11 novembre 2009
GAZA : DES ENFANTS DE GAZA SE DROGUENT POUR SUPPORTER LA DOULEUR PENDANT QU'ILS TRAVAILLENT 12 HEURES PAR JOUR DANS LES TUNNELS
Sauvons les enfants de Gaza
Les enfants juifs de l'État d'Israël qui a lancé des attaques contre les enfants de Gaza au mois de janvier dernier avec ses bombes et ses missiles, assiégeant leur ville à partir des airs, mer et terre sont en train de profiter de bons repas, d’éducation, de soins, de moyens de transport, de divertissement, d’eau pour se laver et pour nager. Mais qu’en est-il des enfants affamés de Gaza ?
Ceux qui connaissent le siège israélien de Gaza sont parfaitement au courant de la pénurie de nourriture, de médicaments, de matériaux de construction et d'autres biens de consommation, mais ce que beaucoup ne savent pas c’est que se sont les enfants de Gaza qui sont les premières victimes de ce siège, ils souffrent d’un nouveau type d’oppression et de douleurs mentales et physiques.
Les enfants de Gaza sont obligés de travailler dans les tunnels étroits et dangereux construits entre Gaza et l'Égypte, à travers lesquels ils passent des aliments et d'autres marchandises de contrebande. Outre la contrebande, ils sont tenus à d'autres tâches : ils creusent des tunnels, choisissent les passages appropriés, installent le système d’éclairage et posent des tuyauteries pour acheminer le carburant introduit depuis le côté égyptien.
En mars 2009, et pour la troisième fois en 2 mois, la police égyptienne dans le Sinaï, a arrêté un groupe d'enfants qui rampait dans les tunnels de la Bande de Gaza assiégée. Le plus âgé avait seulement 12 ans : Orabi Mohamed Abu-Saud (12 ans), Mohamed Zaidan Al Faramawy (12 ans), Hasan Eyad Zanoub (11 ans), et Nabil Ibrahim Abu-toyour (11 ans). Tous étaient passé furtivement de l'autre côté de la frontière pour acheter des bonbons et de la nourriture et les revendre dans les rues de Gaza.
L'Unité de recherche de terrain de l'Assemblée Nationale pour la Démocratie et la Loi a publié un rapport sur le phénomène généralisé de la main d'œuvre infantile dans les tunnels et demande de l’aide et du soutien à la communauté internationale pour mettre fin à la misère des enfants.
La pauvreté toujours croissante à Gaza à cause du siège israélien et à la dernière agression de l’armée israélienne oblige les
enfants à travailler 12 heures par jour dans les tunnels extrêmement dangereux. Les jeunes garçons transportent les marchandises dans des tunnels étroits qui s’étendent sur toute la frontière entre Gaza et l'Egypte ; Ils mesurent plus de 700 mètres de long, et sont creusés à 12 mètres de profondeur. Ils ne sont guidés que par de simples ampoules électriques espacées tous les 10 mètres. Les enfants travaillent de 7h du matin à 7h du soir et il y a aussi un roulement hebdomadaire pour le travail de nuit.
Les enfants ne peuvent se reposer qu’une heure seulement au cours des 12 heures de travail terminant, évidemment, épuisés, avec une très grande fatigue. Beaucoup d'enfants sont ainsi contraints de prendre une drogue stimulante connue localement sous le nom de « Tramal » (Tramadol). On dit que cette drogue est censée aider les enfants à oublier la douleur, à revitaliser leurs organes et à les maintenir au travail sans se plaindre davantage. Mais, en même temps, cette consommation illégale de drogues entraine de sérieuses complications de santé et des effets secondaires.
À travers les tunnels, les enfants doivent transférer toutes sortes de marchandises pour le commerce, tels que : nourriture, appareils électriques, médicaments, lait pour bébé, produits textiles, chaussures, et du bétail. Mais le plus dangereux de tout, est d’avoir recours à des produits aussi dangereux que les « diluants » et les solvants mélangés à certains types de peintures. Les solvants sont très dangereux puisque leurs émanations sont très piquantes et toxiques lorsqu’elles sont inhalées, et si le récipient vient à se percer dans le tunnel pendant le voyage infernal, cela aurait un effet désastreux pour les enfants dans l'obscurité qui se traînent sur leurs genoux en portant d'autres produits dangereux comme les produits chimiques pour le nettoyage, la soude caustique, et du gasoil. Ils doivent manipuler tous ces produits chimiques dans un espace confiné, où il n'y a ni ventilation ni sorties de secours.
Étant donné le pourcentage chaque fois plus grand de pauvreté à cause du siège israélien, beaucoup d’enfants ont cessé d'aller à l'école. Un petit nombre seulement est parvenu à organiser leur temps et travailler tout en étudiant. La majorité des enfants a commencé à travailler il y a 1 à 2 ans.
La majorité ne semblait pas avoir peur de travailler dans des conditions aussi dangereuses, tous étaient passés par les pires terreurs auxquelles tout enfant résisterait difficilement : les bombardements de leur maison par l'armée israélienne, la perte des membres de leur famille qui sont morts sous les décombres, l’expérience d’avoir à ramasser les lambeaux de leurs petits camarades qui ont été assassinés au cours des raids israéliens. Il semble qu'ils aient déjà été témoins de toute sortes d’horreurs qui les ont immunisés contre la peur, ou pire encore, ils ont été dépouillés de la volonté de vivre.
Bien que parmi eux, beaucoup aient du affronter des problèmes techniques, comme des coupures de courant, des fuites de gaz, l’effondrement de tunnels, en plus de leurs problèmes de bas salaires, et le fait que beaucoup des tunnels étaient bombardés par les forces israéliennes pendant qu’ils y travaillaient, ils n'ont d’autre option que travailler, affrontant la mort à chaque fois qu'ils se traînent dans ces pièges mortels.
Au cours d’un accident, 20 jeunes hommes palestiniens sont morts asphyxiés : les autorités égyptiennes avaient découvert
certains tunnels dans lesquels elles ont ordonné de verser des produits toxiques puis de les refermer. Quatorze autres jeunes avaient été secourus, échappant ainsi à la mort.
Au cours de ces 3 dernières années depuis le début de la construction des tunnels, le nombre total de victimes mortes à cause de l'effondrement des tunnels seulement par les bombardements israéliens directs ou par la destruction des tunnels par les autorités égyptiennes s’est élevé à 117 personnes. D’après les données de l'Hôpital Abou Youssuf Annajar et de l'Hôpital Européen, 32 de ces victimes étaient des enfants.
Les enfants interviewés ont dit qu'ils avaient été choisis pour travailler dans les tunnels, puisque leur corps était plus petit, et qu’il leur était donc plus facile d’y circuler, en plus du fait que leur salaire était moindre que celui des adultes. Le salaire d'un enfant est entre 9 et 36 € par jour, mais la majorité gagne 18 € par jour. Ils ont abandonné l'école pour pouvoir manger et mettre un peu de pain sur la table familiale. La majorité des familles sont contre l'idée que leurs enfants travaillent, mais elles n’ont pas le choix, car elles sont obligées d'avoir au moins un membre qui travaille puisque les adultes ne trouvent plus rien à faire après la destruction de leur ville et de leurs entreprises en janvier dernier, de même que le siège israélien les empêche de rétablir quelque type d'activité que ce soit.
Ce qui est étrange c’est que les enfants qui travaillent conseillent aux autres enfants de ne pas abandonner l'école, pour quelque raison que ce soit. Étant donné ce qu’ils ont eu à subir, beaucoup d'entre eux ont même fait part de leurs conflits avec leurs employeurs aux anciens de la ville et à la police. Ils ont porté plainte contre les propriétaires des tunnels.
Ce qui se passe là est un crime contre l'enfance, un abus et une discrimination contre les jeunes. Les propriétaires des tunnels profitent des jeunes qui ne peuvent pas affronter des adultes plus forts qu’eux ou se défendre contre eux.
Il y a de la négligence de la part des parents qui connaissent le danger qu’il y a à travailler dans ces tunnels, quelques parents encouragent même leurs enfants à travailler, bien qu'ils connaissent les risques qu’ils encourent.
Il y a un échec flagrant des autorités à la prévention de ce phénomène, qui est définie comme un délit par la loi palestinienne.
Les organisations de défense des droits humains ont échoué à se confronter à ce phénomène.
Le siège israélien doit être levé impérativement, nous lançons un appel à la communauté internationale à intervenir pour faire lever le siège imposé à la Bande de Gaza et ouvrir tous les points de passage afin de permettre que tous les marchandises puissent circuler, car c’est la seule action qui permettra la fermeture immédiate des tunnels.
Des enfants ne sont pas censés ramper sur les genoux dans des tunnels sombres et profonds, ils sont censés être assis à leurs pupitres et étudier à l’école, jouer et faire de l’exercice physique. Ces enfants ont besoin d'être réhabilités, puisqu'une grande partie d’entre eux ont développé des problèmes de comportement et psychologiques, et certains sont maintenant dépendants de certaines drogues.
Il faut sauver les enfants de Gaza, les sortir de l’ornière avant qu’ils ne grandissent animés par la colère et le ressentiment, et que nous ayons alors tous à faire face aux conséquences de leur oppression.
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Palestinian Mothers - The Children of Gaza develop narcotic addiction to withstand the pain while working 12 hours a day in the tunnels
Article original publié le 8 novembre 2009
Sur l’auteure
Esteban et Fausto Giudice sont membres du réseau pour la diversité linguistique Tlaxcala.
Cet article sur Tlaxcala
30 août 2009
ISRAËL : ASSASSINER DES PALESTINIENS POUR LEURS ORGANES

Auteur : Khalid AMAYREH خالد العمايرة
Jérusalem-Est occupée - Des responsables et des porte-paroles israéliens s'insurgent contre un éminent journal suédois qui a publié un rapport affirmant que l'armée d'occupation israélienne assassinait des Palestiniens afin d'utiliser leurs organes pour des greffes sur des patients juifs.
Aftonbladet, un des journaux les plus populaires de Suède, a rapporté lundi 17 août, que les soldats de l'occupation israélienne assassinaient de jeunes Palestiniens en Cisjordanie afin d'extraire leurs organes et de les vendre. L’article est illustré par une photographie montrant le corps de la victime d’une de ces exécutions, avec de grands points de suture allant de son menton jusqu'à son bas-ventre. [Lire l'article ici]

Bilal Ahmed Ghanem, 19 ans, fut exécuté puis enlevé par des soldats israéliens en mai 1992. Quand sa famille récupéra son corps, elle découvrit une longue suture allant de son ventre à son menton. Photo : Donald Boström
L’article cite les propos de la famille d'une des victimes : « On a pillé les organes de nos fils». L’article fait aussi un lien avec le récent scandale de corruption qui a éclaté au New Jersey impliquant des élus et des rabbins dans un commerce illégal d'organes.
L'auteur de l'article, Donald Boström, indique que de forts soupçons existent parmi les Palestiniens que les organes des jeunes hommes soient collectés par l'armée israélienne. Il suggère que la Cour Pénale Internationale de La Haye ouvre une enquête sur cette affaire.
Témoin
Boström cite un témoin palestinien qui déclare que l'armée d'occupation israélienne a abattu un jeune Palestinien d'un village de Cisjordanie puis lui aurait extrait ses organes. La victime palestinienne a été identifiée comme Bilal Ahmed Ghanem. « Il a été emporté à bord d'un hélicoptère militaire et a été ramené mort, cinq jours plus tard. Quand les membres de sa famille l'ont enterré, ils ont découvert une longue suture allant de son ventre à son menton. »
Boström cite également un autre témoin qui atteste que leurs fils ont été utilisés comme « donneurs d'organes non volontaires ».
« Légendes de crimes rituels »
Le porte-parole et les responsables du ministère des affaires étrangères israéliens s'emballent et pestent contre Aftonbladet, accusant le journal populaire de diffuser des « légendes de crimes rituels » et des « bobards » sur Israël.
Le porte-parole israélien Yigal Palmor, a déclaré que le journal suédois avait « fait de la diabolisation d'Israël, une cause sacrée. »
D'autres responsables israéliens ont menacé d'intenter un procès au journal suédois pour diffamation, prétendant que l'article était une manifestation d'antisémitisme.
Israël a réagi de manière exacerbée aux critiques internationales à l’encontre de son traitement manifestement brutal des Palestiniens et du racisme éhonté associé à ce traitement.
Au début de cette année, l'armée israélienne, utilisant des armes prohibées par la communauté internationale, a lancé une guerre-éclair massive et meurtrière sur la population littéralement sans défense de la bande de Gaza, mutilant et réduisant en cendres des milliers de civils innocents, dont des centaines d'enfants.
Les organisations des droits humains qualifient l'énorme saccage de terreur et de mort qui a duré plus de 20 jours, d'«évidents crimes de guerre» et de «crimes contre l'humanité».
De la même façon, Israël a tué des milliers de civils innocents en Cisjordanie et de nombreuses victimes ont été envoyées à l'institut médico-légal d'Abou Kabir afin d'y être autopsiées.
Cependant, on ne sait pas très bien si les organes vitaux des ces jeunes victimes ont été mis à la poubelle ou prélevés pour des transplantations sur des patients juifs.
L'armée israélienne, qui exerce une énorme influence politique et juridique en Israël, a presque toujours pu empêcher un examen de ses opérations en Cisjordanie, qui sont menées en parfaite violation de la législation internationale, en particulier humanitaire.
Un précédent
En janvier 2002, un ministre du cabinet israélien a implicitement reconnu que des organes extraits de corps de victimes palestiniennes avaient été utilisés pour des greffes sur des patients juifs à l'insu des familles des victimes palestiniennes.
Le ministre, Nessim Dahan, a déclaré en réponse à une question d'un membre arabe de la Knesset, qu'il ne pouvait ni démentir ni confirmer que des organes de jeunes gens et d'enfants palestiniens tués par l'armée israélienne avaient été extraits pour des transplantations ou pour des recherches scientifiques.
« Je ne pourrais pas affirmer avec certitude que ce genre de choses ne s'est pas produit. »
Le membre arabe de la Knesset qui a posé la question à Dahan aurait été Ahmed Teibi. Teibi a fait remarquer qu'il avait reçu des « preuves crédibles » démontrant que des docteurs israéliens à l'institut médico-légal d’Abou Kabir, avaient extrait des organes vitaux comme le cœur, les reins, et le foie, des corps de jeunes Palestiniens et d'enfants, tués par l'armée israélienne à Gaza et en Cisjordanie.
Durant une interview sur la chaîne de TV Al-Jazira, en 2002, l'ancien dirigeant palestinien, Yasser Arafat, avait accusé le régime d'apartheid israélien d'assassiner des nourrissons, des enfants et des jeunes Palestiniens et de collecter leurs organes vitaux pour des greffes.
« Ils assassinent nos enfants et utilisent leurs organes comme pièces de rechange. Pourquoi le monde entier reste t-il silencieux ? Israël profite de ce silence pour intensifier son oppression et la terreur contre notre peuple », déclarait un Président Arafat en colère.
Pendant l'interview, qui eut lieu le 14 janvier 2002, Arafat montra des photographies de corps mutilés d'enfants.
« Je ne m'inquiète pas pour moi », indiquait le Président alors assigné à domicile, « je m'inquiète pour le peuple palestinien qui est assiégé depuis les 15 derniers mois. »
Israël a reconnu que des médecins à l'institut L. Greenberg de médecine légale à Abou Kabir, avaient collecté les organes de 3 jeunes Palestiniens tués par l'armée israélienne près de Khan Younis.
Après 10 jours, les corps des trois victimes furent rendus à leurs familles pour être enterrés mais sans leurs organes et même sans leurs yeux qui avaient été retirés.
Israël n'a jamais mené d’enquête sérieuse concernant cette affaire ni sur d'autres incidents impliquant l'extirpation d'organes vitaux de corps de victimes palestiniennes tuées par les forces d'occupation israélienne.
Selon la journaliste Saira Soufan, la collecte illégale d'organes de soldats palestiniens et de combattants de la liberté est certifiée depuis avant les années 1990.
« Une fois les corps des soldats morts rendus à leurs familles endeuillée, le pillage des parties du corps est découvert pendant l'enterrement. »
« Les cavités vides du corps ont été remplies avec des déchets comme de la ouate, des tuyaux d'arrosage et des manches à balais puis recousus à la suite d'une soi-disant « autopsie ».
De temps en temps, les autorités israéliennes volent les organes des corps de touristes qui sont décédés en Israël.
Un cas qui n'a pas été rendu public, s'est produit en 1998 quand un Écossais, Alistair Sinclair, mourut dans des circonstances mystérieuses dans un lieu clos de l'aéroport Ben-Gourion.
Les parents de M. Sinclair intentèrent un procès contre les autorités israéliennes lorsqu'ils découvrirent que le cœur et d'autres organes du corps de leur fils avaient disparu. Un cœur et des organes de remplacement furent envoyés à la mère qui n’a jamais cru qu'ils appartenaient à son fils.
Traduction : Isabelle Rousselot
Révision : Fausto Giudice
ENGLISH, ESPAÑOL, DEUTSCH
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Source : l'auteur -Murdering Palestinians for their organs
Article original publié le 20/8/2009
Sur l’auteur
Isabelle Rousselot et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8512&lg=fr
PALESTINE : " ON PILLE LES ORGANES DE NOS FILS "
Les révélations d'un journaliste suédois
Des Palestiniens accusent l’armée israélienne de voler des organes à ses victimes. Donald Boström raconte le scandale international des transplantations d’organes – et comment lui-même a été le témoin d’une atteinte au corps d’un Palestinien de 19 ans.
Vous pouvez m'appeler un "entremetteur", a déclaré Levy Izhak Rosenbaum, de Brooklyn, USA, sur un enregistrement secret réalisé par un agent du FBI qu'il croyait être un client. Dix jours plus tard, fin juillet de cette année, Rosenbaum a été arrêté et un vaste trafic d’organes et de blanchiment d'argent, digne des Soprano, a été démasqué dans le New Jersey, impliquant des rabbins, des élus et des fonctionnaires.

Des jeunes Palestiniens jetant des pierres et des cocktails Molotov sur des soldats israéliens dans le nord de la Cisjordanie. C'est dans cette région que Bilal Ahmed Ghanan a été tué. Photo: Donald Boström

Bilal Ahmed Ghanan, 19 ans, a été tué par les soldats israéliens, qui ont emporté son corps. Le corps a été rendu à sa famille avec une suture allant de l'abdomen au menton - Photo: Donald Boström

Levy Izhak Rosenbaum lors de son arretsation par le FBI. Photo AP
Le travail d’entremetteur de Rosenbaum n'a rien à voir avec le romantisme. Il s'agissait d'achat et de vente au marché noir de reins provenant d’Israël. Rosenbaum affirme qu'il achète des reins à des gens modestes pour 10,000 $ et les revend ensuite à des patients désespérés aux USA pour 160.000 $. Le temps d’attente pour un rein obtenu par les voies légales est en moyenne de 9 ans.
Les accusations ont ébranlé l’industrie américaine de la transplantation. Si elles sont vraies, c’est la première fois qu’un trafic d'organes est documenté aux USA, ont déclaré des experts au New Jersey Real-Time News.
A la question de savoir combien d'organes il a vendu, Rosenbaum répond: «Pas mal. Et je n'ai jamais échoué», se vante-t-il. Son commerce a duré pendant très longtemps.
Francis Delmonici, un professeur de chirurgie de transplantation à l'Université d’Harvard et membre du conseil d'administration de la National Kidney Foundation (Fondation nationale du rein), indique au même journal que le trafic d'organes, semblable à celui signalé en provenance d’Israël, a lieu dans d'autres endroits de la planète. On estime qu’environ 10% des 63 000 transplantations de reins dans le monde sont illégales, selon Delmonici.
Les pays soupçonnés de ces activités sont le Pakistan, les Philippines et la Chine, où les organes seraient prélevés sur des prisonniers exécutés. Mais les Palestiniens soupçonnent aussi fortement Israël de capturer des jeunes hommes qui lui serviraient à leur corps défendant, comme au Pakistan et en Chine, de réserves d’organes avant d’être tués. Une accusation très grave, avec suffisamment de points d’interrogations pour motiver la Cour internationale de Justice (CIJ) à ouvrir une enquête sur d'éventuels crimes de guerre.
Israël a été à maintes reprises critiqué pour sa gestion contraire à l’éthique des organes et des greffes. La France a été parmi les pays qui ont cessé la collaboration d'organes avec Israël dès les années 90. Le Jerusalem Post a écrit que " les autres pays européens devraient suivre l'exemple de la France prochainement."
Depuis le début des années 2000, la moitié des reins greffés à des Israéliens ont été achetés illégalement en Turquie, en Europe de l'Est ou en Amérique latine. Les autorités sanitaires israéliennes sont totalement au courant de ce commerce, mais ne font rien pour l'arrêter.
Lors d'une conférence en 2003, il a été démontré qu’Israël est le seul pays occidental dont le corps médical ne condamne pas le commerce illégal d'organes et qui ne prend aucune mesure légale contre les médecins qui participent à ce commerce illégal. Au contraire, les médecins-chefs des grands hôpitaux israéliens sont impliqués dans la plupart des transplantations illégales, selon le quotidien suédois Dagens Nyheter du 5 Décembre 2003.
Au cours de l'été 1992, Ehud Olmert, alors ministre de la Santé, avait tenté de régler la question de la pénurie d'organes en lançant une grande campagne visant à trouver des volontaires israéliens pour des dons d'organes post mortem. Un demi-million de tracts furent diffusés dans les journaux locaux, invitant les Israéliens à s’inscrire pour des dons d’organes après leur mort. Ehud Olmert avait été lui-même la première personne à s'inscrire.
Deux semaines plus tard, le Jerusalem Post signalait que la campagne avait été un succès. Pas moins de 35.000 personnes s’étaient inscrites, contre 500 par mois auparavant.
Toutefois, dans le même article, la journaliste Judy Siegel écrivait que l'écart entre l'offre et la demande était toujours important. 500 personnes étaient sur liste d’attente pour une greffe de rein, mais que seules 124 transplantations pourraient être réalisées. Sur les 45 personnes ayant besoin d'un nouveau foie, trois seulement pouvaient être opérées en Israël.
Pendant cette campagne, de jeunes hommes palestiniens ont commencé à disparaître dans les villages de Cisjordanie et de Gaza. Des soldats israéliens les ramenaient morts au bout de 5 jours, le corps ouvert.
Parler de ces corps charcutés terrorisait la population des territoires occupés. Il y avait des rumeurs d'une augmentation spectaculaire du taux de disparition de jeunes hommes, avec des enterrements nocturnes de corps autopsiés.
J'étais dans la région à l'époque, je travaillais sur un livre. À plusieurs reprises, j'ai été contacté par le personnel de l'ONU préoccupé par l'évolution de la situation. Les personnes qui me contactaient disaient que des vols d’organes avaient certainement lieu, mais qu'ils étaient empêchés d’agir contre cela.
Ayant trouvé un réseau de diffusion pour le reportage, je me suis alors déplacé dans le secteur pour interroger un grand nombre de familles palestiniennes en Cisjordanie et dans la bande de Gaza : j’ai rencontré des parents qui ont raconté comment les organes de leur fils avaient été prélevés, avant d'être tués.
Un des exemples que j'ai trouvé lors de ce sinistre voyage fut celui le jeune lanceur de pierres, Bilal Ahmed Ghanan.
Il était près de minuit quand retentit le rugissement d'un moteur d’une colonne de l’armée israélienne à la périphérie d’Imatin, un petit village dans le nord de la Cisjordanie. Les deux mille habitants ont été réveillés. Ils se tenaient, ombres silencieuses dans l'obscurité, certains couchés sur les toits, d'autres cachés derrière les rideaux, les murs ou les arbres qui fournissaient une protection pendant le couvre-feu, mais offraient toujours une vue complète de ce qui allait devenir la tombe du premier martyr du village. Les militaires avaient coupé l'électricité et le secteur était maintenant une Zone Militaire Fermée – pas même un chat ne pouvait sortir sans risquer sa vie.
L'insupportable silence de la nuit noire était seulement interrompu par des sanglots silencieux. Je ne me souviens pas si nos frissons étaient dus au froid ou à la tension. Cinq jours plus tôt, le 13 Mai 1992, une force spéciale israélienne avait utilisé l'atelier de menuiserie du village pour tendre une embuscade. La personne pour qui l’action avait été mise en place était Bilal Ahmed Ghanan, l'un des jeunes lanceurs de pierres palestiniens qui menait la vie dure aux soldats israéliens.
En tant que l’un des principaux lanceurs de pierres, Bilal Ghanan, était recherché par l’armée depuis quelques d'années. Avec d'autres garçons lanceurs de pierres, il se cachait dans les montagnes de Naplouse, sans toit au-dessus de sa tête. Se faire prendre signifiait la torture et la mort pour ces garçons : ils devaient donc rester dans les montagnes, à tout prix.
Le 13 Mai, Bilal a fait une exception, lorsque pour une raison inconnue, il est passé sans protection devant l'atelier de menuiserie. Pas même Talal, son frère aîné, ne sait pourquoi il a pris ce risque. Peut-être les garçons étaient-ils sortis pour se réapprovisionner, leurs réserves de nourriture étant épuisées.
Tout s'est déroulé selon le plan de la force spéciale israélienne. Les soldats ont écrasé leurs cigarettes, posé leurs canettes de Coca-Cola, et ont visé calmement à travers la fenêtre brisée. Quand Bilal a été suffisamment proche, ils n’ont eu qu’à tirer sur la gâchette. Le premier coup l’a frappé à la poitrine. Selon des villageois qui ont été témoins de l'incident, il a été touché par une balle dans chaque jambe. Deux soldats sont alors descendus en courant de l'atelier de menuiserie et ont tiré à nouveau sur Bilal dans le ventre.
Puis, ils l’ont attrapé par les pieds et l’ont traîné sur les vingt marches en pierre de l'escalier de l’atelier. Les villageois racontent que les gens de l'ONU et du Croissant-Rouge se trouvaient à proximité, ont entendu la décharge et sont venus à la recherche de blessés ayant besoin de soins. Une discussion a eu lieu pour savoir qui devrait se charger de la victime. Les discussions se sont terminées avec le chargement de Bilal grièvement blessé dans une jeep par les soldats israéliens qui l’ont emmené à la sortie du village, où un hélicoptère de l’armée les attendait. Le garçon a été transporté vers une destination inconnue de sa famille. Cinq jours plus tard, il est revenu mort, enveloppé dans un tissu vert d’hôpital.
Un villageois a reconnu le capitaine Yahya, le chef de la colonne de l’armée, comme étant celui qui avait transporté Bilal depuis le centre d’autopsie d’ Abou Kabir, à l'extérieur de Tel Aviv, jusqu’à son dernier lieu repos. "Le capitaine Yahya est le pire de tous ", a murmuré le villageois à mon oreille. Après que Yahya eut fait décharger le corps et changer le tissu vert contre un autre en coton léger, certains hommes de la famille de la victime ont été choisis par les soldats pour creuser la tombe et mélanger le ciment.
Malgré le bruit marqué des pelles, nous pouvions entendre les rires des soldats qui échangeaient quelques plaisanteries en attendant de rentrer chez eux. Quand Bilal a été mis en terre, sa poitrine a été découverte. Soudain, il est devenu clair pour les quelques personnes présentes à quel genre d'abus le garçon avait été exposé. Bilal n'était pas le premier jeune Palestinien à être enterré avec une incision du ventre jusqu'au menton et les spéculations allaient bon train sur le pourquoi de ces sutures.
Les familles en Cisjordanie et à Gaza étaient sûres de ce qui était arrivé à leurs fils : " Nos fils sont utilisés comme donneurs d'organes involontaires ", m’a dit un proche de Khaled de Naplouse, de même que la mère de Raed de Jénine et les oncles de Mahmoud et Nafes dans la bande de Gaza, qui ont tous disparu pendant un certain nombre de jours avant de revenir de nuit, morts et autopsiés.
"Pourquoi sinon garder les corps pendant au moins cinq jours avant de nous laisser les enterrer? Qu'est-il arrivé aux corps pendant cette période? Pourquoi effectuent-ils une autopsie, contre notre volonté, lorsque la cause du décès est évidente? Pourquoi les corps sont-ils rendus de nuit? Pourquoi avec une escorte militaire? Pourquoi la zone est-elle bouclée pendant l'enterrement? Pourquoi l'électricité est-elle coupée?" L’oncle de Nafe était bouleversé, et il avait beaucoup de questions.
Les proches des Palestiniens morts n’avaient plus de doutes quant aux raisons de ces meurtres, mais le porte-parole de l'armée israélienne affirmait que les allégations de vol d'organes étaient des mensonges. Toutes les Palestiniens qui sont tués sont autopsiés, c’est la routine, dit-il.
Bilal Ahmed Ghanan a été l'un des 133 Palestiniens tués de différentes façons cette année-là. Selon les statistiques palestiniennes, les causes des décès ont été: tué dans la rue, une explosion, par des gaz lacrymogènes, délibérément écrasé, pendu en prison, tué à l'école, tué à la maison, etc.
Les 133 personnes tuées avaient entre 4 mois et 88 ans. Seule la moitié d'entre elles, 69 victimes, ont été autopsiées. L'autopsie « de routine » des Palestiniens tués - dont parlait le porte-parole de l'armée – ne reflète pas la réalité dans les territoires occupés. Les questions demeurent.
Nous savons qu'Israël a un grand besoin d'organes, qu’il existe un vaste commerce illégal d'organes, qui a lieu depuis de nombreuses années maintenant, que les autorités sont conscientes de cela et que les médecins à des postes de direction dans les grands hôpitaux y participent, ainsi que des fonctionnaires à différents niveaux.
Nous savons aussi que des jeunes hommes palestiniens ont disparu, qu’ils ont été ramenés au bout de cinq jours, de nuit, dans un secret absolu, recousus après avoir été ouverts du menton à l'abdomen, charcutés et recousus.
Il est temps d'apporter de la clarté sur ce commerce macabre, de faire la lumière sur ce qui se passe et ce qui s’est passé dans les territoires occupés par Israël depuis le début de l'Intifada.
Traduction : MG
Révision : Fausto Giudice
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Source : Aftonbladet - " Våra söner plundras på sina organ "
Article original publié le 17/8/2009
Sur l’auteur
MG est rédactrice du site ISM, partenaire de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique, dont Fausto Giudice est membre.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8433&lg=fr
02 juin 2009
PALESTINE : LE JOURNALISTE PALESTINIEN AWADH RAJOUB ARRÊTÉ PAR L'AUTORITÉ PALESTINIENNE

Auteur : Khalid AMAYREH خالد العمايرة
Traduit par Fausto Giudice
L'appareil se sécurité de l'Autorité palestinienne (AP) a arrêté lundi 1er juin le journaliste palestinien Awadh Rajoub. Celui-ci, correspondant d'al-Jazeera.net en Palestine occupée, a été convoqué par téléphone aux breaux des "renseignements militaires" de l'AP à Al Khalil (Hébron), où il a été arrêté.
Les responsables de l'AP ont refusé d'indiquer les raisons de cette arrestation. Mais il est de notoriété publique que cette arrestation est liée à un reportage écrit par Rajoub sur l'assassinat, la semaine dernière, par des soldats israéliens d'Abdulmajid Dudin, un éminent combattant de la résistance appartenant à l'aile militaire du Hamas, les Brigades Ezzedine Al Qassam.
Rajoub avait passé plus d'un mois en détention chez l'AP au mois d'août dernier à Al Khalil et avait été soumis à des mauvais traitements.
Rajoub, 35 ans, est un cousin de Jibril Rajoub, l'ancien chef de la Force de sécurité préventive de l'AP.
Un certain nombre de journalistes palestiniens ont été arrêtés par les services de sécurité de l'AP ces derniers temps. On pense que le but de ces arrestations est d'amener les journalistes à pratiquer l'autocensure et à éviter de critiquer la direction de l'AP.
Selon les observateurs, les droits humains et les libertés civiles, dont la liberté de la presse, ont connu un net recul en Cisjordanie depuis la rupture entre le Fatah et le Hamas il y a près de 3 ans.
Traduction : Fausto Giudice
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Source : PA arrests Palestinian journalist Awadh Rajoub
Article original publié le 1er juin 2009
Sur l’auteur
Fausto Giudice est membre de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7774&lg=fr
19 mai 2009
PALESTINE : BIL'IN UN VILLAGE QUI NE SE RENDRA JAMAIS
Il y a quatre ans, les travaux de construction du Mur de Séparation ont commencé en plein milieu de Bil'in, un village situé non loin de Ramallah. Celui-ci a perdu presque 60% de ses terres agricoles qui constituent la principale source de revenus de ses habitants.

Coincé entre le Mur, les soldats et les barbelés : Bil'in. Photo : Palestine Monitor
Les habitants de Bil'in ont présenté plusieurs fois leur cas devant la Cour Suprême israélienne. En septembre 2007, celle-ci a finalement jugé que le tracé du Mur de Séparation était préjudiciable pour Bil'in et qu'il devait être modifié. L’application de ce jugement aurait du permettre à Bil’in de récupérer presque 50% des terres qui lui avaient été volées en 2004.
Malgré tous ces jugements et la législation internationale qui considère que le Mur est illégal, les travaux continuent et les terres de Bil'in continuent à être volées.
Pour protester contre le vol de leurs terres, les habitants du village ont organisé des manifestations hebdomadaires non violentes au pied du Mur. Chaque vendredi, les villageois, des militants internationaux et la presse se réunissent près de la mosquée et après la prière ils défilent ensemble jusqu'au Mur. C’est avec des gaz lacrymogènes qu’Israël répond à ces manifestations, ainsi qu’avec des balles en caoutchouc, des balles d'acier enrobées de caoutchouc, des grenades assourdissantes et des tirs à balles réelles.
Pour la première fois, il y a trois semaines, les soldats israéliens ont assassiné à Bil'in un manifestant pacifique. Son nom était Bassem Abu Rahmah. Ils lui ont tiré en pleine poitrine à environ 30 mètres de distance à tir tendu une nouvelle grenade lacrymogène à grande vitesse qui a la forme d’une balle. Il est mort pendant le transport sur la route de l'hôpital de Ramallah.
Malgré les dangers, les manifestations n'ont pas cessé.
Mondher Abou Rahmah, un villageois de Bil'in, se rend aux manifestations depuis leur début il y a quatre ans. Sa famille a perdu 15 dunums* de sa terre à cause du Mur. Il a été blessé deux fois au cours des manifestations, une fois ils lui ont tiré dans la main et une autre fois dans l'épaule. Selon Mondher, « au début, les manifestations étaient complètement différentes, ce n'était pas tellement dangereux d'y aller. Maintenant, chaque vendredi, ça le devient de plus en plus».
Selon Mondher chaque manifestation devient imprévisible : « ils utilisent chaque fois un gaz lacrymogène différent, quelquefois ils sont derrière le Mur, d'autres fois ils restent simplement assis et ils surveillent, et d'autres fois ils tirent avec des balles. ». Mais chaque mouvement exécuté par les soldats est décidé à l'avance sans tenir compte du nombre de manifestants ou de combien de pierres sont lancées, « ils ont leurs ordres avant, ils ont décidé s'ils vont tirer des gaz lacrymogènes ou des balles. »
Les soldats israéliens attaquent régulièrement Bil'in, parfois après les manifestations ou, plus fréquemment, la nuit. Quand les soldats arrivent au village, selon Mondher, « nous essayons de nous rassembler afin que les soldats ne puissent arrêter ou kidnapper personne. Lorsque nous sommes ensemble, nous sommes plus forts. Si quelqu'un est atteint par un tir, et qu’il se trouve seul il peut mourir vidé de son sang. Mais si nous sommes tous ensemble, et que quelqu'un est blessé nous pouvons l'aider rapidement et nous assurer qu’il ne lui arrive rien. »
Mondher est l’un des habitants de Bil'in qui a suivi les cours de soins de première urgence dispensés par les Services d'Aide Médicale Palestinienne (PMRS), une ONG palestinienne de base. Le PMRS a débuté ses formations à la première urgence en 1996 en raison de l'accroissement de la violence en Cisjordanie et parce qu’elle frappait souvent dans des secteurs isolés où les gens n'ont pas accès aux services médicaux. Dans des situations où il y a des blessés, s'il n'y a personne aux environs qui est formé aux premiers secours, des gens qui tentent d’apporter des secours peuvent souvent aggraver l’état des blessés.
Ainsi, le PMRS conçoit pour des volontaires, des cours paramédicaux dans lesquels on enseigne les premiers secours d'urgence. Ces programmes sont particulièrement importants dans des villages comme Bil'in où l'hôpital le plus proche se situe à une demi-heure de trajet.
Mondher est aujourd’hui un volontaire paramédical et il sera capable d'aider les gens s’ils sont blessés lors des manifestations hebdomadaires à Bil'in et dans le village voisin de Ni'lin, ainsi que durant les attaques israéliennes contre le village.
Quand on lui demande s'il pense que les manifestations auront quelque effet sur le Mur, en tenant compte du fait que ni les jugements de tribunal ni la loi internationale n’en ont eu, Mondher répond : « le Mur est le Mur, rien n’a changé. Les manifestations et les jets de pierres font partie de notre histoire et notre culture. C’est une histoire triste, l'histoire de notre peuple. Nous sommes un peuple sans terre. Nous avons essayé de récupérer notre terre pacifiquement, mais à la paix Israël répond avec la guerre. C'est pourquoi nous allons être toujours en guerre pour notre terre, et jamais en paix. Eux, vont essayer de réduire notre terre jusqu'à ce que nous tenions dans un petit cercle, alors ils en finiront avec nous. »
À la question de savoir ce qui à son avis pourrait empêcher les Israéliens de continuer à voler la terre, Mondher répond, « Notre dieu, ni moi ni toi, ni personne. Seul Dieu peut les arrêter. Nous allons aux manifestations pour leur démontrer que nous ne nous rendrons pas, c’est notre terre et nous survivrons jusqu'à la fin. »
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Bil'in: A Village That Will Never Surrender
Article original publié le 10/5/2009
Sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous deux sot membres de Tlaxcala.
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23 mars 2009
PALESTINE : LES FEMMES PALESTINIENNES SONT LE CAUCHEMAR DÉMOGRAPHIQUE D'ISRAËL
Pas question de condoléances à l'apartheid israélien…. Oui, il a tué 1.300 palestiniens à Gaza parce que ses craintes sont à caractère démographique, son armée n'a jamais été préoccupée par l'âge ou par le sexe des personnes qu’elle assassinait, la machine de tuer israélienne a fauché des Palestiniens de tous les âges et toutes les tailles… jeunes et vieux, handicapés et valides, femmes enceintes et fillettes, ceux qui résistent à l'occupation et ceux qui sont encore trop jeunes pour comprendre ces expressions…Le cauchemar israélien est d’ordre démographique, il a peur du désavantage numérique… c’est pourquoi que la réponse a été de laisser les personnes mourir de faim, interdire qu'elles reçoivent des médicaments afin qu'elles meurent « de causes naturelles », puis empêcher que les médias fassent des enquêtes là-dessus et ensuite lancer un autre mensonge qui s'adapte à sa nouvelle histoire créée sur mesure. Les actions d'Israël signifient qu'il y avait un terroriste dans chaque berceau et des tunnels qui transformaient le pain en armes.
Durant les heures où Israël se sentait victorieux et heureux d’avoir massacré de sang-froid, en représailles, 1.300 Palestiniens, les femmes palestiniennes donnaient naissance à 3.570 bébés. La femme palestinienne est considérée comme une bombe démographique, une créature aussi fertile que la terre de Palestine. Plus Israël envoie de Palestiniens dans l'utérus de la terre pour un voyage sans retour, plus d’utérus de femmes palestiniennes démontrent leur générosité en donnant la vie à davantage de héros.
Dans une période où la moyenne de fertilité en Israël est de 2,6 enfants par femme, Gaza est considérée une des zones les plus fertiles du monde avec une moyenne de 6 enfants par femme. Israël a un fort pourcentage de personnes du troisième âge, tandis que Gaza a une abondance de jeunes et d’après un rapport de l'UNICEF du 3 mars 2009, le nombre total d'enfants à Gaza est d’environ 793.520, c'est-à-dire, 56% de la population (Bureau central palestinien de statistiques). Ceci a été une des principales raisons qui ont obligé Israël à arrêter ses incursions militaires, puisqu'à Gaza il y a 4.170 personnes au kilomètre carré, et pour imaginer la densité de la population à Gaza, chacun doit savoir que le Liban représente 29 fois la zone de Gaza.
Ceci nous amène de nouveau aux méthodes tordues d'Israël, qui essaye de tuer les femmes – car il les considère comme des usines à hommes - sans être accusé directement pour cette raison, grâce à sa politique de blocus et de postes de contrôle où des femmes malades ou sur le point d’accoucher souffrent, étant dans l’impossibilité d'aller vers les hôpitaux, car on leur refuse le droit de circuler ou d'importer de la nourriture et des médicaments, en bombardant leur infrastructure, en les laissant sans eau pour boire ou pour l'hygiène, en les privant de carburant, ce qui provoque l'effondrement du réseau d’épuration des eaux usées, en les aspergeant depuis les airs de produits chimiques, en les brûlant avec du phosphore blanc et en les tuant indirectement de peine et de profonde tristesse pour avoir perdu des membres de leur famille, particulièrement les plus jeunes, mais, comme a dit une fois Yasser Arafat, nous les Palestiniens, nous sommes une nation invincible, nous sommes in Chaab Aljabbareen (un peuple de géants).
Iqbal TAMIMI
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
ESPAÑOL
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Source : Palestinian Women are Israel's Demographic Nightmare
Article original publié le 5/3/2009
Sur l’auteure
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste, sont tous deux membres de Tlaxcala.
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PALESTINE: MAISON APRÈS MAISON, L'EXPULSION DES PALESTINIENS CONTINUE
La population de Silwan résiste
Il y a des gens dont les visages reflètent les difficultés qu’ils ont dû affronter tout au long de leur vie. Salah Shweiki est l’une d'elles. Assis sous la grande tente dans le quartier Bustan de Silwan, en cherchant la tiédeur du feu de bois dans une vieille brouette, Shweiki laisse émaner l'aura d'un ancien sage. Avec ses 56 ans, il a en a vu beaucoup, trop peut-être, mais aujourd'hui il est déterminé, son visage décidé et sa volonté de fer solide.
Destruction de maison sous bonne garde à Silwan. Photo Reuters
Salah Shweiki est l’une des quelque 1.500 personnes qui sont menacées d'expulsion de leur maison par la municipalité israélienne de Jérusalem. Selon l'avis de d’expulsion distribué aux résidents du quartier Bustan, les démolitions se poursuivent sous prétexte de l’absence d’autorisations de construire. Une fois que les maisons seront détruites, Israël projette de construire à sa place un parc national, un parc qui selon leurs experts en archéologie, fait partie de l'ancienne Ville de David.
Shweiki balaie toutes ces explications et dit que l'ordre de délogement fait partie d'un plan plus vaste pour Jérusalem, qui est celui d'expulser de la ville le plus grand nombre possible de Palestiniens.
Si l’on examine les récentes activités d'Israël à Jérusalem, on peut dire que Shweiki a frappé dans le mille. Silwan a été accablée par des ordres israéliens de démolition durant des années, beaucoup de ces démolitions ont été ordonnées depuis 2005. Les résidents de Silwan disent que les accusations que leurs maisons sont construites sans l’autorisation de construire israélienne sont absurdes, puisque la majorité d’entre elles ont même été construites avant qu'Israël n’occupe la ville en 1967.
Shweiki, par exemple, dit qu'il a les titres de propriété de sa maison et de sa terre, qui remontent à l'époque du mandat britannique, et qui démontrent même que la maison a été construite avant cela. « En plus », il dit, « celle-ci est une terre Waqf », en référence à la Dotation Islamique, qui gère les affaires administratives des zones musulmanes de Jérusalem. « Les terres Waqf ne peuvent pas s’acheter ni se vendre », ajoute t-il, par conséquent, aucun crédit ne peut être accordé à certaines réclamations prétendant que les Palestiniens avaient vendu leurs terres aux colons qui ont occupé ces dites résidences au cœur de Silwan.

En rouge, le quartier d'Al Bustan
Si ces ordres de démolition sont appliqués, Israël affirme qu'il reclassera les résidents dans d'autres zones de Jérusalem-Est, principalement aux alentours de Beit Hanina et de Shufat. Les habitants du quartier Bustan de Silwan ne veulent pas entendre parler de cela, puisqu'ils affirment qu’ils combattront contre ces ordres israéliens bec et ongles. « Avant de nous arracher notre terre, ils nous arracheront nos vies », dit Shweiki d’un ton de défi.
Il n'est pas le seul à réagir de cette manière. Au moins dix autres hommes sont assis avec lui sous la tente, buvant du café et du thé autour du feu. Un autre homme, Abed Shaloudi, dit que les résidents ont créé le Comité Public pour la Défense du quartier Bustan de Silwan, afin d'attirer le plus grand nombre de médias et l'attention internationale sur leur difficile situation.
Shaloudi lui-même n’en est pas à ses premières épreuves. Il a passé 10 ans dans une prison israélienne pendant les années quatre-vingt-dix, période durant laquelle les colons juifs ont réclamé sa maison. Il est encore dans sa maison, mais il reconnaît qu'il ne sait pas quand viendra le jour où les colons l'obligeront à l'abandonner sur ordre judiciaire.
La jeunesse de Shaloudi se reflète dans ses convictions passionnées. Il dit que les représentants de plusieurs médias les ont rencontrés, des émissaires de l'ambassade l'Egypte et des groupes européens sont venus jusqu’à leur tente. Il a un livre de visites dans lequel il demande à tous qu'ils signent comme preuve qu'ils sont venus en solidarité. Il a de grands espoirs que leurs actions feront une différence. « Nous projetons une marche à partir de Sheikh Jarrah jusqu’à Al-Bustan », dit-il, en se référant à un autre quartier de Jérusalem-Est qui est sous le feu constant des colons israéliens et des confiscations. « Nous espérons aussi pouvoir former une chaîne humaine d'enfants autour de tout Silwan ».
Tous ces efforts sont honorables et pourraient certainement attirer l'attention sur l'injustice infligée à Silwan. La question est, seront-ils suffisants pour arrêter les démolitions ? Si nous nous fions à l'histoire, cette probabilité est assez faible.
Voyons, par exemple, Sheikh Jarrah. Pendant des années, les colons se sont approprié les maisons du quartier en affirmant qu'ils ont des titres de propriété qui remontent à avant 1948. Alors qu’ Israël insiste sur le fait que les familles palestiniennes dont les maisons ont été saisies disposent de ressources légales dans le système judiciaire israélien, c’est une piètre consolation. Le mieux que nous pouvons espérer est une suspension de l'ordre d’expropriation ou de démolition pour quelques mois de plus, dans le meilleur des cas pour quelques années, mais jamais une révocation. La dernière appropriation des colons a été la maison d'Um Kamel, qui a fini dormant sous une tente avec son vieux conjoint (qui est mort plus tard après son expulsion), tandis que les colons s’étaient installés dans leur maison.
À Silwan, Jabal Al-Mukabber et dans la Vieille Ville, les histoires diffèrent seulement dans les détails. Les réclamations de propriété par les juifs gagnent presque toujours contre les années de possession et l’héritage familial des Palestiniens. Le problème avec cette logique est multiple, d'abord le fait qu'il est unilatéral. En 1948, les Palestiniens étaient propriétaires de leurs maisons dans ce qui actuellement est Jérusalem-Ouest et vivaient dans leurs maisons léguées par leurs parents et leurs grands-parents. Le fait qu'ils aient le titre de propriété original et authentique de ces maisons de l'autre côté de la ligne de division de la ville est complètement insignifiant pour Israël, qui fait abstraction de toute revendication palestinienne dans ce qui est aujourd’hui Israël.
Et si ce n’était que cela ! Israël a systématiquement refusé d'accepter même le principe du droit de retour sur la base que tout afflux important de réfugiés palestiniens vers Israël pourrait altérer le caractère juif de l'État. Par malheur, ses aspirations, vont au-delà d’Israël même. En Cisjordanie et à Jérusalem-Est, Israël a construit des dizaines de colonies juives au cœur du territoire palestinien occupé et y a installé 500.000 colons juifs. À Jérusalem, la question la plus épineuse de toutes celles relatives au statut définitif, est qu’Israël continue à s’approprier de la terre palestinienne et des droits de résidence en essayant de vider la ville du plus grand nombre possible de résidents arabes palestiniens.
Par conséquent, il est difficile de ne pas être d'accord avec Salah Sheweiki. Quand il dit que dans cette bataille il ne s'agit pas de Silwan, mais de Jérusalem, il a raison. Quand il affirme que la question ne se réfère non seulement aux bâtiments mais aussi à la terre, je ne peux qu’acquiescer. À Jérusalem, Israël ne cache pas ses intentions. Pour faire d'elle la capitale éternelle des juifs, il doit libérer la ville de ceux qui osent défier cette affirmation. C’est lamentable, mais comme chacun peut le voir, c’est cela qui est en train de se faire, une maison après l’autre.

Immeuble de sept étages de colons juifs construits sans permis en plein milieu de Silwan. Les colons s'y sont installés en pleine nuit en 2004, sous la protection de l'armée. Photo Ruth Ottolenghi www.machsomwatch.org/
Auteur: Joharah BAKER
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : Expelling Jerusalem's Palestinians, One House at a Time
Article original publié le 2/3/2009
Sur l’auteure
Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala
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28 février 2009
GAZA : LA DERNIÈRE FOIS QU'ILS M'ONT TUÉ
Le siège de Gaza continu
Un cœur,
deux mains,
un cœur palpitant et un esprit qui fonctionne encore.
Deux yeux bien assez profonds pour focaliser l'injustice à portée de vue des francs tireurs.
Deux mains encore capables de caresser des chiots d’humains, fils éparpillés d'un Allah plus jeune,
et un cœur arythmique qui pompe du sang pour un esprit peu enclin à l'indifférence devant la tragédie.
Je suis vivant, mais ceci pourrait être tranquillement la vidéo de ma mort :
Lorsqu’un projectile (même par ricochet) vous érafle une tempe,
Je vous assure que c’est comme si l’on recevait une claque d'un poids lourd,
quelque chose qui vous met au tapis.
Cela s'est produit il y a deux jours à khozaa, tandis que j’accompagnais des agriculteurs palestiniens (des civils très visiblement désarmés autant eux que nous) au travail dans leurs terres légitimes,
à 600 mètres environ de la frontière, des snipers israéliens ont essayé de me tuer.
Les projectiles ont frappé à moins de cinquante centimètres d’où je me trouvais.
Quelques jours avant, malgré la présence d'internationaux,
ces mêmes snipers avaient blessé Mohammad al-Buraim, un paysan sourd-muet :
Je vous prie de visionner ces vidéos et de les diffuser sur le web.
Elles parlent clairement de ce qu’est le siège israélien aux yeux de ceux qui n’ont pas d’ouïe pour entendre les cris de douleurs de ces innocents massacrés quotidiennement « par la seule démocratie du Proche Orient »
À ceux qui n'ont pas d’odorat pour sentir le relent de fascisme derrière les masques de victimes qui à Tel Aviv anime ces assassins habillés en soldats vers le massacre de gens sans défense,
de terre :
http://www.youtube.com/watch?v=9nkcYaqhpng
comme par mer :
http://www.youtube.com/watch?v=tu8lGTPaMzk
http://www.youtube.com/watch?v=87NrkNV_owM
http://www.youtube.com/watch?v=yTUYivihoTE
Nous reviendrons rapidement accompagner les paysans palestiniens vers leurs champs,
conscients que si pour certains, mourir est une question de survie,
pour d'autres ce n'est qu’un tir à la cible par pure distraction.
Restons humains.
Vik
PS : Mes remerciements à tous ceux qui même modestement ont versé une contribution à notre activisme en défense des droits humains qui sont violés dans cette terre mortifère. Les témoignages d’appui et de solidarité sont notre stimulant pour aller de l’avant, malgré nos craintes et les menaces de ceux qui voudraient nous éliminer.
Traduction : Esteban
25 février 2009
GAZA : CES CRIMES DE GUERRE QUI NE DOIVENT PAS RESTER IMPUNIS
Le quotidien national communiste L’Humanité donne l'exemple
avec son appui sans équivoque aux initiatives juridiques contre Israël
Il s’agit de justice, pas de vengeance. En rouvrant le dossier des crimes de guerre perpétrés par Israël lors de son agression de Gaza, l’Humanité entend appuyer la requête de centaines d’associations de par le monde qui demandent qu’il n’y ait pas deux poids deux mesures et que, pour une fois, les lois internationales s’appliquent à Israël. L’actualité vient d’ailleurs souligner l’urgence d’une telle action. La Cour pénale internationale (CPI) vient en effet d’inculper le président du Soudan, alors même que ce pays n’a pas ratifié la création du CPI.
Bombardement au phosphore en plein jour dans le nord de la bande de Gaza.
Une manière de s'assurer que les mutilations durables seront causées sur la population.
Photo Yannis Behrakis/Reuters
Le Conseil de sécurité de l’ONU a tout simplement saisi la CPI comme cela est autorisé dans pareil cas. Israël non plus ne reconnaît pas la Cour internationale. La France aurait tout à se grandir en se faisant le porte-parole, au Conseil de sécurité, de cette exigence de justice. Cette même France qui n’a pas ménagé ses efforts, en concertation avec les États-Unis, pour créer un tribunal spécial pour le Liban (TSL) chargé de juger les auteurs présumés d’attaques terroristes au pays du Cèdre.
L’offensive militaire menée contre la bande de Gaza pendant trois semaines, du 27 décembre 2008 au 18 janvier 2009, a été d’une ampleur rarement atteinte. Les dégâts humains et matériels sont considérables. Écoles (dont certaines de l’ONU) détruites, lieux religieux touchés, infrastructures publiques sciemment ciblées, utilisation de bombes au phosphore blanc et peut-être d’armes interdites… Les images sont là, les témoignages aussi. Durs, sans appel. Comme celui de Khaled Abed Rabbo, trente ans. Il se trouvait avec sa famille au rez-de-chaussée d’un immeuble du hameau d’Ezbet Abed Rabbo (au nord de Gaza) dans lequel vivaient 27 personnes. Le 7 janvier, en milieu de matinée, les Israéliens sont arrivés. Ils ont installé un poste militaire. Les chars se sont mis en position derrière des buttes de sable alors que, par haut-parleurs, ils intimaient l’ordre aux gens de sortir. « Comme nous habitions au rez-de-chaussée, nous sommes sortis les premiers, a raconté Khaled à l’Humanité. J’étais avec ma femme, nos trois filles et ma mère. J’avais un drapeau blanc. Sur le char, il y avait deux soldats. L’un mangeait des chips, l’autre du chocolat. On est resté comme ça pendant plus de cinq minutes, alignés. Personne ne nous disait rien. On ne savait pas quoi faire. Soudain un soldat est sorti du char. Il était roux et portait les papillotes des religieux. Il a tiré sur ma petite fille de deux ans, Amal. Ses intestins sont sortis de son ventre. Puis il a visé en rafale celle de sept ans, Sohad. Ma femme s’est évanouie. Il a tiré sur ma mère. » Les deux petites filles, Amal et Sohad, sont mortes. La troisième, grièvement blessée, a été évacuée vers la Belgique. Elle est tétraplégique.
Comme beaucoup, la famille Samouni a payé un lourd tribut au déchaînement israélien. Le hameau où ils vivaient (c’est une famille élargie de près de 200 membres, répartis dans plusieurs maisons qui se jouxtent dans le quartier de Zeitoun, à Gaza ville), a été investi. Plus d’une centaine de personnes ont été regroupées dans une des maisons. Salah Samouni est un des rescapés, il raconte. « Les soldats nous avaient dit d’aller dans cette maison. Nous étions enfermés et ils nous avaient laissés sans eau et sans nourriture pendant trois jours. On est alors sorti pour prendre du bois pour faire du feu et ramasser ce qu’on pouvait. C’est alors qu’ils ont fait feu. Une première bombe est tombée. Deux personnes ont été tuées. Je suis rentré dans la maison. Un deuxième obus s’est abattu, en tuant 27 autres. J’en ai appelé à Dieu, je croyais que j’étais mort. J’ai vu que je respirais et que je pouvais me lever. J’ai regardé autour de moi, il y avait 27 membres de ma famille qui étaient morts. Un troisième obus est tombé, cette fois dehors. Je suis sorti et j’ai vu des gens qui portaient leurs enfants, leurs parents, blessés ou morts. Je suis allé trouver les soldats israéliens et je leur ai dit : "Pour l’amour de Dieu appelez les secours." Et ils m’ont répondu :“Va-t-en et crève”. »

Photo Alfred de Montesquiou/AP
Une question se pose maintenant : ces crimes vont-ils rester impunis ? De nombreuses associations se sont tournées vers la CPI, la Cour pénale internationale (lire l’entretien ci-contre). D’autres, comme la Fédération internationale des droits de l’homme (FIDH), formulent trois demandes, ainsi que l’explique son président d’honneur, Me Patrick Baudoin. « Nous souhaitons, et nous nous adressons à l’ONU, la création d’une commission d’enquête internationale afin de recueillir des informations sur ce qui s’est passé à Gaza. D’autre part, sans nourrir beaucoup d’illusions, nous demandons au Conseil de sécurité des Nations unies de créer un tribunal spécial comme cela a été fait après l’assassinat du premier ministre libanais Rafic Hariri ou, mieux, de saisir la CPI comme cela a été fait pour le Darfour. Mais on sait que cela suppose l’accord des cinq membres permanents du Conseil de sécurité et que les États-Unis et même la France ne donneront hélas ! pas leur feu vert. » Pour la FIDH, il semble plus efficace « d’utiliser le mécanisme de la compétence universelle et donc de rassembler le maximum d’éléments incriminant pour constituer des dossiers et, à travers ça, remonter les chaînes de commandements, cibler les responsables politiques et militaires israéliens et, à l’occasion de leurs déplacements dans certains pays, déposer des plaintes ». Israël le sait. Ehoud Olmert, premier ministre qui a osé prétendre qu’il pleurait lorsqu’il voyait des enfants morts, a donné le signal : « Les commandants et les soldats envoyés à Gaza doivent savoir qu’ils seront totalement protégés face à tous les tribunaux et qu’Israël les aidera. » Pour la première fois, Tel-Aviv sait qu’il peut être accusé de crimes de guerre et poursuivi. Ce qui ne donne que plus de poids aux actions entreprises. D’où la nécessité d’interpeller la représentation nationale française, la présidence de la République, le gouvernement, mais aussi chaque député pour qu’ils se déterminent dans ce combat pour la justice et le respect du droit international. « Je veux que le monde entier juge cet acte, pas moi, dit Khaled Abed Rabbo. Je demande la paix pour tout le monde. J’espère que mes enfants seront les derniers morts. Nous sommes un peuple qui aime la vie. »
Pierre Barbancey Grand Reporter
Publié dans l'humanité p12 et 13, le 24 février 2009
Traducido al ESPAÑOL por Manuel Talens miembro de Tlaxcala
URL Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7117&lg=es
GAZA : "NOUS ACCUSONS LES DIRIGEANTS ISRAÉLIENS DE CRIMES CONTRE L'HUMANITÉ"
Entretien avec Gilles Devers, coordinateur du collectif des 40 avocats qui agissent au nom des ONG ayant déposé une plainte contre Israël à La Haye.
Le 22 janvier dernier, une plainte contre Israël a été déposée auprès de la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye par près de 450 associations, essentiellement françaises et palestiniennes, pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité » contre la population palestinienne de la bande de Gaza durant l’opération israélienne « plomb durci » (27 décembre 2008-18 janvier 2009). Avocat lyonnais, expert en justice internationale, Gilles Devers a rédigé ce document. Il décrypte les enjeux de cette démarche.
Damien Roustel : Pourquoi avoir déposé cette plainte contre Israël pour « crimes de guerre et crimes contre l’humanité » devant la CPI ?
Gilles Devers : Au départ, notre démarche n’était pas de saisir la CPI mais de mettre fin à l’impunité et de reconnaître le droit des victimes où qu’elles soient, et notamment à Gaza. Nous menons un ensemble d’initiatives juridiques dans, principalement, trois directions : la Cour pénale internationale, la compétence universelle et les plaintes devant les juges d’instruction. Alors que les bombardements étaient en cours, nous avons privilégié le recours à la Cour pénale internationale parce que la logique était de s’adresser au juge qui a le plus d’autorité en matière de crimes contre l’humanité.
DR : Sur quels faits repose votre plainte ?
GD : Les faits sont là : 1 300 morts, dont une centaine de combattants. La proportion est la même pour les blessés graves dont des mutilés à vie. Les victimes civiles peuvent témoigner qu’elles allaient à l’école ou étaient chez elles lorsqu’elles ont été blessées. Nous avons le cas d’une jeune mère de famille qui regardait depuis son balcon un char passer. Il s’est retourné et l’a visée à bout pourtant. Il n’y avait pas de but militaire. Les premiers jours, des ordres ont été donnés pour bombarder à 11 h 30, c’est-à-dire à l’heure de sortie des écoles. On a des cas de regroupement de population dans des maisons qui seront ensuite bombardées. Les Israéliens ont utilisé des armes au phosphore. Quel était le but de ces armes ? On les utilise pour éclairer des troupes ou quand il y a une suroxygénation locale. Or, l’école des Nations unies a été attaquée par des bombes au phosphore, de jour. Nous avons des photos qui le prouvent. Utiliser de telles armes dans un milieu urbain pour détruire une école où sont réfugiés des enfants, c’est une manière de s’assurer que des mutilations dures et durables seront causées. Un tiers des terres arables ont été détruites par des bulldozers. Il ne s’agit pas d’un acte de guerre qui a dérapé. Certains de ces bulldozers ont défoncé des cimetières.
DR : Israël n’ayant pas ratifié le traité instaurant la CPI, votre plainte pourra-t-elle aboutir ?
GD : Les chances d’aboutir sont très grandes parce que le droit doit se comprendre dans une dynamique. L’ampleur et la gravité des faits survenus à Gaza amènent une certaine lecture. Nous travaillons en lien avec l’Autorité palestinienne. Toutes les tendances politiques se retrouvent autour de cette plainte. Il y a un consensus incontestable. L’Autorité palestinienne a donné compétence à la CPI pour enquêter sur Gaza. Ce que nous voulons, c’est d’abord que l’enquête soit faite. On verra ensuite ce qu’il sortira de cette enquête. Si les Israéliens visés par les enquêtes restent planqués en Israël, ce sera effectivement plus compliqué pour nous. Mais ce sera aussi plus compliqué pour Israël sur le plan diplomatique de refuser de concourir à la justice. Il faut rappeler que Susan Rice, la représentante américaine nommée par Obama à l’ONU, a fait un discours disant que la CPI était un modèle juridique intéressant et qu’il fallait réexaminer le point de vue des États-Unis. Certes, ils n’ont pas dit qu’ils adhéraient à la CPI mais cette déclaration ne va pas dans le sens d’un futur blocage. Il faut savoir aussi que le Conseil de sécurité de l’ONU peut saisir la CPI sur des territoires qui ne relèvent pas de sa juridiction pour chercher des coupables. Notre problème n’est pas de composer avec les statuts de la CPI mais de dire tout ce que l’on peut faire avec ces statuts pour défendre les victimes.
DR : Que ferez-vous si, malgré tout, votre plainte n’aboutit pas ?
GD : Nous allons voir jusqu’où la CPI va aller. Si la CPI se trouve effectivement bloquée, nous ferons le constat non pas qu’il n’y a pas de crimes mais que le statut de cette Cour ne permet pas d’agir. Et lorsque nous irons en compétence universelle (des tribunaux nationaux, comme le tribunal espagnol d’audience nationale, peuvent statuer sur des crimes contre l’humanité quelle que soit la nationalité des victimes et des présumés coupables et l’endroit où les faits se sont déroulés - NDLR), ou devant un juge français, nous aurons un argument extrêmement fort. Nous pourrons dire que l’enquête de la CPI a été interrompue pour des raisons de statut et qu’il faut donc poursuivre l’action avec les moyens classiques de la procédure. Un juge espagnol vient d’ouvrir une enquête au nom de la compétence universelle sur un bombardement intervenu à Gaza en 2002 (14 civils tués dont des femmes et des enfants). Nous allons nous-mêmes déposer prochainement une plainte individuelle à Madrid pour des faits survenus à Gaza en 2008.
DR : Qu’attendez-vous de la France ?
GD : Il faut savoir si la France devient de plus en plus le pays du discours sur les droits de l’homme ou le pays de l’action sur les droits de l’homme. Au cours des six dernières semaines, le gouvernement ne nous a donné aucun signe de vie alors que nous sommes en contact avec d’autres États. La France n’a montré aucun soutien sur cette procédure. Elle sous-estime la portée de ce qui est en cours. Si elle veut regarder passer le train et rester sur le quai, c’est son choix.
Damien Roustel
Publié dans "l'Humanité" p.13 le 24 février 2009
Traducido al ESPAÑOL por Manuel Talens miembro de Tlaxcala
URL Tlaxcala: http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7116&lg=es








