23 mars 2009
EL SALVADOR : L'ESPÉRANCE A VAINCU LA PEUR
L'élection de Mauricio Funes à la présidence du Salvador est une victoire retentissante du grand mouvement social concentré autour du désir majoritaire, longtemps retardé, de justice sociale et de liberté. Son grand mérite a consisté à faire fléchir le bunker de la droite oligarchique qui détient le pouvoir au Salvador depuis le XIXè siècle et qui a été un des régimes le plus réactionnaires, corrompus et répressifs de l'Amérique Latine. Celui-là même qui a noyé dans le sang le soulèvement paysan de 1932 et négligé la substance, social et politique, des accords de paix. Il convient de rappeler qu’il les a paraphés car il n’a pas pu vaincre la rébellion armée des années quatre-vingt, en dépit de l'aide militaire massive qu'il a reçu des USA. Composé par les huit groupes patronaux qui contrôlent le pouvoir réel, ce régime a essayé de barrer la route au candidat populaire en se servant des nombreuses ressources financières, publiques et privées, et de la coercition économique et politique soutenue par une féroce campagne de terrorisme médiatique. Mais cette fois-ci, comme Funes l’a affirmé en proclamant sa victoire, « l'espérance a vaincu la peur ».
Le président élu, est un prestigieux journaliste critique des gouvernements conservateurs d'extrême droite de l'ARENA, il a été nommé candidat par le Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale (FMLN), qui regroupe des combattants et des sympathisants des ex-organisations de guérilla ainsi que de nombreux militants sociaux de générations récentes. Le FMLN s’est constitué comme parti politique dès la signature des accords de paix de 1992. Depuis, il a traversé la difficile période de sa reconversion en une organisation capable de disputer le gouvernement à l'oligarchie par la voie électorale tandis qu'il faisait face à la confusion idéologique favorisée par l'effondrement de ce que l’on nommait le socialisme réel et l’impact psychologique de la fin de conflit négociée sans avoir pu atteindre les objectifs de la guérilla.
Dans cette étape il a réussi à être une référence dans la lutte contre la politique néolibérale, la défense des causes populaires et la solidarité latino-américaine sous la conduite du défunt Schafik Handal (1). C’est la quatrième occasion dans laquelle il concourt à la présidence, un processus dans lequel, son capital électoral et ses postes électifs augmenteront de plus en plus. Funes a un excellent programme de gouvernement constitué grâce à une consultation nationale avec les bases populaires et d'autres secteurs . Il souligne que la responsabilité de l'État est d'assurer le droit du peuple à l'éducation, à la santé, à la culture, à la science, au sport, à la nourriture, l'égalité des sexes ainsi que l'orientation de l'économie. Il revendique les droits des peuples indigènes, donne la priorité à la création d'emplois et insiste sur l'unité et l'intégration de l'Amérique Centrale et des Caraïbes à l'intérieur du processus d'unification de l'Amérique latine. Il cherche à sortir du champ de l’immobilisme et de promouvoir l'économie en stimulant les entreprises privées nationales, surtout petites et moyennes, et il assure qu'il empêchera de nouvelles privatisations des services publics. Il promet de former un gouvernement attentif aux besoins populaires et de combattre la corruption.
Accomplir ces objectifs exigera un extraordinaire effort de mobilisation populaire et de négociation avec les autres forces politiques et le patronat car le nouveau président n'a pas de majorité parlementaire ni de représentation dans le système de la justice, contrôlé par la droite tout comme les commandements de l'Armée, les forces de sécurité et une grande partie de l'appareil d'État. En outre, l'économie dépend beaucoup de celle des USA, à laquelle elle est liée par un Traité de libre échange [TLC], et des aides financières envoyées par les émigrés aux USA, qui constituent presque la moitié de la population.
Le peuple salvadorien s’était levé en armes à cause de l’iniquité sociale intolérable et de l'oppression politique dont il souffrait. Après la signature de la paix, il a été enfoncé encore plus dans la pauvreté et la misère par le néolibéralisme et les séquelles du conflit armé. Les accords de paix avaient fourni un espace politique qui, aussi restreint qu’il fût, n'avait jamais existé avant. Le FMLN a accepté le défi et il arrive aujourd'hui à la présidence, comme Funes l’a proclamé, avec au cœur l'option préférentielle pour les pauvres de « notre évêque martyr » Arnulfo Romero (2). Il mérite et il recevra certainement la solidarité des gouvernements progressistes et des peuples d'Amérique latine.
Notes de Tlaxcala
1) Schafik Jorge Handal est né le 14 octobre 1930. Homme politique salvadorien, membre du Frente Farabundo Martí para la Liberacion Nacional (Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale [FMLN]), ancien candidat malheureux à la présidentielle de 2004 face à Elias Antonio Saca.De 1959 à 1994, Handal est le secrétaire général du Parti communiste salvadorien. Ancien membre de la guérilla, Handal participe à l'unification des cinq mouvements d'opposition armée sous le nom de Frente Farabundo Martí para la Liberación Nacional. Après les accords de paix de Chapultepec en 1992, le FMLN se transforme en parti politique et Handal en assume le rôle de coordonnateur général. En 1997, Handal est élu à l'Assemblée nationale et y prend la tête du groupe FMLN. ilse présente à l'élection présidentielle salvadorienne du 21 juin 2004 et perd au second tour face à Elías Antonio ("Tony") Saca de l'Alianza Republicana Nacionalista (ARENA) par 36% contre 58%. Handal est le descendant d'émigrés palestiniens tout comme Saca. Schafik Jorge Handal décèdera le 24 janvier 2006. Source : http://fr.wikipedia.org/wiki/Schafik_Handal
2) Oscar Arnulfo Romero Galdámez est né à Ciudad Barrios, dans le Département de San Miguel, au Salvador en août 1917. Romero a été ordonné prêtre le 4 avril 1942, et nommé évêque suppléant de San Salvador en 1970; quatre ans après, il est envoyé comme évêque dans la région cafetière de Santiago de María. En 1977 il est nommé archevêque de San Salvador pour son profil studieux et calme à l’intérieur de l’église. C’est de là que viendra sa conversion vers le peuple, réaffirmant sa condition prophétique. De cette rencontre, disons du choc de cette rencontre, avec la réalité conflictuelle salvadorienne et la proximité avec les fils conducteurs du pouvoir économique et politique, émergera l’homme qui sut interpréter son époque sociale et se mettre du côté des exclus et des oubliés de son pays. Le point crucial de cette conversion fut l’assassinat de son ami le Père Rutilio Grande en mars 1977 par la Garde Nationale, qui l'avait étiqueté "communiste subversif". La conscience de Romero fut ébranlée ainsi que son rôle devant la dure réalité du peuple salvadorien vers la fin des années 70, dont on distinguait les prémisses de la guerre civile qui sévira dans ce pays pendant plus de douze ans avec des centaines de milliers de morts. L’injustice et l’abus des militaires, alliés avec la classe politique et le pouvoir économique national, ainsi que les « sympathies » avec des groupes usaméricains, soulèveront la mobilisation de groupes armés contre l’ordre établi par le mauvais gouvernement. Il résultera des disparitions et des assassinats de paysans, d’étudiants, de dirigeants populaires, d’hommes, de femmes et d’enfants dont le principal délit aura été d’être pauvre. Face à la réalité Monseigneur Romero décide alors d’accompagner son peuple, en répondant par la dénonciation de ce qu’il considère humainement injuste, en réaffirmant son option pour les pauvres et la cohabitation en société. Le peuple trouve là une voix et une main amie, qui va lui donner non pas des dons pour supporter la douleur, mais plutôt l’espoir d'un mieux vivre. C’était Arnulfo Romero qui dénonçait les abus du pouvoir et rien de moins qu’à partir du pupitre de la cathédrale de San Salvador. Cette option le mènera à la mort, le 24 mars 1980, durant l’eucharistie dans la chapelle de l’hôpital de la Divina Providencia. Un tueur à gages lui tire dessus en pleine poitrine. Il meurt sur le coup. Les groupes de pouvoir auront payé pour ce meurtre de peur des dénonciations de l’évêque. Plus tard on saura que le commanditaire était Roberto D'Aubuisson, militaire et leader des escadrons de la mort. Source (es) : http://jalexp.tigblog.org/post/554801?setlangcookie=true
Ángel GUERRA CABRERA
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Giudice
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Source : La Jornada - El Salvador: la esperanza venció al miedo
Article original publié le 19 mars 2009
Sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous deux membres de Tlaxcala. URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7264&lg=fr
17 décembre 2008
LE SALVADOR : LE FMLN, 28 ANS DE MARCHE VERS LA VICTOIRE
Au milieu de la marée électorale qui a déferlé ces derniers mois sur les pays de l’ALBA, la campagne électorale au Salvador passe inaperçue
Une des perceptions que nous avons depuis l’Amérique Centrale, est que nous existons seulement quand cela convient aux grands moyens de communication de désinformer sur des faits ponctuels qui arrivent dans cette zone. Les pays apparaissent et disparaissent des titres en fonction des intérêts occidentaux.
Durant les années 80, il ne passait pas un seul jour sans que paraisse une information sur l'Amérique Centrale : Nicaragua, Salvador, Guatemala, Honduras. Aujourd'hui nous apparaissons seulement quand cela convient à l'empire idéologico-médiatique.
Alors, cela peut surprendre, soudain, que dans un pays il se produise un changement fondamental, et que nous en méconnaissions les raisons.
Au Salvador, des élections municipales et législatives vont avoir lieu en janvier et la présidentielle en mars. Tout laisse présager une importante victoire du FMLN. Comment en a-t-on pu arriver là ?
Bref rappel historique sur l’Amérique Centrale
Il n'est pas possible de séparer l'histoire récente du Salvador de celle du reste de l’Amérique Centrale. La guerre insurrectionnelle des années 80 contre le régime fantoche des USA doit être placée dans le contexte de l'Amérique centrale (triomphe de la Révolution au Nicaragua, guerre insurrectionnelle au Guatemala et utilisation du Honduras comme centre opérationnel de la contre-révolution financée par les USA).
Le coût de cette guerre en Amérique Centrale a été très élevé, un calcul approximatif évalue les vies humaines perdues à 200.000 au Guatemala, 100.000 au Nicaragua et 75.000 au Salvador, le coût des destructions physiques est impossible à évaluer. Il ne faut pas s’étonner que cette situation ait laissé un fort impact psychologique dans la population, et c’est dans ce contexte qu'avaient été négociés les accords de paix entre les gouvernements et les forces insurgées. Nous devons également rappeler que c'était à l'époque de la désintégration du bloc de l'Est, qui a contribué à une démoralisation des forces populaires et à la capitulation idéologique des dirigeants qui jusque-là militaient dans ces forces (FMLN, FSLN et URNG).
Les dictatures militaires d’Amérique du sud ont disparu au début des années 80, celles d'Amérique centrale ont cessé au début des années 90, c’est pour cela que les changements actuels sont en retard d’une décennie sur ceux qui se sont produits en Amérique du sud. Ce temps de réflexion, d’éclaircissement idéologique et d’accumulation de forces a été nécessaire pour parvenir à construire une alternative viable aux gouvernements néolibéraux.
Le FMLN, 25 ans à se consolider comme force alternative
Le FMLN est né en octobre 1980 en tant que coordination de cinq organisations de guérilla qui combattaient la dictature militaire salvadorienne. Il s'est organisé en unifiant les stratégies et les structures des cinq groupes afin de devenir un seul parti politique, bien qu'ils maintiennent un Commandement Général de 5 dirigeants (un par organisation).
Pendant la période de la guerre insurrectionnelle (1980-1990) l'unification reste au niveau des bases et des fronts de guerre, mais elle ne parvient jamais à être une unification idéologique, puisque le débat dans un contexte de violence généralisée est difficile. Même ainsi, le FMLN établit des accords avec des partis d'opposition, de tendance modérée, afin de renforcer l'opposition au régime militaire.
Les accords de paix signés en Amérique Centrale permettent la légalisation du FMLN et sa participation aux élections en 1994 ; il obtient 15 maires, 21 députés et 287.000 voix (21,4%). Durant cette même année, surgissent quelques contradictions présentes dans le FMLN (un parti composé de 5 partis), dans la Convention Nationale d'août, les dirigeants de deux de ces partis (ERP et RN) essayent de reconvertir le FMLN en une « gauche moderne » (lire : social-démocratie), ils sont mis en échec et se séparent, en emportant 7 députés et en créant un nouveau parti (Parti Démocrate) dont l’existence sera éphémère, puisqu’aux élections de 1997 il n'obtiendra aucune représentation.
Cette scission ne résout pas l’idéologie non définie du FMLN, lequel se présente alors comme « un parti de tendances », ce qui permet aux militants de ces tendances de se grouper et se battre pour le contrôle du parti. Pendant environ 5 ans, l'orientation du parti dépendra de celui qui contrôlera l'appareil, deux tendances principales vont se former : le courant révolutionnaire socialiste et le courant rénovateur. Le second courant sera battu dans les élections internes de 2001 (par vote secret de tous les militants) et une scission se produira de nouveau : le Mouvement Rénovateur se créera et terminera comme le Parti Démocrate, n’obtenant aucune représentation aux élections de 2004.
À partir de là, le FMLN décide d'éliminer la possibilité de tendances dans le parti et procède à un renforcement de ce dernier, en redressant son orientation vers le socialisme, et en créant une école de formation politico-idéologique de cadres.
Du point de vue électoral, le FMLN est allé en s’étoffant à chacune des élections auxquelles il s'est présenté (législatives de1994: 24% ; 2000: 35%, 2006: 32%. Présidentielle 1994 : 25,6% ; 1999 : 28,9% ; 2004 : 35,7%), de même, depuis plusieurs années il occupe la mairie de la capitale.
Pour cette élection présidentielle, le FMLN a choisi comme candidat un journaliste modéré : Mauricio Funes, qui milite depuis peu de temps dans le parti, et comme vice-président Salvador Sánchez Cerén, un commandant guérillero qui a fait partie du Commandement Général depuis 1983. Jusqu'à présent, les intentions de vote dans les sondages donnent au FMLN plus de 10 points d’avance sur son principal rival (ARENA).
Au FMLN, l'élection d'un candidat présidentiel ne faisant pas partie des militants historiques est due à plusieurs causes, la première et la principale a été le décès du candidat naturel du FMLN, Shafick Handall en 2006. L’autre est la volonté d'attirer des secteurs de la population qui peuvent aider à faire le pas définitif pour obtenir la présidence du pays.
Le Salvador que retrouvera le FMLN
Le Salvador, le plus petit pays d'Amérique Centrale, est le plus peuplé de la région. Son économie a été gravement touchée par la guerre et par les gouvernements néolibéraux successifs (ou néofascistes puisque le parti au gouvernement, ARENA, a été fondé par le créateur des escadrons de la mort). Il a perdu une bonne partie de son agro-industrie (principalement le café) et une de ses industries de pointe est constituée par les maquilas* textiles (pour couper et exporter les vêtements aux USA). Comme tout pays d'Amérique centrale, sa principale « exportation » est l'émigration. On évalue environ que les 2.500.000 Salvadoriens qui vivent hors du pays (94% aux USA), contribuent avec leurs envois à leurs familles à soutenir l'économie. Il a été le premier pays de la zone à signer un TLC (traité de libre-échange) avec les USA et durant l'année 2001 il a aboli la monnaie nationale (le colón) pour passer au dollar.
Socialement il est très déstructuré, l'État n'existe pratiquement pas, et il y a un grave problème de délinquance et de bandes organisées.
Le FMLN devra faire face à un grave problème, avec des connotations idéologiques de fond. Il devra améliorer la situation économique de la population en général, dans un contexte mondial de crise profonde, il devra maintenir une bonne relation avec les USA. Presque un tiers des Salvadoriens vivent aux USA et envoient de l’argent pour soutenir les familles.
Actuellement, ils ne peuvent pas « rompre » avec les USA ; c’est pour cela qu’il ne faut pas s’étonner que Mauricio Funes effectue une tournée dans ce pays, et qu’il s’entretienne avec des fonctionnaires du gouvernement usaméricain. Certains « puristes », accuseront sans doute le FMLN d’être un traître à cause de ces entrevues, ou bien de n’être guère révolutionnaire. Mais on doit d'abord analyser la réalité du Salvador avant de lancer des accusations gratuites.
Je doute que le Salvador s'intègre tout de suite dans l’ALBA (pour la raison citée), je crois plutôt qu'il y adhèrera en tant qu’observateur (comme l’Équateur), bien que depuis un an, plusieurs maires du FMLN aient déjà créé avec la PDVSA (Société pétriolière d’État vénézuélienne), dans le cadre du projet Petrocaribe, l'entreprise ALBA Petróleo de El Salvador, qui fournit du carburant à des prix plus abordables pour la population. La collaboration va sans doute s’amplifier dans d'autres domaines, sans arriver à l’intégration totale durant les premiers mois (ou années).
L’intégration “démocratique”
Devant la perspective que le peuple salvadorien, fatigué des gouvernements néolibéraux, décide de faire confiance au FMLN, « les forces démocratiques » nationales et internationales, ont déjà commencé à montrer leur inquiétude.
Le quotidien d'extrême-droite salvadorien « El Diario de hoy » (et son site web elsalvador.com), s’est consacré pendant les derniers mois à manipuler l'information sur le Nicaragua, à interviewer des « démocrates persécutés » comme Sofia Montenegro, Carlos F. Chamorro et Edmundo Jarquín, dans une tentative de faire miroiter la menace que le FMLN, une fois au pouvoir, va se comporter comme les sandinistes au Nicaragua. Certains de ces interviewés disent que le FMLN n'est pas un parti de gauche, qu’il est dictatorial et répressif. Cette attitude n'est pas étonnante, puisque leurs coreligionnaires au Salvador, le Front Démocratique Révolutionnaire (formé par des anciens sympathisants du FMLN battus au congrès des années 90) ne présentent pas de candidat à la présidence et appellent à voter pour l’ARENA, le parti des escadrons de la mort (1).
Le Rat Montealegre se déplace au Salvador pour diffuser ses thèses sur la fraude aux élections municipales au Nicaragua et annoncer ce qui se passerait si le FMLN gagnait les élections.
Deux « journalistes » usaméricains dénoncent la participation de militants du FMLN dans les mobilisations en défense du vote sandiniste effectuées à Managua (2) et l'ARENA demande une enquête officielle.
Campagne de discrédit du FMLN de la part de l’ARENA, menaçant (entre d'autres choses) que la victoire du Front mettrait en danger l'envoi des aides financières des familles vivants aux USA (3).
Et bien sûr, le journal « El País » qui s’est mis depuis peu au « service de la démocratie » dénonce des liens entre le FMLN et les FARC, et immédiatement l'ambassadeur des USA à San Salvador déclare qu'un gouvernement ami des FARC ne peut pas être l’ami des USA (4). Dans ses colonnes sur le Salvador, on rappelle toujours les origines guérilleras du FMLN, mais on ne rappelle jamais les liens de l’ARENA avec les escadrons de la mort (5).
« El País » a même le culot de rappeler l'anniversaire du meurtre des jésuites de l'UCA par les escadrons de la mort de l’ARENA, en annonçant que l'ex-président Cristiani est mis en cause, mais sans informer qu'il appartenait à l’ARENA (6) ; ils présentent plutôt les jésuites comme des membres du FMLN : « Le 16 novembre 1989, des commandos de l'Armée ont fait irruption dans le campus de l'UCA et ont tué huit personnes, dans le cadre d'une offensive contre la guérilla du Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale (FMLN, aujourd’hui principal parti d'opposition) ». Et cette information sort seulement 2 jours avant le début de la campagne électorale (7).
Récemment, le gouvernement des USA a décidé de suspendre la coopération du Nicaragua avec le Compte Défi du Millénaire [Cuenta Reto del Milenio / Millennium Challenge Account], parce que le FSLN a remporté des « élections frauduleuses », dans un message clair en direction de l'électorat salvadorien « Ou bien celui que nous aimons gagne ou bien attendez-vous aux conséquences».
Toutes ces actions sont destinées pour fabriquer de la peur dans l'électorat salvadorien et créer un climat international qui délégitime le triomphe probable du FMLN, ou bien qui puisse justifier une fraude possible contre ce parti. Plusieurs universitaires des USA ont déjà exprimé leur préoccupation devant l'intervention des USA dans les élections du Salvador et sur une possible tentative de priver le FMLN de la victoire (8).
Je fais confiance au peuple salvadorien ; il saura défendre sa volonté et son vote, et entamer une seconde étape du processus engagé en 1932, avec l'insurrection paysanne contre une dictature militaire. La répression avait coûté 30.000 morts, parmi-eux le dirigeant communiste Agustín Farabundo Martí, dont les initiales sont dans le sigle du FMLN.
* Une maquiladora, ou son abréviation maquila, est l'équivalent latino-américain des zones de traitement pour l'exportation (export processing zones en an glais). Ce terme désigne une usine qui bénéficie d'une exonération des droits de douane pour pouvoir produire à un moindre coût des marchandises assemblées, transformées, réparées ou élaborées à partir de composants importés ; la majeure partie de ces marchandises est ensuite exportée (sauf dans le cas des maquiladoras por capacidad ociosa, orientées vers la production nationale).
Les maquiladoras ont vu le jour en 1965 au Mexique, dans les zones frontalières avec les USA. Mises en place par le gouvernement de Gustavo Díaz Ordaz par l’entremise d’un programme d’industrialisation de la frontière, on en trouve de nos jours également au Guatemala, au Salvador, au Honduras et au Panamá. Elles fabriquent entre autres des vêtements, de l'électronique, des pièces automobiles. Beaucoup de jeunes femmes y travaillent. Le Salvador s’est spécialisé dans le textile. Voir Maquilapolis, City of Factories.(Note de Tlaxcala)
Chipote de Kaosenlared
Traduction : Esteban
Révision : Fausto Guidice
Pour consulter des documents (en espagnol) sur le FMLN et son programme de gouvernement :
Site officiel du FMLN : http://www.fmln.org.sv
Revue officielle du FMLN : http://eltorogoz.net/
Sites de sympathisants FMLN (non officiel): http://www.simpatizantesfmln.org
Sites de sympathisants du FMLN à l’extérieur:
http://www.fmln-ny.org/
http://fmlnsurrey.blogspot.com/
http://www.fmlntoronto.org
Liens :
(1)http://contrapunto.com.sv/index.php?option=com_content&task=view&id=1128&Itemid=124
(2)http://www.elsalvador.com/mwedh/nota/nota_completa.asp?idCat=6351&idArt=3050970
(3)http://www.youtube.com/watch?v=hwB2eZwWHeQ
(4)http://www.radiolaprimerisima.com/noticias/resumen/32186
(5)http://www.elpais.com/articulo/internacional/Comienza/pulso/electoral/Salvador/elpepuint/20081117elpepuint_3/Tes
(6)http://www.elpais.com/articulo/internacional/Denunciado/Espana/ex/presidente/salvadoreno/Cristiani/asesinato/jesuitas/1989/elpepuint/20081113elpepuint_18/Tes
(7) http://www.elpais.com/articulo/internacional/Aniversario/matanza/elpepuint/20081117elpepuint_4/Tes
(8) http://www.radiolaprimerisima.com/noticias/43318
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Source : El Salvador. FMLN 28 años de camino hacia la victoria
Article original publié le 13/12/2008
Sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! sont membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6625&lg=fr
04 novembre 2008
SALVADOR : PRÉSIDENTIELLES 2009 - DES SORCIÈRES RÉPONDENT À LA CAMPAGNE DE PEUR

" Ce qui nous fait peur
c'est la violence et la délinquance
qui nous sont soumises "
" Ce qui fait peur
c'est la faim
car la panique c'est le chômage "
" Aujourd'hui, elles ne nous effraient plus,
aujourd'hui, elles sont la honte
du peuple salvadorien "
" EN JANVIER ET EN MARS
NOUS TOMBERONS LEURS MASQUES "
EN JANVIER ET MARS TOMBONS LEURS MASQUES
AVEC MAURICIO FUNES
"L'espoir est en train de naître,
le changement arrive"
"Frères unissons-nous pour combattre !"
dans l'HYMNE FMLN
21 octobre 2008
SALVADOR - Mauricio Funes : " NOUS METTRONS EN PRISON TOUS CEUX QUI AURONT VOLÉ L'ARGENT DU PEUPLE "
Le candidat du FMLN à la Présidence de la République, Mauricio Funes, a affirmé en fin de semaine, que sous son gouvernement « les fonctionnaires corrompus qui ont auront volé l’argent du peuple iront en prison » et qu’il mettra " fin à l’économie de privilèges " instaurée par les gouvernements du parti ARENA (1).
" Mon gouvernement ne va pas lancer de chasse aux sorcières, il ne gâchera pas tout son temps à poursuivre les corrompus, mais je vous garantis avec certitude, que ceux dont nous découvrirons qu’ ils ont volé l’argent du peuple, qu’ils se sont approprié des fonds publics, nous les mettrons en prison ", ainsi s’est exprimé catégoriquement le leader de l’opposition à Chinameca, ville du département de San Miguel.
"Nous n’allons pas permettre que le peuple continue d’être dépouillé de son argent, des fonds publics…Non, nous ne le permettrons pas ", a-t-il souligné devant un rassemblement de 10 000 personnes, qualifié d’historique et de " jamais vu à Chinameca ", selon les habitants de la ville.
Le sondage le plus récent du prestigieux Institut Universitaire d’Opinion Publique de l’UCA (2), (IUDOP), a confirmé, il y a quatre jours, que Mauricio Funes est favori pour gagner l’ élection présidentielle du 15 mars prochain, devançant de 15,5 points son adversaire et candidat du parti actuellement au pouvoir.
Depuis sa désignation comme candidat du FMLN en novembre dernier, Mauricio Funes a entrepris, à travers tout le territoire salvadorien, une tournée de campagne qu’il a nommé " Caravane de l’Espoir ". Dans le cadre de cette tournée, il s’est rendu ce samedi dans les villes de Comacarán, Nueva Guadalupe et Chinameca dans le département de San Miguel à l’est du pays.
Dans ses discours devant des milliers de personnes, Mauricio Funes a fait référence au thème de la corruption qui est un des principaux problèmes que notre pays doit affronter car il empêche l’État de satisfaire une grande partie des besoins de la population, comme c’est le cas pour la santé. Il a déploré l’état lamentable des hôpitaux publics, le coût élevé des produits alimentaires, du combustible et l’abandon de l’agriculture par les gouvernements ARENA.
" Nous allons mener un combat permanent contre la corruption. C’est la différence entre nous et eux. Depuis 20 ans qu’ils sont au gouvernement, seuls un petit groupe de dirigeants du parti ARENA et de patrons d’entreprises qui l’entourent en ont profité, et ont vécu aux crochets de l’État. C’est ça qui va prendre fin ", a t-il assuré.
Il a ajouté : " dans mon gouvernement, l’économie de privilèges d’un petit groupe de dirigeants d’ARENA qui se sont enrichis en manipulant la chose publique, prendra fin. Oui, ça prendra fin ".
Auteur: FMLN
Traduction : Esteban G.
Réviseur : Fausto Giudice
Notes:
(1) ARENA : Alliance Républicaine Nationaliste (parti de droite)
(2) UCA : Université d’Amérique Centrale (établissement catholique de San Salvador)
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Source : Mauricio Funes: A los que hayan robado dinero del pueblo los vamos a meter a la cárcel
Article original publié le 12/10/2008
Photos du meeting à Chinameca
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! sont tous deux membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6139&lg=fr
05 octobre 2008
LE SALVADOR : FMLN, "L’ESPOIR ET LE CHANGEMENT PRÉVAUDRONT SUR LE CONTINUISME !"
Pour les prochaines élections, le paysage politique est maintenant plus clair puisque les deux principales forces politiques au Salvador ont élu leur candidat respectif pour les présidentielles. Le FMLN [Front Farabundo Marti de Libération Nationale] a choisi le journaliste Mauricio Funes, défenseur reconnu des droits des citoyens, et qui grâce à ses enquêtes et sa longue expérience, ne cesse de dénoncer les abus et la corruption dans le gouvernement.
Depuis plusieurs années, Mauricio Funes a analysé la réalité nationale, en enquêtant sur les principaux problèmes qui frappent les gens et en créant un débat d’idées sur les solutions qui doivent être adoptées pour affronter et dépasser ces problèmes. Son HONNÊTETÉ, son APTITUDE et sa CRÉDIBILITÉ ont convaincu le FMLN, après une large consultation au niveau national et par désir d’ouverture, de lui proposer la candidature à la Présidence de la République, cette décision ayant été avalisée et soutenue par les citoyens, à l’intérieur et à l’extérieur du pays.
La candidature de Mauricio Funes réveille un énorme espoir chez les citoyens. En tant que candidat à la Présidence, Mauricio Funes, est en train de parcourir le pays avec son partenaire Salvador Sánchez Cerén, afin de s’entretenir avec les gens des villes, des villages, des régions urbaines et rurales ainsi qu’avec les secteurs représentatifs de la vie nationale, dans l’intention de porter son message d’espoir et de changement, et en même temps de rassembler, avis et propositions, pour LE PROGRAMME DE GOUVERNEMENT 2009-2014. Le candidat à déjà visité plus de 100 communes, s’enrichissant des rencontres avec des agriculteurs, des patrons du commerce et de l’industrie, des personnels de coopératives, des femmes, des leaders religieux de différentes églises, des jeunes, etc.
Mauricio Funes s’est également rendu dans plusieurs villes des Etats-Unis pour dialoguer avec nos frères et sœurs migrants, et les aider dans la défense de leurs droits. À cette occasion, il a tenu à discuter avec des représentants du Gouvernement et du Congrès de ce pays, et lancer les bases pour une future relation, fondée sur le respect mutuel, l’amitié et la coopération entre les deux pays.
Pendant que le FMLN et Mauricio Funes travaillent et avancent pour assurer un véritable CHANGEMENT au Salvador, le parti au gouvernement manœuvre désespérément pour se maintenir au pouvoir, malgré l’échec de ses politiques et le refus que le peuple est en train de lui signifier. À cet effet, dans les milieux de communications, ils ont monté un spectacle pour simuler tout un processus de sélection de leur candidat présidentiel ; spectacle dénoncé par les participants eux-mêmes. La vérité, est que Saca (1) et ses associés les plus proches, avaient déjà décidé que, Rodrigo Ávila, serait le candidat « arenero » [du parti de droite ARENA : Alliance Républicaine Nationaliste].
La question que le peuple doit se poser est : Qui est Rodrigo Ávila ? Car en plus d’être issu d’une des familles qui ont financé, et qui vénèrent toujours le fondateur des escadrons de la mort, Roberto D’Abuisson, cet Ávila est un personnage qui fait partie des responsables principaux du préjudice porté à la sécurité citoyenne dans le pays.
S’il existe une parole qui résume la trajectoire suivie par Ávila, c’est bien : ÉCHEC ! Depuis plusieurs années, Ávila, a démontré son incapacité à freiner la délinquance. Au poste de la PNC (2) et de Vice-ministre de la Sécurité Publique, il a mis en place des stratégies qui, au lieu de réduire la vague d’assassinats et d’autres délits, ont finalement transformé Le Salvador en un des pays les plus dangereux du monde. Durant l’année 2007, qui fut identique aux précédentes, il y eut dans ce pays, pas moins de 3500 assassinats, nous plaçant à la déshonorante place de 2è des endroits au monde en nombre d’homicides relatif à la densité de la population.
La population elle-même signale Ávila, comme faisant partie du groupe de dirigeants « areneros » qui profitent avec l’insécurité de la majorité des citoyens. L’INSÉCURITÉ EST POUR EUX, UN COMMERCE PARALLÈLE. Avec la vente d’armes et les services de sécurité privée, ces politiques se sont enrichis à satiété. Maintenant ces derniers avec Ávila à leur tête, viennent essayer de tromper à nouveau la population en disant qu’ils vont résoudre le problème de la sécurité. Il est donc possible de leur demander : Puisqu’ils ont les solutions, Pourquoi ne les ont-ils pas appliquées ? Puisque cela fait presque 20ans qu’ils gouvernent, Pourquoi viennent-ils nous dire que ce n’est qu’à partir de maintenant qu’ils vont résoudre les problèmes ?
"L'espoir et le changement prévaudront sur le continuisme"
Le candidat « arenero » représente le CONTINUISME. Des mêmes, toujours plus pour ces mêmes ! Associés aux autres hiérarques de ce parti, Ávila est responsable des gravissimes problèmes qui asphyxient chaque jour la famille salvadorienne : pauvreté, hausse irrépressible du coût de la vie, chômage, délinquance, manque d’eau potable, mauvais services de santé et d’éducation, non-respect de la loi et corruption de la part des gouvernants, plus encore d’autres problèmes.
Venir se présenter aujourd'hui comme quelque chose de nouveau, comme une nouvelle droite, qui a changé, qui maintenant s’intéresse aux pauvres, c’est vouloir escroquer une nouvelle fois les citoyens. L’ARENA et son candidat ne sont seulement qu’un faux billet avec lequel ils essaient de tromper les gens.
L’ARENA a déjà eu l’opportunité de remettre le pays sur le bon cap et elle ne l’a pas fait. Chaque fois, ils ont échoué, et maintenant ils ne veulent pas partir du Gouvernement. Mais l’heure du CHANGEMENT est arrivée ! La candidature de Mauricio Funes reçoit chaque jour, un plus large soutien populaire. Tous les sondages le signalent.
Envoyé par le FMLN
Traduction : Esteban
Notes du traducteur:
(1) Elías Antonio Saca González, Président du Salvador depuis juin 2004.
(2) Policia National Civil (Police Nationale Civile).
25 septembre 2008
SALVADOR : Le FMLN en-tête dans les intentions de votes pour les prochaines élections
[Tout en prenant les sondages avec prudence, les lectures diverses qui peuvent en découler et, entre-autres, les effets de démobilisation qu’ils peuvent entraîner aux présumés gagnants, il est toutefois intéressant de noter un tel renversement « prometteur » avec un tel écart. À suivre donc…]
SAN SALVADOR, 23 septembre 2008,
Un sondage réalisé mardi dernier par l’université privée Francisco Gavidia assure que le FMLN, le parti de l’ex guérilla salvadorienne, est crédité d’un avantage de 23 points sur la droite qui est au gouvernement, dans les intentions de votes, pour les élections présidentielles de mars prochain.
SELON LE SONDAGE, LE CANDIDAT MAURICIO FUNES POURRAIT S’IMPOSER AVEC 47,42% DES SUFFRAGES.
Si les élections avaient lieu dimanche prochain, le candidat du Front Farabundo Martí pour la Libération Nationale (FMLN), le journaliste Mauricio Funes, obtiendrait 47,42% des suffrages, alors que le candidat de la droite (ultra-conservatrice) de l’Aliance Républicaine Nationaliste (ARENA), Rodrigo ávila, aurait 23,77%.
Cependant, le chiffre d’indécis s’élève autour de 24%
Si un deuxième tour devait avoir lieu, Le FMLN gagnerait le suffrage avec 52,33%, alors qu’Arena obtiendrait 26,97%, avec toujours 20,70% d’indécis.
Quant à la bataille des législatives, le FMLN est en tête avec 43,86%, suivi par Arena avec 24,39% et un pourcentage d’indécis de 25,49%.
L’AFP annonce que, quelques 4,2millions de salvadoriens seront convoqués aux urnes le 18 janvier prochain afin de renouveler le Parlement et les municipalités, et le 15 mars pour élire le nouveau président.
Granma.co.cu/
Traduction : Esteban


















