus de production (ce qu’on appelle, dans la tradition du mouvement ouvrier, le contrôle ouvrier et l’autogestion).


Par Eric Toussaint
CADTM

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25 juin 2008

BOLIVIE: LA CIA ET L’OLIGARCHIE, CONSPIRATION CONTRE LA BOLIVIE

imagesL’Empire yankee et l’Agence Centrale d’Intelligence (CIA), l’USAID, l’Institut Républicain International (IRI), l’Institut Démocratique National (NDI) et d’autres institutions nord-américaines spécialisées dans la subversion, actions séparatistes et déstabilisation de gouvernements cohabitent publiquement pour conspirer avec les oligarchies boliviennes et leurs organisations de droite fascistes comme le Comité Civique et l’Union Juvénile de santa Cruz, afin de renverser le gouvernement de Evo Morales et créer ainsi des petites républiques in-dépendantes qui serviraient les classes dominantes et les intérêts géopolitiques des États-Unis et les transnationales qui ont pillé les ressources naturelles des Départements de Santa Cruz de la Sierra, Beni, Pando, Tarija et Cochabamba.

L’obscure CIA qui cherche l’anti patrie, la trouve chez les oligarchies et dans les grandes entreprises de communication sociale, leurs alliés naturels pour renverser les gouvernements progressistes et démocratiques qui sont dangereux pour les objectifs de domination impériale. En Bolivie. La CIA est entrée dans l’étape finale de « l’Opération Demi Lune » qui a comme objectif final de concrétiser les plans séparatistes qui veulent achever d’étouffer le gouvernement d’Evo Morales.

Les plans de la CIA et des autres entités états-uniennes sont exécutés, à La Paz, sous le contrôle direct de l’Ambassadeur Philip Goldberg, qui s’est spécialisé dans les affaires de déstabilisations dont il a acquit une longue et extraordinaire expérience lors de la séparation et l’éclatement de la Yougoslavie et dans la proclamation du Kosovo comme nouvel État qui est devenu une immense base militaire et politique des Etats-Unis, dans la zone conflictuelle et stratégique des Balkans. Pour son « travail » en Bolivie, Goldberg a été proposé à la récompense du prix « Diplomatie pour la Liberté » qui est offert par le Département d’État aux fonctionnaires qui ont accompli avec succès les projets dessinés par la Maison Blanche, le Secrétariat de la Sécurité Nationale, le Pentagone et la CIA.

« L’Opération Demi Lune » a pour but de renverser Evo Morales, premier Président indigène de Bolivie. En référence a l’accusation de Pablo Estefanía, fondée sur les déclarations d’une personne de l’opposition « déçue » et des plans de déstabilisation de la CIA contre la Bolivie. L’informateur affirme que la CIA a établi des alliances économiques et politiques avec les oligarchies et l’opposition radicale dans les droites, parmi lesquelles certaines sont d’essence fasciste. Dans leurs plans, la CIA n’est pas embarrassée qu’il advienne des actions violentes et qu’elles puissent causer la mort de centaines de boliviens indiens, la mort n’a pas d’importance parce que le séparatisme dirigé par les « blancs » a des racines profondes dans la discrimination raciale qui a stimulé la haine pathologique vers tout ce qui se rapporte à l’indien.

La CIA avait débuté ses activités déstabilisatrices et séparatistes avec une étude détaillée large et profonde, de la situation politique bolivienne et s’était infiltrée dans les partis et les mouvements sociaux qui appuient Evo Morales, ensuite elle s’est concentrée dans les oligarchies et les partis politiques de l’opposition. Dans la première phase, elle a recouru, également, aux moyens de communication sociale afin de provoquer une guerre médiatique contre le Gouvernement légitimement constitué. À travers les entreprises de communication dans les mains des secteurs dominants, grâce à des techniques de guerre psychologiques, elle a effectué une guerre sale en diffusant toute sorte de rumeurs, de mensonges, d’exagérations et des dommages au moyen de manipulation, déformation et désinformation. Elle a visé ainsi à tromper la population indigène et blanche-métisse qui soutient Evo Morales.

Dans la seconde étape, la CIA s’est concentrée profondément dans les secteurs de l’opposition et dans les oligarchies. Elle avait organisé des liens très forts avec chaque secteur afin d’attiser la haine envers l’indien Président, et exaspérer les classes dominantes qui furent persuadées que seul, leur profil, correspondait pour gouverner la Bolivie. Dans cette phase, la CIA a eu recours à l’USAID et à d’autres institutions états-uniennes comme le IRI et le NDI afin qu’avec leurs programmes elles convergent vers les plans séparatistes et déstabilisateurs, dans lesquels elles possèdent une grande spécialisation. Dans cette étape, l’USAID a financé le voyage aux Etats-Unis, des Préfets de Santa Cruz, Tarija, Cochabamba et Beni. À travers les institutions états-uniennes, spécialement l’USAID, la CIA a obtenu toutes sortes d’appuis et, particulièrement, financier, aux processus d’autonomie séparatiste des Départements pour lesquels les préfets ont menés campagne tous frais payés.

L’ingérence de l’empire dans les affaires intérieures de la Bolivie, atteint un cynisme et une impudence jamais égalés. En collaboration avec la grand presse et ses agences internationales attelées au capital transnational, ils provoquent le mouvement séparatiste et recourent au fur et à mesure à d’autres organisations étrangères comme c’est le cas pour la « colonie croate en Bolivie » qui représente un secteur blanc – élitiste empreint d’une tendance fasciste et, par conséquent, des politiques de l’extrême droite qui s’expriment dans une féroce opposition à Morales. Le groupe croate est composé, entre autres, par les séparatistes Marincovich, Radich, Culhis, Tadich, Acaminivich, Matcovich, Petrachevich, Sitich. Ces secteurs croates avaient été expulsés de la Yougoslavie et recrutés par la CIA qui les aida à s’insérer en Bolivie, par le biais de résolutions des dictateurs boliviens au service de Washington.

La nation camba

Les croates, unis à des immigrants espagnols, allemands et même libanais forment ce que l’on nomme la « nation camba » qui est un paradis pour les droites extrémistes et les fascistes blancs. Les dictateurs avaient protégé ces criminels nazis qui arrivèrent en Bolivie, de même que la mafia italienne, dont les descendants sont maintenant les leaders du séparatisme qui, s’il triomphait, leurs procurerait d’immenses fortunes, s’accaparant les terres et les riches commerces des hydrocarbures. Le sénateur vénézuélien Carlos Wimmer a affirmé que ces secteurs sont ceux qui « nourrissent en armement ces groupes fascistes, comme l’Union Juvénile de Santa Cruz, coordonnée par des groupes nazis qui se constituent en paramilitaires ».

La grand presse bolivienne, états-unienne et internationale, en hommage à la liberté d’expression de la pensée et du droit à l’information des peuples, taisent et occultent la présence effective de militaires séparatistes qui bénéficient de conseil, d’entrainement et d’appui direct de militaires professionnels du Brésil et de Colombie. Ainsi, le séparatiste Comité Civique de Santa Cruz, dirigé par le croate Branco Marincovich compte sur l’appui de l’empire de Bush, de la CIA, des néonazis, des mafiosi et des transnationales parmi lesquelles : Repsol, Chaco, Andina, Transredes.

La CIA fut spécialement prudente au moment d’établir des liens avec la jeunesse oligarchique de Santa Cruz et des autres Départements séparatistes. Au moyen de l’USAID, elle offrit l’aide et la collaboration a un Centre de l’Université San Xavier, programmé pour diriger les manœuvres pour la prise des terres et des ressources naturelles, elle finança et dirigea l’entrainement et la formation des groupes juvéniles de Santa Cruz qui créèrent ensuite l’Union Juvénile Cruceñista [de Santa Cruz], groupe paramilitaire fasciste qui le 4 mai, le jour du référendum séparatiste, avait organisé plusieurs affrontements violents contre les secteurs populaires comme le Plan Tres Mil de Santa Cruz, opposé au processus oligarchique. Ce groupe de l’Union Juvénile utilise les symboles et les couleurs de l’Allemagne fasciste d’Hitler et a été entrainé à des stratégies et des tactiques militaires. L’empire et la CIA, n’auront apparemment aucun scrupule éthique pour liquider le gouvernement socialiste d’Evo Morales.

La CIA achève ses travaux en couverture. Dans la phase suivante de « l’Opération Demi Lune » elle a travaillé intensément sur une série d’opérations psychologiques destinées à saturer le pays de propagande négative, exécuter la guerre médiatique pour exacerber les sentiments séparatistes fondés sur la plus aberrante haine raciale. Le comble du cynisme fut atteint par le recrutement d’un étudiant de la Fondation Fullbright afin qu’il localise les cubains et les vénézuéliens en Bolivie. Le jeune dénonça ce fait et l’Ambassadeur Goldberg dut faire des excuses au gouvernement d’Evo Morales. La CIA entrera en phase finale par le recrutement d’officiers des Forces Armées et de la Police de Bolivie pour qu’ils prennent la tête d’un soulèvement armé qui destituera Evo Morales.

La CIA coordonne les activités opposées à Evo Morales à l’intérieur de la Bolivie et à l’étranger. Ainsi la Chambre Bolivienne-Américaine de Commerce dont le siège est New York finance une partie des projets séparatistes des Préfets de Santa Cruz, Beni, Pando, Cochabamba et Tarija. « L’Opération Demi Lune » doit se conclure avec succès au mois de juin de cette année, mais elle pourrait aller jusqu’au mois d’août, mois où va s’effectuer le référendum révocatoire. Dans ce processus la guerre médiatique va se poursuivre avec l’usage intensif de toutes les stratégies et techniques de la guerre psychologique dont la CIA est spécialiste et qui est souvent utilisée dans tous les coins du monde. L’autre stratégie utilisée par la CIA dans ses opérations cachées est celle de « diviser pour régner. Actuellement elle se donne du mal pour créer des divisions entre les Forces Armées et Policières loyales envers le Gouvernement d’Evo Morales.

Dans le secteur civil, en plus des référendums, la CIA prépare le terrain pour provoquer le mécontentement populaire si elle parvient au succès de ses plans de déstabilisation économique, qui créeront le chaos et provoqueront la paralysie du pays avec l’aide des grèves, chômage, manifestations de protestation et d’appui, des marches, des blocages de routes et l’occupation de terres par des indigènes pauvres. Tout le plan est financé par les oligarchies et l’Ambassade des Etats-Unis en Bolivie, au point qu’Ammy Webber, citoyenne yankee, n’a pas caché sa participation comme conseillère de l’opposition à Santa Cruz de la Sierra. La tête visible de l’opposition séparatiste est composée par Manuel Jesús Suárez Ávila qui a été secrétaire particulier de Sánchez de Lozada, le fatidique Goni, Juan Manuel Arias, représentant de l’oligarchie de Santa Cruz, le Président du Sénat majoritaire à l’opposition, Oscar Ortiz et rien de moins que cet autre états-unien : James Carville, le fameux publiciste.

La CIA est à son comble et elle se promène en Bolivie malgré qu’Evo Morales avait dénoncé publiquement qu’il avait démantelé en 2006, une agence maintenue par la CIA dans le propre Palais du Gouvernement. Le Président Evo Morales avait dit : « Après deux ou trois mois (d’avoir assumé la Présidence) nous nous apercevons que dans le Palais il y avait une agence de la CIA à la charge d’un ex général de la Police ». La CIA est audacieuse et la CIA ne pardonne pas, d’où ses efforts désespérés d’en finir avec le Président Morales, seulement cette fois-ci, les plans de la CIA sont condamnés à l’échec parce que la Bolivie et Morales comptent avec l’appui de la majorité du peuple bolivien et avec la solidarité combative de l’immense majorité des peuples latino-américains.

La conjuration oligarchique

La sécession, le séparatisme, l’autonomie ne méritent seulement que répudiation de la part de tous les peuples libres et démocratiques de notre Patria Grande : l’Amérique Latine. Dans le document Bolivie : la conjuration oligarchique, diffusée dans Rebelión et le Réseau Voltaire, il est affirmé : « Sous le caractère de l’illégalité, et à travers des recours frauduleux et antidémocratiques, les autorités oligarchiques de la province de Santa Cruz de la Sierra, Bolivie, ont réalisé un référendum pour faire approuver un « statut autonomique » aberrant, qui stipule que le gouvernement central devrait transférer ses facultés souveraines à l’administration locale : parmi les 44 compétences que les gouvernants de Santa Cruz voudraient s’approprier, on souligne l’administration des ressources naturelles, la gestion fiscale, la répartition agraire, le contrôle du transport routier, ferroviaire, aérien et fluvial, la direction des télécommunications et jusqu’au contrôle aérien au moyen de radars, ainsi que la sécurité de l’ordre public, qui dans le droit constitutionnel bolivien est dépendant du gouvernement central. Pour le dire brièvement, le projet des oligarques de Santa Cruz n’est pas autonomique mais sécessionniste, et il implique un processus de désintégration de la nation, comme aucun autre statut d’autonomie dans le monde ne l’a planifié, sauf peut-être ceux qui ont été réalisés par les régions irakiennes kurdes et chiites sous l’occupation militaire des Etats-Unis.

Le président Evo Morales a hautement rejeté le référendum oligarchique de Santa Cruz et a été emphatique en soutenant que c’est le gouvernement états-unien qui est à la tête de la conspiration, on s’est rendu compte que c’est à partir de Washington qu’est venu l’encouragement du prétendu statut autonomique de Santa Cruz, afin de négocier avec l’oligarchie locale l’accès aux gisements de pétrole, de gaz et des ressources hydriques de la région.

De son côté, Emir Sader, soutient : « Aujourd’hui, une des modalités qui renferme le racisme, c’est le séparatisme, les tentatives de délimiter les territoires de la race blanche, en s’appropriant et privatisant les richesses qui appartiennent à la nation et à son peuple. Nous connaissions déjà ces intentions sous la forme des quartiers riches qui cherchaient à se définir en tant que municipalités, afin que la part des impôts prélevée obligatoirement de leurs immenses richesses, reste dans leur escarcelle pour augmenter les bénéfices de leurs quartiers retranchés, derrière lesquels ils cherchaient à isoler et défendre avec une sécurité privée, évidemment, leurs styles de vie privilégiés ».Sader dénonce que le référendum séparatiste est une expression oligarchique, raciste et économique car ils veulent garder l’usufruit des richesses de Santa Cruz pour leur propre bénéfice et parce que les oligarques veulent, en plus, empêcher que le gouvernement d’Evo Morales poursuive son processus de réforme agraire et qu’il l’étende à tout le pays. L’oligarchie des propriétaires terriens, cherche à se réserver le droit de disposer de la concentration des terres dans leurs provinces, pour continuer d’exporter du soja transgénique et pour accumuler les richesses, non pas pour le pays et le peuple bolivien, mais seulement pour elle seule. Il soutient que le projet d’autonomie est raciste parce que leur presse oligopole ne cache pas leurs préjugés contre les indigènes, contre Evo Morales. Elle ne laisse pas opposer à sa race blanche la grande majorité du peuple bolivien, celui qui a été séculairement exploité, discriminé, opprimé, humilié.

On peut évaluer qu’entre 55% et 60% de la population de la Bolivie est indigène : quechuas et aymarás sont une majorité d’un conglomérat où vivent d’autres groupes comme les chiquitanos, guaraníes, ayoreos, guarayos, pausernas, chiriguanos et d’autres minorités ethniques. Malgré la majorité indigène, se sont les blancs et les blancs-métis qui ont dominé pendant 500 ans, ceux-là mêmes qui, naturellement, n’aiment pas qu’un indigène soit Président de la République et encore moins que se soit un indigène qui ait commencé à arracher les privilèges ataviques. C’est dans cette réalité que se trouve la genèse de la haine du blanc-métis envers l’indigène Président, de même que dans la situation économique qui change radicalement avec la nationalisation des hydrocarbures et des ressources naturelles. Les oligarchies boliviennes, fidèles à leurs commerces avec les transnationales veulent des républiques qui leur soient propres, afin que les riches ressources des hydrocarbures, du bois et de la métallurgie soient dans leur propriété privée et non dans la propriété du peuple dans son ensemble.

À ce sujet, Fernando Bossi, haut dirigeant du Mouvement Bolivien des Peuples soutient : « En premier l’argent, ensuite l’étain, plus tard le gaz et le pétrole, les ressources naturelles ont toujours été pillées, durant 500 ans par l’oligarchie en complicité tour à tour avec les empires (Espagne, Angleterre et Etats-Unis). C’est sur ce chemin de l’exploitation et de la violation, devant la poussée féroce de l’oligarchie chilienne que la Bolivie perdit sa sortie vers la mer. Ensuite ce fut une guerre sanglante contre le Paraguay, guerre inventée par les entreprises pétrolières Standard Oil (l’actuelle Exxon des Etats-Unis) et la Shell (Angleterre). Plus de 200.000 morts entre paraguayens et boliviens ont faits couler leur sang sur le territoire inhospitalier du Chaco, où les entreprises impérialistes pensaient trouver du pétrole ».

Le pétrole a toujours été la cause originelle de l’empire et des oligarchies. C’est pour cela qu’elles ont choisi Santa Cruz comme base de leurs opérations contre le gouvernement d’Evo Morales. Santa Cruz de la Sierra qui avec les départements de Tarija, Pando et Beni forment la Media Luna [Demi Lune] limitrophe avec le Paraguay. C’est le nom qu’a choisi la CIA pour développer son opération de déstabilisation et séparatiste, parce que cette Demi Lune concentre toute la richesse du pays : hydrocarbures, élevage, agriculture et bois. 44% du PIB de toute la Bolivie est réalisé dans cette région, selon Bossi.

« Le prétexte pour renverser le gouvernement d’Evo, est alors, le thème des autonomies, ce qui veut dire : ne pas se laisser gouverner par les indiens de l’ouest. Si le pays n’est plus à nous – analysent-ils – nous nous séparons et construisons notre propre pays, L’Altiplano [les hauts plateaux] pauvre à l’Ouest pour les indiens, et pour nous l’Est riche et vigoureux. Cette idée est étayée en permanence à partir de l’Ambassade des Etats-Unis et de la Confédération Internationale pour l’Autonomie Régionale, CONFILAR, une espèce d’internationale latino-américaine qui noyaute les principaux représentants des oligarchies, de Zulia au Venezuela, de Guayaquil en Équateur et de Santa Cruz en Bolivie » informe Fernando Bossi dans son essai sur la situation autonomique de Santa Cruz.

Le président Evo Morales a exprimé dans ses courageuses dénonciations, que devant l’OEA, l’Ambassadeur des Etats-Unis se fait le défenseur de la séparation des départements boliviens. Les Etats-Unis dirigent la conspiration, et devant l’OEA l’Ambassadeur a été ravi de la division de la Bolivie. Evo avait dénoncé également, que l’Ambassadeur a célébré les manœuvres anticonstitutionnelles et a aidé les groupes de pouvoir qui ne veulent pas l’égalité pour nos peuples.

Le Président de la République de Bolivie, Evo Morales, a exprimé avec patience et sagesse : « Parlons d’autonomie, non pas pour l’oligarchie, mais pour les peuples avec qui nous luttons. Ces groupes (séparatistes) qui viennent de perdre leurs privilèges, ont été depuis longtemps dans le Palais, ils ont gouverné et ont permis que l’on pille notre pays, nos ressources naturelles, y compris les ressources de base, de même que la privatisation de nos entreprises, et maintenant ils envisagent de nouveau ce système qui démontre son véritable intérêt : Le contrôle économique ».


tribunalpazecuador@yahoo.com

CEPRID

Traduction : Esteban

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24 juin 2008

ÉTATS-UNIS: " NOS BOMBES TAPISSERONT LE CYBERESPACE"

STRATÉGIE DU DÉPARTEMENT D'ÉTAT  DES ÉTATS-UNIS

Le Pentagone a décidé de se doter d’une unité spécialisée destinée à détruire sans sommation les sites Internet de ses adversaires, comme mentionné dans le numéro de mai 2008, de la revue de l’Armed Forces Journal, de l’Armée des Etats-Unis.

usa_cyberespace

« Tapisser de bombes le cyberespace », c’est la stratégie que vient d’annoncer le Département de la Défense nord-américain, ce qui signifie, détruire délibérément les sites Internet qui dérangent le gouvernement nord-américain, en cas de conflit réel ou possible, ce qui lui permet de frapper d’une agression cybernétique n’importe quelle partie du réseau mondial.


Bien que cette stratégie avait été déjà rendue publique grâce à certaines évidences dans les discours officiels des militaires nord-américains, c’est la première fois qu’un haut officiel, le Colonel Charles W. Williamson, Juge de l’Agence d’Intelligence Vigilance et Reconnaissance des Forces Aériennes, vient de l’admettre et a tenté de justifier légalement ces violations à la liberté d’expression dans le Web et les mécanismes de guerre cybernétique, pour laquelle les nord-américains se préparent à toute vitesse.

La « guerre aux réseaux » (network warfare), dans les mains de la 67è brigade de guerre aux réseaux, dispose déjà de 8000 hommes commandés par le colonel Joseph Pridotkas. Cette force complètera le Commando du Cyberespace de la Force Aérienne, qui opère à partir de Los Angeles, Californie, et qui sera opérationnelle en octobre prochain.

Lorsque ces deux forces seront officiellement prêtes, les Etats-Unis pourront compter avec une force impressionnante pour opérer sur Internet. Elle s’unira avec les armées traditionnelles – mer, air et terre – et recevra des moyens importants capables d’éliminer de façon simultanée des milliers de sites Internet.

« L’Amérique du Nord à besoin d’un réseau d’une puissance suffisante pour reprendre le contrôle des ces énormes quantités de trafic sur Internet…que nos adversaires utilisent. L’Amérique du Nord nécessite un grand tapis de bombes dans le cyberespace pour créer la dissuasion qui nous manque », affirme le colonel Williamson dans la revue Armed Forces.

Il admet que les « ramifications politiques peuvent être difficiles à manipuler », faisant allusion que les Etats-Unis ne doutent pas de pénétrer le réseau d’un site, qui appartienne à un pays qui ne soit pas listé dans leurs ennemis politiques : « Évidemment, les EEUU chercheront des alliés, mais nous pourrions être en conditions également de lancer une attaque contre une nation dont nous avons juré de protéger avec un pacte de défense mutuelle. Les EEUU ensemble avec ses alliés peuvent réduire ce risque au moyen d’une coopération afin de maximiser la sécurité informatique », affirme Williamson.

L’industrie militaire a rendu possible que les Etats-Unis se transforment en une puissance de cyber vigilance et dans des opérations couvertes à travers le réseau. Le secrétaire de la Force Aérienne Michael W. Wynne avait annoncé le 2 décembre 2006 que le Pentagone avait décidé de construire une 8è Force Aérienne, « le nouveau commandement du cyberespace de service, qui focalisera son attention sur la lutte contre le terrorisme au plan technologique ».

Le Commando du Cyberespace est sous la direction du Lieutenant Général Robert Elder, un général à trois étoiles spécialisé dans la technologie militaire soviétique – un de ses livres s’intitule Objectif stratégique du Commerce de la Technologie Avancée avec l’Union Soviétique.

Lors de la présentation à la presse du Commando du Cyberespace, Elder avait exprimé : « En définitive, il résulte beaucoup plus d’intérêts d’utiliser le cyberespace comme domaine de combat, contre nos adversaires au moins, et c’est ce que nous sommes en train de compenser. … S’ils veulent se battre contre nous dans le cyberespace, nous sommes disposés à leur livrer le combat  dans ce cercle également».

La mission du nouveau Commando, selon Elder, est “le monde à notre portée, vigilance mondiale, pouvoir mondial ». « Jusqu’à présent –a-t-il dit- nous étions sur la défensive. Le changement culturel fait que nous passons à l’offensive et nous allons traiter le cyberespace comme un domaine de combat…En liaison avec les universités, nous allons former des guerriers du cyberespace qui soient capables de réagir devant n’importe quelle menace 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7… ».

Afin qu’il n’y ait aucun doute sur la gravité de l’ordre du Pentagone, il a ajouté: « Dans ce domaine, et à l’image de n’importe quel scénario de guerre, il n’y a pas de place pour les amateurs ».

Le commando du cyberespace a une contrepartie dans le Département d’État : le Groupe Spécial de Travaux pour la Liberté sur la Globalité d’Internet (Global Internet Freedom Task Force, GIFTF, pour son sigle en anglais), une organisation multi-agences subordonnée à Condoleezza Rice et dirigée par la sous-secrétaire de l’Économie, du Commerce et de l’Agriculture de ce Département, Josette Sheeran Shiner. Ce Groupe de Travaux, Dans lequel participent des agences du gouvernement, des universités et des chercheurs privés qui « sont opérationnels 24 heures sur 24 », avait été dévoilé publiquement le 14 février 2006.

Lors de sa seconde réunion de travail organisée le 3 avril 2006, le GIFTF « a discuté de la pratique et de la construction de stratégies pour aider la liberté sur Internet ». Josette Shiner avait averti, pendant cette rencontre dans laquelle avaient participé de “hauts” fonctionnaires du gouvernement que, « nous nous concentrons spécifiquement sur les défis de la liberté d’Internet en Iran, Cuba et la Chine ».

Cubadebate

Traduction: Esteban

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22 juin 2008

COLOMBIE: LES FARC APPELLENT LES POLICIERS ET LES SOLDATS COLOMBIENS À VENIR REJOINDRE LEURS TROUPES

farc_ep42Dans un communiqué divulgué ce vendredi, les Forces Armées Révolutionnaires de Colombie (FARC) ont appelé les policiers et les soldats de Colombie à venir rejoindre leurs troupes « pour faire face aux fléaux que les gouvernements ont été incapables de résoudre ».

Dans le document signé par le Bloc Oriental du groupe armé, les raisons qui maintiennent la guérilla dans la lutte révolutionnaire y sont énumérées.

Parmi elles, il est souligné que « la classe politique oligarchique et des propriétaires a été incapable de résoudre les conditions de misère et d’inégalité que le pats est en train de vivre ».

Les FARC réaffirment tout autant, leur objectif de « prendre le pouvoir avec le peuple afin de résoudre les problèmes profonds qui affectent de la même façon tous les colombiens ».

Ils sollicitent les policiers et les soldats pour « qu’ils demandent leur démission et se retirent de l’armée qui ne défend seulement que les intérêts de l’impérialisme et les maîtres fortunés du pouvoir ».

Ci-après, le texte complet du communiqué:

Appel aux soldats, aux policiers, aux officiers et sous-officiers patriotes


1- Les guérilleros des FARC-Armée du Peuple [FARC-EP], nous avons prit les armes parce que la classe politique oligarchique et les propriétaires terriens a été incapable de résoudre les conditions de misère et d’inégalité que le pays est en train de vivre et parce qu’ils n’ont pas construit de projet qui unisse le sentiment patriotique, les désirs de souveraineté et de dignité que nous a légué le Libérateur Simón Bolívar.

2- Les libéraux et les conservateurs au pouvoir se sont acharnés à appliquer des doctrines économiques et militaires étrangères imposées par les entreprises nationales et multinationales puissantes qui ne cherchent seulement que leur propre bénéfice et celui des puissances étrangères au détriment des intérêts de développement social et économique du pays.

3- Nous, guérilleros bolivariens, recourons à la tactique de la guérilla mobile, où notre principal allié sont les masses populaires, les montagnes et nos profondes convictions idéologiques. Nous ne reconnaissons pas l’autorité de l’État, nous prélevons un impôt aux riches dont le patrimoine est supérieur au million de dollars et notre objectif stratégique reste clair : la prise du pouvoir avec le peuple afin de résoudre les profonds problèmes qui affectent de la même façon tous les colombiens, y compris les propres familles de soldats et de policiers.

4- Il vous revient, à vous, membres de l’Armée et de la Police Nationale, la tâche ingrate et antipatriotique d’assassiner, de réprimer et de torturer toute personne qui se lève, proteste et s’organise contre l’ordre établi, pendant que les privilégiés et leurs propagandistes profitent des richesses, de l’immunité et de la sécurité.

5- Sous prétexte de la théorie de la Sécurité Nationale ou de « l’ennemi intérieur », l’État vous oblige à tuer vos propres frères : dirigeants populaires, syndicaux, paysans et de gauche, c’est pourquoi ils organisent des groupes de tueurs à gages et de paramilitaires. Ils troquent l’uniforme de campagne du soldat contre l’uniforme noir du paramilitaire pour brouiller et démoraliser le peuple, faisant que tous leurs crimes restent protégés dans l’absolue impunité.

6- Dans nos Statuts et Règlements Internes, il est envisagé le total respect à l’intégrité physique et morale de tout militaire qui est fait prisonnier au combat. Jusqu’à aujourd’hui nous avons délivré unilatéralement plus de 500 soldats et policiers qui ont été fait prisonniers dans divers combats, et au Bloc Oriental nous avons plus de 40 prisonniers, officiers, sous-officiers et représentants de la classe politique corrompue et de l’État, qui espèrent la décision et la volonté politique du gouvernement actuel pour être échangés contre nos combattants qui sont injustement détenus dans les prisons du régime.

7- Soldats et policiers patriotes: abandonnez votre haine et pointez vos armes contre le véritable ennemi, les ennemis de la Nouvelle Colombie. C’est le moment de demander votre démission et de vous retirer de l’Armée qui ne défend seulement que les intérêts de l’impérialisme et celui des maîtres fortunés au pouvoir. C’est l’heure de vous unir à l’autre Colombie, celle qui se dresse avec dignité, celle que les medias de la communication veulent ignorer, celle dont les usurpateurs de la richesse veulent rayer de la carte avec leurs plans de terreur, celle qui déteste les politicards et qui se gausse des généraux. La Colombie qui a faim et soif de justice nous encourage à persister dans cette lutte. Nous vous espérons de notre côté avec vos fusils, avec votre esprit et votre cœur.

Un véritable soldat colombien est celui qui lutte et qui défend son peuple, en capturant ou en exécutant ceux qui ont saigné le peuple colombien ; généraux, politiques corrompus et congressistes au service de la classe d’exploiteurs, paramilitaires et tous ces autres guerriers de pacotille qui depuis leurs chaires et leurs milieux de communication attisent la guerre.


Guérilléros du Bloc Oriental des FARC-EP
Montañas de Colombia


TeleSUR

Traduction : Esteban

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20 juin 2008

CUBA: L’UE LÈVERA LES SANCTIONS DIPLOMATIQUES CONTRE LA HAVANE

raulcastroBruxelles le 19 juin

Les ministres de l’Union Européenne ont décidé ce jeudi 19 juin de lever les sanctions diplomatiques contre Cuba afin « d’ouvrir une nouvelle étape » avec La Havane, avait annoncé le ministre espagnol Miguel Ángel Moratinos, dont le pays a été le porte-drapeau de ce dialogue.

« Nous avons décidé de lever définitivement les mesures qui furent établies en 2003 et d’ouvrir une nouvelle étape de dialogue avec les autorités cubaines sans aucune condition », a affirmé Moratinos.

La décision, prise pendant la nuit de jeudi par les ministres des 27 pays de l’UE, « va être immédiatement formalisée » lundi « afin qu’elle entre rapidement en vigueur ».

Pour maintenir la pression sur Cuba et convaincre les membres les plus réticents comme la République Tchèque et l’Allemagne, les 27 pays se sont engagés à réexaminer « les résultats du dialogue politique et des droits humains » au bout d’un an. « Ce qui ne sera pas rediscuté, c’est la suppression de ces sanctions parce qu’elles sont dès maintenant définitivement levées », a assuré le chef de la diplomatie espagnole.

« Nous ne sommes pas favorables à ce que l’UE ou qui que se soit annule les sanctions en ce moment », a déclaré le porte-parole du département d’État des États-Unis, Tom Casey, en dénonçant que cette décision pourrait laisser croire que dans « ce régime dictatorial, l’oppression pour son peuple serait plus acceptable qu’avant »

« Nous demandons aux états-uniens qu’ils respectent la politique décidée par l’Union Européenne », a réagit Moratinos. « L’Union Européenne a la légitimité suffisante pour établir sa politique dans la zone aussi importante que l’est l’Amérique Latine et donc Cuba », a-t-il ajouté.

Les sanctions, purement diplomatiques, avaient été adoptées en 2003 suite à la condamnation à de dures peines de prison contre 75 dissidents et à l’exécution sommaire de trois pirates d’un canot qui prétendaient émigrer aux Etats-Unis.

D’autre part, la présidence slovène de l’UE avait indiqué, que l’UE était revenue sur son intention d’imposer un ultimatum à l’Irlande pour qu’elle trouve une solution à la crise pour le NON du référendum de ce pays sur le Traité de Lisbonne, traité qui a remplacé celui de la Constitution Européenne qui fut un échec.

Après le coup signifié par le NON irlandais, le Traité de Lisbonne a été approuvé ce jeudi en Angleterre, ce qui donne le chiffre de 19 pays ayant accepté le texte en vigueur.

Dpa

Traduction: Esteban

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18 juin 2008

AFRIQUE DU SUD : RETOUR AUX FONDAMENTAUX

SACPReconstruire l’organisation, s’attaquer au clientélisme et à la corruption pour mettre en échec le fléau de la xénophobie
Parti Communiste Afrique du Sud

La vague actuelle d'agressions xénophobes doit faire l’objet de la condamnation la plus unanime de la part de tous les Sud-Africains. C’est pourquoi le SACP a tenu à exprimer sa plus ferme condamnation de ces attaques. Non seulement ces attaques sont aussi barbares qu’inhumaines, mais elles donnent une image extrêmement choquante et très embarrassante pour les Sud-Africains, tant à l'intérieur du pays qu'internationalement. C'est particulièrement vrai pour ceux d’entre nous qui avons pu bénéficier d’un si vaste élan de solidarité internationale. Peut-être d’ailleurs que l’un des buts de ces barbares agressions perpétrées contre nos frères et sœurs africains, pauvres et ouvriers, consiste à saper le prestige international de l'Afrique du Sud et ses peuples.

Exprimer notre plus vive réprobation ne saurait suffire, il nous faut dès à présent avoir une action puissante et visible tant sur le court que sur le moyen terme. Une des premières mesures à prendre est une application ferme et résolue de la loi ainsi que des mesures préventives légales pour mettre un terme à cette situation.

Cependant, la protection et les mesures de sécurité publique ne constituent pas à elles seules les réponses adéquates. Nos organisations, en particulier l'alliance [référence à la triple alliance ANC-SACP- COSATU, centrale syndicale – pilier de la Révolution Démocratique Nationale, ndt] et des formations communautaires progressistes, doivent instamment marquer leur présence dans les secteurs affectés pour contribuer à isoler ceux qui se trouvent derrière ces actions barbares afin de discuter avec eux. Le SACP a effectivement chargé ses structures provinciales d’œuvrer précisément en ce sens. Notre direction nationale engagera des forces au côté des structures provinciales pour s’assurer que ces tâches sont menées à bien.

Nous devrions considérer ces événements comme une piqûre de rappel pour toutes nos formations, mais aussi pour  les structures de sécurité de l'Etat. Ils nous imposent une réflexion profonde très sérieuse, non exempte de critique et d'autocritique. Comment se fait-il qu'aucune de nos structures politiques ou communautaires n’ait pu avoir connaissance de tels plans aussi graves d’agressions contre des « étrangers » ? Comment se fait-il que les services de renseignements de l’Etat aient pu être à ce point pris au dépourvu ? En outre, pourquoi, même après les premiers incidents en Alexandra qui suivaient des événements antérieurs à Tshwane et dans certains secteurs du Cap Occidental, avons-nous été dans l’incapacité d'empêcher de tels actes xénophobes et de les laisser s'étendre à Ekurhuleni et dans d'autres parties de Johannesburg ?

Pour répondre à ces questions, il nous faut analyser certaines des causes sous-jacentes à cette xénophobie et à ses manifestations violentes actuelles.

La violence entre pauvres : les faillites des programmes d’ajustement structurel et du capitalisme prédateur

Comme nous avons pu le déclarer déjà auparavant, les Programmes d'Ajustements Structurels Économiques (ESAPs) imposés par le FMI à pratiquement toute l’Afrique Australe depuis les années 1980, ont été un échec complet.

Depuis 1994, beaucoup d'ouvriers et de paysans immigrés dans notre pays, comme bien d’autres travailleurs, ont émigré (légalement et illégalement) en Afrique du Sud démocratique, surtout comme réfugiés économiques à la recherche de meilleures opportunités pour des gagne-pain durables.

Malgré les nombreux mais modestes acquis de notre démocratie depuis la rupture démocratique de 1994, notre propre programme d'ajustement structurel, GEAR [Growth, Employment and Redistribution – Croissance, Emploi et Redistribution, ndt], n’a pas réussi à faire reculer le chômage ( le chômage s’est en réalité dramatiquement accru entre 1996 et 2006 ) et a miné notre capacité à construire un état développé. Il a plutôt favorisé l’émergence d’un État-providence, avec maintenant plus de 12 millions de personnes comptant pour vivre sur les aides sociales de toutes sortes.

La confusion politique et économique au Zimbabwe a augmenté la pression migratoire sur l'Afrique du Sud afin d’absorber des réfugiés économiques supplémentaires de ce pays, ainsi que de bien d'autres pays.

La conséquence concrète de ces événements a été de voir les secteurs les plus démunis de la société sud-africaine devoir cohabiter avec les populations pauvres de notre région. C'est arrivé de deux façons. Premièrement, ce sont les communautés les plus vulnérables qui, de façon informelle, ont dû partager leurs maigres ressources spatiales avec ces communautés immigrées miséreuses. La bourgeoisie et les classes moyennes ont été épargnées par l’impact de l'échec de l'ESAPS dans notre pays et par celui particulier de la crise au Zimbabwe et ils se sont littéralement protégés derrière les hauts murs de leurs banlieues cossues. Les élites des autres pays dans notre région n’ont pas eu non plus à supporter le fardeau principal de cette confusion économique et politique.

Deuxièmement, il y a eu une régionalisation rapide des forces du travail en Afrique du Sud, particulièrement pendant les 8 à 10 dernières années, avec une transformation croissante de la division du travail dans certains des secteurs clefs de notre économie. Le capitalisme Sud-Africain a exploité sans relâche la vulnérabilité des ouvriers venant du reste de l’Afrique Australe, le plus souvent aux dépens directement des ouvriers sud-africains, en leur payant des salaires d'esclave et en les soumettant à des conditions de travail en violation flagrante des lois du travail en vigueur en Afrique du Sud.

Ces faits n’ont pas été atténués mais plutôt aggravés par le rôle, non pas de locomotive du développement, mais de prédateur joué par le capital privé Sud-Africain dans la région. Beaucoup d’entreprises Sud-Africaines qui investissent dans le continent ont tiré grand profit des faiblesses du marché du travail local pour maximiser leurs profits et ne contribuent que très peu aux objectifs majeurs de développement de notre région.

Ce ne sont certainement pas les pauvres de l’Afrique Australe qui viennent prendre aux travailleurs et miséreux Sud-Africains leurs emplois et leurs moyens de subsistance, mais les pratiques de prédateur du capitalisme, tant en Afrique du Sud que dans le reste du continent.

L’enseignement que l’on peut en tirer est que tout discours sur la « renaissance africaine » qui ne s’accompagne pas de mesures économiques radicales afin de changer les conditions de vie des pauvres et des travailleurs et de s’attaquer aux méthodes prédatrices du capitalisme sur notre continent, n’est rien d’autre qu’un nouvel et « moderne » opium du peuple, une attitude de complaisance qui ne débouche sur aucune politique de transformation.

L’économie politique au niveau des Etats de l’Afrique du Sud (1)

La flambée de violence actuelle constitue aussi une illustration de la réalité contradictoire de notre système de collectivités locales avec ses avancées et ses reculs. Depuis la rupture démocratique de 1994, notre gouvernement central a en effet mis en place beaucoup de services locaux et changé la nature antidémocratique des collectivités locales que nous avions héritées de l’apartheid.

Ces avancées se sont cependant accompagnées de nouvelles pratiques de corruption et de clientélisme, qui ne concernent hélas pas que le niveau local, mais aussi celui des gouvernements provinciaux et national, et qui les ont remises en question [(1)- L’Afrique du Sud est composée de plusieurs états ou provinces disposant de gouvernements provinciaux en plus d’un gouvernement national, ndt].

Si la plupart de nos élus accomplissent un travail remarquable au service de nos populations, un nombre significatif d’élus de l’ANC [Conseil National Africain, parti au pouvoir allié du SACP, ndt] sont devenus si corrompus que leurs comportements portent sérieusement atteinte aux acquis engrangés depuis 1994. Par exemple, pourquoi des attributions de logement sont faites par des élus plutôt que d’être traitées collégialement par les conseils municipaux et les commissions appropriées ?  Comment se fait-il que dans certains cas, les recrutements pour des projets ou services municipaux soient traités personnellement par des élus ? Dans trop d’endroits, ces élus s’affranchissent du contrôle des conseils municipaux et des organismes concernés et desservent les intérêts de notre peuple.

Ils sont devenus ni plus ni moins que des « caciques » dans leurs collectivités [le terme Indunas employé fait référence aux chefs coutumiers, ndt] et ces collectivités ni plus ni moins que des outils à leur service. Il nous faut assumer le fait que beaucoup de ces pratiques ont cours dans des collectivités contrôlées par l’A.N.C.. Certains de nos élus perçoivent indûment des pots-de-vin et attribuent abusivement des logements à des gens qui ne sont pas prioritaires, qu’ils soient Sud-Africains ou non d’ailleurs !

Ces méthodes corrompues créent un terreau fertile pour les conflits intra-communautaires et la xénophobie, attisés par des élites locales réactionnaires et anti-ANC arc-boutées dans la mise en œuvre de leurs mesquins objectifs politiques.

Notre critique principale à l'ANC avant sa 52ème Conférence Nationale de Polokwane [qui s’est tenue du 16 au 20 décembre 2007 et a vu l’élection à sa présidence de Jacob ZUMA et la défaite de Thabo M’BEKI, ndt] était qu’il s’est trouvé confisqué par ce que nous avons appelé « le Projet de Classe de 1996 », qui est une alliance entre les secteurs du capitalisme national et mondial, les couches émergentes de la petite bourgeoisie noire, encouragée par des groupes de nos propres cadres occupant des positions clefs au sein de l'Etat. Une des conséquences les plus dommageables de cette situation a été la démobilisation des organisations de l’ANC et la « colonisation » de l'ANC par l’appareil d’Etat. Cela a transformé l'ANC en simple machine électorale et l’a coupé du quotidien des luttes de la majorité écrasante de ses membres et de ses diverses composantes.

La violence actuelle contre des « étrangers » est une singulière illustration de l'affaiblissement et de la « quasi-décrépitude » des structures de l'ANC sur le terrain et de leur incapacité à mener des luttes collectives progressistes comme à détecter les menées réactionnaires contre nos frères et sœurs africains.

Ces événements montrent non seulement un ANC incapable de mobiliser les masses en dehors des campagnes électorales, mais aussi un SACP particulièrement affaibli. La faiblesse du SACP sur le terrain illustre l’effet combiné de la marginalisation du SACP inspiré par le projet de classe 1996 et des politiques globales d’alliances qui ont amené un certain nombre de nos organisations, en collaborant avec le projet de classe 1996 dominant dans l'ANC et l'Etat, à y être finalement assimilées. Cela s'est produit dans de nombreux endroits du pays.

Toutes ces caractéristiques spécifiques de la politique et de l'économie de l'Afrique du Sud ont grandement contribué à l'affaiblissement de nos structures organisationnelles.

La contre-révolution

Il est clair que derrière ces attaques violentes concertées et organisées se trouve un plan d’action contre-révolutionnaire, visant à jeter le discrédit sur l'ANC dans l’optique des élections nationales devant se tenir l'année prochaine. C'est une campagne bien orchestrée, exploitant les frustrations très réelles des plus pauvres de nos concitoyens.

Il est en effet plausible que ces forces contre-révolutionnaires exploitent ce qu'elles considèrent comme des « divisions » dans l'ANC et la relative « incertitude » de cette période transitoire entre la Conférence Nationale de Polokwane et les élections 2009. C’est aussi un moyen de tester la force, la capacité de résistance et l’aptitude tant de l'ANC que de l'Etat à résister à de telles pressions.

La question fondamentale à laquelle nous devons répondre est de savoir dans quelle mesure nous avons réussi à démobiliser les forces contre-révolutionnaires au pouvoir dans les années 1980 au début des années 1990 et à changer les conditions sociales de notre peuple que ces forces du passé ont su exploiter ? La vague actuelle de violence ressemble en beaucoup de points aux flambées de violence du début des années 1990, particulièrement dans le Gauteng [un des Etats composant l’Afrique du Sud, ndt].

Comme au début des années 1990, les foyers de travailleurs pauvres ( hostels ) semblent constituer le centre névralgique où sont organisées et déclenchées les violences actuelles.

L'urgence de mettre un terme à cette situation est encore renforcée par le danger réel que ce type d’émeutes puisse se propager sous la forme de conflits inter-ethniques entre les Sud-Africains eux-mêmes.

Il est donc légitime de considérer cette flambée de violence non pas comme simplement de la xénophobie, mais comme s’inscrivant dans une offensive contre-révolutionnaire qui vise notre mouvement et s’attache à miner tous les acquis gagnés par notre démocratie.

Que faire ?

Une action forte et immédiate des forces de sécurité est indispensable pour mettre un terme à ces agissements avec en particulier l’arrestation et la punition des criminels. Il est également essentiel que nos organisations coopèrent avec les services de police dans l'appréhension de ces criminels.

Il est simultanément capital, qu’à la lumière de cette tragédie, nous procédions à une franche et honnête évaluation de l'état de nos organisations, afin d’identifier le déclin qui commençait à les frapper et d’entamer un processus rigoureux de reconstruction de  l’ensemble de nos structures locales dans tout le pays.

Dans ce processus de reconstruction de nos organisations, il est important aussi de savoir quel type de structures et d’organisation nous souhaitons privilégier auprès de nos forces militantes. Faut-il par exemple, revivifier la SANCO [South African National Civic Organisation – structure nationale regroupant les « civics », associations des habitants des townships et autres quartiers défavorisés, ndt] ou construire de puissants comités de quartier pour former le nouveau noyau révolutionnaire de l'organisation populaire, ou les deux à la fois ?

Quelle que soit la voie que nous choisirons, il est essentiel de se concentrer sur la construction de comités de quartier, qui représente une nouvelle occasion d'organiser et de mobiliser nos communautés pour combattre la criminalité et de constituer les nouveaux noyaux révolutionnaires qui nous permettront de poursuivre notre programme de développement local.

Il est aussi important que soit intensifiée l'organisation des ouvriers précaires et des travailleurs informels plus vulnérables. Cela suppose une stratégie volontariste visant à s’assurer que tous les ouvriers de chaque région sont organisés dans des syndicats. Voilà qui bâtira un socle plus puissant pour lutter contre ces employeurs exploitant la vulnérabilité de ces ouvriers originaires des autres pays de l’Afrique Australe et contribuera à forger une solidarité de classe entre les travailleurs, sur leurs lieux de travail et au-delà.

Asikhulume ! (Parlons-en ! en zoulou )

Blade Nzimande est Secrétaire Général du S.A.C.P. ( Parti Communiste Sud-Africain)

ENGLISH

Traduction: Pedro DA NOBREGA

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MONDE : QUI PEUT RENTRER DANS LE MONDE ?

Si nos systèmes politiques seraient ce qu’ils disent être, dans tous les parlements l’on serait maintenant en train de discuter d’un graphique élaboré par Mathis Wackernagel, chercheur au Global Footprint Network (Californie). Mais il semble que le sujet n’ait pas attiré autant l’attention. Et cependant, le graphique s’avère destructeur pour les plus solides certitudes de notre classe politique et, évidemment, pour les critères les plus évidents des votants. Surtout, dans un monde politique dans lequel gauche et droite ont la bouche pleine avec les objectifs du « développement durable ».

sustainability

 La chose est bien simple.

L’axe vertical représente l’Indice de Développement Humain (IDH), élaboré par les Nations Unies pour mesurer les conditions de vie des citoyens en prenant comme indicateurs l’espérance de vie à la naissance, le niveau d’éducation et le PIB par tête. Le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD) considère qu'un IDH est « haut » lorsqu’il est égal ou supérieur à 0,8, et que dans le cas contraire, il est établi que les pays ne sont pas « suffisamment développés ».

Dans l’axe horizontal l’on peut mesurer la quantité de planètes Terre qu’il serait nécessaire d’utiliser dans le cas où le niveau de consommation d’un pays donné serait généralisé à tout le monde. Wackernagel et son équipe avaient fait les calculs pour 93 pays entre 1975 et 2003. Les résultats sont bouleversants et surprenants. Si, par exemple, l’on arriverait à généraliser le style de vie du Burundi, il nous resterait encore plus de la moitié de la planète. Mais le Burundi est bien en deçà du niveau satisfaisant de développement (0,3 de IDH). Par contre, le Royaume-Uni, par exemple, a un excellent IDH. Le problème, est, que pour l’obtenir, il est nécessaire de consommer une quantité de ressources que, si son style de vie se généraliserait, nous aurions besoin de trois planètes Terre. Les Etats-Unis sont également bien notés au niveau développement humain, mais leur « empreinte écologique » est telle que nous devrions avoir plus de cinq planètes Terre pour généraliser leur style de vie.

En révisant le reste des 93 pays, on comprend qu’il y a des raisons pour que le travail de Wackernagel s’intitule 'Le monde est suspendu au développement durable'. Comme il n’y a qu’une seule planète Terre, il est évident que seuls les pays qui se situent dans la zone colorée du graphique (au-dessus de 0,8 d’IDH, sans dépasser le nombre 1 de planète disponible) ont un développement durable. Seuls ces pays situés dans cette zone seraient un modèle politique à imiter, tout au moins pour certains politiques qui voudraient conserver le monde à moyen terme ou qu’ils soient disposés à ne pas défendre leur droit (peut-être racial, divin ou historique ?) de vivre indéfiniment bien au-dessus du reste du monde.

Remarquez, il se trouve que cette zone en question est pratiquement vide. Il n’y a qu’un seul pays dans le monde – pour l’instant du moins – qui a en même temps, un développement acceptable et durable : CUBA.

Évidemment, la chose, laisse beaucoup à penser. D’abord parce qu’il est facile d’observer que la majeure partie des "balseros" [naufragés clandestins cubains incités par les EEUU à quitter l'île, entassés dans barques de passeurs peu scrupuleux] cubains ont fuit et fuient le pays pour chercher cet autre niveau de consommation qui ne peut être généralisé sans détruire la planète, c'est-à-dire, de revendiquer leur droit d’être globalement irresponsables, criminels et suicidaires comme nous le sommes, nous, consommateurs étatsuniens et européens. Il serait honteux, d’ailleurs, si nous condamnions la prétention des autres d’imiter le mode que nous utilisons pour dévorer impunément la planète. Mais on peut reconnaître que l’image médiatique du sujet change radicalement de forme : ce qu'ils fuient réellement, c’est une consommation responsable vers la recherche du Paradis de la consommation suicidaire et, par intérêts stratégiques de harcèlement envers  Cuba, ils sont reçus comme des héros de la Liberté au lieu de leur fermer les portes comme cela se fait avec ceux qui fuient la misère, par exemple, du Burundi ( lesquels l’on traite comme un fléau dont il faut se protéger).

Au niveau général, la chose est beaucoup plus intéressante. Il est très significatif que le seul pays durable du monde soit un pays socialiste. C’est l’habitude d’une entente commune entre les économistes que le socialisme est ruineux et inefficace d’un point de vue économique. Il est surprenant que dans un monde comme celui-ci, l’économie socialiste cubaine semble être grandement compétitive. En termes de développement suicidaire, il n’y a pas de doute, le capitalisme l’est beaucoup plus.

cage__cureuilLe plus grand reproche que l’on peut faire au système capitaliste est, précisément, qu’il est incapable de se retenir et incapable également de ralentir la marche. Le capitalisme est un système prisonnier de son propre élan. L’économiste J. K. Galbraith disait que « parmi les différents modèles de ce que devrait être une bonne société, personne n’a jamais proposé ‘la cage d’écureuil’ ». Cependant, nous nous retrouvons, alors que personne ne l’a proposé, avec cette absurdité qui semble, de fait, s’être imposée : dans le capitalisme chacun agit pour s’imposer à la concurrence en augmentant sa productivité afin de ne pas perdre le marché, mais, en étant tous sur le même chemin, cette augmentation ininterrompue ne trouve jamais le moment dans lequel elle peut être retenue, accroissant son rythme et la dilapidation conséquente des ressources.

Devant cette dynamique absurde, nous devons exiger le droit de nous arrêter. Nous ne pouvons permettre que nos ministres de l’Économie continuent à nous convaincre qu’il est catastrophique de « grandir » en dessous de 2 ou 3%, et nous de pouvons permettre que nos politiques continuent de proposer comme solution aux pays pauvres qu’ils imitent les pays riches. C’est matériellement impossible. La planète ne peut donner autant. Lorsqu’ils proposent ce modèle ils savent en réalité qu’ils défendent quelque chose de bien distinct : nous enfermer dans des forteresses, protégés par des murailles chaque fois plus hautes, dans lesquelles l’on puisse dévorer littéralement la planète sans que personne ne nous gêne ni nous imite. C’est notre solution finale, un nouvel Auschwitz inversé, c’est à dire qu’au lieu d’enfermer les victimes, nous nous enfermons nous-mêmes en lieu sûr de l’arme de destruction massive la plus puissante de l’histoire : le système économique international.

Carlos Fernández Liria
Est professeur titulaire de Philosophie à l’Université Complutense de Madrid

ESPAÑOL

Traduction: Esteban

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17 juin 2008

LES CINQ ANTITERRORISTES CUBAINS EMPRISONNÉS, LE TERRORISTE POSADA CARRILES PROMÈNE LIBREMENT À MIAMI

DÉCLARATION DE LA COMMISSION PERMANENTE
DES RELATIONS INTERNATIONALES
LA HAVANE

Nous appelons les parlementaires du monde à s’exprimer devant cette nouvelle injustice contre les Cinq antiterroristes cubains.

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Lorsque le 9 août 2005, l’ensemble des trois juges de la Cour d’Appel d’Atlanta, avait ordonné avec justesse et éthique, un nouveau procès pour les Cinq antiterroristes cubains incarcérés dans les prisons des Etats-Unis, en considérant que Miami n’avait pas été le lieu approprié pour y être jugés, il semblait qu’enfin le système judiciaire nord-américain serait juste dans ce long procès empli d’arbitraires et de manipulation politique.


Un an après l’unanimité de la Cour, un verdict inédit dans l’histoire judiciaire nord-américaine, a été prononcé contre le rapport de ses trois juges, et a validé le jugement dicté à Miami renvoyant de nouveau le cas à trois autres juges afin de reconsidérer les nouveaux plaidoyers de la défense.

Après de long mois d’attente, le 4 juin dernier, et dans un document de 99 pages qui déforme les faits et qui est infesté de préjugés anti cubains, le groupe des trois juges donna son avis : les arguments de la défense « manquaient de preuve » et a ratifié les verdicts de culpabilité des Cinq antiterroristes cubains et les deux sentences, celles de René González (15 ans) et Gerardo Hernández (deux peines à perpétuité, plus 15 ans). Tout autant, ce groupe de juges a annulé trois de ces sentences, Ramón Labañino (peine à perpétuité plus 18 ans), Antonio Guerrero (peine à perpétuité plus 10 ans) et Fernando González (19 ans) en les renvoyant à la Cour de Miami afin qu’ils soient à nouveau sanctionnés par la même juge, Joan Lenard, qui imposa ces peines disproportionnées.

Nous attirons l’attention que cette décision est prise dans l’actuel contexte électoral nord-américain, et comme cela est bien connu, le thème sur Cuba est particulièrement sensible, et spécialement en Floride en ce moment où le gouvernement accentue ses manœuvres pour protéger durablement le terroriste Luis Posada Carriles, en refusant de l’extrader au Venezuela, d’où il s’était évadé de la prison, alors qu’il était jugé coupable de l’explosion en plein vol d’un avion civil cubain avec 73 personnes à son bord. Les EEUU n’hésitant pas ainsi à violer les conventions internationales contre le terrorisme, approuvées par la Communauté Internationale.

Il n’est pas étonnant non plus que la décision rédigée au nom du groupe, l’a été par un juge, William Pryor, dont la nomination comme juge fédéral par le président Bush, avait été largement controversée à cause de ses positions affichées d’extrême droite, et cela avait déclenché de nombreuses plaintes dans de nombreux milieux politiques et dans l’opinion publique nord-américaine. Avec 45 voix contre, il est bon de le rappeler, ce juge, n’a été nominé à ce poste que par le Sénat des Etats-Unis, moyennant un arrangement négocié par le candidat républicain à la présidence, John McCain.

La Commission Permanente des Relations Internationales de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire, faisant sienne la juste indignation des députés de l’Assemblée Nationale, de tout le peuple cubain et des familles de nos Cinq compatriotes, nous condamnons cette décision absurde et la nouvelle manipulation dont ce procès arbitraire en est l’objet et nous appelons tous les Parlements du monde, à leurs commissions des Relations Internationales, des droits humains, des affaires juridiques et des groupes parlementaires d’amitié avec Cuba, qu’ils se prononcent contre cette nouvelle injustice et qu’ils la dénoncent devant les autorités nord-américaines, les organismes internationaux et les organisations des droits humains, de même qu’ils peuvent entreprendre n’importe quelle autre action qui puisse contribuer à ce que la vraie justice soit faite avec les Cinq cubains qui viennent d’accomplir 10 longues années d’une incarcération injuste, et soumis à des conditions de détention inhumaines, privés des visites régulières de leurs familles, dont deux n’ont jamais été autorisés à recevoir la visite de leur épouse, ils sont emprisonnés seulement pour avoir été des cubains qui ont lutté contre les groupes terroristes installés dans le sud de la Floride, et protégés par les autorités nord-américaines.

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La Commission Permanente des Relations Internationales
de l’Assemblée Nationale du Pouvoir Populaire.

La Havane

ESPAÑOL

Traduction: Esteban

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16 juin 2008

AFRIQUE : SAHARA, LA RÉVOLUTION DE LA FEMME, DANS LE DÉSERT

femme_saharaouiLA FEMME SAHRAOUIE

Forte, combative et travailleuse. Durant ses trois décennies d’exil, la femme sahraouie est parvenue à s’imposer et avancer dans plusieurs secteurs de sa société. « Nous avons toujours été respectées, mais nous avons chaque fois plus de libertés, beaucoup plus que dans d’autres pays arabes », dit la secrétaire générale de l’Union des Femmes Sahraouies, Fatma Medi.

« La femme sahraouie ne pleure jamais », affirme radicalement et avec orgueil, Zukeina. Elle travaille comme médecin dans la province de Smara, dans les campements de réfugiés de Tinduf. Elle fait partie de ces milliers de sahraouies qui ces dernières années ont obtenu un titre universitaire. Avant 1975, lorsque l’Espagne avait abandonné le Sahara Occidental, il n’y en avait aucune. Depuis, « beaucoup de choses ont changé pour nous », explique Fatma Mehdi, secrétaire de l’UNMS et membre de la direction politique du Front Polisario. « Nous luttons pour l’indépendance de notre peuple, mais également pour celle de la femme parce que cette indépendance ne servirait à rien si nous ne parvenions pas à une société équitable ».

Aujourd’hui « nous avons beaucoup de chances pour nous former et nous développer en tant que personnes », dit Mehdi. Il y a chaque jour plus d’avancées. Cela est dû au statut qu’elles ont acquis en temps de guerre. « Nous avons levé les campements et nous avions dû nous faire valoir par nous-mêmes pendant longtemps », raconte t-elle. Le caractère nomade de cette population a également influé cette liberté de la femme sahraouie. « On nous respecte parce que nous avons toujours participé en conditions d’égalité dans toutes les tâches du foyer, des champs, de l’élevage du bétail… ».

Maintenant elles doivent travailler dur pour ne pas perdre les privilèges qu’elles ont gagné « avec tant d’efforts ». « Lorsque les hommes étaient revenus du front » en 1991, « nous avons senti la menace qu’ils voulaient reprendre de nouveau les rênes de la famille et qu’un certain machisme revenait s’implanter, mais nous nous efforçons pour atteindre l’égalité des chances et nous sommes sur le bon chemin ».

Maîtresses de leur foyer

Fatma, sait qu'il serait impossible que son discours  soit soutenu dans d’autres pays arabes, « comme au Maroc », par exemple. « Nous sommes les patronnes de notre foyer, nous n’avons pas besoin de demander la permission pour recevoir quelqu’un dans notre maison et rien ne peut nous être interdit ; ce n’est pas ainsi dans d’autres peuples ».

L’égalité est également entrée dans le monde de la politique. « 34% des députés du Parlement sont des femmes, alors que le nombre fixé était de 24% de députées ». Elles envisagent maintenant de créer une plateforme de femmes politiques et représentantes des institutions afin d’aborder les thèmes qui les préoccupent le plus et ainsi chercher leurs solutions. « Nous devons parvenir à ce qu’ils s’habituent à nous laisser des charges de responsabilité, car le fait qu’une femme se présente à la présidence de la République, ne parvient pas encore à leur entrer dans le crâne », ajoute Suelma Beirut, représentante des affaires Etrangères et de la Coopération de la UNMS.

L’alphabétisation est un des programmes les plus importants de cette organisation. « Nous ne voulons pas que nos femmes délaissent leur formation, faute de recours ». L’Union peut compter avec une structure très large dans toutes les provinces et les municipalités répartie dans tous les campements. Toutes leurs activités sont canalisées au travers de leurs délégations.

Zukeina a passé plusieurs heures avec la délégation de Smara. Dans la garderie de leurs installations, joue un groupe d’enfants sous le contrôle d’une jeune sahraouie. Pendant ce temps, leurs mères assistent à des cours ou se réunissent pour débattre sur des thèmes sociaux ou religieux. À côté du salon de beauté, quelques jeunes filles récitent le verbe « avoir ». Pilar Campo, de Cordoba et qui est établie à Barcelone, est leur professeur depuis plus d’un an. «  Elles sont très intelligentes, très bonnes étudiantes mais également très turbulentes et je les surprend souvent en train de se copier ».

Mariages et divorces

Les progrès qu’ont obtenu les femmes du désert est également parvenu dans les relations personnelles. « Les femmes ne doivent plus se marier avec le candidat élu par nos familles, la loi interdit le mariage avant l’âge de 16 ans et le divorce n’est plus mal vu », raconte Glana, une sahraouie de la province de Smara. Elle a 18 ans et ne pense pas encore à se fiancer. « Je veux d’abord étudier ».

Depuis que « nous sommes sorties du Sahara Occidental, notre liberté s’est amplifiée petit à petit », insiste la secrétaire de la UNMS. Et malgré la certitude que la femme divorcée ne soit pas répudiée, « dans la majorité des cas c’est l’homme qui a toujours le dernier mot parce que la femme sahraouie a encore beaucoup de difficulté à s’extérioriser ». Pour changer les choses, « il existe depuis quelques années des commissions d’écoute ». Lorsqu’une femme veut divorcer, elle peut venir à la commission « et là nous l’aidons à identifier ses problèmes, qu’elle les exprime et fasse le premier pas ; l’homme ne peut le refuser ».

Fatma craint que tout le terrain gagné dans l’égalité des genres pourrait se perdre, si l’on ne légifère pas les acquis qui se développent. « Nous luttons pour que cela se réalise, pour qu’il y ait des lois qui nous protègent, parce qu’il peut nous arriver la même chose qu’à d’autres peuples, dans lesquels la femme a joué un rôle important en temps de guerre et lorsque ils sont parvenus à installer la paix et l’indépendance, elle a été de nouveau emprisonnée à vie ». La femme sahraouie n’est pas disposée à perdre l’élan qui va permettre une société éduquée dans l’égalité des tous ses membres. Elles veulent un Sahara libre, pour tous.


archipielagonoticias

ESPAÑOL

Traduction: Esteban

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