11 décembre 2007
VENEZUELA : Et maintenant, Quoi ?
Les médias espagnols comme les français au service des oligarchies dans le monde.
Carlos Fernández Liria
En une occasion un journaliste demanda à Einstein qu’il lui explique en quelques mots ce qu’était la théorie de la relativité. " pouvez-vous d’abord m’expliquer ce qu’est un œuf frit ? " lui répondit-il. Le journaliste acquiesça déconcerté. " Très bien ", dit Einstein, " bon alors, expliquez-moi ce qu’est un œuf frit mais en supposant que je n’ai aucune idée de ce qu’est un œuf, que je n’ai jamais vu une poule dans ma vie et que je ne sais ni ce qu’est une poêle ni de l’huile ".
Dans les milieux de la communication on a tellement menti au sujet du Venezuela – et menti d’une manière unanime et orchestrée – qu’il est devenu presque impossible d’expliquer sur le sujet. Il est impossible d’argumenter quoi que ce soit quand il y a trop de mensonges au milieu. Ceux qui avons essayé de balbutier quelque chose dans certain débat télévisé, où ceux qui, simplement, nous sommes impliqués à discuter quelquefois avec quelque lecteur du "El País"(1) ou du "El Mundo"(2) ou avec un spectateur du journal télévisé, nous avons eu la sensation de nous trouver dans une situation infiniment plus gênée que ce journaliste interrogé par Einstein. C’est comme tenter d’expliquer ce qu’est un œuf frit à quelqu’un qui sait parfaitement qu’un œuf est une châtaigne, qui considère comme démontré que les poules sont des kangourous, quand tu dis " poêle " ils entendent immédiatement " trompette " et que par huile bouillante ils entendent glace à la vanille.
Pour dire seulement une parole sur le Non à la Réforme Constitutionnelle, par quoi dois-je commencer ?
. Par tenter que soit respecté le fait démocratique que Chávez avait gagné les élections ?
. Par démontrer qu’au Venezuela il y a division de pouvoirs, liberté de presse et liberté d’expression au point qu’une chaîne comme RCTV, qui avait participé activement au coup d’État et qui s’était rendue célèbre pour ses appels au crime, non seulement elle n’a pas été interdite et ni même son directeur emprisonné mais qu’elle continue d’émettre sur le câble sans aucun problème ?
. Que le système de calcul des votes dont les médias n’ont pas arrêté de dénoncer comme étant " suspect " a été légitimé par tous les observateurs internationaux, y compris Jimmy Carter ?
. Ou essayer d’expliquer aux auditeurs de la Cope [radio espagnole] que les 3000 morts du " caracazo " [ensemble d’émeutes à Caracas] l’ont été en 1989 et qu’ils n’ont pu l’être comme le dit Jiménez Losantos la conséquence de la tentative téméraire du coup d’État de Chávez (en 1992) ?
La tentative d’expliquer les choses est encore plus difficile. Tout est perdu d’avance lorsqu’il s’agit de parler avec une personne qui non seulement est entièrement convaincue qu’un œuf est une châtaigne, mais qu’en plus et en même temps, elle ne voit aucun problème à ce qu’il soit un œuf. Au sujet du Venezuela, c’est certain, que depuis longtemps, non seulement il n’y a plus de honte mais également il n’y a plus de principe de non contradiction.
Il y a sept ans une personne cultivée et très au courant (et qui de plus paraissait sincère), un cadre supérieur d’une banque espagnole qui faisait des transactions avec le Venezuela, m’avait expliqué qu’ils étaient préoccupés parce que Chávez était un dictateur. Je lui ai demandé pourquoi était-il aussi sûr de cela, puisqu’il avait proprement gagné les élections. Il a douté un instant et il m’a sorti que " oui " mais " que c'était évident qu’il n’avait pas l’intention de renouveler d’autres élections ". Cela même le transformait à cet instant en dictateur. Si je ne me trompe pas, durant les sept années qui nous séparent de cette conversation, Chávez a appelé à six élections électorales, y compris celle qu’il vient de perdre. L’autre jour, je parlais avec deux collègues dans l’Université. À eux deux ils totalisaient trois carrières, un grade de docteur et deux concours réussis, à savoir, un niveau culturel bien plus haut que la moyenne. Ils étaient d’autre part, spectateurs et lecteurs normaux et réguliers de nos journaux télévisés et notre presse écrite. Les deux étaient persuadés que si le Oui à la Réforme gagnait, Chávez resterait élu à vie, sans l’obligation de se représenter à nouveau aux élections. C’est ce qu’ils avaient entendu dans les médias.
Maintenant, le " caudillo " Chávez, le " dictateur " qui a concentré dans ses mains un " pouvoir absolu " (El País, 3-12-2007), a affronté la défaite de la Réforme avec ces paroles : " maintenant les vénézueliens et les vénézueliennes devons avoir confiance en nos institutions. À ceux qui ont voté pour ma proposition et à ceux ont voté contre, je les remercie et je les félicite parce qu’ils ont pu vérifier que c’est ce chemin-là. Sachez gérer votre victoire, regardez-la mathématiquement. Ce n’est pas que je vous la donne, c’est vous qui l’avez gagné j’espère que vous oublierez pour toujours les sauts dans le vide, des chemins de la violence, de la déstabilisation ".
Ainsi donc, la question ne semble pas être si Chávez acceptera le résultat du référendum. La question est, par exemple, si les médias espagnols accepteront que Chávez l’ait accepté. S’ils reconnaîtront que tous les mensonges et tous les mensonges qu’ils ont sortis durant des années au sujet de absence de démocratie au Venezuela n’avaient aucun fondement. S’ils reconnaîtront maintenant, au moins, que le système de vote électronique était légitime. S’ils accepteront et respecteront une fois pour toutes – il n’est jamais trop tard – le résultat des élections électorales antérieures, dans lesquelles Chávez a obtenu la victoire et si, tout autant, ils arrêtaient d’encourager depuis l’Europe l’opposition putschiste vénézuelienne.
D’ailleurs, il n’y a aucun motif pour être optimiste. L’opposition vénézuelienne ne se résignera pas à obtenir des urnes ce que les urnes lui ont donné. Ils ne se résigneront d’aucune façon aux cinq ans de mandat constitutionnel qu’il lui reste encore à Chávez. Ils clameront qu’il n’y aura pas de démocratie tant que Chávez ne renoncera pas. Et les médias espagnols continueront l’excitation. Tout l’enthousiasme médiatique qui avait couvert le coup d’État de 2002 se concentrera sur une nouvelle recette : la révolution orange.
Carlos Fernández Liria est professeur titulaire de philosophie à l’Université Complutense de Madrid.
Notes:
(1) et (2) journaux de presse espagnols
[...] du traducteur
Español
Traduction Esteban
30 novembre 2007
Parti Communiste Venezuelien: “AVEC CHAVEZ POUR LE OUI ”
Les 15 raisons pour lesquelles le PCV appelle à voter: “Avec Chávez pour le OUI ”
“Pour la Patrie et le Peuple, Libération Nationale et Socialisme”
1. OUI PARCE QU’IL RENFORCE LE POUVOIR POPULAIRE. La réforme instaure des mécanismes de pouvoir pour l’exercice de la participation active du peuple, elle reconnaît le pouvoir du peuple (Article 136), elle donne une hiérarchie constitutionnelle aux Conseils Communaux, et établit de nouveaux espaces et des structures de démocratie participative, comme les Conseils de Travailleurs et de Travailleuses, de Paysans et de Paysannes et d’Etudiants (Article 70).
2. OUI PARCE QU’ELLE DÉMOCRATISE L’ÉCONOMIE. La réforme interdit clairement et fermement les monopoles (Article 113) et les grandes propriétés (Article 307), elle confirme la disposition à faire disparaître progressivement les grandes oligarchies et à favoriser l’apparition et le renforcement de petites et moyennes unités économiques industrielles, agricoles et de services.
3. OUI PARCE QU’ELLE DÉFINIT UN NOUVEAU MODÈLE DE DÉVELOPPEMENT. La réforme établit un modèle de développement économique fondé sur des valeurs humanistes, socialistes et écologiques, qui donne la priorité aux intérêts de la communauté plutôt que ceux individuels et qui garantit à satisfaire les besoins sociaux et matériels du peuple (Articles 112 y 299), grâce à quoi l’on commence à se défaire du modèle capitaliste d’exploitation sauvage des êtres humains et de la nature.
4. OUI PARCE QU’ELLE RECONNAÎT LES DIVERSES FORMES DE PROPRIÉTÉ. La réforme reconnaît et garantit, pour la première fois dans l’histoire du Venezuela, l’existence d’une diversité de formes de propriété : privée, publique, sociale directe, sociale indirecte, collective et mixte (Article 115). Cela signifie qu’à partir de maintenant l’État s’engage comme jamais à protéger y préserver la propriété de tous et celle de chacun.
5. OUI PARCE QU’ELLE ÉTEND LES DROITS SOCIAUX ET ÉCONOMIQUES DES TRAVAILLEURS ET DES TRAVAILLEUSES. La réforme s’étend aux travailleurs et travailleuses indépendants, désorganisés et pour leur propre compte, les avantages et les droits au travail qui ne leur ont jamais été reconnus, comme les retraites, les pensions, les congés payés et les arrêts maladie (Article 87). Elle réduit également la journée de travail à 6 heures et oblige l’État à promouvoir des mécanismes pour profiter du temps libre au bénéfice de l’éducation, la formation générale, le développement humain, physique, spirituel, moral, culturel et technique des travailleurs et des travailleuses (Article 90).
6. OUI PARCE QU’ELLE AVANCE VERS LA VÉRITABLE DÉCENTRALISATION. La réforme ordonne aux gouvernements National et Municipal, qu’ils décentralisent et transfèrent effectivement au peuple organisé de nombreuses fonctions et compétences qui jusqu’à maintenant étaient réservées aux pouvoirs traditionnels, parmi lesquelles l’administration de services publics, la maintenance des zones urbaines, la sécurité et la protection des communautés, la construction d’édifices publics, la création et la gestion d’entreprises publiques, des coopératives et d’autres unités économiques (Article 184). De plus, elle établit d’importants mécanismes financiers pour doter directement les communautés organisées des ressources nécessaires pour assumer ces nouvelles fonctions et compétences (Article 167). Tout cela se traduit dans le renforcement du pouvoir populaire et le réel accomplissement de la vieille promesse de la décentralisation jamais satisfaite.
7. OUI PARCE QU’ELLE RENFORCE LA SOUVERAINETÉ NATIONALE. La réforme établit des mécanismes effectifs pour cautionner et assurer la souveraineté économique nationale. Elle établit une relation préférentielle pour les entreprises nationales de n’importe quel type à leurs équivalentes étrangères (Article 301). Elle réserve pour l’État venezuelien toutes les activités liées à l’exploration, l’exploitation, l’extraction, le transport et le stockage de tous les hydrocarbures, et elle garantit que la PDVSA et toutes les sociétés et entreprises d’État qui développent des activités dans cette branche, continuent d’être la propriété de tout le peuple (Articles 302 et 303). De plus, elle engage l’État à promouvoir et à développer les activités agricoles avec des critères écologiques et humanistes et avec l’objectif de garantir la sécurité alimentaire du peuple et la souveraineté du pays en la matière (Article 305).
8. OUI PARCE QU’ELLE RACHÈTE LA BCV. La réforme élimine l’autonomie néfaste à la Banque Centrale du Venezuela, qui nous avait été imposée par les doctrines économiques néolibérales, et réoriente les activités de cet organisme vers la satisfaction des conditions monétaires, d’échanges et financières nécessaires pour promouvoir la croissance et le développement économique et social de la Nation (Articles 318 et 321).
9. OUI PARCE QU’ELLE CONTIENT UNE NOUVELLE DÉFINITION DE LA FORCE ARMÉE. La réforme définit la Force Armée Bolivarienne comme un corps « patriotique, populaire et anti-impérialiste », qui « sera toujours au service du peuple venezuelien pour la défense de ses intérêts sacrés et en aucun cas à celui d’une quelconque oligarchie ou d’un pouvoir impérial étranger » (Article 328). Ce nouvel énoncé du caractère et de la mission de la FAB, à côté de la création de la Milice Nationale Bolivarienne comme élément articulé du peuple organisé en armes (Article 329), garantit sa vocation démocratique et sa soumission aux nécessités et priorités des majorités nationales.
10. OUI PARCE QU’ELLE AVANCE VERS L’INTÉGRATION LATINOAMÉRICAINE ET DES CARAÏBES. La réforme ordonne à l’État venezuelien de faire de l’intégration latinoaméricaine et des caraïbes un objectif principal de sa politique internationale, avec la proposition de configurer un bloc régional de pouvoir politique, économique et social capable de retenir les prétentions impérialistes des grandes puissances, dans un monde multi-polaire (Articles 152 et 153). Cela signifie que le Venezuela s’engagera comme il ne l’a jamais fait à rendre réels les idéaux bolivariens d’unité continentale et de solidarité entre les peuples pour leur lutte à une réelle émancipation et à leur bien-être collectif.
11. OUI PARCE QU’ELLE INTERDIT LA DISCRIMINATION ET FAVORISE L’ÉGALITÉ. La réforme interdit n’importe qu’elle forme de discrimination basée sur des critères ethniques, de sexe, de genre, d’âge, de santé, d’opinion, d’orientation politique, d’orientation sexuelle, de condition sociale ou religieuse (Article 21). Ainsi, la réforme établit pour la première fois l’égalité effective des droits politiques entre les femmes et les hommes, en ordonnant la parité entre les unes et les autres ayant mandat à l’élection populaire (Article 67). De plus, la réforme rend obligatoire la reconnaissance, le respect et la promotion de toutes les cultures constitutives de la Nation venezuelienne sous le principe d’égalité entre-elles (Article 100).
12. OUI PARCE QU’ELLE CRÉE UNE NOUVELLE ORGANISATION DU TERRITOIRE NATIONAL. La réforme établit une gamme de mécanismes nouveaux et flexibles pour l’organisation et l’administration du territoire, qui rendront possibles d’assurer de manière plus effective les besoins, les potentialités et les caractéristiques particulières de chaque zone, et qui faciliteront le développement du Pouvoir Populaire et les nouvelles formes de démocratie directe (Article 16). À cela, le « droit dans la cité » est consacré, entendons par là, le droit de tous les citoyens et citoyennes à participer à la gestion de sa ville et à bénéficier équitablement d’un environnement urbain digne et de qualité (Article 18).
13. OUI PARCE QU’ELLE DONNE UN FONDEMENT JURIDIQUE AUX MISSIONS. La réforme donne une échelle constitutionnelle aux missions, ce qui leur assure leur continuité et leur pérennité en tant qu’instruments pour assurer les besoins les plus urgents des majorités nationales (Article 141).
14. OUI PARCE QU’ELLE ÉTABLIT UNE VÉRITABLE DÉMOCRATIE DANS LES UNIVERSITÉS. La réforme reconnaît, pour la première fois dans l’histoire, les travailleurs et les travailleuses des universités comme des membres de pleins droits de la communauté universitaire, elle établit les principes de la démocratie participative et active de la vie interne des universités, et garantit le vote paritaire des étudiants, des professeurs, des travailleurs et des travailleuses, pour élire les autorités universitaires (Article 109). Ainsi, la demande historique des communautés universitaires est satisfaite et les conditions sont crées pour la construction d’une authentique démocratie dans les universités, tout cela sans diminuer l’autonomie.
15. C’EST POURQUOI EN DISANT « OUI » A LA RÉFORME NOUS RATIFIONS NOTRE APPUI AU PRÉSIDENT CHÁVEZ, NOUS RENFORÇONS LE GOUVERNEMENT RÉVOLUTIONNAIRE, ET NOUS DONNONS UNE NOUVELLE IMPULSION AU PROCESSUS POUR QU’IL CONTINUE D’AVANCER.
Parti Communiste du Venezuela
Español
traduction Esteban
