23 août 2011

LIBYE : L'EMPIRE MÉDIATIQUE DE L'OTAN-ONU-FRANCE OCCULTE SON MASSACRE

Il faut voir...comment l'empire médiatique de l'OTAN-ONU-FRANCE est en train d'abuser le monde entier avec ses montages de toutes pièces pour occulter son massacre.

Dans les trucages vidéo d'Al Jazeera, du 22 août au soir, montrant des pseudo-manifestations de joie des mercenaires de l'OTAN dans la capitale libyenne, sur "leur" place verte, ils en oublient même les détails architecturaux ancestraux.

montagesurTripoli

L'annonce faite dans la journée du 22 août, par les mercenaires de l'OTAN, de la capture de deux fils Kadhafi, ont fait se réaliser à la hâte des émissions tv, partout dans le monde, comme la putride "C' dans l'air" produite par le lèche-bottes Calvi. Vous pouvez visionner et écouter ce groupuscule de "spécialistes" -toujours les mêmes habitués à cette table nauséabonde- dire que les fils Kadhafi étaient bel et bien arrêtés et en "sécurité" dans les mains des "rebelles" occidentaux. Et pendant que ces "spécialistes" nous abreuvaient de leurs savantes certitudes et explications sur France5, Saif al Islam un des fils Kadhafi, dont ils assuraient de source sûre qu'il était arrêté, s'affichait dans Tripoli.

Et de tels matraquages, il y en a malheureusement à longueur d'antenne et de papier.

Le clone politique, économique et social de Sarkozy,  future candidate à la présidence française, Martine Aubry, et les SOCIALISTES français, après avoir voté avec l'UMP la poursuite du massacre de civils libyens, félicite maintenant notre psychopathe de l'Élysée et son gouvernement (Le Figaro) (Le Monde), criminels contre l'humanité, d'avoir eu la clairvoyance de tuer des gens -qui ne faisaient de mal à personne- pour les protéger, et qu'il fallait continuer dans cette bonne voie.

Ceux qui auront donné un chèque en blanc à nos fascistes au pouvoir, devront s'expliquer. Il est certain que la seule issue pour ces assassins est de faire disparaître toutes les preuves de leur forfaiture et peu importe les souffrances que devront endurer les civils de ce pays.

Ils ont détruit des écoles, des hôpitaux, des maisons, des quartiers, détruits des pipelines et des pompes d'alimentation en eau pour les populations dans le désert, dévasté des entrepôts de nourriture, ravagé des centrales électriques, des dépôts de carburant, des commerces, des centraux téléphoniques, des pylônes haute-tension, la chaîne publique libyenne et tué des travailleurs à l'intérieur, violé, tué, massacré, déchiqueté, pulvérisé des familles entières, des milliers de bébés, enfants, femmes et vieillards qui ne leur avaient rien demandé ni rien fait.

La France a fait cela et elle va continuer avec l'appui de la gauche parlementaire qui ne s'oppose pas d'une manière ou d'une autre pour arrêter le malade élyséen. Toutes les minutes, le QG qatari -fer de lance de l'invasion- diffuse des télécopies de montages, de falsifications et de mensonges vers les laquais de l'armée médiatique installés dans les succursales de chaque pays. Cette championne de la propagande parvient à se jouer des esprits en sommeil de nos parlementaires de "gauche". Ceux-ci s'applatissent face à ce groupe d'assassins, cela veut dire qu'ils ne servent à rien ou/et qu'ils sont eux-mêmes des assassins.

Les idées diffèrent au sujet de la société libyenne -et à l'intérieur même de la Libye aussi bien sûr- mais ce que sont en train de faire Sarkozy, son gouvernement et les parlementaires français élus, de tous bords, et qu'ils font à l'heure actuelle au nom de la France contre ce petit peuple libyen mérite qu'ils soient tous jugés, non pas par le fantôche TPI, mais par le peuple libyen lui-même, pour crime contre l'humanité.

Bien que l'assassin Sarkozy qui ne représente seulement que 30% d'électeurs et qui n'a pas plus de légitimité que celui qu'il veut renverser, personne en France n'accepterait que l'on vienne nous dire de l'extérieur ce qui est bon pour nous et encore moins nous l'imposer par les armes, la destruction, les massacres et la tuerie de nos enfants. Nous devons être capables de le faire nous-mêmes.

Nous ne le faisons pas, c'est que nous n'en avons ni le besoin ni la volonté.

N'est-ce-pas la même chose pour les autres peuples ?

Il est à noter que cette offensive "Sirène" qui est prévue pour isoler Tripoli de tout contact extérieur (les médias sont retenus "pour leur sécurité" dans l'hôtel Rixos, par les mercenaires), risque de permettre, dans la plus totale et  despotique occultation des faits,  la sanglante invasion terrestre tant décrié par les signataires de la résolution 1973 de l'ONU. Comment vont réagir nos humanistes élus français de "gauche" ?
Quelques 20.000 libyens de la tribu Warfala convergeant vers Tripoli et l'armée féminine kadhafiste se préparent à toute invasion "humanitaire" de la capitale. C'est ce que l'occident appelle la révolution libyenne.

Une horreur !

Esteban

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18 août 2011

LIBYE : LA "RÉALITÉ" DE L'OTAN MAGNIFIÉE

Informations depuis la Libye 18/08

Ces derniers jours la "réalité" a été "magnifiée" par les multinationales de la presse -monopole du capital- pour laisser croire que les rebelles –mercenaires de l’OTAN- avaient intensifié les combats, fait des avancées importantes et qu’ils contrôlaient une grande majorité de villes dans toute la Libye. Cependant ces informations partiales font partie, une nouvelle fois, de la stratégie de désinformation de l’Organisation guerrière et meurtrière OTAN.

- Tripoli : À aujourd’hui la capitale vit presque normalement malgré les bombardements fréquents qu’elle a du subir. Les commerces sont ouverts et les gens se rendent normalement à leur travail.

- Zaouïa est entièrement calme et sous contrôle du gouvernement libyen.

- Les bombardements de L’OTAN sur Sabratha et Surman, ayant empêchés l’armée Libyenne d’avancer pour sécuriser les villes, devaient permettre l’entrée à des groupes de mercenaires (entre 20 et 30 véhicules), mais à Sabratha, la population qui aujourd’hui est armée a défendu sa ville et affronté ces petits groupes de criminels de l’OTAN qui venaient détruire et tuer. Il faut comprendre qu’il ne s’agit pas d’un affrontement entre deux armées mais d’un affrontement contre des petits groupes se déplaçant en véhicule et semant la panique. Selon les sources depuis Tripoli, les médias ont "magnifié " ce qui s’est passé à Sabratha car jamais ces mercenaires n’ont contrôlé quoi que ce soit de cette ville, et pour cause, partout dans le pays, ils ont le gros problème de n’avoir aucun soutien de la population. La majorité d’entre eux n'est même pas libyenne.

- Le passage entre la Tunisie et Tripoli est toujours ouvert mais depuis une semaine il n’est pas sans danger à cause des incursions des mercenaires qui visent les véhicules officiels. C’est une route qui est encore beaucoup fréquentée mais pour leur sécurité les convois officiels sont priés de ne pas l’emprunter.

- Benghazi : Des résidents nous racontent qu’il y a deux niveaux de train de vie. Le groupe qui dirige les "rebelles armés de l’OTAN" qui vivent dans le luxe et le reste de la population qui n’a plus d’argent car les banques sont vides. Il n’y a plus de gaz et les habitants se plaignent qu’ils n’ont plus rien et qu'une importante corruption s’est installée dans la ville. Des groupes armés pillent les maisons dont ils soupçonnent les propriétaires de soutenir le gouvernement libyen.

- Des affrontements ont lieu entre islamistes extrémistes et dirigeants des "rebelles armés".

- Beaucoup d’embrouille et de nombreux affrontements au sein même de la tribu de Younès.

- Il semblerait que ce soit Mustapha Abdul jalil et ses partisans qui aient tué Abdel Fattah Younès et qui maintenant veulent en finir avec Khalifa Hafter parce que lui aussi aurait trop pris de pouvoir, c’est pour cela qu’ils utilisent leur bras armé Al Qaïda. C’est la guerre entre ceux que l’occident considère comme le gouvernement légitime libyen (sic). Pour tous les libyens, il est clair que ces "rebelles" ne sont que des traitres désunis et corrompus, animés seulement par des intérêts particuliers.

- L’OTAN a tenté de récupérer Misratah après que l’armée libyenne en ait pris le contrôle.

- Pour cela, l’OTAN a transporté quelques 300 mercenaires par bateau et les a héliportés jusqu’à Misratah via Tawerga. Mais la défense de l’armée libyenne a été assez efficace pour garder le contrôle de la ville de Misratah.

- La ville de Tawerga a beaucoup souffert car l’OTAN l’a utilisée pour préparer l’attaque de Misratah.

- Dans les montagnes à l’ouest (les monts Nafusa) les mercenaires, dont parlent les médias aux ordres, ne sont que des petits groupes de mercenaires armés par l’OTAN qui ne contrôlent rien du tout mais qui tentent d’entrer dans les villes comme celle de Gharyan. Au pourtour de cette ville des affrontements ont lieu entre les mercenaires et l’armée libyenne appuyée par les citoyens qui prennent part au combat. Il n’y a pas de front, il s’agit de combats contre les mercenaires qui lancent des attaques sporadiques dans les rues.

- Gamal nous dit que " les rebelles ne sont pas une véritable force et que les gens sont contre eux. Ils ne peuvent pas contrôler les villes car ils n’ont pas le soutien des populations ".

- Tous les habitants de la ville d’Al Assabah défendent leurs maisons contre les "rebelles" qui tentent de créer le chaos…

Trad : Esteban

Source : "Desde libia...18/08"

Source vkontakteru (Pavel)

situationvilleslibye180811
En vert, les villes sous contrôle du gouvernement libyen
En rouge, celles où il y a des affrontements
En marron, occupées par les "rebelles de l'OTAN"


Les libyens n'acceptent ni ingérence, ni soumission. Les massacres de leurs bébés, leurs enfants, leur femme et leurs ainés ne sont pas monayables, pas tolérables. Face à l'adversité le peuple libyen s'unit et se soude encore plus fort, l'Occident l'ignorait, maintenant il le sait. Toutes les tribus du pays se sont engagées dans la défense organisée par le gouvernement libyen, les populations armées dans toutes les villes y compris à l'est du pays sont passées à l'offensive contre les mercenaires armés de l'OTAN. Si la coalition veut poursuivre avec sa conquête de l'Afrique, avec le pillage des dernières ressources que les libyens ne lui laissent pas contrôler, il va falloir, et elle en est capable,  qu'elle massacre 90% de ce peuple Libyen qui soutien ses dirigeants. Les peuples du monde vont-ils regarder et laisser faire ?...

Esteban

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17 août 2011

LIBYE : WASHINGTON TENTE DE VOLER 1,5 MILLIARDS DE DOLLARS [AU PEUPLE LIBYEN] POUR PAYER SES SALARIÉS DU CNT

Les États-Unis ont tenté de s’emparer lundi dernier d’1 500 000 000 de dollars appartenant à l’État libyen, mais en ont été empêchés in extremis par l’Afrique du Sud. Les documents produits lors de cet épisode, et que révèle le Réseau Voltaire, attestent que les membres du CNT et leurs fonctionnaires sont directement salariés par un organe US.

Mardi 9 août 2011, Sana Khan, secrétaire du Comité des sanctions mis en place par la résolution 1970 du Conseil de sécurité, a transmis aux membres du Comité un avis émanant de l’ambassadrice Susan Rice, représentante permanente des États-Unis à l’ONU.

Dans cette missive, dont le Réseau Voltaire s’est procuré une copie [document téléchargeable au bas de cette page], Washington informe le Comité de son intention de dégeler 1 500 000 000 de dollars appartenant à la Banque centrale de Libye, à l’Autorité libyenne d’investissement, à la Banque étrangère de Libye, au Portefeuille d’investissement libyen en Afrique et à la Compagnie nationale libyenne du pétrole.

Arguant que ce dégel est légal lorsque les fonds sont destinés à des fins humanitaires ou civiles (article 19 de la Résolution 1970 [1]), Washington indique qu’il affectera unilatéralement cette somme comme suit :

  •   500 000 000 de dollars à des organisations humanitaires de son choix « pour répondre aux besoins humanitaires actuels et à ceux que l’on peut anticiper, dans la ligne de l’appel des Nations Unies et de ses mises à jour prévisibles » ;
  •   500 000 000 de dollars à « des sociétés d’approvisionnement en fuel et en biens humanitaires nécessaires  » ;
  •   500 000 000 de dollars au Temporary Financial Mechanism (TFM) pour « payer les salaires et les dépenses de fonctionnement des fonctionnaires libyens, des dépenses alimentaires, de l’électricité et d’autres achats humanitaires  ». Sur cette somme, 100 000 000 de dollars seront provisionnées afin d’être ultérieurement affectés aux besoins humanitaires des Libyens dans les zones non contrôlées par le Conseil de transition nationale (CNT) lorsque celui-ci aura établi « un mécanisme crédible, transparent et effectif » pour les leur transmettre.

En clair, les États-Unis ont informé le Comité des sanctions de leur intention de s’emparer 1,5 milliard de dollars qu’ils attribueraient pour un tiers à leurs propres services humanitaires (USAID…), pour un second tiers à leurs propres multinationales (Exxon, Halliburton etc.), et pour le restant au TFM, un bureau du LIEM, lequel n’est qu’un organe officieux créé par Washington et avalisé par le Groupe de contact pour administrer la Libye [2].

Washington a fait savoir qu’il considérerait avoir l’accord tacite du Comité des sanctions dans les cinq jours suivant la réception de sa notification.

Malheureusement, la Libye ne pouvait pas s’opposer à ce vol, car elle n’est pas représentée à ce Comité. En effet, son ancien ambassadeur a fait défection, et —en violation de l’Accord de siège— le Département d’État n’a toujours pas délivré de visa à son nouvel ambassadeur.

Washington entendait bien profiter de cette absence forcée pour s’emparer du butin. Au demeurant, la France a déjà ouvert une brèche en volant 128 millions de dollars dans les mêmes conditions.

baso sangqu

 

C’est en définitive le représentant permanent de l’Afrique du Sud,
l’ambassadeur Baso Sangqu, qui a fait obstacle à la manœuvre.

 

 

Outre la rapacité des États-Unis, cet invraisemblable épisode confirme que l’auto-proclamée « Libye libre » de Benghazi et Misrata n’est pas gouvernée par le Conseil national de transition (CNT). Celui-ci n’est qu’une façade, au demeurant fort lézardée. L’Est de la Libye, contrôlé par l’OTAN, est administré par le Libyan Information Exchange Mechanism (LIEM), un organe informel, sans personnalité juridique, mis en place à Naples par les seuls États-Unis, même si certains de ses employés sont des Italiens.

Les fonds que l’on présente comme attribués au CNT sont en réalités remis au LIEM qui les utilise pour salarier les membres du CNT et leurs fonctionnaires. La différence est de taille : le Conseil national de transition n’a pas de politique propre, il se contente d’exécuter la politique des États-Unis. Et c’est bien normal lorsque l’on sait que le CNT n’a pas été formé lors des événements de Benghazi, mais plusieurs années avant à Londres comme un gouvernement provisoire en exil.

Par conséquent, l’action militaire des États-Unis et de leurs alliés de l’OTAN ou du Conseil de coopération du Golfe n’a pas pour objectif de mettre en œuvre la protection des civils prévue par la résolution 1973, et encore moins la « libération des Libyens », mais bien la colonisation du pays.

Thierry Meyssan

Documents joints:

facsimilé transac

 

Fac similé
du document original
du Comité des sanctions
des Nations Unies

(PDF - 4.5 Mo)

 

 

 

 

[1] « Résolution 1970 sur la Libye », Réseau Voltaire, 26 février 2011.

[2] « Libye : Washington prépare sa revanche », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 21 juillet 2011.

Source : "Washington tente de voler 1,5 milliard de dollars pour payer ses salariés du CNT "
Article publié le 16 août 2011 sur reseau Voltaire

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15 août 2011

LIBYE : LA FIN DES ILLUSIONS OCCIDENTALES

Cinq mois après le début des bombardements, il n’est plus possible de croire la version officielle du début des évènements en Libye et des massacres imputés au « régime de Kadhafi ». Simultanément, il faut désormais tenir compte de la riposte judiciaire et diplomatique libyenne qui met en évidence les crimes contre la paix commis par la propagande TV, les crimes de guerre perpétrés par les militaires de l’OTAN, et les crimes contre l’humanité commis par les dirigeants politiques de l’Alliance atlantique.

KADHAFI
Mouammar Kadhafi

Une petite moitié d’Européens soutiennent encore la guerre contre la Libye. Leur position se fonde sur des informations erronées. Ils croient en effet encore que le «  régime de Kadhafi » a réprimé dans le sang des manifestations à Benghazi en février et a bombardé des quartiers de Tripoli, tandis que le colonel lui-même aurait promis de faire couler des « fleuves de sang » si ses compatriotes continuaient à contester son autorité.

En deux mois d’enquête sur le terrain, j’ai pu vérifier par moi-même que ces accusations sont des intoxications de pure propagande, imaginées par les puissances de l’OTAN pour créer les conditions de la guerre, et relayées dans le monde entier par leurs chaînes de télévision : Al-Jazeera, CNN, BBC et France24.

Le lecteur qui ne sait où se situer dans ce débat et qui, malgré les intox du 11-Septembre et des armes de destruction massives de Saddam Hussein, rechigne à envisager que les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et le Qatar aient pu fabriquer de tels mensonges, peut néanmoins se faire une opinion avec le temps. L’OTAN, la plus vaste coalition militaire de l’Histoire, n’est pas parvenue en cinq mois de bombardements à renverser celui qu’elle décrit comme un «  tyran ». Chaque vendredi, une vaste manifestation de soutien au régime est organisée dans une ville différente du pays et tous les experts s’accordent aujourd’hui à dire que le colonel Kadhafi dispose d’au moins 90 % de soutien populaire en Tripolitaine et d’au moins 70 % à l’échelle du pays entier, incluant les zones « rebelles ». Ces gens souffrent tous les jours du blocus, des bombardements aériens et des combats au sol. Jamais ils ne soutiendraient avec leur chair et leur sang un individu qui aurait commis contre eux les crimes dont il est accusé par la « communauté internationale ». La différence entre ceux qui croient en Occident que Kadhafi est un tyran qui a fait tirer sur son propre peuple, et ceux qui croient en Libye que c’est un héros de la lutte anti-impérialiste, c’est que les premiers vivent dans l’illusion créée par la propagande TV, tandis que les autres ont sur place l’expérience de la réalité.

Ceci étant posé. Il existe une seconde illusion dont sont victimes les Occidentaux —et j’inclus désormais dans le camp « occidental », non seulement Israël qui s’en revendique depuis toujours, mais aussi les monarchies du Conseil de Coopération du Golfe et la Turquie qui, bien que de culture orientale, ont choisi ce camp— : ils persistent à penser qu’il est encore possible de dévaster un pays et de tuer sa population sans conséquences juridiques. Il est vrai que, jusqu’à présent, la Justice internationale n’a été qu’une justice des vainqueurs ou des puissants. On se souvient de ce dignitaire nazi qui apostrophait ses juges à Nuremberg leur disant que si le Reich avait gagné la guerre, ce serait les nazis qui seraient juges et les Alliés qui devraient rendre compte de leurs crimes de guerre. Plus récemment, nous avons vu l’usage fait par l’OTAN du Tribunal pénal pour l’ex-Yougoslavie pour tenter de justifier a posteriori que la guerre du Kosovo était la « première guerre humanitaire de l’Histoire », selon l’expression de Tony Blair. Ou encore, comment le Tribunal spécial pour le Liban, a été utilisé pour tenter de renverser le gouvernement syrien, puis pour décapiter le Hezbollah libanais, et probablement bientôt pour accuser les Gardiens de la Révolution iranienne. Sans oublier, le Tribunal pénal international, bras séculier des puissances coloniales européennes en Afrique.

Cependant, le développement des instruments et des organes de Justice internationaux au cours du XXe siècle a établi progressivement un ordre international auquel les grandes puissances elles-mêmes vont devoir se conformer, où qu’elles devront saboter pour fuir leurs responsabilités. Dans le cas libyen, on ne compte plus les violations du droit international. En voici les principales, telles qu’elles ont été établies par le Comité Technique Provisoire —organe libyen de coordination interministérielle— et décrites par l’avocat de la Grande Jamahiriya Arabe Libyenne, le Français Marcel Ceccaldi [1], lors de différentes conférences de presse.

Les chaînes de télévision qui, sous l’impulsion de leurs gouvernements respectifs, ont fabriqué de fausses informations pour conduire à la guerre, sont coupables de « crime contre la paix », tels que définis par les résolutions pertinentes de l’Assemblée générale de l’ONU adoptées au lendemain de la Seconde Guerre mondiale [2]

. Les journalistes-propagandistes doivent être considérés comme plus coupables encore que les militaires qui ont exécuté des crimes de guerre ou des crimes contre l’humanité, dans la mesure où aucun de ces crimes n’aurait été possible sans celui qui les a précédés, le « crime contre la paix ».

Les chefs politiques de l’Alliance atlantique qui ont détourné la Résolution 1973 de son objet pour se livrer à une guerre d’agression contre un État souverain sont personnellement responsables devant la Justice internationale. En effet, selon la jurisprudence établie au lendemain de la Seconde Guerre mondiale par le Tribunal de Tokyo, les crimes ne sont pas le fait des États ou des organisations, mais bien des individus. Piller les avoirs d’un État, instaurer un blocus maritime et bombarder des infrastructures pour faire souffrir les populations, attaquer une armée dans ses casernes, ordonner d’assassiner des leaders ennemis et, à défaut, de les terroriser en assassinant leur famille, sont autant de crimes de guerre. Les perpétrer de manière systématique, comme c’est le cas aujourd’hui, constitue un crime contre l’humanité. Ce crime est imprescriptible, ce qui signifie que MM. Obama, Sarkozy, Cameron et Al-Thani seront poursuivis par la Justice toute leur vie.

L’OTAN, en tant qu’organisation, est civilement responsable des dommages matériels et humains de cette guerre. Il ne fait aucun doute en droit qu’elle doit payer, même si elle tentera sûrement d’invoquer un privilège de juridiction pour fuir ses responsabilités. Il appartiendra ensuite à l’Alliance de voir comment répartir la facture de ce conflit entre ses États membres, alors même que certains d’entre eux sont au bord de la faillite. Il s’en suivra des conséquences économiques désastreuses pour leurs populations, coupables d’avoir avalisé ces crimes. Et, en démocratie, personne ne peut prétendre être innocent des crimes commis en son nom.

La Justice internationale devra se pencher plus particulièrement sur le cas de « l’administration » Sarkozy —j’emploie ici cet anglicisme pour souligner que désormais le président français conduit directement la politique de son gouvernement sans passer par son Premier ministre—. En effet, la France a joué un rôle central dans la préparation de cette guerre en organisant en octobre 2010 une tentative manquée de coup d’Etat militaire, puis en planifiant avec le Royaume-Uni dès le mois de novembre 2010 le bombardement de la Libye et un débarquement au sol que l’on croyait alors possible, enfin en participant activement aux troubles meurtriers de Benghazi qui aboutirent à la guerre. En outre, la France, plus que toute autre puissance, a déployé des Forces spéciales au sol —certes sans leurs uniformes— et a violé l’embargo sur les armes approvisionnant les insurgés —directement ou au moyen d’avions qatariotes—. Sans oublier que la France a violé le gel onusien des avoirs libyens, détournant une partie des fabuleuses liquidités du Fond souverain libyen au profit des fantoches du CNT et au détriment du peuple libyen qui croyait assurer le bien-être de ses enfants une fois le pétrole épuisé.

Ces Messieurs de l’OTAN qui espéraient échapper à la Justice internationale en écrasant en quelques jours leur victime, la Libye, de sorte qu’elle n’aurait survécu pour les poursuivre, vont devoir déchanter. La Libye est toujours là. Elle dépose des plaintes devant la Cour pénale internationale, les tribunaux belges (juridiction dont dépend l’OTAN), la Cour de Justice européenne, les juridictions nationales des États agresseurs. Elle entreprend des démarches devant le Conseil des Droits de l’homme de Genève, le Conseil de sécurité et l’Assemblée générale des Nations Unies. Il ne sera pas possible aux grandes puissances d’éteindre tous ces incendies à la fois. Pis, les arguments qu’elles utiliseront pour échapper à une juridiction se retourneront contre elles devant une autre. Dans quelques semaines, dans quelques mois, si elles ne sont pas parvenues à détruire Tripoli, elles n’auront plus d’autres échappatoires pour prévenir d’humiliantes condamnations que de négocier au prix fort le retrait des plaintes.

[1] Mettant fin à la confusion qui a prévalu au début de la guerre lorsque divers ministères engageaient des avocats différents pour des procédures désordonnées, la Libye a désigné en juillet Marcel Ceccaldi pour superviser l’ensemble des procédures en cours.

[2] « Les journalistes qui pratiquent la propagande de guerre devront rendre des comptes », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 14 août 2011.

Thierry Meyssan

Source : "La Libye et la fin des illusions occidentales"
Article publié le 14 août 2011 sur le Reseau Voltaire

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28 juillet 2011

BOLIVIE: "LÀ OÚ IL Y A UN AMBASSADEUR US, IL Y A UN COUP D'ÉTAT"

 Au cours de son intervention, ce mercredi devant l’assemblée des Nations Unies, Evo Morales a dénoncé les politiques impérialistes des USA.

evo_morales_250711Evo Morales

Le Président Morales a affirmé que " là où il y a un Ambassadeur des USA, il y a un coup d’État (…), le seul pays où il n’y a pas de coup d’État sont les USA ".

En ce sens, Morales a assuré que " je crains beaucoup le gouvernement nord-américain car je connais ses opérateurs politiques, il joue avec le narcotrafic pour nourrir ses intérêts géopolitiques."

"Je souhaite vivement améliorer les relations diplomatiques avec les USA, mais nous ne voulons pas que ces relations soient utilisées à des fins de conspiration, c’est pour cela que nous avons renvoyé leur Ambassadeur en 2008 et je ne regrette pas, car il fomentait une conspiration politique et mon devoir en tant que Président est celui de défendre la dignité de mon pays " a affirmé Morales.

À l’occasion de sa conférence de presse depuis New York, le Président de la Bolivie Evo Morales a dit que " la nouvelle qui nous arrive des USA, selon laquelle il y a deux mois l’avion présidentiel était consigné aux USA suite à la découverte de traces de cocaïne, est une nouvelle qui nous a surpris et nous a alarmé. Cette année je n’avais pas voyagé une seule fois aux USA, ce voyage, aujourd’hui, est le premier que je réalise pour m’entretenir sur le thème de l’eau ".

Le Président bolivien a signalé, que maintenant, les pays capitalistes qualifient de terroristes tous les gouvernements de gauche, et depuis [les attentats NdT] le 11 septembre 2001, ils le font avec encore plus d’insistance. " [avant] Ils m’accusaient bien d’être le Ben Laden andin en Bolivie. Dernièrement je n’étais plus le communiste ni le terroriste mais le narcotrafiquant ".

C’est pour cela, que je considère comme " fausses les accusations sur l’avion présidentiel soi-disant retenu à cause de découverte de traces de cocaïne à l'intérieur. Cela nous laisse penser qu’ils sont prêts à nous impliquer [dans le narcotrafic NdT] ».

En ce qui concerne l’expulsion de Bolivie de l’agence contre le trafic de drogue , le président bolivien a clarifié: " La DEA nord-américaine ne luttait pas contre le narcotrafic, mais le contrôlait plutôt à des fins politiques ".

D’autre part, au sujet de l’objectif des Nations Unies de réduire la pauvreté mondiale, le Président bolivien assurait que " Au sein des Fonds de Coopération, tant que le gouvernement nord-américain continuera à désigner qui doit recevoir l’argent (dans ce cas il s’agit d’entrepreneurs [entreprises]), l’objectif ne se matérialisera jamais ".

Traduction : Esteban

Source : "evo morales donde hay embajador eeuu hay golpe estado"
Article publié le 28 juillet 2011

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12 juillet 2011

LIBYE : L’OTAN FACE À L’INGRATITUDE DES LIBYENS

La Coalition des volontaires était venue en Libye pour sauver la population civile de la répression du tyran Kadhafi. Quatre mois plus tard, les foules libyennes ont déserté le territoire libéré de Benghazi et se massent dans de gigantesques manifestations anti-OTAN. Confrontée à une réalité politique inattendue, l’armada de l’Alliance atlantique n’a plus de stratégie. Les Italiens ont amorcé leur retrait, les Français cherchent la sortie.

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Le gouvernement libyen espérait réunir 1 million de personnes, le 1er juillet 2011 à Tripoli, pour manifester contre l’OTAN. À la surprise des autorités tout autant que de l’Alliance atlantique, ils étaient 1,7 million.

111 jours après le début de l’intervention de la Coalition des volontaires en Libye, aucune solution militaire n’est en vue et les experts s’accordent tous à dire que le temps joue en faveur du gouvernement libyen, sauf coup de chance et assassinat de Mouammar el-Kadhafi.

Le 7 juillet, le conseil des ministres italien a réduit de moitié l’engagement du pays à l’effort de guerre et a retiré son porte-hélicoptères. Le président Silvio Berlusconi a déclaré qu’il avait toujours été hostile à ce conflit, mais avait été contraint par son parlement d’y participer.

Le 10 juillet, le ministre français de la Défense, Gérard Longuet, a évoqué une solution politique qui passerait par un départ de M. Kadhafi « dans une autre aile de son palais et avec un autre titre ». Vu qu’il n’y a plus de palais, la première condition est de pure forme, quand à la seconde, personne n’en comprend le sens, sinon qu’il s’agit d’une échappatoire sémantique.

Les structures sociales et politiques libyennes sont issues de la culture locale et sont manifestement difficiles à comprendre pour nombre d’Occidentaux. Il s’agit d’un système monocaméral de démocratie participative, qui fonctionne remarquablement bien au niveau local, doublé d’un forum tribal qui ne constitue pas une seconde chambre, un sénat, puisqu’il n’a pas de pouvoir législatif, mais intègre les solidarités claniques dans la vie politique. À ce dispositif, s’ajoute la figure du « Guide », qui ne dispose d’aucun pouvoir légal, mais d’une autorité morale. Nul n’est forcé de lui obéir, mais la plupart le font, comme ils agiraient au sein de leur famille vis-à-vis d’un ainé, bien que rien ne les y contraigne. Dans l’ensemble ce système politique est paisible et les gens ne manifestent aucune peur de la police, excepté lors des tentatives de prise de pouvoir ou encore lors de la mutinerie de la prison d’Abou Salim (1996) qui ont été réprimées de manière particulièrement sanglante.

Ces précisions permettent de percevoir le caractère absurde des buts de guerre de la Coalition des volontaires.

Officiellement celle-ci intervient à l’appel du Conseil de sécurité des Nations unies pour protéger les victimes civiles d’une répression de masse. Mais aujourd’hui, les Libyens sont persuadés que cette répression n’a jamais existé et que l’armée de l’air libyenne n’a jamais bombardé de quartiers de Benghazi ou de Tripoli. La partie de la population libyenne qui a cru ces informations diffusées par les chaînes de télévision internationales s’est ravisée. Les gens, qui ont tous des parents et amis dispersés dans le pays, ont eu le temps de se renseigner sur les dangers encourus par leurs proches et ont conclu qu’ils avaient été intoxiqués.

Sur ce sujet, comme sur bien d’autres, le monde est désormais divisé entre ceux qui croient la version US et ceux qui n’y croient pas. Pour ma part, je réside actuellement à Tripoli dans le quartier réputé hostile à M. Kadhafi qui se serait soulevé contre lui et qui aurait été bombardé par son aviation au début du conflit. Je peux attester qu’il n’y a aucune trace de tels événements, à l’exception d’une voiture brûlée. Les seuls immeubles qui ont été bombardés sont des bâtiments officiels qui ont été tardivement détruits par des missiles de l’OTAN.

Quoi qu’il en soit, les principaux leaders de l’OTAN ont évoqué publiquement un autre but de guerre, que certains membres de la Coalition ne semblent pas partager : la démission de M. Kadhafi, le « changement de régime ». On entre alors dans une confusion inextricable. D’une part, cette exigence n’a aucun fondement juridique au regard des résolutions pertinentes de l’ONU et n’est aucunement liée à l’objectif affiché de protection de populations réprimées. D’autre part, la démission de M. Kadhafi n’a aucun sens puisqu’il ne dispose d’aucune fonction institutionnelle, mais uniquement d’une autorité morale qui ressort des structures sociales et non pas politiques. Enfin, on ne voit pas de quel droit des membres de l’OTAN s’opposent au processus démocratique et décident en lieu et place du peuple libyen qu’il doit écarter un de ses leaders.

Au demeurant, cette confusion confirme que cette guerre répond à des mobiles inavoués qui ne sont pas partagés par tous les membres de la Coalition des volontaires.

Le principe d’une attaque simultanée de la Libye et de la Syrie a été acté par le pouvoir US dans la semaine suivant les attentats du 11 septembre 2001. Il a été exposé publiquement la première fois par John Bolton, alors secrétaire d’État adjoint, dans son discours du 6 mai 2002 intitulé « Au-delà de l’Axe du Mal ». Il a été confirmé par le général Wesley Clark, lors d’un célèbre entretien télévisé, le 2 mars 2007. L’ancien commandeur de l’OTAN y a présenté la liste des États qui seraient successivement attaqués par les États-Unis dans les prochaines années.

Les straussiens [1] avaient prévu d’attaquer initialement l’Afghanistan, l’Irak et l’Iran dans le cadre du « remodelage du Moyen-Orient élargi », puis lors de la seconde phase d’attaquer la Libye, la Syrie et le Liban pour étendre le processus au remodelage du Levant et de l’Afrique du Nord, puis encore dans une troisième phase d’attaquer la Somalie et le Soudan pour remodeler l’Afrique de l’Est.

L’attaque de l’Iran ayant été différée pour des raisons militaires évidentes, nous sommes entrés directement dans la Phase II, sans lien avec les événements réels ou imaginaires de Benghazi. La Coalition des volontaires se trouve embarquée dans un processus qu’elle n’a pas voulu et qui la dépasse.

La stratégie US, mise en œuvre par la France et le Royaume-Uni —associés comme au bon vieux temps de l’expédition de Suez—, était fondée sur une analyse particulièrement fine du système tribal libyen. Sachant que les membres de certaines tribus —principalement les Warfallah— ont été écartés des postes à responsabilité à la suite du putsch manqué de 1993, l’OTAN devait attiser leurs frustrations, les armer et les utiliser comme levier pour renverser le régime et installer un gouvernement pro-occidental. Selon M. Berlusconi, MM. Sarkozy et Cameron auraient indiqué lors d’une réunion des alliés le 19 mars que «  la guerre se terminerait quand il y aurait, comme on s’y attend, une révolte de la population de Tripoli contre le régime actuel ».

Cette stratégie a connu son apogée, le 27 avril, avec l’appel de 61 chefs de tribus en faveur du Conseil national de transition. À noter que, dans ce document, il n’est déjà plus question des massacres attribués au « régime » à Benghazi et à Tripoli, mais de son intention supposée de les perpétrer. Les signataires remercient la France et l’Union européenne d’avoir empêché un carnage annoncé et non d’avoir stoppé un carnage en cours.

Depuis cet appel, de manière continue et sans interruption, les tribus de l’opposition se sont ralliées une à une au gouvernement de Tripoli et leurs chefs sont venus faire publiquement allégeance à Mouammar Kadhafi. En réalité ce processus avait commencé bien avant et avait été mis en scène, le 8 mars, lorsque le «  Guide » avait reçu l’hommage de chefs de tribu à l’hôtel Rixos, au milieu des journalistes occidentaux transformés en boucliers humains et médusés par cette nouvelle provocation.

Ceci s’explique simplement : l’opposition intérieure à Kadhafi n’avait aucune raison de renverser le régime avant les événements de Benghazi. L’appel du 27 avril se basait sur des informations que les signataires considèrent aujourd’hui comme des intoxications. Dès lors, chacun s’est rallié au gouvernement national pour lutter contre l’agression étrangère. Conformément à la culture musulmane, les rebelles qui ont fait la preuve de leur bonne foi ont été automatiquement pardonnés et incorporés dans les forces nationales.

Peu importe pour notre analyse de savoir si la répression par le régime de Kadhafi est une réalité historique ou une mythe de la propagande occidentale, ce qui compte, c’est de savoir ce que pensent aujourd’hui les Libyens en tant que peuple souverain.

Il faut ici observer le rapport de force politique. Le Conseil national de transition (CNT) n’a pas su se constituer de base sociale. Sa capitale provisoire, Benghazi, était une ville de 800 000 habitants. Des centaines de milliers d’entre eux ont célébré sa création en février. Aujourd’hui la « ville libérée par les rebelles » et « protégée par l’OTAN » est en fait une agglomération morte qui ne compte plus que quelques dizaines de milliers d’habitants, souvent des gens qui n’ont pas les moyens de partir. Les Benghazis n’ont pas fuit les combats, ils ont fuit le nouveau régime.

À l’inverse, le « régime de Kadhafi » a été capable de mobiliser 1,7 million de personnes lors de la manifestation du 1er juillet à Tripoli et il vient de s’engager dans l’organisation de manifestations régionales chaque vendredi. La semaine dernière, ils étaient ainsi plus de 400 000 à Sabha (Sud) et l’on attend une foule identique vendredi à Az Zawiyah (Ouest). Notez bien que ces manifestations sont dirigées contre l’OTAN qui a tué plus d’un millier de leurs compatriotes, détruit les infrastructures non pétrolières du pays et coupé tout approvisionnement par un blocus naval, elles s’articulent autour d’un soutien au « Guide » comme leader anticolonialiste, mais ne valent pas nécessairement approbation a posteriori de tous les aspects de sa politique.

En définitive, le peuple libyen a parlé. Pour lui, l’OTAN n’est pas venu le protéger, mais conquérir le pays. C’est Kadhafi qui le protège face à l’agression occidentale.

Dans ces conditions l’OTAN n’a plus de stratégie. Pas de « Plan B ». Rien. Les défections côté Conseil national de transition sont si nombreuses que, selon la plupart des experts, les « forces rebelles » ne comprennent plus qu’entre 800 et 1 000 combattants, certes surarmés par l’Alliance, mais incapables de jouer un rôle significatif sans soutien populaire. Il est probable que les commandos des forces spéciales déployés au sol par l’OTAN sont plus nombreux que les combattants libyens qu’ils encadrent.

Le retrait italien et les déclarations du ministre français de la Défense ne sont pas surprenants. Malgré sa puissance de feu sans équivalent dans l’Histoire, l’armada de l’OTAN a perdu cette guerre. Non pas bien sûr au plan militaire, mais parce qu’elle a oublié que « la guerre est la continuation de la politique par d’autres moyens » et qu’elle s’est trompée politiquement. Les hurlements de Washington, qui a réprimandé le ministre français et refuse de perdre la face, n’y changeront rien.

Thierry Meyssan,
de Tripoli (Libye) le 11 juillet 2011

[1] Les disciples de Leo Strauss, Ndlr.

Article original publié le 11 juillet 2011 sur réseau voltaire

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28 juin 2011

LIBYE : TRIPOLI BOMBARDÉ NE FAIBLIT PAS

Un groupe international d’enquêteurs du Réseau Voltaire est actuellement en Libye. Il a pu se rendre sur des lieux de bombardements. Disposant de la confiance des autorités libyennes, il a pu rencontrer quelques uns des dirigeants politiques et sécuritaires malgré les conditions de guerre. Leur constat est diamétralement opposé aux images véhiculées par la presse occidentale. Thierry Meyssan livre leurs premières observations.

Thierry MessanThierry Meyssan

Au centième jour de bombardement de la Libye, l’OTAN annonce l’imminence de son succès. Cependant, les buts de guerre n’étant pas clairement précisés, on ignore en quoi consistera ce succès. Simultanément, la Cour pénale internationale annonce la mise en accusation du Guide Mouammar Kadhafi, de son fils Saif al-Islam et du chef des services de renseignement intérieur, Abdallah al-Senoussi pour « crimes contre l’humanité ».

Si l’on se rapporte à la résolution 1973 du Conseil de sécurité, la Coalition des États volontaires vise à établir une zone d’exclusion aérienne afin d’empêcher les troupes du tyran de tuer son propre peuple. Cependant, les informations initiales selon lesquelles l’armée de l’air libyenne a bombardé des villes qui s’étaient soulevées contre le pouvoir de Tripoli ne sont toujours pas corroborées, bien qu’elles soient considérées comme fiables par la Cour pénale internationale. Quoi qu’il en soit, les actions de l’OTAN ont très largement dépassé l’instauration d’une zone d’exclusion aérienne pour se transformer en une destruction systématique des fores armées nationales, air, terre et mer.

Les objectifs de l’OTAN sont probablement autres. Les leaders de l’Alliance ont ainsi évoqué de nombreuses fois le renversement du « régime » de Mouammar Kadhafi, voire l’élimination physique du « frère Guide ». Les médias occidentaux évoquent des « défections massives » des cadres de Tripoli et leur ralliement à la cause des insurgés de Benghazi, mais ils ne parviennent pas à citer de noms, sinon ceux d’hommes politiques connus de longue date pour être favorables au rapprochement avec Washington, tel l’ex-ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa.

L’opinion publique internationale est massivement désinformée. Washington a fait couper les retransmissions de la télévision libyenne sur le satellite ArabSat, dont la Jamahariya est pourtant actionnaire. Le département d’État ne devrait plus être long à faire de même avec NileSat.

En violation de ses engagements internationaux, Washington a refusé un visa au nouveau représentant libyen à l’ONU. Il ne peut venir à New York exposer son point de vue, tandis que son prédécesseur, rallié au CNT continue à occuper son siège.

La voix de Tripoli étant étouffée, il est possible de répandre n’importe quel mensonge sans crainte d’être contredit.

Rien d’étonnant donc à ce que vu de Tripoli, d’où cet article est écrit, les communiqués de l’OTAN et les injonctions de la Cour pénale internationale paraissent irréels. L’Ouest de la Libye est paisible. À des moments aléatoires, les sirènes annoncent l’arrivée des bombardiers ou des missiles. Suivi immédiatement des explosions qu’ils provoquent. Il est inutile de courir aux abris, d’une part parce que le temps est trop court et d’autre part, parce qu’il n’y a guère d’abris.

Les bombardements sont ciblés avec une extrême précision. Les munitions guidées touchent les bâtiments visés, et dans ces bâtiments, les pièces visées. Toutefois, l’OTAN perd le contrôle en vol d’environ un missile guidé sur dix. Celui-là tombe à l’aveuglette. N’importe où dans la ville, semant la mort au hasard.

Si une partie des cibles de l’OTAN sont « militaires » : casernes et bases ; la plupart sont « stratégiques », c’est-à-dire économiques. Par exemple, l’Alliance a bombardé l’imprimerie de la Monnaie libyenne, une administration civile chargée de fabriquer les dinars. Ou encore, ses commandos ont saboté des usines qui faisaient concurrence à celles de membres de la Coalition. D’autres cibles sont dites « psychologiques ». Il s’agit de toucher dans leur chair les dirigeants politiques et sécuritaires en massacrant leurs familles. Les missiles sont alors pointés sur les habitations privées, et plus précisément sur les chambres à coucher des enfants des dirigeants.

habitation Kadhafi
La chambre à coucher de Mouammar Kadhafi, bombardée par l’OTAN.
L’Alliance a détruit deux autres chambres du bâtiment,
celle de son fils et de ses petits enfants, qui sont morts.
Le Guide était absent.

L’ambiance dans la capitale et sur la côte est lourde. Mais la population reste soudée. Les Libyens soulignent qu’aucun de leurs problèmes intérieurs ne justifie le recours à la guerre. Ils évoquent des revendications sociales et des questions régionales, comme il en existe dans les États européens, mais rien qui doive conduire à déchirer les familles comme on est en train de le faire en imposant une partition du pays.

Face à l’OTAN, des dizaines de milliers de bourgeois aisés ont plié bagage et sont allés se réfugier dans les pays limitrophes, notamment en Tunisie, laissant aux pauvres le soin de défendre la patrie qui les a enrichis. De nombreux commerces sont fermés sans que l’on sache s’ils doivent faire face à des difficultés d’approvisionnement ou si leurs propriétaires ont fuit.

Comme en Syrie, la plupart des opposants politiques font bloc derrière le gouvernement pour protéger l’intégrité du pays face à l’agression étrangère. Pourtant, certains Libyens, anonymes et invisibles, renseignent l’OTAN pour localiser ses cibles. Jadis leurs parents accueillaient les armées coloniales italiennes, aujourd’hui ils scandent avec leurs homologues de Benghazi : « 1, 2, 3, Sarkozy arrive !  ». Chaque peuple a ses traîtres et ses collabos.

Les exactions commises par les mercenaires du prince Bandar en Cyrénaique ont terminé de convaincre bien des hésitants. La télévision montre en boucle les œuvres des leaders d’Al Qaida en Libye, dont certains ont été libérés directement de Guantanamo pour combattre aux côtés des États-Unis. Des images insoutenables de lynchage et de mutilations dans des villes érigées en Émirats islamistes, à la mode afghane ou irakienne, par des individus déshumanisés par les tortures qu’ils ont subis et excités par des drogues puissantes. Il n’est pas nécessaire d’être un vieux partisan de la Révolution de Kadhafi pour la soutenir aujourd’hui face aux horreurs auxquels se livrent les jihadistes dans les « zones libérées » par l’Alliance [1].

Rien, nulle part, à l’Ouest n’évoque une révolte ou une guerre civile. Pas de barricades, ni de blindés dans les rues. Sur toutes les routes, les autorités ont installé des checks points tous les deux kilomètres. Les automobilistes patientent sagement, eux-mêmes attentifs à découvrir les éléments infiltrés par l’OTAN.

Le colonel Kadhafi arme la population. Près de deux millions de fusils mitrailleurs ont déjà été remis aux civils. L’objectif est que chaque adulte, homme ou femme, puisse défendre sa maison. Les Libyens ont retenu la leçon irakienne. Saddam Hussein avait assis son autorité sur le Baas et l’armée, excluant son peuple de la vie politique. Lorsque le parti fut décapité et que quelques généraux firent défection, l’État s’effondra soudainement laissant le pays sans résistance et plongé dans le chaos. La Libye, elle, est organisée selon un système original de démocratie participative, comparable aux assemblées du Vermont. Les gens sont habitués à être consultés et responsabilisés. Ils sont donc mobilisables en masse.

De manière inattendue, les femmes sont plus déterminées que les hommes à porter les armes. Cela traduit l’accroissement ces dernières années de la participation féminine aux assemblées populaires. Cela reflète peut-être aussi la nonchalance qui s’était emparée des cadres de cet État socialiste à haut niveau de vie.

Chacun a conscience que tout se jouera lorsque les troupes terrestres de l’OTAN débarqueront, si elles osent le faire. La stratégie de défense est donc entièrement conçue pour dissuader un tel débarquement en mobilisant la population. Ici les soldats français, britanniques et US ne seront pas accueillis en libérateurs, mais en envahisseurs coloniaux. Ils devront affronter d’interminables combats urbains.

Les Libyens s’interrogent sur les mobiles exacts de l’OTAN. Je suis surpris de constater que c’est souvent en lisant les articles du Réseau Voltaire, traduits et repris par de nombreux sites Internet et certains journaux imprimés, qu’ils ont été informés des vrais enjeux. Il y a ici, comme partout d’ailleurs, un déficit d’information sur les relations internationales. Les gens connaissent et s’enorgueillissent des initiatives et des réalisations du gouvernement pour l’Unité africaine ou pour le Développement du Tiers-monde, mais ils ignorent bien des aspects de la politique internationale et sous-estiment la capacité de destruction de l’Empire. La guerre semble toujours lointaine jusqu’à ce que le prédateur ne vous choisissen comme proie.

Quel est donc ce succès que l’OTAN annonce imminent ? Pour le moment, le pays est coupé en deux. La Cyrénaique a été proclamée République indépendante, bien qu’on s’y prépare à restaurer la monarchie, et a été reconnue par plusieurs États, à commencer par la France. Cette nouvelle entité est gouvernée de facto par l’OTAN, mais officiellement par un mystérieux Conseil national de transition, jamais élu, et dont les membres —s’ils existent— sont secrets pour ne pas avoir à répondre de leurs actes. Une partie des avoirs libyens a été gelée et est aujourd’hui gérée pour leur plus grand profit par les gouvernements occidentaux. Une partie de la production pétrolière est commercialisée à des conditions défiant toute concurrence aux compagnies occidentales qui se goinfrent. C’est peut-être cela le succès : le pillage colonial.

En lançant des mandats d’arrêts internationaux contre Mouammar Kadhafi, son fils et le chef des services de renseignement intérieur, la Cour pénale internationale cherche à exercer une pression sur les diplomates libyens pour les contraindre à démissionner. Chacun est menacé, en cas de chute de la Jamahiriya, d’être poursuivi pour « complicité de crime contre l’humanité ». Ceux qui démissionnent laisseront une place vacante derrière eux, sans possibilité d’être remplacés. Les mandats d’arrêts ressortent donc d’une politique d’isolement du pays.

La Cour fait aussi de la communication de guerre. Elle qualifie Saif al-Islam de « Premier ministre de facto », ce qu’il n’est surement pas, mais qui donne l’impression d’un régime familial. On retrouve là le principe d’inversion des valeurs typique de la propagande US. Alors que les insurgés de Benghazi brandissent le drapeau de la monarchie Senussi et que le prétendant au trône s’impatiente à Londres, c’est la démocratie participative qui est présentée en régime dynastique.

À l’issue de ces cent premiers jours de conflit, les communiqués de l’OTAN masquent mal la déception. Les Libyens ne se sont pas soulevés contre le « régime », hormis en Cyrénaïque. Aucune solution militaire n’est en vue. Le seul moyen pour l’Alliance atlantique de sortir la tête haute à moindre frais est de se contenter de la partition du pays. Benghazi deviendrait alors l’équivalent de Camp Bondsteel, la méga-base militaire US en Europe, ayant accédé au statut d’État indépendant sous le nom de Kosovo. La Cyrénaïque serait la base qui manquait à l’Africom pour contrôler le continent noir.

Thierry Meyssan

Source : http://www.voltairenet.org/Tripoli-bombarde-ne-faiblit-pas
Publié le 27 juin 2011

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05 juin 2011

LIBYE : LA CPI, DERNIÈRE ARME DE LA COALITION ET ATTRAPE-NIGAUD DES AFRICAINS

Ce qui se déroule en Libye est bien une guerre d'essence colonialiste – conduite par une coalition de brigands composée de Sarkozy, de Cameron et de Berlusconi aidés par les États-Unis et deux monarques arabes feudataires de l'Amérique, le Qatar et les Émirats - pour réinstaurer un pouvoir affidé à l'occident, comme du temps du roi Idris, qui veut s’accaparer le pétrole et le gaz. Plus de 60 jours d'agression et de bombardements qui détruisent les infrastructures de bases, tuent les populations civiles de toutes les couches sociales. On a comptabilisé au 21 mai 2892 frappes de missiles sur plus de 7800 vols de reconnaissance des avions de combat.

Il a été déployé une monstrueuse machine de propagande et d’actions psychologiques que mènent des chaînes occidentales et les chaînes des pétromonarchies du Golf au service d'une oligarchie ploutocratique qui débitent mensonges, désinformation et diversion en continu. Cela fait aussi plus de 60 jours que l'on annonce - la chute ‘imminente’ dans ‘quelques jours’ du régime de Kadhafi, sa fuite au Venezuela ou au Soudan - son retranchement dans son dernier carré dans Tripoli avec ses «brigades» - qu'il n'a plus d'armée - que ses «mercenaires» africains répriment les libyens, violent les femmes - que son aviation bombarde la population - que les villes libyennes ne cessent de connaitre des manifestations anti-Kadhafi, réprimées etc. que l’on exige de lui qu’il « quitte le pouvoir et la Libye » Mais tout cela reste dans l'annonce amplifiée et dramatisée par ces médias de services qui manipulent l'image, inventent des faits, créent des évènements et ce, selon une stratégie et des tactiques étudiées. Ce matraquage médiatique, sans pareil, a même dérouté les plus éveillés; trompés certainement par la réputation d'Aljazeera et Alarabia, chaînes arabes, qu'un esprit logique ne doutera jamais qu'elles peuvent faire partie d'un complot atlanto-sioniste! Beaucoup ont épousé, dans ce sillage, la cabale médiatique contre cette Libye. Pourtant, depuis le début du conflit, ces médias n'ont jamais montré de foules de civils sans armes demandant le départ de Kadhafi! Les seules images qui sont apparues montrent des bandes de rebelles désorganisés, sales, barbus, dédaigneux, gesticulants, flanqués d'armes légères et lourdes revendiquant la chute du pouvoir par la force!

Comme le temps permet la réflexion et la bonne mesure, le monde s'est aperçu de la réalité incontestable, du côté où se situent le bien et le mal, la vérité et le mensonge. Résultat, les «bombardements de civils» qui ont justifié l'agression n'ont jamais eu lieu comme l'affirment les journalistes et observateurs; la presse russe a rapporté des témoignages d'expatriés russes en Libye affirmant que l'aviation de Kadhafi n'a jamais bombardé de zones résidentielles: cela avait été fait par les bombardements français et britanniques, affirment-ils. On constate un peuple endurant et combatif qui manifeste, quotidiennement dans plusieurs villes, son soutien à Kadhafi. Celui-ci, toujours flegmatique résiste en apparaissant épisodiquement pour recevoir des personnalités étrangères et locales ou visiter des écoles. Il se permet aussi des tours - en cortège et en voiture découverte - dans les rues et ruelles de la capitale sous les applaudissements de milliers de citoyens. L'armée lui est restée fidèle et intacte. Les expressions «brigades et mercenaires de Kadhafi» apparaissent mensonges pour faire croire que le guide est «lâché» mais surtout pour cacher l'usage par les coalisés de mercenaires, dont des éléments de ‘black water’, qui encadrent une «armée» composée de bandits, de voyous, de prisonniers libérés, d'ex détenus islamistes graciés, de plusieurs groupuscules d'Al-Qaïda surtout de l’Aqmi qui profite de la situation pour s’armer, de jeunes désœuvrés abrutis ou forcés; que l’on arme en violation des textes de l’ONU. On découvre que les forces introduites sur les terres libyennes sont un ramassis de traitres libyens sans dignité, composés d'opposants qui emmargent à la CIA et le MI6, d'ex-ministres dissidence récente, de quelques militaires renégats et d'ex haut fonctionnaires opportunistes et félons. La Libye reproche, par exemple, à Abdeljalil l'ex ministre de la justice, devenu président du CNT, des actes de corruption en particulier dans la non-exécution de milliers de décisions de justice. On s'aperçoit que les résolutions 1970 et 1973 ont été adoptées dans la précipitation et illégalement, sur des rapports de médias, sans vérification comme l'exigent les textes de l'ONU. Cette «1973» qui avait pour but d'instaurer un «no fly zone» pour «protéger les civils» a été déviée dans l’objectif de venir en aide aux ‘insurgés’, en bombardant quotidiennement les infrastructures civiles et militaires, les populations civiles, les dépôts de nourritures, en plus des bombardements par mer. On relève aussi le vol d’importantes quantités de pétrole. On introduit bassement auprès de la putréfiée Ligue dites «arabe» du méprisant Amr Moussa, via les monarchies vassales, une demande, acceptée, pour empêcher la diffusion des chaînes de la Jamahiria sur ‘Arabsat’ (3 chaînes sur les 7 déjà ont des difficultés de diffusion) ; ce qui confirme l'impact et le succès de ces chaînes à démonter, jour après jour, le complot, les mensonges mais également à susciter un certain désarroi et un sentiment d’échec chez les agresseurs. D’où cette obsession maladive, cet acharnement, par vengeance, à ‘sanctionner’ une population qui résiste, qui refuse l’abdication en opposant les chants et la danse sur les places et endroits susceptibles d’être visées afin d’empêcher leurs bombardements. On découvre aussi que les vraies forces militaires libyennes n’ont pas encore été engagées ; elles seraient réservées à l’ennemi extérieur en cas d’offensive terrestre. Des analystes soutiennent que les combats actuels sont assurés par des volontaires libyens, appelés «le peuple armé», encadrés par quelques compagnies de soldats. Enfin, la dernière révélation, par les services secrets ukrainiens, est l’accord secret conclu entre le CNT et Israël pour l’installation d’une base militaire israélienne aux Monts verts, en Libye. Le document a été publié aussi par le journal israélien Yediot Aharonot.

Faut-il continuer sur cette tactique démentielle qui engendre plus de haines et de détermination en plus des condamnations ou engager une hypothétique et dangereuse offensive terrestre ? Ou bien se retirer avec toutes les conséquences? Même la 'carte' visant la manipulation des «tribus» a lamentablement échoué devant la «conférence nationale des tribus libyennes », qui en a regroupé plus de 2000 – l’authentique peuple Libyen - au terme de laquelle on retient un soutien franc et solennel au principe de l'unité de la Libye, la condamnation ferme de l'agression et le soutien sans équivoque à Kadhafi. On annonce aussi que les benghazis manifestent, depuis vendredi 20, dans plusieurs cités dont ceux de Louhaichi, Zeitoun et Sabri les plus irréductibles contre l’Otan, le CNT et la dégradation des conditions économiques et sociales. A ce propos, Tripoli affirme, avec preuves, avoir versé les salaires et autres pour une période de 6 mois (jusqu’en juin) au trésor de Benghazi. Où est donc passé cet argent qui devait permettre aux benghazis de ne pas dépendre, de façon vexante, de l’aide extérieure. Le drapeau vert a été élevé dans plusieurs immeubles. On signale des victimes parmi les manifestants suite à la répression. Ces manifestations ont été précédées par plusieurs autres, initiées la veille par les tribus, dans plus de 70 villes et villages en soutient et encouragement aux benghazis. Que pouvait-il bien rester comme carte devant un fiasco annoncé. C’est l’enlisement car tout était construit sur du mensonge et du faux !

La dernière carte, après celle du «groupe de contact» qui visait surtout, par piraterie, la confiscation d'une partie des avoirs libyens, est bien celle de la CPI d'Ocampo - ce serviteur docile des puissances impérialistes - afin, croient-ils, d'inciter à plus de défections au sein de l'appareil dirigeant qui faciliterait la prise du pouvoir par cette marionnette qu'est le CNT d'une part et de bloquer toute solution à la crise d'autre part. C'est la France et la GB avec l'aide du CNT, c'est-à-dire les agresseurs, qui ont monté le dossier pour la CPI. La Libye pourtant - comme les EU, la Russie et la Chine - n'est pas membre de cette Cour. Le bouton 'Ocampo' est enfoncé juste au moment où l'Otan n'arrive pas à tuer Kadhafi qui est leur objectif et au moment où elle a usé de tous les moyens surtout celui de tuer des civils, de détruire les infrastructures de bases dans l'espoir de retourner la population contre leur leader.

Pourquoi a-t-on refusé une mission d'enquête que la Libye n'a cessé de la réclamer avant les frappes? Car il n'y avait rien des accusations qui avaient «justifié» l'agression sous le fallacieux et grotesque prétexte que l'Otan cherche à «protéger les civils». Maintenant, c’est le moment d’user de ce moyen, de cette arme de type CPI, afin de lui imputer tous les crimes dont l'Otan et les 'insurgés' sont coupables considérant que ces derniers sont des 'civils' comme le rabâche la propagande. Toutes les preuves rassemblées par ce serviteur sont des vidéos, traduites en anglais, fournies par leurs chaînes dont Aljazeera.

Des 2892 frappes de missiles qui ont atteint ou détruit des habitations civiles, des hôpitaux, des écoles et collèges, des bâtiments administratifs dont les locaux de police et des renseignements généraux chargés de la corruption, de la cité de l'enfance, des infrastructures de bases, des réseaux de communication tuant des milliers de personnes civiles parmi eux des femmes des vieillards, des hommes de religions au nombre de16 dans leur lieu de culte, des enfants, des bébés (les 3 petits-fils de Kadhafi avaient 3 ans, 2 ans et 4 mois) motus! Des centaines de viols suivis d'assassinats de jeunes filles que l'on a arrachées à leur famille, évidemment silence. Cela n'entre pas dans la 'mission' d'Ocampo. Par contre, le pseudo viol par «15 hommes de Kadhafi», de Imane Obeidi, cette prostituée que l'on a payée pour provoquer un "scandale" dans l'hôtel Rixos à Tripoli le 26 mars, cela oui ! C'est crédible. Pourtant, chacun sait qui est cette sinistre femme selon des vidéos publiées sur You Tube. Une anecdote : on cite comme ‘preuve’ des viols, le coup monté découvert par la suite, le fait qu'ils auraient trouvé des «pilules de Viagra dans des tanks et des voitures prises aux forces de Kadhafi». On ne nous parlera pas des dizaines d'aveux des 'insurgés' capturés démentant, par leurs récits des faits et «exploits», toute la propagande mensongère et subversive de la coalition. Un certain (...) arrêté par l'armée à Misrata a raconté en détails les monstruosités commises dans cette ville. Après s'être présenté, il a expliqué comment, avec son groupe composé de libyens et d'étrangers, ils assassinaient les éléments de l'armée libyenne, les pro-Kadhafi ou ceux que l'on soupçonne «mercenaires» par l'égorgement à l'épée, pendus ou brulés, comment ils enlevaient les filles à leur famille pour les violer, comment ils les tuaient après leur avoir arraché les seins au couteau puis fêter leurs 'exploits' à l'alcool et au jus de fruits. À la question de savoir s'il «se sent un être humain», la réponse est 'non' de la tête. Des scènes terribles filmées surtout à Mesrata, à l’aide de portables, par des témoins durant l’occupation de cette ville par ces groupes criminels qu’aide l’Otan.

Nous avons tous constaté que depuis que l'occident a obtenu la division du Soudan, le procureur Ocampo - ce «produit» d'une union illégitime entre des décideurs/brigands, occidentaux de corps, sionistes de conviction et une Cour (CPI) attrape-nigaud instrument d'une stratégie hégémonique - convertie en 'mercenaire' chargé de l'exécution des «lettres de cachets» de maîtres puissants après avoir été leur serviteur ailleurs, ne parle plus pour l'instant de l'inculpation de Bachir.

Un Ocampo qui se saisit cette fois du «dossier Libyen» - tout en lorgnant sur la Syrie - imputant à Kadhafi les méfaits de la coalition et des renégats de Benghazi, sur des témoignages sélectionnés qu'il présente «crédibles». Un Ocampo qui a travaillé aussi pour la Banque mondiale après avoir été président d'une ONG 'Transparency International' que finance le milliardaire George Soros ce célèbre sioniste spéculateur devenu philanthrope, par stratégie, que l'on surnomme «l'homme qui fit sauter la Banque d'Angleterre». Devenu ensuite 1er procureur de la CPI on relève ce hasard que quelques mois plus tard, en avril 2005, Annan livre les noms de 51 suspects, soupçonnés d'avoir « massacré des milliers » de personnes au Darfour. Un Ocampo pour la Libye avec les mêmes mensonges et les mêmes objectifs, flanqué de son arme la CPI, présentant des accusations de persécution des manifestants et des opposants qui «semble avoir été systématique et s'être produite dans différentes villes» et «des crimes de guerre ont apparemment été commis par décision politique» en citant le fait que les forces de sécurité aient «tiré sur les manifestants désarmés», «l'utilisation du viol et les arrestations systématiques, la torture, la déportation, les meurtres, les disparitions forcées et la destruction des mosquées», «l'utilisation de bombe à fragmentation».

Une CPI contestée dans sa forme, ses actions et ses objectifs politiques - dont on sait qu'elle abrite les ombres de ce même Soros et de lord Malloch Brown l'ancien Ministre britannique qui a été vice-président de la Banque mondiale, puis «chef de cabinet» de Kofi Annan après avoir travaillé chez Soro aussi. Une CPI, qui reçoit des dons de sociétés et d'organisations privées, créée la veille de la guerre contre l'Irak, dévouée aux causes injustes à visées hégémoniques que mène Washington. Comment expliquez que toutes les six enquêtes ouvertes concernent l'Afrique ? On comprend bien que le «génocide du Darfour» était un mensonge, un leurre dont les prolongements sont maintenant la Libye.

Voici ce que l'on dit d'Ocampo et de la CPI :

L’analyste Chris Marsden a montré et dénoncé « L’hypocrisie de l’enquête en question crève les yeux. Elle arrive au milieu de plus de 5 000 opérations militaires, dont 2 204 accompagnées de frappes, des forces de l’OTAN sur Tripoli et d’autres endroits peuplés de civils. Ces opérations incluaient l’assassinat ciblé de Kadhafi….Tout en étant les instigateurs de procès légaux pour crimes de guerres contre le régime qu’ils veulent éliminer, Washington, Londres et Paris commettent eux-mêmes de monstrueux crimes de guerre. »

Andrew Cayley, l’ancien avocat de la CPI, écrivait après sa démission «qu’il est difficile de dénoncer un génocide dirigé par le gouvernement et d’expliquer du même souffle pourquoi deux millions de Darfouris ont cherché refuge autour des principales garnisons de l’armée dans leur province».

Selon Alex de Waal (écrivain britannique devenu expert critique du CPI) de nombreux avocats avaient quitté la Cour en raison du manque d’objectivité et de sérieux dans l’examen des preuves et la qualification des faits, imposés par Ocampo.

L’ancien vice-ministre Égyptien des AE, expert en droit et relations internationales, Abdallah Al Achaala avait estimé que le mandat lancé par la CPI contre Al Bachir «ne reposait sur aucune base juridique et qu’il constituait un précédent dangereux parce qu’il réduit à zéro le principe de l’immunité, fondement essentiel des relations internationales». Et de se demander «…comment elle pourrait défendre le caractère éminemment politique de son mandat contre Al Bachir alors qu’elle ignore les crimes d’Israël en Palestine et ceux des américains en Irak ». Al Achaal ajoutait «ce faisant la CPI a signé son acte de mort par suite de la stupidité de son procureur et de l’incompétence de sa juridiction. Il est du devoir de la communauté internationale de réagir afin de sauver le rêve d’une justice pénale internationale, bafoué par le sionisme ».

Vladimir Anokhin, vice-président de l'Académie des Sciences Géopolitiques, avait déclaré à la Pravda que le tribunal de La Haye « montre un manque de respect absolu envers l'Organisation des Nations Unies. »

Pour le président de la Commission de l'Union Africaine Jean Ping, cité par l'AFP dans le cas d’Al Bachir. « ... le problème est la façon dont le procureur général de la CPI Luis Moreno Ocampo rend la justice »

Enfin, réitérons que sous-couvert d'un droit international ratifié par les États pour se protéger des éventuelles agressions et injustices, surtout les pays pauvres dont les richesses sont convoitées, ces institutions ont été corrompues en instruments de chantage aux « Droits de l'homme », à la « liberté d'expression » susceptible de «sanctions internationales» ou l'inculpation d'un chef d'État même en exercice. On est donc dans le même esprit impérialiste et colonialiste prédateur, mais drapé de prétextes "humanitaires" et couvert par la "légalité". Le «droit ou devoir d'ingérence humanitaire» est l'expression même de cet esprit qui n'est pas près de s'extirper des mauvaises consciences.

Les pays africains, indépendants et libres de leurs décisions, doivent au plus vite quitter ces organisations-piège qui donnent aux puissants une légitimité pour les dominer ou les agresser. Ces organisations ne les toucheront jamais, car elles sont leurs instruments, leurs armes pour leurs intérêts et rien d'autre.

Auteur : DJERRAD AMAR

Voir aussi du même auteur:

Chronique d’un échec annoncé des coalisés et des insurgés
Le complot et la grande manipulation
Les événements de Libye: La revanche et le complot !
Libye : Le complot, l’agression et l’engrenage.

Liens :

http://www.youtube.com/watch?v=d2lFyj4bOPE
http://www.youtube.com/watch?v=7MXZA18PTaM
http://www.youtube.com/watch?v=MzIWYzDV2jg&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=xMvt053rrfU&NR=1
http://www.youtube.com/watch?v=0LQ6frtFauY&NR=1
http://www.youtube.com/watch?v=NWcyO-FlJi8&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=_OFf0dEgnGQ&NR=1
http://www.youtube.com/watch?v=KhpwGzUumIc&NR=1
http://www.youtube.com/watch?v=PiHBfMCId2o&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=q1Oru95qTfQ&feature=related
http://www.youtube.com/watch?v=pD9XwSkwAAE
http://libyanow.ly/fr/index.php

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16 mai 2011

CUBA : IV RENCONTRE DES CUBAINS RÉSIDENTS EN FRANCE ET 1ere RENCONTRE AVEC LEURS JEUNES DESCENDANTS

Quelques jours après la fin des travaux du VI Congrès du Parti Communiste Cubain, les cubains résidents en France et leurs jeunes descendants organisent respectivement leur IVe et Ier Congrès à Paris.

logocubainformaciontv
Reportage Cubainformación-tv

Sous-titrage en Français

 

reunion_IV_1
Photo : Virgilio Ponce

reunion_IV_2
Photo : Virgilio Ponce

Trad. & ss/t : E.G.-Moncada-

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