LE TACLE

LA CONSCIENCE VAUT MILLE TÉMOINS

14 octobre 2009

OBAMA : SURRÉALISME MAGIQUE - PRIX NOBEL DE LA GUERRE 2009

NIikolas_Stolpkin
Auteur : Níkolas STOLPKIN

C’est avec une profonde satisfaction que j'ai accueilli l’information dont tout le monde parle : Barack Obama, le président des USA, a reçu la récompense du Prix Nobel de la Guerre 2009. Un prix mérité pour un homme qui s'est entièrement consacré à promouvoir, avec beaucoup d'intelligence, la guerre dans le monde - et en seulement moins d'un an qu’il occupe la présidence des USA.
Même pas son frère jumeau, George Bush II, cet idiot errant, n’a pu obtenir une telle récompense. Sa stupidité manifeste a très probablement joué contre lui.

Et comme d’habitude, les insatisfaits de toujours nous ressortiront « pourquoi Barack Obama et pas Álvaro Uribe ? » La réponse peut être très simple et évidente : la guerre qu’Obama impulse est une guerre mondiale, ce n'est pas une guerre à l’intérieur de son propre territoire. Par conséquent, Barack Obama, rêve en grand. Álvaro Uribe, lui, rêve en petit.

Mais pour qu'il y ait un peu plus de justice et d’équité, il ne serait pas mal que l’on partage le Prix Nobel de la Guerre en deux parties.

Un Prix Nobel de la Guerre Globale et un Prix Nobel de la Guerre Locale, pas mal, non ? Ainsi il n'y aurait aucun doute qu’Álvaro Uribe gagne et nous serions tous contents. Le « premier latino-américain » à avoir obtenu le Prix Nobel de la Guerre Locale 2009. Bien sûr, ce prix aurait été très mérité, pour son combat constant pour maintenir la guerre en Colombie. Pour les déplacements de personnes, la torture, les assassinats, les emprisonnements, etc. Qu’est ce ça aurait été bien. Nous aurions été très fiers d'être latino-américains.

GUERRA_OBAMA
PRIX À LA GUERRE 2009

Cependant, Barack Obama en avait besoin. Le peuple US n'en avait pas besoin.

Barack Obama est un grand génie de la rhétorique, comme jamais il n’y en a eu dans l'histoire. Le « premier président noir » à avoir décroché l a fameuse récompense. Qui aurait imaginé cela ?

Grâce à sa ténacité il a été récompensé pour :

- Avoir intensifié la guerre en Afghanistan
- Avoir installé de nouvelles bases militaires en Colombie et au Panama
- Poursuivre le blocus économique contre Cuba
- Soutenir économiquement et technologiquement Israël pour qu’il poursuive le massacre du peuple palestinien
- Soutenir économiquement et technologiquement la Colombie pour que le règne de la terreur se poursuive  contre ceux qui sont à la recherche de la Nouvelle Colombie.
- Soutenir moralement les gouvernements d’extrême-droite d’Amérique latine (Mexique, Honduras, Pérou, Colombie).
- Etc.

Il ne manquerait plus que « la broche d'or » : attaquer l'Iran. Mais comme Obama est très sage et intelligent, il va laisser tout le sale travail au grand État de victimes et d’humiliés : Israël.

Bravo Obama !
L'Amérique et le Monde sont fiers de toi !

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ESPAÑOL

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Source : l'auteur -
Surrealismo Mágico-Premio Nobel de la Guerra 2009
Article original publié le 10/10/2009
Sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice, rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste, sont membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8961&lg=fr

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USA : JE PISSE SUR LES PRIX DE LA PAIX

sherlockommus
Auteur: Raja CHEMAYEL رجا شمايِل

george_ne_l_a_pas_eu
George ne l’a pas eu

Obama reçoit le Prix Nobel de la Paix
Pourquoi ? Il vient à peine d’arriver ! C’est une remise prématurée!

Est-ce le prix pour son discours au Caire
devant une assemblée soigneusement sélectionnée
ou juste parce qu’il a…le même bronzage que Martin Luther King ?

Est-ce le prix pour avoir admis que Bush a obtenu
en Irak ce que Saddam Hussein nous avait promis,
bien avant l’invasion ?

Est-ce un prix pour le récompenser d’offrir une sécurité sociale à la société la plus riche de la planète ?
Est-ce pour les bombardements de civils à Kandahar ?
Je ne sais pas!

Mais je soupçonne que ce prix est une récompense exclusive
Pour avoir fait échouer l’arrêt des constructions illégales…en Palestine.
Pour avoir échoué à juguler le chien fou Netanyahou !!

Pourquoi continuer à s’emmerder à écrire des satires
Quand on pense que Henry Kissinger a reçu le même prix
et Itzhak Rabin aussi.

Bonne nuit !
Je me couche tôt.

Raja Chemayel alias Sherlock Hoummous
lias Ing. Mustafa Roosenbloom

Qui pisse sur les Prix de la Paix

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ENGLISH, ESPAÑOL

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Source : Pissing on Peace prizes !!!  et Journal d'un Arabe frustré
Article original publié le 10/10/2009
sur l’auteur
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8939&lg=fr

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OBAMA : PRIX DE CONSOLATION

Petit coup de pouce à l'Empire

Atilio_Boron
Auteur: Atilio BORÓN

C’est par une décision insolite que le Comité Nobel de la Norvège a clôturé sept mois de recherche parmi les 205 nominés pour le Prix Nobel de la Paix. Il a décerné ce prix à Barack Obama. Notre sénatrice colombienne Piedad Córdoba est restée sur le bord du chemin, alors que ses efforts pour la paix dans son pays déchiré méritaient largement d'être récompensés par le prix attribué au président usaméricain. Ce dernier avait été nominé, et ce n'est pas un fait mineur, juste deux mois après son entrée à la Maison Blanche. Qu’à t-il fait d’autre pour la paix mondiale durant cette courte période que prononcer de mièvres discours et formuler de nébuleuses exhortations ? Par contre, la sénatrice Córdoba met en danger depuis des années son intégrité physique avec ses paroles et ses actions pour une solution pacifique en Colombie. Mais le Comité norvégien ne l'a pas compris ainsi et une fois de plus Piedad a été repoussée sur la liste d’attente. Une femme, noire, de gauche, latino-américaine : ce sont trop de défauts pour les membres prudents et « politiquement corrects »du Comité, ces éternels « bienpensants » qui ne choisiraient que par erreur un personnage public dont le combat pour la paix ne serait pas acceptable pour l'Empire. Le Dalai Lama en est un ; Piedad, elle, ne l’est pas. Pour le premier le prix; pour la seconde que dalle.

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Piedad Córdoba, par Juan Kalvellido, Tlaxcala

C'est pourquoi qu’il n’est pas surprenant que la décision du Comité norvégien ait provoqué des réactions si diverses dans le système international : des réactions de stupeur jusqu'à une gigantesque rigolade. Les déclarations du président de cette institution, Thorbjørn Jagland*, valent leur pesant de sel marin : « Pour le Comité, il est important de reconnaître les personnes qui luttent et qui sont idéalistes, mais ne pouvons pas faire ça toute les ans. De temps à autre nous devons entrer dans le royaume de la realpolitik. En fin de compte, c'est toujours un mélange d'idéalisme et de realpolitik qui peut changer le monde. » Le problème avec Obama c’est que son idéalisme reste sur le plan de la rhétorique, alors que dans le monde de la realpolitik ses initiatives sont on ne peut plus plus opposées à la recherche de la paix dans ce monde.

Comme le dit Robert Higgs, un spécialiste en budgets militaires de l'Independent Institute d'Oakland, en Californie, la manière dont Washington élabore le budget de la défense cache systématiquement son montant véritable. En analysant les chiffres présentés au Congrès par George W. Bush pour l'année fiscale 2007-2008, Higgs a conclu qu'ils représentaient un peu plus de la moitié du chiffre qui devrait être effectivement déboursé, arrivant même à dépasser la limite, impensable jusqu'à alors, d'un billion de dollars. C'est-à-dire, mille milliards de dollars. Et cela s’explique car, selon Higgs, à la somme d'origine assignée au Pentagone il faut ajouter les dépenses pour les tâches de défense exécutées en dehors du Pentagone (sous-traitance), les fonds supplémentaires exigés par les guerres en Irak et en Afghanistan, les intérêts générés par l'endettement encouru par la Maison Blanche pour faire face à ces dépenses et celles du budget énorme que requiert l'Administration Nationale des Vétérans pour les soins médicaux et psychologiques aux 33.000 hommes et femmes qui ont souffert de blessures durant les guerres des USA. Obama n'a absolument rien fait pour arrêter cette infernale machine de mort et de destruction ; au contraire, sous sa gestion ce budget a été augmenté, de telle sorte que ce seuil du billion de dollars a déjà bien été dépassé. C'est pourquoi il est insupportable que la Maison Blanche dénonce   par la voix de sa Secrétaire d'État « les dépenses disproportionnées en armements »… du Venezuela bolivarien  au lieu de regarder la poutre qu’elle a dans l’œil !

mickey
collection de dessins à colorier. Page avec des dessins de Mickey
Recevant-un-prix à colorier et peindre. Dessins d’enfant à peindre

- Comme tu as le pouvoir matériel,
nous te donnons le pouvoir symbolique.

- Là ou l’on BRIDE (COREA (lit.ceinture)= CORÉE du Nord)
le mot liberté,
mes gars IRONS l’imposer (IRÁN)

-Merci, ce
Prix est
La bombe !

Juan Kalvellido, Tlaxcala

Le tout nouveau Prix Nobel de la Paix a augmenté le budget pour la guerre en Afghanistan en même temps qu’il envisage d’augmenter le nombre de soldats déployé dans ce pays ; ses troupes continuent à occuper l'Irak ; il ne donne aucun signe pour vouloir réviser la décision de George Bush Jr. d'activer la Quatrième Flotte ; il s’achemine vers un traité gardé encore secret avec Álvaro Uribe pour répartir sept bases militaires usaméricaines sur le territoire de la Colombie, et on parle de cinq de plus qui seraient sur le point d'être confirmées, par conséquent il prépare (ou il devient complice) d'une nouvelle escalade guerrière contre l'Amérique latine ; il maintient son ambassadeur à Tegucigalpa - alors que pratiquement tous les autres sont partis - et ainsi il soutient les putschistes honduriens ; il maintient le blocus contre Cuba et il n’est même pas troublé par  le sort injuste des Cinq Cubains incarcérés aux USA pour avoir combattu le terrorisme. Bien sûr, le Comité norvégien se livre régulièrement à des divagations - on ne sait pas si elles sont provoquées par son ignorance des affaires mondiales, les pressions opportunistes ou l’abus d'aquavit ** norvégien -,qui se traduisent par des décisions aussi absurdes que la dernière en date. Mais, s’ils ont pu décerner en son temps le Prix Nobel de la Paix à Henry Kissinger, très justement défini par Gore Vidal comme étant le plus grand criminel de guerre en liberté au monde, comment pouvaient-ils le refuser à Obama, surtout après l'affront qu’il a eu à subir de la part de Lula à Copenhague ? La realpolitik exigeait de réparer immédiatement cette erreur. Car, en fin de compte, comme l’a déclaré le président US, lui-même, en apprenant son prix, il représente « la réaffirmation du leadership usaméricain au nom des aspirations des peuples de toutes les nations. » Et, dans une soudaine attaque de « réalisme », les camarades du Comité norvégien ont donné leur petit coup de pouce pour renforcer l'hégémonie usaméricaine déclinante dans le système international. On peut suspecter que pour cette petite contribution, ils seront eux aussi, dûment récompensés en temps utile.

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ENGLISH, SVENSKA, ESPAÑOL

Notes de Tlaxcala:

* Thorbjørn Jagland (né en 1950), est un économiste et un homme politique du Parti du travail (social-démocrate), dont il a été le secrétaire général de 1986 à 1992 et le président de 1992 à 2002. Il a été Premier ministre de Norvège entre 1996 et 1997 et ministre des Affaires Étrangères entre 2000 et 2001. Il est président du Parlement norvégien depuis 2005 et secrétaire général du Conseil de l'Europe.

** Akevitt : « eau de feu norvégienne ». Elle est distillée, comme la vodka, à partir de pommes de terre ou de blé. En Norvège elle se boit particulièrement à l’occasion de fêtes, comme à Noël ou le 17 mai (fête nationale, jour de la constitution).

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Source :
Premio consuelo
Article original publié le 11/10/2009
Sur l’auteur
Esteban et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8976&lg=fr

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09 août 2009

"USA : À LA CONQUÊTE DE L’EST"

Documentaire français en vidéo

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AUTEUR : YVKE Mundial

Ce programme spécial a été transmis samedi 7 février 2009 par Venezolana de Televisión. C'est un forum réalisé autour d'un documentaire français, qui montre des preuves irréfutables du soutien de plusieurs organismes usaméricains aux « révolutions de couleur » qui ont affecté l'Ukraine, la Géorgie, la Serbie, le Kirghizstan, et qui essayent d'affecter également la Biélorussie, la Russie et le Venezuela. Découvrez les « Ricardo Sánchez », les « Yongos » et les « María Corinas » de l'Europe de l’Est et remarquez les similitudes.

Érika Ortega Sanoja, journaliste de Venezolana de Televisión, a présenté ce samedi le documentaire « USA : À la conquête de l'Est », qui a été commenté en direct par l'avocate usaméricaine et investigatrice Eva Golinger et Romain Mingus, sociologue français établi au Venezuela.

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Le documentaire se focalise sur les mouvements de jeunes qui ont renversé des gouvernements dans des pays comme la Géorgie, l'Ukraine, la Serbie, le Kirghizstan et autres anciens pays socialistes de l'Europe de l'Est, il montre comment, dans les endroits où les partis politiques étaient discrédités, des mouvements estudiantins financés par des organisations usaméricaines comme la NED, l’USAID, le Fonds National pour la Démocratie, l'Institut Républicain International, l'Institut Démocrate International, Freedom House, etc., ont reçu l’aide qui a permis de renverser leurs gouvernements.

Golinger et Mingus ont établi les parallèles entre ce qui se voit dans le documentaire et ce qui se vit actuellement au Venezuela, dans lequel le mouvement estudiantin d’opposition s’est converti en fer de lance de l'opposition face à l'échec des partis politiques.

Le documentaire montre l’ingérence claire de Freedom House dans des pays de l'Europe orientale ; Eva Golinger souligne que Freedom House est au Venezuela depuis 2005, (Freedom House est une fondation conservatrice usaméricaine, qui agit de plus comme un « think tank » [laboratoire d’idées], elle crée et divulgue la pensée de droite). Elle est financée par le gouvernement US et dit qu'elle cherche à « renforcer la démocratie » en s’établissant dans des pays ayant des gouvernements socialistes. Noam Chomski a dénoncé ses liens avec la CIA.

Dans beaucoup de cas, ce sont les interventionnistes eux-mêmes ceux qui travaillent pour eux  qui donnent des interviews et expriment  leurs opinions, et n’hésitent pas à dire que tout cela est un projet usaméricain. Ils montrent comment des jeunes de Serbie se sont rendus dans d'autres pays, comme l'Ukraine, afin de leur expliquer comment ils avaient réussi leur « révolution » et comment les Ukrainiens pourraient réussir la leur.

Les étudiants expliquent: « Tout le monde a déjà vu Batman, Spiderman ou Superman. Il y a toujours un personnage que personne ne voit, qui contrôle la ville, qui observe tout et est partout. C’est précisément ce que nous devons faire, être partout et terroriser le pouvoir ». La symbolique est importante, ils doivent être omniprésents en montrant leur symbole partout (que se soit le poing fermé d'Otpor [emblème du groupe serbe opposé à Milosevic], la couleur orange en Ukraine ou les « mains blanches » au Venezuela.

Le livre de Gene Sharp De la dictature à la démocratie, qui explique comment influencer la police pour éviter la répression, devient une pièce centrale. Que se soit des trucs simples comme par exemple faire porter des repas aux policiers par des enfants ou leur livrer des fleurs, ou plus, parler aux officiers intermédiaires pour négocier avec eux et leur demander de desserrer les cordons de sécurité en échange de quoi ils seront pardonnés par le gouvernement suivant : cela fait partie d’un plan d’ensemble pour chercher à affaiblir le pouvoir du gouvernement établi afin de le renverser.

Le millionnaire George Soros est l’un des financeurs de ces mouvements.

Dans Le documentaire Bob Helvey est interviewé, il a passé 30 ans dans l’administration usaméricaine et a aidé à former l'opposition en Birmanie et en Serbie, il explique quelques techniques utilisées pour fragiliser des gouvernements embarrassants pour les USA. Au moment de la réalisation de ce documentaire, Helvey travaillait dans la fondation du sénateur John McCain se consacrant à « apporter la démocratie » dans des pays d'Europe de l’Est.

« Un de nos programmes est fait pour inciter les gens à aller voter », ont-ils dit en indiquant qu'ils ont organisé des concerts de rock pour stimuler la jeunesse.

D’autres « petites perles » que l’on peut voir dans le documentaire sont les réunions des opposants de Biélorussie soutenus par des Géorgiens, et l’aveu franc que le Congrès US leur a octroyé des aides se chiffrant en millions de dollars qui devraient leur parvenir. « Nous allons vous aider, nous allons vous donner différentes  recettes pour prendre le pouvoir », expliquent les Géorgiens aux Biélorusses.

L’obédience éhontée de Mikhail Saakashvili, président de la Géorgie, aux autorités usaméricaines, est démontrée dans le documentaire.

À Bruce Jackson, ex-fonctionnaire des renseignements du Ministère US de la Défense, président du Projet pour les Démocraties en Transition et fils d'un fondateur de la CIA, le jeune Saakashvili pose nerveusement des questions comme « Quoi, j’ai dit quelque chose de mal ? » et il ne cesse de se réunir avec lui dans l’ombre.

Des T-shirts de couleur avec la liste des révolutions victorieuses (en Géorgie, en Ukraine, au Kirghizstan et en Moldavie) et celles qui, selon eux, « restent à venir » (en Biélorussie, en Russie, en Azerbaïdjan et en Ouzbékistan) sont montrées ouvertement. Même des jeunes Russes de l'opposition à Vladimir Poutine, viennent en Biélorussie, dans le bureau de Jackson, pour percevoir des « aides » de cette officine d’ingérence. Les jeunes expliquent à la documentariste comment leurs plans progressent contre le président russe, aujourd'hui Premier ministre.

Dans le débat suivant le film, les commentateurs expliquent quel était l'intérêt des USA dans le renversement de ces gouvernements de l'Europe de l’Est, les similitudes entre l'ingérence US dans ces pays et dans le nôtre.

Le débat n'a pas pu se terminer sans montrer Ronel Gaglio, étudiant vénézuélien de l'Université Monteávila (privée), qui reconnaissait dans une interview dans le documentaire « Les nouveaux visages, le même objectif » de David Segarra, ses voyages et ceux d'un autre groupe d’opposants étudiants vénézuéliens en Serbie afin d’obtenir de l’aide et des conseils des jeunes d'Otpor qui ont réussi leur « révolution de couleur ».

En outre, Mingus a montré des documentaires comme « En renversant un dictateur », qui ont été projetés dans ces pays aux étudiants pour les influencer à « lutter » contre les régimes.

Documentaire vidéo en français s/titrage espagnol

Cliquer sur une vidéo pour la voir
Vous pouvez voir d'autres vidéos surradiomundial.com.ve

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

ESPAÑOL

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Source : Yvke Mundial : “
Estados Unidos: La conquista del Este
Article original publié le mercredi 11février 2009
Esteban et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/detail_artistes.asp?lg=es&reference=346

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07 août 2009

USA : " S'ILS NE CHANGENT PAS DE POLITIQUE, LES USA FERONT BANQUEROUTE "

Interview

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Auteur : Joseba Felix TOBAR-ARBULU

Bien que beaucoup de pays aient admis la fin de l'hégémonie du dollar, le professeur de l'Université du Pays Basque, Joseba Felix Tobar-Arbulu, auteur de nombreux livres et d'articles sur le système monétaire (Santurce, Vizcaya, 1945) considère qu'il y a encore des obstacles pour que cela s’applique dans la réalité. Le système monétaire imposé après la Seconde Guerre Mondiale à Bretton Woods est encore en vigueur : le dollar est la seule réserve et la seule référence monétaire internationale. Toutefois, Tobar-Arbulu considère qu’en raison du déséquilibre financier aux USA, on devrait opter pour un système à axes multiples. L’interview a été réalisée par Joxerra Senar.

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Est-ce-que la Chine et les pays créditeurs des USA ont des raisons suffisantes d’être inquiets?

En effectuant l’échange international pour acheter des dollars, les chinois achètent du papier et, en échange, ils vendent des produits et des services réels. C’est là où se situe le piège principal. Aujourd’hui la Chine possède une énorme quantité de dollars. Durant ces vingt dernières années elle a acheté des bons du trésor public étatsunien. Mais le bon du trésor est aussi un autre papier et ce papier lui assure la garantie. Les USA ne veulent pas et ne peuvent pas matérialiser cette garantie. Si aujourd’hui même tous ceux qui, dans le monde entier, possèdent des dollars se rendaient aux USA pour dire « je veux acheter ceci et cela » en échange de leurs dollars, ce serait impossible. Ils laissent libre cours pour acheter certaines choses, mais les grandes entreprises, par exemple, c’est impossible de les acheter.

Au cours de ces dernières semaines les autorités chinoises ont exprimé des doutes et ont souligné la nécessité de créer une autre réserve monétaire. Que signifient ces manifestations ?

Elles ont une signification intéressante. J'ai parcouru le monde en symbiose avec l'économiste Michael Hudson. Lui et d'autres disent depuis longtemps qu'il faut passer d'un système unipolaire à un autre multipolaire. De quelle sorte peuvent-ils être ? D'une part, le rouble, le yuan et le yen, en Europe l'euro et, certainement, le rand sud-africain. Il y a peu de temps, au cours d’un sommet en Russie, la Russie et la Chine ont dit « attention, nous ne sommes pas contre les USA, mais voulons que le marché international soit organisé d'une autre manière, dans lequel le dollar ne soit pas le seul axe ».

Vous dites que ce n'est pas facile. Le dollar est hégémonique. Est-ce une référence qui va au-delà de l'économie ?

Dans le fond se sont d’énormes dépenses militaires qui se dissimulent pour contrôler le monde. Mais ces derniers temps, autant les chinois que les russes ont perçu qu’en fait, ils payent, entre autres, des dépenses militaires pour les contrôler. Ils ont vu la nécessité de s’organiser d'une autre manière et ont formé quelque chose de semblable à l'OTAN. La Russie, la Chine et quelques pays latino-américains ont besoin d'argent pour maintenir leur pouvoir militaire. Ce sont des dépenses énormes. C’est sur la production et la consommation qu’ils doivent soustraire une énorme somme d'argent pour la défense intérieure. Malheureusement, La défense, sont des frais militaires.

Sortir aujourd’hui de la dépendance ne risque t-il pas d'impliquer des conséquences préjudiciables ?

Il est impossible de le réaliser d’un coup. Des années sont nécessaires. Mais il est clair pour tous qu'ils doivent agir. Pour le faire plusieurs années sont nécessaires. Mettons dix ans. En cinq ans je le vois difficile à faire. Cependant, personne ne sait ce qui se passera. Il y a deux ans tout était très bien. Greenspan et compagnie disaient que le système financier s’équilibrait par lui-même et voyez ce qui s’est passé. Le changement ne se réalisera pas instantanément. Il y a une inertie historique, une fausse garantie. Ils veulent vendre que le dollar est la véritable garantie, mais ils ne sont pas capables de l’assurer et ils ne veulent pas changer pour des produits appropriés et des services pour le rendre attractif.

En ce moment, l’euro n’est-il pas en train de perdre une grande opportunité?

Oui. Il y a pas mal de temps, pour ne pas utiliser de dollars, la Chine et la Russie ont utilisé des euros, et cela est bon. Le problème est que l'euro n'est pas une monnaie de réserve. Sur ce point, il y a une importante schizophrénie. Il paraît que l'euro est plus fort que le dollar, mais où finissent ces euros ? Derrière l'euro il n'y a aucun véritable gouvernement et, pour finir, le reste des autres pays achètent des dollars. L'Europe ne veut pas prendre cela en compte. Pourquoi, par exemple, le Royaume-Uni est-il le cheval de Troie européen ? Parce qu'ils se méfient de l'Europe. Ils préfèrent dépendre du chef.

La livre sterling ne se trouve-t-elle pas actuellement dans une situation fragile ? Le dollar, au moins, est une référence ; par contre, la livre sterling, non, et le Royaume-Uni a également une énorme dette.

Oui, il a de grands problèmes. D'un côté, ils parient sur le dollar, mais se sont les USA qui contrôlent les variations du dollar, pas le Royaume-Uni. Malgré tout, ils se méfient de l'Europe, et préfèrent souffrir des variations du dollar que de passer à l'euro.

L'empereur est-il nu? A t-il de graves problèmes de viabilité ?

Oui, chez-lui, dans le cadre macroéconomique, Obama est dans un étau. Que peut faire une personne en quatre ans, huit ans, si la dette et le déficit publics sont élevés ? S'ils ne changent pas de politique, les USA feront banqueroute.

Si d’autres pays avaient de tels chiffres…

Ils ne lui laisseraient rien faire. Pour eux existent le Fonds Monétaire International et la Banque Mondiale. Ces deux institutions disent au pays ce qu'il doit consommer et exporter et quelle politique macro-économique il doit appliquer pour pouvoir percevoir des prêts. Ils obligent les pays à exporter pour payer le capital et les intérêts, et non à consommer. C’est terrible.

L'économiste Nouriel Roubini dit que l'effondrement monétaire des grands empires commence généralement quand le débiteur et le créancier sont clairs. Qu'en pensez-vous ?

Je l’espère! Ce serait la meilleure issue pour tous. D'un côté, les étatsuniens auraient une autre politique générale sur les questions fiscales et macro-économiques, la citoyenneté étatsunienne vivrait mieux et dans l’environnement international il y aurait un autre système financier. Les boissons à volonté ─vous prenez tout ce que vous voulez, et vous n’avez rien à payer ─ c’est terminé.

Parmi les alternatives au dollar on mentionne le panier de l'euro, du yuan et de diverses monnaies. Est-ce qu’une réforme du système monétaire est-elle nécessaire ?

Je ne sais pas si le panier de monnaies est une issue. C’est ce qu’on a fait avec l'euro, mais au bout du compte, une seule monnaie était la plus forte : le mark allemand. Si l’on instaure un panier, il y a de mauvaises poires, de bonnes et de très bonnes. Attention avec le panier.

InflazioarenAurka
Inflazioaren aurka :
bankugintza berriaren jarduerak (2004)

Traduction : Esteban

Révision : Fausto Giudice

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Source :
«Si no cambian de política, los Estados Unidos irán a la bancarrota». Entrevista
Article original publié le 19 juillet 2009.
Sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala, le réseau de traducteurs pour la diversité linguistique.
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=8258&lg=fr

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21 mai 2009

USA : LES DÉMOCRATES DU SÉNAT DÉCIDENT DE BLOQUER LES FONDS DESTINÉS À LA FERMETURE DE GUANTANAMO

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Ils attendent que le Gouvernement de Barack Obama explique ce qu'il fera avec les détenus étrangers

Washington. (EFE). – Un revers très clair pour le président, Barack Obama. Les démocrates du Sénat US ont décidé de bloquer 80 millions de dollars destinés à la fermeture éventuelle du pénitencier US à Guantanamo (Cuba) tant que la Maison Blanche n’expliquera pas ce qu'elle fera avec les détenus étrangers qui y sont incarcérés.

Obama voulait que ces fonds soient inclus dans un projet de loi pour des frais de défense supplémentaires que le Sénat prévoit de voter cette semaine pour les opérations militaires en Iraq et en Afghanistan.

Aujourd’hui, la version du Sénat supprime le texte qui autorisait les 80 millions de dollars afin de préparer les démarches de la fermeture de Guantanamo.

Dans une expression semblable à la version de la Chambre des Représentants, l'initiative indiquera que le montant sera approuvé 60 jours après que la Maison Blanche présente un plan détaillé.

Les législateurs de la Chambre basse [du Parlement] ont fixé un délai jusqu'au 1er octobre prochain pour que la Maison Blanche présente des détails sur ce qu'elle fera avec les détenus une fois que Guantanamo sera fermée, le coût que cela supposera, ainsi que le coût du transfert des condamnés vers d'autres prisons.

Indépendamment, Obama a créé un groupe de travail qui prévoit de présenter en juillet prochain un rapport sur le cap de sa politique au sujet des détenus et les étapes nécessaires pour l'éventuelle fermeture de Guantanamo.

La décision des démocrates qui contrôlent les deux chambres du Congrès, est un revers pour Obama, qui avait annoncé en arrivant à la présidence, en janvier dernier, qu’il donnait un délai jusqu'à janvier 2010 pour la fermeture de Guantanamo.

obama_et_la_fermeture_de_guantanamo
"Obama fait du changement une réalité"
"Le président démarre par la fermeture du guantanamo et des mesures éthiques"
Le 22 janvier 2009

Les démocrates assurent que bien qu'ils soutiennent la fermeture de Guantanamo, ils préfèrent attendre de connaître la destination finale des 241 étrangers qui sont toujours détenus dans la base navale US.

Ce centre de détentions à Guantanamo « ne nous rassure guère..toutefois, ce n'est ni le moment ni le projet de loi pour aborder cette affaire », a affirmé à la presse le chef de la majorité démocrate du Sénat, Harry Reid.

Se faisant l'écho de la préoccupation de beaucoup de démocrates sur un possible transfert de prisonniers sur le territoire US, Reid a insisté sur le fait qu'il serait prématuré d'agir avant qu’Obama ne mette son plan sur la table.

Au cours d’une conférence de presse, le porte-parole de la Maison Blanche, Robert Gibbs, a dit que l'Administration Obama espère que le Congrès accepte de débloquer l'argent. Il a laissé entrevoir la possibilité qu’Obama traite directement les préoccupations du Législatif dans un discours ce jeudi.

Selon Gibbs, Obama donnera à l'opinion publique « une partie substantielle » de son plan sur le futur des prisonniers.

Bien que la décision de fermer Guantanamo ait été applaudie par la Communauté internationale, la question de que faire avec les détenus est, cependant, un casse-tête pour Obama.

La présence possible de présumés terroristes aux USA - même si c’est dans des prisons de haute sécurité - a donné des cartouches à l'opposition républicaine, qui dirige une campagne pour attaquer la politique de sécurité nationale d'Obama et pour inspirer la peur dans l'opinion publique.

Les républicains de la Chambre basse, par exemple, sont en train de promouvoir un projet de loi pour « éviter l'entrée de terroristes aux USA.  » et qui interdit le transfert sur le sol US de tout détenu sans le consentement spécifique du gouverneur et de la législature étatique de l'état choisi pour recevoir ces détenus.

Le leader de la minorité dans la Chambre Basse, John Boehner, a même commenté que les électeurs « ne veulent pas ces terroristes dans leurs quartiers ».

guantanamo1

Geoff Morrell, porte-parole du Pentagone a dit dans une conférence de presse qu’« il n'y a rien qui indique que le délai pour fermer Guantanamo en janvier 2010 « courre un danger ».

« De ce que je sais, les plans au sujet de la fermeture du centre de détentions à Guantanamo sont prêts … selon le chronogramme sollicité par le président dans son ordre d’exécution » du 22 janvier dernier, a-t-il ajouté.

Selon Morrell, les fonctionnaires du Pentagone impliqués dans ce processus, parmi eux le sous-secrétaire à la Défense, se réunissent régulièrement avec leurs pairs des départements d'État et de Justice et avec des représentants de la Maison Blanche pour traiter « ces affaires, qui sont très compliquées ».

Traduction : Moncada

Source: Democratas del Senado deciden bloquear fondos para el cierre de guantánamo
Article publié le 20 mai 2009, 2h59

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16 avril 2009

USA : CORNEL WEST, PROFESSEUR DE PHILOSOPHIE ET RAPPEUR : L'AUDACE DE LA CRITIQUE

Jorge_Majfud
Auteur : Jorge MAJFUD

Avec son style inimitable d’Afro qui refuse de se blanchir, Cornel West, l'auteur de Race Matters (La race, ça compte)(1993), soulève les foules partout où il passe. Il n’a pas de perruque et ne se défrise pas les cheveux. Il n’a pas grossi. C’est un provocateur de l’envergure de Noam Chomsky mais quand il parle il déborde d'énergie physique : c'est un tonnerre qui parle avec tout son corps. Il a l’habitude de s’habiller d’un austère costume noir sur lequel il tire par un tic qui annonce une conclusion en forme de question.

Contrairement à Noam Chomsky, West unit le rythme et la passion prosélyte du pasteur usaméricain avec la protestation aiguë du militant. Il est ce que l'on appelle un « professeur étoile », un genre presque inconnu en Amérique latine et qui dans les amphis bondés d'Europe et des USA fait de l’ombre aux étoiles de Hollywood ou de la NBA (National Baseball association). Frantz Fanon a été un autre philosophe noir qui a laissé une trace indélébile dans la pensée de la seconde moitié du XXe siècle, reconnu par Jean-Paul Sartre et pratiqué par Ernesto Che Guevara et Paulo Freire en Amérique latine. Mais le psychiatre caribéen-algérien, auteur de l’essai post-colonialiste, écrit trop tôt, Peau noire, masques blancs (1952) n'a pas reçu de son vivant la considération que les universités usaméricaines lui reconnaissent aujourd'hui, mais plutôt persécution, discrédit et, par moments, un oubli injuste. Quand ce n’était pas la moquerie propagandiste de la droite latino-américaine.

160409_1_Cornel_Westblack_l_audace_de_la_critiqueComme Friedrich Nietzsche, Cornel West est professeur et philosophe de combat. Comme Nietzsche, il combine avec ses intérêts et ses convictions la pensée et la musique. Mais West est un rebelle chrétien. Si avec Nietzsche la parole est le pouvoir, avec West elle est justice, « la forme que prend l'amour en public ». Loin de la définition nietzschéenne du christianisme traditionnel et loin également de la théologie de l’humiliation de tradition européenne, avec West le christianisme reprend les valeurs qu'il a dû avoir avant Constantin (1).

Dans son dernier livre, Hope On à Tightrope (L'espoir sur la corde raide), West nous  revient avec un style peu académique. Mais ce style facile à et élégant, plus proche de Kahlil Gibran que d’Edward Said, sans concepts compliqués, a les vertus de la communication populaire. Il n'y a presque pas de personnage historique qui ne soit pas facilement reconnu par des lecteurs non spécialisés. Parmi leurs pages, Napoléon et tant d'autres cessent d'être des grands sans le critère militaire qui a écrit l'histoire pour les textes de l'éducation primaire. « L’Occident parle de Churchill comme d’un grand - note West-. Il croyait que les Noirs étaient des sous-hommes. Il était avec Mussolini. Il a été grand en résistant aux nazis pour l'Empire britannique. Je peux le lui reconnaître. […] Mais n’allez pas penser que seulement parce que sa souffrance est au centre de sa discussion elle puisse dépasser la mienne » (167).

Son profil de chrétien devenu intellectuel critique et radical se résume dans la phrase qui nous rappelle, littéralement, mais sans Dieu, Che Guevara: « Toute résistance à l'injustice, qu’elle soit aux USA, en Égypte, à Cuba, en Arabie Saoudite, est une activité dirigée par Dieu, parce que l'indignation contre le traitement cruel de tout groupe de personnes est un écho de la voix divine pour tous ceux parmi nous qui pprennent la croix au  sérieux » (169). Puis : « MLK [Martin Luther King] l'a clairement énoncé quand il a dit que le massacre criminel des Vietnamiens, et spécialement des enfants, est un signe de la brutalité américaine » (169). Trois jours avant son assassinat, MLK avait préparé un discours appelé « Pourquoi l’Amérique pourrait aller en enfer » (170). Mais l’absence de mémoire historique est un instrument de grande utilité. « En 1969 les Panthères Noires avaient l’habitude de lire en public quelques fragments de la déclaration d'indépendance. Et cela dérangeait les gens. Moi, j'ai écouté Huey Newton lire ceci quand il est sorti de prison. Les gens disaient, ‘Quelle doctrine révolutionnaire est-il en train de nous lire maintenant ?' C'était la Déclaration d'Indépendance de Jefferson » (173).

En se référant au jazz, au blues et au hip-hop comme formes d’expression, à la fois échappatoires et de revendication des classes noires opprimées, aujourd'hui adoptés mondialement, West comprend que « aucune autre classe sociale aux USA ne peut se considérer créatrice de la plus importante force culturelle de la planète » (179). Ce qui est erroné si nous considérons que, Hollywood précisément et d’autres industries culturelles, conçues pour renforcer la suprématie qui est critiquée, la suprématie impériale, a été de fait la force culturelle la plus importante du monde, créé par la classe dominante usaméricaine.

En ce qui concerne les Amériques du Sud, West rappelle comment « les USA sont intervenus militairement en Amérique latine plus de cent fois durant les 162 dernières années. C’est très difficile pour un gouvernement de combattre le terrorisme avec la démocratie, alors qu’il a institutionnalisé des politiques militaristes qui ont souvent soutenu des régimes antidémocratiques quand il n'a pas hésité à renverser des régimes démocratiques. La ‘sécurité nationale’ est devenue plus qu'un terme élastique. Maintenant ils justifient l'agression impériale usaméricaine, les invasions préventives et les guerres au nom de la démocratie. Mais la tyrannie ne peut jamais être promue comme démocratie » (179).

160409_2_Cornel_West_l_audace_de_la_critiqueD'autres aphorismes brefs et simples, des annotations en marge accompagnent le dernier livre de West qui fait allusion au titre et au slogan le plus connu d'un des amis de l'auteur, le président Barack Obama (The Audacity of Hope, 2006/L’audace de l'espoir). Mais lorsqu’il parle, West n'est pas condescendant avec son « frère » Obama. Tout au contraire. Il y a quelques jours, dans l’amphithéâtre de l’Université Lincoln, il a défini le problème d'une manière simple : il ne faut pas regarder s'il y a un noir au sommet mais combien de noirs il y a encore au sous-sol. Peut-être les universitaires s'ennuient-ils en lisant des phrases comme « seulement davantage de démocratie, peut améliorer la condition des victimes de la démocratie américaine ».

Mais le West à l’oral est bien plus persuasif que le West à l’écrit, ce qui est déjà beaucoup. Une fois, au cours d’une table ronde sur le 11 septembre, Bill Maher lui a demandé s'il croyait aux théories de la conspiration. West a répondu avec un style qui reflète son intelligence philosophe : « Non. Je sais que le monde est un endroit mystérieux. Je sais que des décisions sont prises généralement en secret. Mais je ne crois en aucune conspiration ».

Un étudiant lui a demandé pourquoi il enseignait dans l’élitiste Université de Princeton, Cornel West a répondu : nous pouvons tous faire quelque chose à partir de quelque lieu que l’on soit. Sans doute, cette voix est-elle davantage écoutée si elle vient de Princeton. Au moins pour les masses, la voix courageuse et lucide de Frantz Fanon est écoutée encore plus fort, étouffée pour un temps au milieu de la poudre d'Algérie, résonnant comme un murmure parmi les étagères des pharaoniques bibliothèques usaméricaines.

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On peut entendre Cornel West rapper avec Clifton West et Mike Dailey [Ils forment le groupe BLACK MEN WHO MEAN BUSINESS (BMWMB)] ici

Le site web de Cornel West

(1) Constantin Ier, de son nom complet Flavius Valerius Aurelius Constantinus, né à Naissus (aujourd'hui Niš en Serbie) le 27 février 272, proclamé 34e empereur romain en 306 par les légions de Bretagne et mort le 22 mai 337 après 31 ans de règne, est une figure prépondérante du IVe siècle.
En rupture avec le règne de Dioclétien, il est le premier empereur romain à se convertir au christianisme ; non seulement il marque la fin d'une ère de persécution des chrétiens, mais il aide l'Église chrétienne à prendre son essor, en établissant la liberté de culte par le biais de l'édit de Milan, et en plaçant le divin au-dessus de son rôle d'Empereur jusque-là sacralisé. Il est considéré comme saint par l'Église orthodoxe, de même que sa mère Hélène.
Source :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Constantin_Ier_(empereur_romain 

***************
Source : Cornel West: La audacia de la crítica
Article original publié le 15/4/2009
Sur l’auteur
Esteban G. et Fausto Giudice rédacteur du blog Basta ! Journal de marche zapatiste sont tous deux membres de Tlaxcala.
URL de cet article sur Tlaxcala :
http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=7446&lg=fr

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08 décembre 2008

USA : "SOCIALISME" LE TROISIÈME MOT LE PLUS CONSULTÉ DANS UN DICTIONNAIRE AUX USA

Choses et cas de la crise financière

The Brainwash
brainwash
" le mot socialisme a été diabolisé dans notre culture (nord-américaine)..."
Peter Sokolowski

Cette année, aux USA, les mots les plus cherchés dans la page Web du dictionnaire Merriam-Webster reflètent les préoccupations des américains en cette période de crise économique et d'élections présidentielles : « bailout » (plan de sauvetage) est en premier, tandis que « socialisme » est troisième.


Le mot « bailout », utilisé pour définir le vaste plan de sauvetage du secteur financier voté par le Congrès, a atteint le plus grand nombre de consultations en ligne, a indiqué lundi, le responsable éditorial du dictionnaire Merriam-Webster, Peter Sokolowski à l'agence internationale, AFP.

Le second mot de la liste, le verbe « vet » (examiner), fait référence à l'expérience et aux conditions requises d'un candidat pour un poste. Le mot « maverick » (non-conformiste), que revendiquait le républicain candidat à la Maison Blanche, John McCain, se situe en quatrième position.

Le mot « socialism » (socialisme) le dépasse. Le nombre de consultations de sa définition s’est élevé à partir de septembre, lorsque l’ouragan financier emportait chaque fois plus d’entreprises américaines et au moment où la campagne présidentielle entre Barack Obama et John McCain arrivait à sa fin.

Les adversaires au plan de sauvetage des banques, qui s'est concrétisé avec la nationalisation de plusieurs entreprises, avaient accusé le secrétaire du Trésor, Henry Paulson, de socialisme, le terme avait été également employé par les républicains pour tenter de dissuader les possibles électeurs d'Obama.

Peter Sokolowski affirme que ce mot « a été diabolisé dans notre culture (nord-américaine) et je pense que beaucoup de gens ont juste voulu voir quel était le problème alors que le socialisme était revendiqué avec fierté dans des pays comme, par exemple, la Nouvelle Zélande, la France, le Danemark ou le Canada ».

Parmi d'autres mots liés à la politique, « misogyny » (misogynie) a été très consulté, par rapport à la campagne d’Hillary Clinton au cours des primaires démocrates, indique Sokolowski.

Le dictionnaire Merriam-Webster en ligne comptabilise 125 millions de pages visitées par mois, c'est-à-dire, autour de 10 consultations à la seconde.

YVKE Mundial

Traduction : Esteban

ESPAÑOL

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01 novembre 2008

USA : POURQUOI JE VOTERAI(S) MARDI PROCHAIN POUR L'ONCLE JACK ET PAS POUR BEAUFILS BARACKÉ IDÉAL

elkaymanlogo


1_cainImaginons 5 minutes que je sois un humain, vivant quelque part entre l’Atlantique et le Pacifique, disposant de tous mes papiers en règle et citoyen de la plus belle démocratie du monde.

Le 4 Novembre, dès l’aube, à l’heure où blanchit l’autoroute et rougeoie encore l’enseigne du McDo alors que celle du KFC clignote, je me rendrai donc à mon bureau de vote.

Et je déposerai mon bulletin dans l’urne.

Et ce sera celui de mon seul héros vivant, j’ai nommé Johnny McCain, Héros Rescapé de la Grande Guerre Patriotique contre le Bolchevisme Asiatique et de sa ravissante cocandidate, la Reine de l’Alaska, Sarah-la-Pâlichonne-qui-tire-plus-vite-que-son-ombre.

Pourquoi donc vas-tu voter pour cet horrible républicain quasi-facho et cette pétasse paléolithique ? Me demanderez-vous, avec un hoquet d’indignation.

Je vous répondrai brièvement : seul l’Oncle Jack est capable d’achever le boulot si bien engagé par Jojo l’Ahuri.

2_sarah

Seul McCain est capable d’enfoncer définitivement les boys dans le bourbier irakien, dans le bourbier afghan et pakistanais et de les lancer se noyer dans d’autres bourbiers, en Iran, en Syrie et pourquoi pas, en Colombie, en Bolivie et au Venezuela.

Seul McCain est capable d’achever d’unifier la révolte des peuples du monde contre l’Empire et de provoquer le soulèvement inéluctable des pauvres et des opprimés dans son propre pays.

Bref, je voterai pour celui qui a de bonnes chances d’être le Grand Fossoyeur de la pseudo-Amérique.
Car voyez-vous, si je votais pour Beaufils Baracké Idéal, Mister Black Colgate – s’il est encore en vie le 4 novembre, bien sûr -, il risque de faire remonter en selle les quatre Cavaliers de l’Apocalypse, qui sont en train de tomber de cheval, en redonnant un visage humain au Système Yankee. Bref, de procéder à un lifting qui ne fera qu’accorder un nouveau sursis à l’Empire, comme l’ont fait les présidents démocrates qui se sont succédés depuis Kennedy, les Johnson, Carter et autres Clinton.

Non, vraiment, croyez-moi, seul McCain est dans la lignée des Grands Hommes dont l’Amérique a besoin pour se débarrasser d’elle-même et commencer à redevenir un paradis sur terre, ce qu’elle était avant 1492.

Seul McCain est à la hauteur des Vraiment Grands, Nixon, Reagan, Bush 1, Bush 2, bref tous ces cow-boys qui pensaient avec leurs bottes, mangeaient avec leurs oreilles et parlaient avec leur …(vous avez compris, inutile de vous choquer avec des gros mots), et surtout, dégainaient toujours les premiers.

Seul l’Oncle Jack pourra dire dans 4 ans – s’il est encore en vie -, s’il est élu : « L’Amérique était au bord du gouffre, je lui ai fait faire un grand pas en avant ».


elkaymanlogo
Auteur: Ayman El Kayman,
agent clandestin du KKK (Komité Kapitaliste Kaymanesque)





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Bonne semaine, quand même !

Que la Force de l’esprit soit avec vous !

...et à mardi prochain ! et quel mardi !!! un mardi noir, quelle que sera l'issue !!!

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17 octobre 2008

ETATS-UNIS : NOTES SUR LA CRISE

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Augusto SENCIÓN
 

1. Les épisodes antérieurs

1. Lorsqu’en 2000, Georges Bush est arrivé à la présidence des usa, l’économie de ce pays était en crise de surproduction : la production nationale était supérieure au pouvoir d’achat des Usaméricains. Beaucoup d’entreprises ne pouvant écouler leurs produits ont souffert de pertes sévères. Cette perte s’était élevée en moyenne à 4% pour l’année 2000 et à 6% pour 2001.


2. En raison de la baisse des ventes et des pertes subies, beaucoup d’entreprises avaient réduit leur production et licencié du personnel. 70% des capacités productives des industries étaient utilisées provoquant la perte d’un million d’emplois. Le commerce et les autres secteurs de l’économie ont agi de même. Entre l’année 2000 et septembre 2001, ce sont sept millions de personnes qui ont perdu leur emploi.

3. Pour faire face à la crise de surproduction et à la chute des ventes des entreprises, le gouvernement US a entrepris 2 actions :

* L’invasion de l’Afghanistan et de l’Irak, autrement dit la guerre. La vérité est que l’idée fondamentale de cette invasion était de contrôler le gaz et le pétrole que les USA ne possèdent pas et qu’ils consomment en grande quantité. Cependant, c’était également un moyen pour surmonter la crise économique intérieure ; et donc avec la guerre, le gouvernement augmenta ses dépenses en achetant les stocks accumulés dans les entrepôts des entreprises. Pour le besoin de ses troupes, le gouvernement activa la demande d’alimentation, de médicaments, d’uniformes militaires, d’artillerie, de munitions, etc. Cette demande de l’État, a été la solution pour les entreprises, de vendre leur production, augmenter leurs bénéfices et investir de nouveau. Les industries alimentaires, textile et militaire étaient réactivées. En 2001 c’est l’invasion de l’Afghanistan, en 2002 le bénéfice des entreprises augmente en moyenne de 15,5% ; En 2003 c’est l’invasion de l’Irak, le bénéfice atteindra 24%. Si bien que ces deux crises ont tiré les entreprises de leur crise, puisque l’État a créé la demande nécessaire aux entreprises pour les sortir de leur crise en achetant leur production.

•    Le taux d’intérêts des crédits descendit jusqu’à 1%. Ce faible taux d’intérêt incita des millions de familles à s’endetter en achetant des logements, des voitures, des téléviseurs et d’autres sortes de biens. La vente des produits des entreprises augmenta grâce à la possibilité d’accès aux crédits dont le volume contracté s’amplifia.

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2. La crise à nouveau

1. La fête durera très peu de temps. Fin 2005, de nouveaux problèmes économiques surgiront.

2. Comme l’augmentation des crédits contractés avait généré une importante circulation d’argent, les prix ont commencé à monter, et l’inflation à s’élever. Pour contenir cette inflation, le gouvernement décidera de freiner le crédit des banques afin de réduire cette quantité d’argent en circulation.

3. À partir de 2005, les taux d’intérêts commencent à augmenter (jusqu’à 6,5%) et les familles ont des difficultés pour payer. La moyenne des paiements mensuels pour le logement était passée de 1200 à 2400 dollars, autrement dit elle a doublé. Le remboursement de la maison achetée à crédit absorbe 75% du remboursement du crédit, les 25% restant sont pour les voitures, les téléviseurs et les autres biens de consommation achetés à crédit. Des millions de familles ne pourront pas rembourser leurs dettes contractées auprès des banques.

4. Les banques commenceront, alors, à saisir les maisons des familles qui ne payent pas. 7000 familles perdront ainsi chaque jour leur logement hypothéqué. Un million de familles ont déjà perdu leur maison et huit millions ont des problèmes pour rembourser.

5. Mais une banque ne fonctionne pas avec des maisons, mais avec de l’argent. Le problème de récupération des crédits ne se résout pas par l’expropriation des maisons. C’est pour cette raison que beaucoup de banques ont fait faillite.

6. Pour sauver les banques, le gouvernement a utilisé l’argent de la Réserve Fédérale (sorte de Banque Centrale), autrement dit, il leur a donné de l’argent pour les sauver de la faillite. En 2007, ce sont 300 milliards de dollars qui leur ont été donnés. Mais cette mesure ne permettra pas de contenir la crise, car le montant des prêts non récupérés était bien supérieur.

7. Le gouvernement a aussi réduit le taux d’intérêts à 5%, et à 2% pour cette année (2008). Mais cette mesure ne pouvait sauver la situation puisque des centaines de milliers de personnes avaient déjà perdu leur maison ou leur emploi et ne pouvaient rembourser leurs crédits.

8. L’autre mesure appliquée par le gouvernement avait consisté à dégager la somme de 150 milliards de dollars pour rembourser les entreprises et beaucoup de familles pour les impôts qu’elles avaient payés. L’ampleur de la crise était telle qu’une telle mesure ne put non plus résoudre la situation.

9. Du fait que les gens ne pouvaient pas rembourser leurs maisons, les entreprises arrêtèrent leurs projets et leurs travaux de construction, en laissant 5 millions d’habitations inachevées. Depuis 2005, la vente de logements a diminué de 65% et la production dans le secteur de la construction est tombée de 50%.
10. Le problème de récupération des crédits que les familles sont dans l’incapacité de rembourser, a affecté les banques des autres pays qui ont racheté les dettes aux banques usaméricaines. Et ainsi, la crise touche les banques anglaises, espagnoles, japonaises et d’autres pays encore. Pour éviter qu’à leur tour, celles-ci ne sombrent dans la faillite, les gouvernements respectifs ont injecté de l’argent dans leurs banques.

11. La faillite des banques, celle des entreprises de construction et la baisse d’activité de toute l’économie, ont fait grimper le taux de chômage de 4% à 6% pour la première période 2008.

12. La situation, depuis, s’est aggravée, la faillite des banques entraînant la baisse des crédits à d’autres secteurs de l’économie comme celui de l’industrie, du commerce, etc. Ne pouvant accéder aux crédits, ces secteurs d’activité ont ralenti leur activité et licencié du personnel. Pour le mois d’août 2008, la production industrielle a baissé de 1,1%, surtout à cause des 12% de chute des ventes de l’industrie automobile.

13. Le profit des entreprises avait commencé à diminuer depuis 2006. Depuis le premier trimestre 2007 qui avait enregistré une perte de 0,3%, la situation empire et la crise s’aggrave chaque jour. Ces derniers mois, pas moins de six banques ont fait faillite aux USA, et notamment la quatrième plus grande du pays, la Lehman Brothers, qui employait 25 000 personnes. AIG [American International Group], la plus importante société d’assurance s’est également déclarée en faillite, et l’Etat usaméricain a du injecter 85 milliards de dollars pour la sauver, devenant ainsi propriétaire à 80%.

14. En tout, depuis le début de la crise en 2006, le gouvernement US a utilisé 800 milliards de $ de la Réserve fédérale pour essayer de sauver des dizaines de banques. Et la crise continue.

15. Du fait de la faillite des entreprises et que d’autres centaines de milliers ont des problèmes de production, ont entrainé une chute des achats d’actions en bourse. Le risque d’acheter des actions d’entreprises, dans les moments de crise économique, est trop important. C’est pour cela que les indices des bourses des USA et d’autres pays ont baissé. Une telle baisse n’est pas la cause de la crise mais plutôt un reflet de celle-ci.

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3. Jusqu’où ira la crise?

1. C’est difficile de prévoir une maîtrise du problème et aucune solution n’est en vue à court terme. Les affaires continueront à s’effondrer et le chômage d’augmenter.

2. Une grande partie des entreprises qui ferment seront absorbées par d’autres plus importantes. Une minorité concentrera de nouveau la richesse entre ses mains car c’est toujours ainsi durant les crises. Une bonne partie de la population finira dans la pauvreté et un petit groupe de multimillionnaires sera encore plus riche. Aux USA, 10% de la population contrôle 50% des revenus. À la sortie de cette crise, ce petit groupe contrôlera la plus grosse partie du gâteau. La pauvreté aura augmenté, alors qu’à la date d’aujourd’hui, elle frappe déjà 37 millions de personnes (12% de la population), un chiffre qui représente quasiment la totalité de la population de toute l’Amérique centrale. Si des luttes sont menées, il y aura plus de gens qui seront emprisonnées. Il ne faut pas oublier que les USA détiennent 25% de la population carcérale du monde.

3. Cependant, comme aux USA il n’y a pas de forces révolutionnaires capables de faire une révolution, la crise passera pour revenir trois ou quatre ans après.

4. Les USA reculent

1. Le pire pour l’économie US, ce n’est pas la crise actuelle, qui aura une fin, mais qu’elle en sortira avec moins de pouvoir mondial. Les USA perdent du terrain face à l’Europe, au Japon, à la Chine et à l’Amérique du Sud.

2. Il y a quatre ans les USA assuraient 28% de la production mondiale, à la sortie de la crise, ils ne pèseront plus que 20% peut-être, devancés par l’Union Européenne qui produit 33%, et treize pays d’Asie unis dans un bloc, avec à leur tête le Japon et la Chine, qui produisent un peu plus de 20%.

3. Les USA ne sont plus le pays plus grand exportateur au monde. L’Allemagne et la Chine les devancent. Les USA sont fondamentalement un pays importateur. Ils achètent plus qu’ils ne vendent à l’Europe, à l’Asie, à l’Océanie, à l’Amérique du Sud, au Mexique et au Canada. Leur commerce n’est excédentaire qu’avec l’Afrique, l’Amérique centrale et les Caraïbes.

4. Pour acheter autant, le double de ce qu’ils vendent, dans le monde, le gouvernement et les entreprises des USA doivent lourdement s’endetter, à tel point, qu’aujourd’hui leur dette extérieure accumulée s’élève à 20% de la dette extérieure mondiale. Le gouvernement émet également des dollars qui ne reposent sur aucune production, qui leur servent aux achats extérieurs.

5. Ces dollars sont tombés entre les mains de leurs concurrents : la Chine, le Japon, le Brésil, l’Inde et d’autres pays qui détiennent maintenant plus de 4000 billions de dollars de réserves, ce chiffre équivaut à 30% de la production annuelle des USA. Lorsque la Chine, la Russie, le Brésil ou bien une autre grande économie n’acceptera plus les dollars US, ce sera la banqueroute de l’empire qui ne pourra plus rien acheter avec son argent émis sans couverture. Les USA se verront dans l’obligation de réduire leurs importations de pétrole, de machines et de produits de consommation. Des milliers d’entreprises importatrices et de banques feront faillite, la production s’effondrera et le chômage explosera. C’est cela la grande menace qui pèse à moyen terme sur les USA.

6. Le Brésil et l’Argentine ont décidé de ne plus commercer en dollars. On parle déjà d’une monnaie commune en Amérique du Sud. Beaucoup de pays adoptent l’Euro comme monnaie pour leurs échanges commerciaux. Le dollar est en baisse et avec lui toute l’économie des USA.

7. Le gouvernement US essaiera d’empêcher ce scénario. Il emploiera les armes ou tentera de déstabiliser les gouvernements latino-américains qui lui ont échappé. Il essaie d’implanter des missiles en Pologne afin d’intimider la Fédération de Russie, il menace l’Iran et il manœuvre en Bolivie pour renverser Evo Morales. Il fait de même au Venezuela et dans d’autres pays. Il est toujours embourbé dans un conflit et les choses tournent mal pour lui, mais il insistera.

8. Les USA se sont également endettés dans les guerres d’Irak et d’Afghanistan. Ils s’endetteront encore plus avec la crise dont souffre leur économie.

9. Les USA seront supplantés à la place de première puissance mondiale : c’est la tendance pour les années qui viennent. Dans le monde, Il y aura des conflits et ce pays impérialiste fera tout ce qui est en son pouvoir pour reconstituer l’échiquier, mais il pourra connaître une défaite.

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"Accrochez-vous, Bush est en route!" - Housing Crisis (crise du logement), par Mike Lane, Cagle Cartoons, avril 2008

Auteur : Augusto SENCIÓN
EquipoMaíz

Traduction : Esteban

Réviseur : Fausto Guidice

**********
Source : Notas sobre la crisis en Estados Unidos
Article original publié le 12/10/2008
Esteban G. et Fausto Giudice sont membres de Tlaxcala
URL de cet article sur Tlaxcala : http://www.tlaxcala.es/pp.asp?reference=6118&lg=fr

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